MINUIT VINGT de Daniel Galera.

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[ LITTÉRATURE CONTEMPORAINE BRÉSILIENNE – Nouveauté 2018]
Éditions Albin Michel – Collection Les Grandes Traductions
dirigée par Monsieur Geffard
Traduit du portugais (Brésil) par Régis de Sa Moreira
Titre original : Mei-note e vinte, 2016
Format numérique (272 pages) : 13.99€
Broché : 20.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

Dans un Porto Alegre accablé par la chaleur et paralysé par une grève des transports, trois amis se retrouvent plus de vingt ans après s’être perdus de vue. À la fin des années 1990, ils avaient lancé un célèbre fanzine numérique, et ce qui les réunit aujourd’hui, c’est la mort du quatrième membre de la bande, devenu entretemps un écrivain très en vue sur la scène brésilienne : Andrei Dukelsky, surnommé « Duc », assassiné en pleine rue pour un stupide vol de portable.
À l’occasion de ces retrouvailles, chacun des trois personnages raconte sa propre histoire à la façon d’un puzzle et se remémore le tournant du millénaire,  esquissant le portrait incertain de l’ami disparu et le roman d’une génération qui doit tout réinventer, à commencer par son rapport au monde à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux.
Entre promesses non tenues et angoisses apocalyptiques, Daniel Galera, le jeune auteur prodige de Paluche et de La Barbe ensanglantée, capte avec une justesse saisissante la réalité d’une jeunesse aux prises avec un monde qui lui échappe.
« L’un des jeunes écrivains brésiliens les plus enthousiasmants, dans la lignée de Roberto Bolaño et Jim Harrison croisés avec les frères Coen. » The New York Times

 


 

 

Je croyais en l’avenir, l’économie créative et la capacité du capitalisme à digérer toutes ses contradictions, y compris ses apocalypses. Le monde, pensais-je, n’avait pas besoin d’être sauvé, et c’est pour cette raison qu’il le serait précisément par ceux qui ne croyaient pas qu’il avait besoin de l’être. C’est Tolstoï, je crois, qui a dit que tous les criminels avaient la certitude de savoir ce qu’était le bien commun. Ce n’était qu’en pensant à soi-même qu’on réussissait, par inadvertance, à changer le cours des choses.

 

Mon avis :

 

Voici une nouvelle fois une lecture qui me fait sortir de mes sentiers battus. Pour mon plus grand plaisir, j’ai été conquise.

 

MINUIT VINGT est à mes yeux un très grand livre. Un auteur fabuleux qui pointe du doigt avec une telle précision les maux de la société et surtout trace au travers des portraits de ces quatre personnages toutes ces désillusions qui détruisent les rêves.

 

MINUIT VINGT est le tableau saisissant de l’envers du décors, cette partie sombre qui grignote l’esprit, l’âme et anéanti la puissance humaine. Un décor apocalyptique, des gens affamés, assassinés, malades, une chaleur étouffante, une ville sens dessus-dessous, plus rien de fonctionne, les Hommes semblent épuisés par leurs combats ridiculement substantiels.

 

« Duc » a été assassiné pour un portable. Pan … ! plus rien, néant, basta ! « Duc » des années auparavant était le fédérateur d’une bande de jeunes hippie geek qui voulait porter leurs voix dans un monde à l’aube d’un renouveau, d’une hyper-connexion. L’avenir était là, devant eux avec leurs idées qui fusaient, qui émerveillaient, qui soulevaient les foules, qui innovaient. « Duc », Emiliano, Antero et Aurora étaient rédacteurs principaux du premier fanzine du Brésil « L’orang-Outan« .

 

La vie a poursuivi son petit bonhomme de chemin, ils se sont perdus de vue, mais les liens d’amitiés ont toujours survécu. De loin, de près, sur les réseaux sociaux, un petit mot, un petit échange demeuraient. Jusqu’à ce jour fatidique où plus rien de semble normal, tout s’effondre.

 

Aurora la scientifique qui court après un éden perdu, Emiliano le journaliste homosexuel et Emiliano l’intrépide chef d’entreprise au mœurs quelque peu exubérantes, se retrouvent pour les obsèques. S’ensuit une rétrospective propre aux personnages, loin d’être une sinécure.

 

J’aime beaucoup l’histoire que propose Daniel Galera. J’aime sa manière de s’accaparer d’un sujet où se mêlent les sentiments liés à la vie, à la mort, aux questionnements, aux désirs, à la peur, à la passion, à l’amour et à l’amitié. Au travers de ces trois portraits, Galera explore l’intimité, l’homosexualité, le secret, l’abondance, la dépravation. La plume de Galera sublime une oraison aussi intransigeante que mutique. Un plongeon dans les affres humaines. Un tableau aussi effrayant que magnifique. Le noir et le blanc se mélange formant une multitude de couleurs qui dépérissent, se réinventent et s’animent avec grâce, peur et animosité.

 

MINUIT VINGT, heure cruciale où le passé rejoint le présent laissant place au futur incertain et imprenable.

 

MINUIT VINGT est impressionnant, subjuguant, prenant, paralysant. Une histoire moderne.

 

 


 

Je remercie Monsieur Geffard et Carol pour leur confiance.

 

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Lien Amazon !

Vers le site des éditions Albin Michel, pour tout savoir !

 

 

 

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