DANS LA GUEULE DE L’OURS de James McLaughlin.


Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie. Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi. Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ?
L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts. Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui. Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d’exposer le passé de Rice. James McLaughlin signe avec Dans la gueule de l’ours un premier roman époustouflant. Au-delà d’une intrigue qui vous hantera longtemps, l’auteur se confronte à des questions essentielles : comment la nature et l’homme se transforment-ils mutuellement ? Quelle est la part d’animalité en chaque être humain ? Un retour à la vie sauvage est-il possible pour l’homme occidental ?Dans la gueule de l’ours a été classé par le New York Times comme l’un des dix meilleurs «.Crime Fiction.» de l’année 2018 et a reçu le prix Edgar Allan Poe 2019 du premier roman.

 
Un thriller impulsif et immersif, au cœur d’une nature aussi effrayante que subjuguante. Une lecture à demi teinte pour moi car, là, n’est pas ce que j’attends d’un thriller.
Rice Moore n’est pas l’homme que vous croyez. Si il a fricoté avec les cartels mexicains de la drogue, Rice n’est qu’un biologiste passionné par la faune et la flore. Tout souriait au scientifique jusqu’au moment où il se retrouve dans une situation inconfortable et qui le pousse à enfreindre les lois. De livraisons en livraisons, l’étau se resserre et le fait basculer du côté obscure. Emprisonné au Mexique pendant une longue année et pris sous l’aile d’un homme louche, il apprend les ficelles des cartels. Et puis un jour la liberté, la vengeance et la fuite. Une fuite qui le porte en Virginie dans une réserve des Appalaches. Un nouvelle vie, un nouveau job. Être gardien lui procure finalement un sentiment de paix. Éloigné de tout, il se sent reprendre vie. Un paix éphémère car la propriété est le théâtre de braconnage d’ours. Passé ou bandits, Rice Moore se doit de prendre des précautions.

 

DANS LA GUEULE D’UN OURS a tout pour vous surprendre. Son originalité se trouve dans ce duo nature-writing et thriller. De grandes envolées lyriques où la nature et une certaine spiritualité ont une place cruciale au cœur de l’intrigue. De grandes descriptions doucereuses et langoureuses contrecarrent l’esprit du thriller. Elles permettent d’une manière assez efficace de révéler le personnage principal. Cette nature puissante et silencieusement active joue cet intermédiaire dans l’évolution de Rice Moore. Elle prend peu à peu possession de l’homme pour en faire surgir le pire comme le meilleur. La frontière entre le bien et le mal est latente, questionnant sur la nature profonde de l’homme et des ses limites. Ce thriller m’aurait davantage emportée si la part de nature-writing était moins omniprésente. C’est un genre que je lis trop rarement pour pouvoir savourer pleinement touts ces petits détails et m’en imprégner. Un premier thriller qui a pourtant eu le mérite de retenir mon attention. Une audace que j’apprécie. Ce premier thriller de James A. McLaughlin révèle un auteur américain à suivre dans les années à venir.

 

Il s’appuya contre le tronc du pin pour se relever. Quand il tira sur une côte, la colonne vertébrale et la cage thoracique de l’ourse se soulevèrent tout d’une pièce au-dessus des feuilles mortes, étonnamment légères et dégageant un relent de pourriture. Il considéra les autres os grisant sur le sol en pensant qu’il devrait en choisir un pour le rapporter au chalet, l’ajouter à sa collection dans le bureau. Le crâne aurait été l’idéal, mais le braconnier avait emporté la tête de l’animal avec la peau. Il se promena un moment alentour en donnant des coups de pied dans les feuilles te les aiguilles de pin, cherchant un fémur ou quelques gros os jusqu’à ce qu’il sente un malaise l’envahir. Il pensa soudain que le pillage d’os d’ours n’était sans doute pas approprié. Il se demanda pourquoi, ne trouva aucune réponse, mais son malaise persistait. Maintenant qu’il en comprenait l’origine, ce sentiment de culpabilité ne refluait pas, mais lui hérissait les poils des bras. Il regarda les fourrés autour de lui, en s’attendant presque à voir un ours noir le surveiller. Il se dit pour la centième fois qu’il ne devenait pas tant superstitieux que victime d’un brouillage indéniable des contours de la prétendue réalité.
 
Une chronique de #Esméralda

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