LILY SANS LOGIS de Frédérique-Sophie Braize.


En 1860, depuis la mort de sa mère, la jeune Lily vit seule par les routes, s’occupant comme elle le peut des bébés siamois dont elle a la charge. Parce qu’il faut bien se nourrir, simplement vivre, Lily n’hésite pas à exhiber les bébés dans les foires en échange de quelque monnaie.
Un soir, dans une auberge, la jeune fille fait la rencontre d’un médecin, Vincent Genoux. Au matin, les bébés ont disparu. Car le docteur Genoux est un scientifique n’hésitant pas à user et abuser de son statut pour diriger d’odieuses expériences. Avec les bébés de Lily, l’homme voudrait trouver le moyen de pouvoir séparer des jumeaux siamois. Et alors qu’il mène ses expériences dans le plus grand secret, Lily, de son côté, tentera tout ce qu’elle pourra tenter afin de retrouver les bébés.

Lily est la fille unique d’une famille unie et heureuse. Alors que le père décède, Lily et sa maman se retrouvent dans le désœuvrement total. Les malheurs s’abattent sur cette maisonnée où tout devient une épreuve. Au cœur de cette montagne, l’horrible se produit. La folie s’empare de la maman qui n’a de cesse de se rappeler sa rencontre merveilleuse à Thonon de l’homme qui deviendra son mari.
Lorsque la mort vient prendre son dû, Lily n’a d’autres solutions que la fuite. Fuir loin de ce village où les rumeurs des mauvaises langues ne cessent de piailler. Lily accompagnée de son fidèle Saint-Bernard, Avalanche, tirant cette petite voiture accueillant les siamois Castor et Pollux. Errant de village en village tout en exhibant les frères, Lily sans logis, survit tant bien que mal. Les regards outranciers ou émerveillés deviennent son quotidien l’enfonçant davantage dans cette amertume coupable. La foire de Thonon est son objectif, découvrir enfin la ville dont a tant parlé leur mère et y espérer trouver enfin cette quiétude, ce bonheur qui lui est cher à son cœur. Sa jeunesse, sa naïveté, son empressement la poussent à donner confiance à des personnages fort curieux. Un demi-monsieur aussi enjoliveur que manipulateur et un anatomiste un brin arrogant. Le monde de Lily s’écroule lorsque ses frères sont enlevés. Elle se fait la promesse de tout faire pour les retrouver. Et malgré les difficultés qu’elle rencontre sur son chemin, sa seule pensée est tournée vers ses frères.

 

Après SŒUR DE LAIT, LILY SANS LOGIS est le second roman que je lis de Frédérique-Sophie Braize. D’un registre tout à fait différent de son premier roman, F-S Braize ici invite son lecteur dans un récit épique aux résonances de la France de la fin du XIXe siècle. Une atmosphère hyper réaliste que j’aime beaucoup où je trouve très intéressant de découvrir tous ces petits détails qui faisaient la vie de ces gens. Une confrontation entre le petit peuple et ceux qui décident grâce à leurs influences. Mais ce roman ce n’est pas que cela. F-S Braize parle de la différence avec tact et force. Cette différence qui rebute ou émerveille qui devient un phénomène de foire malgré elle. Lily devient une héroïne attachante. Un personnage qui évolue au fils des tracasseries qu’elle rencontre et qui devient une femme forte. Tirée d’une histoire vraie, la fiction prend le dessus, mais la frontière est si flou qu’on ne peut qu’imaginer qu’elle aurait pu se passer ainsi. Frédérique-Sophie Braize captive non sans mal au grès de sa plume qui tire sa force au cœur d’un récit fort, émouvant et bouleversant. Peut-on faire un parallèle avec notre siècle ? Il serait effarant de voir et constater que malgré l’évolution de notre société, la différence malgré tout est l’objet de nombreux rejets. Lily est une héroïne moderne qui bat avec vigueur le pavé de ses sabots usés et F-S Braize ne pouvait rendre un aussi merveilleux hommage !

 

A découvrir absolument ! Je recommande fortement !

 

Dehors, le ciel était bleu franc, le lac était vert d’eau. En chassant les nuages de pluie, la bise avait fait réapparaître la rive opposée du lac. Dans sa houppelande fourrée, Lily respirait le bon air devant l’entrée de l’hôtellerie. Ce soir, elle disposerait sur les rebords des fenêtres des coquilles de noix emplies d’huile en guise de bougies.[…] . Le visage radieux, celle-ci aurait voulu que tout un chacun goûtât autant de bonheur. Elle releva les yeux vers le linteau au-dessus de la porte d’entrée. Dans le zèle de sa gratitude, elle avait fait suspendre, en ex-veto, une plaque avec cette inscription : un bienfait n’est jamais perdu.

 

Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… mon avis sur un autre roman de F-S Braize (clique sur la photo pour le lire)

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