LES TROIS SŒURS QUI FAISAIENT DANSER LES EXILES de Aurélia Cassigneul-Ojeda.


Un homme, une maison dans les Pyrénées et les souvenirs de trois sœurs au cœur de la guerre civile espagnole puis de la résistance française…
 » Elles s’appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient sœurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu’aujourd’hui j’habite. Sous leurs fenêtres l’histoire roulait des flots d’hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné. « 
Seul, blessé, Gabriele s’installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la Maison des fleurs, une grande bâtisse rose qui surplombe le port, abandonnée depuis des années ; il plonge alors dans la vie de trois jeunes femmes, trois sœurs qui l’habitaient, prises à leur insu dans les griffes de l’histoire, de la Retirada espagnole à la résistance française. À trente années d’écart Gabriele revit leurs peurs, leurs joies, leurs amours et la mémoire de l’exil.

Gabriele arrive à Cerbère empli de doutes et de peurs. La mer, la nage sont ses seuls remèdes à un mal être profond. Il se rappelle peu de sa vie avant son exil, seul subsiste le souvenir de sa grand-mère, de son odeur, de ses cajoleries et son cri déchirant quand ils ont pris la mer.
Gabriele divorce, part loin de cette vie qui est loin de lui correspondre. Une identité bafouée, des origines mises sous silence, un déracinement qui perdure depuis plus de quarante ans. Il s’épuise dans les vagues fuyant une vérité dont, lui-même, n’a pas encore conscience. La maison des Fleurs s’érigent comme un phare dans sa vie. Un coup de cœur, une passion naissante pour ces murs où sont emmurés des secrets, des vies, des souvenirs, des larmes, des cris, des horreurs. Malgré l’abandon, cette villa respire la vie, la joie. Gabriele fait ainsi un premier pas vers ses origines en l’achetant. Tout en la retapant, il se reconstruit, morceau par morceau. Lorsqu’il trouve le carnet de Flora, il s’immerge dans les souvenirs d’un autre temps mais qui résonne tant encore. Pages après pages, mots après mots, la douloureuse vérité s’égrène au rythme des rires, des larmes, des violons, des couleurs. Une multitude de vies, de noms, de visages anonymes et figés dans une souffrance silencieuse indue à l’exil. La guerre d’Espagne frappe. Les Républicains tombent sous les balles des franquistes. La fuite, la survie, l’échappatoire vers un refuge neutre, La France. La maison des Fleurs, première étape vers une liberté qui n’a de sens que lorsqu’ils échappent aux camps de travail qui fleurissent le long de la côte. Guêpier mortel. Les sœurs dans leur villa, chantent, dansent la vie, essuient les larmes, requinquent les vies démolies. Puis l’Espagne ne rejettent plus d’âmes en peine. Viens le temps où la France doit faire face à ses démons. Les Nazis s’installent, la résistance se met en branle, un nouveau combat pour les sœurs. Et puis la vie fait son œuvre, la mort, les amours éclatent la famille.

 

Gabriele au détour des pages pansent ses blessures profondes, comprend l’insaisissable, devient l’homme qui l’a toujours voulu, un homme avec son histoire et ses origines, ses racines.

 

LES TROIS SŒURS QUI FAISAIENT DANSER LES EXILES est un roman électrifiant, saisissant, intemporel. Aurélia Cassigneul-Ojeda y raconte les vies avec une certaine volupté. Celles fracassées, révoltées, enragées, passionnées. L’exil est un thème fort quelque soit le contexte dans lequel il s’opère. Qu’il soit dû à l’économie où à la guerre, il ne laisse aucunement indifférent. L’auteure choisit la puissance des mots pour peindre un tableau subjuguant et terrifiant où la douleur côtoie le bonheur, où la résilience fait route avec l’abnégation, où les couleurs explosent à leur contact. Une écriture puissante qui enserre le cœur.

 

Une chronique de #Esméralda

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