GLORY, un roman choral de Elizabeth Wetmore.


Roman choral puissant et envoûtant, Glory met en scène les retombées d’une terrible agression dans une petite ville du Texas et donne la parole à celles que l’on n’a pas l’habitude d’entendre.
14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.
L’adolescente vient d’échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c’est dans les bars et dans les églises que l’on juge d’un crime avant qu’il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.
Elizabeth Wetmore n’hésite pas à sonder les tréfonds de l’âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.
Première Sélection 2020 du Grand Prix de littérature américaine.
Traduit par Emmanuelle Aronson.

Elizabeth Wetmore signe un premier roman subjuguant, hérissant et profondément humain.
Gloria Ramirez n’aime pas l’école, n’y trouve aucun intérêt. Elle souhaiterait travailler comme sa mère. Elle n’a pas de rêve car la réalité de la vie s’est imprégnée rapidement sur ses rétines. Une triste réalité qu’elle fuit en sortant, se promenant ici et là. Gloria n’est pas une jeune fille fragile. Son caractère est à la hauteur de ses origines et au Texas vaut mieux savoir se défendre.
Texas, terres arides, à l’image de ces hommes et de ces femmes les parcourant. L’or noir coule à flot, les hommes s’emplissent les poches tandis que d’autres le boit. Une culture forte où le patriarcat domine autant que l’église, quelle qu’elle soit.

 

Gloria n’aurait jamais dû monter dans cette voiture, un démon déguisé en ange peut tout se permettre.

 

Elizabeth Wetmore nous met directement dans l’ambiance. Scène fixe : le désert, du sable, du sang, des cris, des larmes, des gémissements. L’enfer sur Terre. Une rage silencieuse, une pulsion de vie, l’illusion de s’en échapper, ne pas crever sur place. Un pas après l’autre, sacrifice des survivants, un pas et des milliers d’autres vers l’inconnu. Terrible destin de s’en remettre à la providence. Là, maison bénite, se dresse, majestueuse, porte sauveuse. Gloria ne sera plus, naît ainsi Glory.

 

Mary-Rose, ultime témoin de l’ignominie, porte-parole qui n’oubliera pas que la couleur de peau ne détermine pas le silence.

 

Corinne, veuve, ancienne enseignante, ne vit qu’au rythme de la descente de sa bouteille d’alcool. Rien ne la retient ici à part ses souvenirs bons comme mauvais. Sa vie n’a jamais été un long fleuve tranquille. Mais les derniers rebondissements du quartier vont lui permettre de renouer avec ses convictions et ses valeurs.

 

Debra Ann n’a que dix ans et déjà elle est confrontée à l’abandon. Sa mère s’est fait la malle comme ça, ni au-revoir ni mot. Elle attend tous les jours. Elle la retrouve dans ses souvenirs, dans ses balades et dans cette rencontre inattendue. Sa gentillesse est loin d’être signe de niaiserie. Elle, aussi, elle avance tant bien que mal, au rythme d’un apprentissage atypique.

 

Suzanne est l’archétype même de la mère au foyer, bien sous tout rapport. Pas de plis à la robe, la mise en plis parfaite, les associations, l’église, et une fille dont on ne tarit jamais d’éloge. La femme américaine dans toute sa perfection. Mais le verni cache les doutes.

 

Roman choral puissant et d’une beauté sans pareil. Après un départ confus, le temps de m’approprier tout ce petit monde, la magie opère. Les pages défilent avec cette envie irrésistible de tout connaître, de tout savoir dans les moindres détails. Ces femmes tout aussi différentes se rejoignent dans cette grande famille qu’est le féminisme. Elles forment un paysage hétéroclite dans celui figé et formé par les hommes. Des boules de lumières puissantes qui parviennent à s’infiltrer dans ce monde clos.

 

Un roman brillant et sensationnel qui clame avec force et conviction que l’aboutissement ne se vaut qu’avec acharnement et persévérance.

 

Un premier roman éblouissant, Elizabeth Wetmore auteure à suivre de toute urgence !!

 

Une chronique de #Esméralda

Une réflexion sur “GLORY, un roman choral de Elizabeth Wetmore.

  1. Pingback: Glory, Elizabeth Wetmore – Pamolico, critiques romans, cinéma, séries

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s