QUAND LES TRAINS PASSENT … , un roman jeunesse de Malin Lindroth.


Collection d’Une Seule Voix
Traduit du suédois par J. Robnard – réédition
Celle qui parle se souvient de ses années de lycée et d’une certaine Suzy, une fille paumée à qui on avait fait croire qu’un garçon de la classe était amoureux d’elle. De défis idiots en mensonges, le canular avait dégénéré jusqu’au drame. Un secret se révèle dans une confession forte et troublante.

Les années ont passé, mais le souvenir est tenace. Ancré là, au  plus profond d’elle. Elle aurait pu oublier, mais le souvenir de ce regard impuissant la hante encore aujourd’hui. Suzy est une fille banale, elle ne faisait pas partie des filles les plus populaires. Elle était seule dans son coin, observant, un environnement hostile. Et puis un jour, un simple rendez-vous va la mener à l’horreur.
Ce jeu, cette blague, n’aurait pas dû durer. L’éphémère s’est transformé en une réalité nauséabonde. Il lui dit qu’il l’aime et elle, aime le croire, prête à tout pour ne pas retomber dans l’insignifiance. Suzy s’accroche et le jeu perdure. Jusqu’à ce jour fatal où les limites sont transgressées. Aurait-elle pu faire quelques chose pour arrêter l’horreur ? Qu’est devenue Suzy ?

 

Malin Lindroth explore la culpabilité, la honte et la perversion avec force et tact. Au travers des souvenirs de cette jeune mère de famille, il parle du harcèlement scolaire. Le point de vue du harceleur se fait violent. L’absence de jugement, de culpabilité rend l’intensité au texte. Une thématique forte et bouleversante abordée avec une honnêteté déconcertante. Une violence gratuite et réelle qui prend les tripes. Les remords n’existent guère, juste superflus. Un texte court et intense qui montre la perversité et ses conséquences. Une lettre ouverte qui crie à qui veut bien l’entendre un pardon qui ne sera jamais salvateur.

 

Je ne sais ce que je pensais à l’époque …
Je devais penser que je pourrais oublier. Je croyais que le mensonge s’atténuerait et ne voudrait plus dire grand-chose au fil des années. Mais rien ne disparaît. [… ] J’ai essayé d’en parler à l’une d’elle … mais ça sonnait faux, c’était gênant. Je ne sais pas à qui en parler. Je me demande pourquoi je vous en parle. Par moments, j’ai l’impression de la voir. Quand je vois une pauvre fille en ville … une alcolo .. une dingue prostrée ou qui gesticule … une SDF … quelqu’un dans le genre  … je suis presque sûre que c’est elle, que ça pourrait être elle. J’ai bousillé sa vie. Je le reconnais maintenant.
 
Une chronique de #Esméralda

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