ON S’ÉTAIT PROMIS, un premier roman de Yolène Jullien.


Victoire est une trentenaire, métisse afro-caribéenne, fougueuse et pétillante. Raphaël est quarantenaire, franco-italien, un vrai dandy, marié et père de deux enfants. Leurs différences deviendront rapidement une source d’attractions irrésistibles. Une relation qui bouleversera leur perception des codes de l’amour et de l’amitié remettant en cause leurs croyances profondes. Mais lorsque les doutes et les peurs s’entremêlent, tout se complique rapidement. On s’était promis raconte une relation fusionnelle pleine de promesses et d’attentes, mais aussi de désillusions ; un amour passionnel et controversé.

La couverture et le résumé m’ont immédiatement broyé les tripes. L’infidélité fait parti de ces thèmes que je n’aime pas aborder dans la littérature. Cette appréhension me titille et me fait grincer les dents. Pourquoi je l’ai lu ? Il fait partie de la sélection des romans qui concourent pour le prix des étoiles de Librinova. Faisant fi de mes préjugés moralisateurs, je me lance à mon rythme dans cette première lecture pour le prix 2021.
Contre toute attente je suis vite happée par la plume de Yolène Jullien. Elle apporte son sujet avec tact et finesse et ne rentre pas franco dans cette relation qui peut être malsaine. Victoire est une jeune trentenaire, maman et déjà divorcée. Cette métisse est fière de ses origines et le fait savoir à quiconque l’interpelle à ce sujet. Elle a développé un sens du caractère affirmé, surtout lorsqu’elle est dans son droit. C’est une jeune femme qui la plupart du temps est discrète et n’aime pas se faire remarquer. En les hommes, elle n’y croit plus vraiment et ne cherche absolument pas à avoir une relation sérieuse et durable, ce n’est pas pour autant qu’elle profite de la vie. Victoire est calme, réfléchie et intelligente. Intérimaire, elle mène ses missions avec succès dans les différents postes qui lui sont proposés. Son dernier en date, le poste de marketing dans une entreprise familiale qui crée des chaussures de luxe. La première fois est toujours un moment délicat quand elle se présente dans une entreprise. Les regards face à sa silhouette soignée, des chuchotements malveillants. Elle a toujours eu du mal à s’y faire. Très vite elle est qualifiée d’hautaine alors qu’elle a tout simplement du mal à s’intégrer. Dans son bureau isolé, au milieu des cartons orphelins, elle fait la rencontre de Raphaël. La quarantaine, bien apprêté, le sourire aux lèvres, le sens du phrasé enrôleur, la panoplie du parfait dandy italien. Une belle amitié naît ainsi. Des moments de partages, d’échanges en tout genre sur des sujets qui leur importent, une jolie complicité où l’amour n’a absolument pas sa place. Il surgit là, par inadvertance, au cours d’une soirée. Un moment gênant, où les sentiments ne peuvent plus se contenir. Un étrange revirement de situation concédant à la folie de l’amour. Des mots doux, des yeux tentateurs, des caresses furtives, des rencontres secrètes, des corps qui s’aiment et qui se chérissent. L’évidence est là , fulgurante, irraisonnable mais tellement réelle, palpable. Alors que les corps s’élèvent au cœur d’une sphère charnelle, la raison, elle, chavire dans les abysses. Alors que la séparation de Raphaël et de sa femme est amorcée. La peur et les doutes s’installent et peu à peu s’échinent à détruire les parcelles de bonheur. Doucement, les sentiments basculent, s’étiolent. L’incompréhension, les cris, les larmes, les mots qui blessent se déchaînent jusqu’à ce point de non retour où leur histoire devient le fantôme de leurs promesses.

 

Yolène Jullien signe un très beau roman où elle met avec finesse en exergue les sentiments de ses personnages. Elle aborde le thème des relations amoureuses passionnelles et parfois toxiques avec une extrême délicatesse. Même si parfois, j’ai eu cette impression de tourner en rond, je comprend que l’auteure a voulu mettre l’accent sur ce tourbillon de sentiments dévastateurs. Elle aborde aussi le sujet du goshting « qui est l’acte qui consiste à mettre fin à une relation avec une personne en interrompant sans avertissement ni explication toute communication et en ignorant les tentatives de reprise de contact de l’ancien partenaire. Wikipédia » Une solution radicale qui peut détruire les personnes qui en sont victimes. Un premier roman prometteur qui traite d’un sujet difficile et d’actualité.

 

Une chronique de #Esméralda

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