LE BERGER, un roman de Anne Boquel.


Lucie est conservatrice d’un petit musée de l’Oise. Rien ne va vraiment mal dans sa vie, rien ne va vraiment bien non plus. Le jour où une amie l’embarque dans un groupe de prière, son existence prend une couleur plus joyeuse. Elle se sent revivre. D’autant que le Berger et maître à penser de la communauté lui fait intégrer le cercle restreint des initiés. Sans le mesurer, elle consacre bientôt toute son énergie à la Fraternité, négligeant son entourage.

L’incompréhension gagne ses proches, qui, désarmés, la voient s’éloigner d’eux. Mais, lorsqu’ils s’en inquiètent, leurs questions se heurtent au silence. Dans son désordre enfiévré, jusqu’où Lucie poussera-t-elle le zèle ?
Premier roman captivant, poignant portrait d’une jeune femme en plein désarroi, Le Berger dépeint sans complaisance la réalité sordide des mouvements sectaires, tout en s’interrogeant sur la quête de spiritualité dans nos sociétés individualistes.
Anne Boquel vit et enseigne à Lyon. Elle a coécrit avec Étienne Kern plusieurs essais remarqués sur la littérature et les écrivains.

Lucie n’a ni une vie exubérante ni merveilleuse. Elle vivote tant bien que mal entre son travail de conservatrice et son appartement. Côté sentimental, sa dernière relation bat de l’aile. Côté familial, la relation avec ses parents est instable, voire conflictuelle par moment. Elle n’a jamais sur trouver sa place. Lucie commence à s’ennuyer et tombe progressivement dans un accablement dont elle a du mal à immerger. Lucie n’est pas le genre de femme expansive et n’aime pas déblatérer sur sa vie monotone. Son amie et sa collègue du musée, Mariette, lui propose de participer à un groupe de prière.
Jusqu’à présent, elle ne s’est jamais questionnée sur la religion. Ni athée, ni pratiquante, ce domaine-là ne lui est pas familier. Cette première réunion se déroule dans un brouillard déconcertant. Décontenancée par l’étrange et mystérieux Berger, par l’engouement des fidèles, elle ne s’avoue pas convaincue mais pas non plus repoussée. La curiosité l’emporte, elle se rend ainsi aux autres rencontres. Puis une sorte de magie s’opère, les prières, la manière de vivre correspondent aux attentes de Lucie. Poussant l’introspection bien plus loin, elle intègre le cercle très fermé des fidèles. Ainsi commence la nouvelle vie de Lucie avec un regard nouveau sur ses attentes personnelles et morales. L’aide fraternelle, financière s’ajoutent à tout ses efforts. Peu à peu apparaît une Lucie décharnée, envoûtée par le Berger (voire amoureuse), manipulée et toujours poussée vers des limites innommables. Une chute cruelle où, seule, elle pourra s’en sortir.

 

Le sujet des sectes est largement répandu dans la littérature. Ce n’est donc pas la première fois que je l’aborde au cours de mes lectures. Anne Boquel propose un roman axé sur les émotions du personnage principal. Accentuée, la descente en enfer est insidieuse et véritablement bouleversante. Tous ces sentiments mis en exergue, reflètent l’état émotionnel et instable de Lucie. La frontière est réellement floue entre la manipulation psychique, l’enrôlement et la volonté propre due au libre arbitre de l’héroïne. Anne Boquel suit un schéma simple et terriblement efficace des quatre grandes phases de l’endoctrinement qui sont l’approche, la séduction, la persuasion et l’aliénation. Ces dernières sont remarquables tout au long du roman. Je sors de cette lecture terriblement mitigée. A mon sens l’auteure a survolé le sujet sans véritablement exercer un certain développement du personnage. J’ai eu cette impression de rester en surface du thème. Finalement il n’y a rien d’hors norme, d’atypique. La présence des parents est quelque mise de côté et le rôle masculin « du sauveur » n’apparaît qu’à la fin et encore minimisé. Un léger goût d’inachevé même si toutefois le personnage de Lucie est remarquable tout comme la mise en scène. Un scénario vraiment trop simple pour cette thématique conséquente. Mais souvent la simplicité suffit à faire réagir et à apprécier le sujet à un lecteur novice.

 

Une chronique de #Esméralda

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