LA LUNE DU CHASSEUR, un roman de Philip Caputo.


Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins.
À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

 
Ouvrir le roman de Philip Caputo s’est se prendre une rafale de vent chargés d’une multitude d’odeurs venues de la forêt, du lac, des hommes et de leurs peines. C’est subir la sauvagerie des terres. Se laisser porter part cet instinct de survie. Affronter l’indéniable perte de soi, s’en remettre à la vie comme à la mort.
Will Treadwell est le pivot central d’un histoire façonnée par de nombreuses histoires. Gérant d’un bar, il est devenu les oreilles et les yeux d’un monde où les hommes vont à vau-l’eau. Des guerriers, des indiens, des travailleurs, il les écoute et il voit. Guide de chasse, il est le meilleur et c’est dans la forêt avec ses chiens qu’il aime se ressourcer. Le silence absolu, les arbres à perte de vue, les animaux, les oiseaux, la nature, rien de mieux pour affronter son passé et tenter de le panser.

 

Paul, Bill, Tom, Lisa, Devin, Rick, Elise, Trey, Kidman, Walsh, Lewis, Hall, Jeff autant d’hommes et de femmes qui ont un jour croisé la route de Will ou du Lac Supérieur.

 

Construit tel un roman choral, Philip Caputo nous fait découvrir leurs vies tout au long de sept histoires. Histoires bouleversantes, cruelles, mais d’une humanité si profonde. Comme si l’homme se révélerait dans toute sa splendeur dans la souffrance, dans la douleur. Sept histoires profondément touchantes où la nature à une place prépondérante, soignant les douleurs, exorcisant les maux, pansant les blessures. Dans cette nature, il serait possible d’y voir des symboles : un cerf, des oiseaux, des loups, des ours. Des étoiles et cette magnifique lune complice souvent du chasseur.

 

Philip Caputo signe un roman extraordinaire. Dès les premières lignes j’ai su que l’alchimie opérerait. Une plume envoûtante, le bon mot au bon moment, comme si ses mots prenaient vie et forme, là sous mes yeux. Il est très rare quand un roman me touche à ce point. Et ce final sous le ciel étoilé en plein hiver, wow, la cerise sur le gâteau. Un cycle qui se finit et un nouveau qui s’ouvre. Un héritage du meilleur à venir.  Philip Caputo parle de la mort avec un aplomb certain et un amour de la vie tout en gardant à l’esprit les drames qui façonnent ses hommes et ses femmes. Ceux qui les ont acceptés et qui ont en font une véritable force. Ceux qui sont dans le déni et qui avancent tant bien que mal, un pas après l’autre, vers cette lumière bien trop lointaine. Philip Caputo insuffle à sa prose une force constante, combattant chaque état d’âme, et de la bienveillance.

 

Un roman fort, poignant, percutant que je vous invite vivement à découvrir !

 

Un bol d’air pur à vous faire frissonner !

 

Une chronique de #Esméralda

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