RANEE, TARA, SONIA, CHANTAL, ANNA, un roman de Mitali Perkins.

LITTÉRATURE JEUNESSE

ÉDITIONS BAYARD

#Babelio


Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent.
Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure.
Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée.
Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse.
Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines.
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
352 pages
Disponible en numérique et broché
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pascale Jusforgues
Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.
Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…

MON AVIS

Les histoires de famille ont cette complexité toute relative associée au silence et aux non-dits. La famille Das a longtemps voyagé avant de s’établir définitivement aux États-Unis. Au Ghana et puis à Londres, l’Inde est un lointain souvenir. Pourtant, les coutumes suivent la famille et sont même essentielles à cet équilibre précaire de l’exil, un ancrage vital.

 

Ranee a été mariée de force. Un de ces mariages arrangé qui fait la fierté des familles, une de ces coutumes ancestrales qui se doit d’être respectée. Ranee est une femme de caractère qui sait ce qu’elle souhaite. Une famille heureuse, un homme qui rapporte assez d’argents à la maison pour pouvoir offrir à leurs filles une éducation sans faille.

 

Tara est l’aînée. Son rôle au sein de la famille, elle ne sait pas très bien le définir. Entre les exigences des uns et des autres, ses désirs sont mis sur la touche. Elle adore le cinéma et n’hésite pas à devenir ses personnages féminins préférés dans la vie de tous les jours. L’accent, la manière de s’habiller, la gestuelle, elle copie et devient ses héroïnes. Est-ce-que New-York sera la terre propice à la réalisation de son plus grand rêve ?

 

Sonia est la tête pensante de la famille. Surdouée, elle adore la lecture et l’écriture. À New-York, elle découvre le féminisme et considère ce combat essentiel pour la société. Tête brulée et n’ayant pas sa langue dans sa poche, elle n’hésite pas à remettre en question les comportements des uns et des autres. Et lorsqu’elle rencontre l’irrésistible Lou, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

Chantal, fille de Sonia, métisse, est fière de sa double origine. Mais ses grands-mères veulent à tout prix, que l’une ou l’autre prédomine dans son éducation. Chantal ne l’entend pas de cette oreille et assure qu’il y a de la place pour les deux. Tiraillée par le comportement souvent indigeste de ses mamies qu’elle adore, elle tente de trouver un terrain d’entente pour que leurs relations deviennent saines.

 

Anna, fille de Tara, a grandi au cœur de Bombay dans une institution religieuse. Les coutumes sont essentielles à sa vie et rejoindre New-York, le lycée et une nouvelle société a tout pour la faire sortir de ses gonds. Pas après pas, elle va découvrir cette vie loin des sentiers battus et s’accommoder. Elle mettra à profit son talent pour la mode et la couture.

 

Cinq femmes, trois générations aux attentes divergentes. La place et la quête de l’identité ont une place primordiale au cœur de ce roman haut en couleurs. Chaque personnage est minutieusement détaillé et l’on conçoit facilement leurs désirs. Toutes les cinq vont porter leur pierre à l’édifice qui est cette famille hors norme. Leurs blessures personnelles vont peu à peu s’étouffer pour offrir un quotidien apaisé. Mitali Perkins parle avec beaucoup d’émotions de ces femmes qui portent à bout de bras leurs rêves, leurs rêves américains, terres de tous les possibles. La matriarche porte le lourd souvenir de sa terre natale et de cet héritage douloureux. Il n’est pas question ici de la perte d’identité mais de concilier avec harmonie le moderne et l’ancien. Un roman lumineux que j’ai pris plaisir à découvrir. J’ai été admirative de ce parcours atypique et hors norme que tout exilé se voit confronter.

 

Une joli hymne à la liberté et aux traditions.

 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s