ABANDON, un récit de Joanna Pocock.

RÉCIT

Éditions Mémoire d’Encrier

Traduit de l’anglais par Véronique Lessard et Marc Charron


Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c’est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d’évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, nous abandonner à l’essence qui est au centre de notre être.
 
Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l’Amérique indomptée et ses paysages sauvages. A l’aube de la cinquantaine, l’auteure Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l’imaginaire frontalier de l’Ouest américain et ses extrêmes.
Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe… Consciente de ce que l’humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l’écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c’est que vivre. En restituant l’Amérique dans sa démesure, Abandon aide à respirer.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
324 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

Il m’est toujours délicat d’entamer la lecture d’un récit. Moment d’appréhension qui soit s’estompe à la lecture des premières pages ou alors s’intensifie.

 

Joanna Pocock nous offre une merveilleuse échappée belle. Direction le Montana où Joanna, son mari et sa jeune fille débutent une nouvelle vie à la sonorité de liberté. Mais il est bien difficile de s’établir dans un pays aux mœurs, coutumes, et quotidiens parfois bien différents de ce qu’ils vivaient jusqu’à présent. Après quelques difficultés, est venu le temps de découvrir l’environnement proche. Le Montana est connu pour ces grands espaces sauvages, mais en y regardant de plus près vous découvrirez l’envers du décor. La chasse, la trappe, la nature, la flore ont une image loin d’être idyllique. Ancienne terres minières, les ruisseaux, cours d’eau, étangs, rivières, fleuves sont pollués. L’écologie et la préservation des milieux naturels sont un combat quotidien qui vacille d’élections et en élections. Joanna Pocock met en évidence ces incohérences et ces absurdités qui nous paraissent à l’heure actuel un enjeu crucial. La terre de la démesure n’applique que la loi du plus fort et du capitalisme. L’intérêt propre avant la préservation amenant à des catastrophes sans précédent.

 

La nature a une nouvelle place dans la vie de Joanna Pocock qui s’allie avec son état émotionnel et physique. De nouvelles interrogations prennent place dans sa vie la poussant à explorer davantage ce territoire vaste. De recherches en recherches, elle va partir à la rencontre de communautés qui vivent de la chasse de bisons et d’une grande Queer. Cette dernière ou ce dernier, Finisia Medrano, parcourt à dos de cheval ce qui est considéré comme étant l’Anneau, trajet qu’emprunté les peuples autochtones il y a des années de cela créant ainsi un cercle de vie où la nature était pourvoyeuse. Un témoignage bouleversant et qui m’a touché en plein cœur. Adepte du réensauvagement qui consiste en replanter des graines de plantes et d’arbustes en voie de disparition, Finisia est une figure de courage, d’abnégation et d’humilité. Quelques autres portraits surgissent ici et là.

 

Joanna Pocock nous parle avec toute son objectivité de chercheuse et de journaliste de nature, de chasse, de réensauvagement et d’écosexe. Ce dernier ressemble aux mouvements hippies. La nature au centre de la vie humaine et le sexe comme moyen de communication. Un concept qui m’est totalement étranger et auquel j’ai du mal à concevoir une quelconque utilité.

 

Joanna Pocock nous délivre un récit mené avec justesse, honnêteté et qui délivre un joli message. Mêlant ses émois et ses recherches où la nature est au cœur de ce duo, Joanna Pocock nous pousse à nous poser de questions. Notre place au sein de la nature est-elle légitime ? Nos actes ? Les conséquences ? La recherche de notre propre chemin en adéquation avec nos valeurs, nos principes moraux et surtout la nature ?

 

ABANDON se partage avec générosité et bienveillance. Un débat ouvert sur de nombreuses thématiques. Et le sentiment absolu que Joanna Pocock délivre le message pertinent qu’il nous est interdit d’abandonner notre nature profonde celle qui sommeille depuis des milliers d’années, celle qui connaît la valeur de la nature.

 

Une jolie lecture très intéressante que je ne peux que vous inciter à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

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