AVANT LE JOUR, un roman de Madeline Roth.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions la Fosse aux Ours

#68premièresfois


« JE SUIS DÉSOLÉ. Sarah vient de perdre son père. Je suis forcé d’annuler Turin. Je t’appelle demain. Je suis vraiment désolé ». Ce voyage à Turin ne se présente pas sous les meilleurs auspices mais elle décide de partir, seule, sans son amant. – De musées en terrasses de café, d’églises en promenades le long du Pô,
le séjour se transforme, peu à peu, en voyage intérieur. Elle s’interroge sur sa vie.
Que dit de nous une histoire adultère ? Pourquoi on se sépare du père de son fils et comment on élève, seule, un enfant ? Peut-être que, sur le quai d’une gare, elle trouvera une réponse.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
74 pages
Disponible en broché


MON AVIS

C’est un des romans de la sélection que j’attendais avec impatience. Sans aucune raison particulière ni valable. Le titre et la couverture peut-être. Je marche souvent à l’instinct pour le choix de mes lectures et celui-ci m’attirait indéniablement.

 

AVANT LE JOUR est une ode brutale sur le sens de la vie. Celui que l’on poursuit tout au long des années fulgurantes. Ma vie a t’elle un sens ?

 

Elle a pris de nombreuses décisions dans sa vie. Se marier, avoir un enfant et divorcer. Vivre seul en colocation avec son fils en garde alternée. Puis un jour, comme ça, inattendu, surgit devant chez elle, suite à une annonce de vente, un homme. Dix ans plus jeune, plutôt bel homme, qui contre toute attente va la séduire. Moments furtifs  dans un quotidien morose. Moments charnels. Moments complices. Moments en duo. Moments uniques sans lendemain, ni futur. Être la maîtresse d’un homme marié est moralement condamnable. Mais, parce qu’il y a toujours un mais dans une histoire atypique, ces moments effacent la solitude et le dépérissement du corps et de l’âme. Elle se sent vivre.

 

Alors pendant ces trois magnifiques jours où la solitude l’enserre dans ses bras puissants. Elle pense, à son passé, à son fils, à l’avenir, à l’amour fugace et passionnel, à l’amour interdit, à l’homme inaccessible. Elle marche, elle observe, elle interroge  les moindre regards, les rencontres éphémères, immobiles dans cette ville accueillante.

 

Ces pas battent le pavé en écho à ses remords, à ses interrogations, à son cœur s’emballant à la moindre pensée envers son apollon.

 

Qu’est-elle en droit d’attendre, d’espérer, de croire ? Quelle mère est-elle aux yeux de son enfant ? Quelle femme est-elle ?

 

Un sourire, une caresse, un mot, un soupir, un rire, un signe, juste un signe qui statuera sa vie.

 

Madeline Roth signe une nouvelle d’une d’intensité captivante. Une plume qui sait faire vivre l’instant présent, le figer dans cette enveloppe étriquée des émotions. Un plume poétique qui enrobe la difficulté pour mieux l’appréhender, la mystifier, l’accrocher au cœur.

 

Une jolie découverte !

 

L’après-midi est passé comme ça, à tout faire lentement, manger, marcher, m’asseoir sur un banc, regarder. Je regardais tout. Ce corps qui ne me plaisait pas quelques heures plus tôt, dans les miroirs de l’hôtel, ne me pesait plus. Je me sentais femme et aimée, farouchement libre et fière d’être ici, dans un pays étranger, seule et pourtant remplie de quelque chose, la présence d’un amour, je crois, même si c’était l’amour de Pierre, cette sorte de demi-amour qui m’apparaissait aujourd’hui comme un secret et une force.

 

Une chronique de #Esméralda

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