LES NUITS D’ÉTÉ, un roman de Thomas Flahaut.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions de l’Olivier

#68premièresfois


Thomas, Mehdi et Louise se connaissent depuis l’enfance.
À cette époque, Les Verrières étaient un terrain de jeux inépuisable. Aujourd’hui, ils ont grandi, leur quartier s’est délabré et, le temps d’un été, l’usine devient le centre de leurs vies.
L’usine, où leurs pères ont trimé pendant tant d’années et où Thomas et Mehdi viennent d’être engagés.
 
 
L’usine, au centre de la thèse que Louise prépare sur les ouvriers frontaliers, entre France et Suisse.
Ces enfants des classes populaires aspiraient à une vie meilleure. Ils se retrouvent dans un monde aseptisé plus violent encore que celui de leurs parents. Là, il n’y a plus d’ouvriers, mais des opérateurs, et les machines brillent d’une étrange beauté.
Grande fresque sur la puissance et la fragilité de l’héritage social, Thomas Flahaut écrit le roman d’une génération, avec ses rêves, ses espoirs, ses désillusions.

 

Ma note : 4/5
2020
224 pages
Disponible en numérique et en broché

 


MON AVIS

Thomas, Louise et Mehdi sont des enfants de la classe ouvrière. Des pères quasi absents, ouvriers de toujours, l’usine c’est une vie, une vie entière. Celle qui préoccupe, celle qui use, celle qui distille un poison sournois, celle qui brise, celle qui n’amène que désolation. Thomas, Louise et Mehdi ont vu l’usine prendre la moindre parcelle de leurs pères. La maladie, l’alcool pour oublier la dureté de l’usine. Mais lorsqu’on est enfant l’usine se concentre sur le quartier dans lequel on grandit. Un ghetto où la détresse se mesure aux rires des enfants.

 

Thomas, Louise et Mehdi ont grandit avec l’idée que l’usine n’était pas leur avenir. Un rêve illusoire tristement rattrapé par la réalité. Mehdi y travaille l’été depuis sept années. Thomas la rejoint après avoir raté ses études. Louise, étudiante, prépare sa thèse sur les ouvriers frontaliers.

 

Elle est là, partout, filigrane visible dans les corps et les cœurs. L’usine happe, alpague, maintient, enserre, noie. L’usine c’est un monde violent, répétitif. Un monde de chiffres, de bruits, de regards en coin, de regards triste. Un monde solitaire où le corps est mis à contribution, où la nuit désolidarise. Un monde où la vitesse, l’alcool deviennent cette liberté fugace et où l’amour est un doux éphémère.

 

Thomas Flahaut parle de la brutalité du monde avec une honnêteté sans faille. Il décortique les corps et les âmes. Il nous montre l’invisible, ce qui se chuchote dans ce monde douloureux. Une fresque sociale puissante, sans concession, sans avenir, sans vie. Un monde désenchanté, enchaîné dans une sorte d »héritage morbide de père en fils. Une plume impitoyable instillant par moment cette dose de bonheur, de liberté, de vie. Mais l’épuisement, la survie sont bien plus forts que ces instants fugaces et précieux.

 

J’ai souvent du mal avec les romans sociaux. Le désespoir est bien trop souvent présent et oppressant. L’atmosphère est y tout aussi pesante J’admire toutefois la manière dont Thomas Flahaut s’en accapare et nous plonge dans son monde.

 

Une chronique de #Esméralda

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