LES MONSTRES, un roman de Charles Roux.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Rivages

Dernière lecture de la saison 2021 des #68premièresfois


Lors d’un diner-spectacle dans un restaurant tenu par une sorcière, au coeur d’une ville de béton sur laquelle plane une menace invisible, un homme et une femme se rencontrent.
Dans ce premier roman plein d’audace, conçu comme un cabinet de curiosités littéraires, Charles Roux explore, à travers un jeu subtil de métaphores et de travestissements, le fascinant mystère de l’identité.
Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
605 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

Les avis de la communauté des 68 premières fois étaient tous divergents à son sujet. Il fallait attendre ce fameux repas pour apprécié sa lecture. Et bien que nenni ! Je fais partie de la team qui a adoré et ce, dès les premières pages.

 

Un style hors du commun qui m’a enchantée dès les premiers paragraphes. Un style inimitable qui peut hérisser le poil de certain ou éprouver au contraire une fascination sans limite. Charles Roux m’a plongée au cœur d’un univers où curiosité rime avec exploration de soi et des sens. Un monde en déclin où la violence gronde la nuit venue. Elle s’étend sur la capitale, emprisonne les esprits, en délivre d’autres. Dans ce chaos il y a : vous, tu et il/elle.

 

Vous, Alice, professeur d’histoire-géographie est un monstre. Une femme difforme, sans charme, ni caractère. Une vieille fille martelée par ses angoisses. Un monstre qui fabrique des monstres en glaise.

 

Tu, David, un père infâme mais aimant, un mari volage qui aime se détruire à petite dose. Chaque jour est un cauchemar de plus et ton monstre s’empare de toi davantage te plongeant au cœur de tes abysses.

 

Il/Elle, Dominique, aimant créer ses monstres de toutes pièces. Philtres à gogo, sous-sol mystérieux où se terrent une collection atypique et un restaurant révélateur, scène d’une vérité salvatrice.

 

Charles Roux explore avec imagination ce qui nous caractérise. Inconscience et conscience s’affrontent démêlant le vrai du faux, suggérant, doutant, se questionnant autour de sujets essentiels. Qui sommes-nous réellement ? Quelle importance donnons-nous au regard de la société ?  Sommes-nous des produits, des monstres de la société et crées par elle ? Tout autant de questions qu’abordent les personnages à tour de rôle et tendent à y donner une réponse, un sens. J’ai beaucoup apprécié le style de lecteur qui n’hésite pas à changer de style narratif qu’il a associé à une personnalité en particulier. Un changement qui coupe la chique aux premiers abords mais qui donne au texte une architecture aux aspérités dissonantes et malléables. J’ai cette impression que le texte bouge sans cesse ne s’arrêtant pas à une configuration stricte et figée. L’effet est marquant et j’ai accroché dès le départ. Le scénario est très intéressant dans la manière dont l’auteur traite son sujet et développe tout autour un questionnement emmenant vers des réponses dont le lecteur et la lectrice, à sa convenance, peuvent se saisir. Un récit haut en couleur qui m’a fait passer un excellent moment de lecture.

 

Une lecture que je vous recommande chaudement !

 

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