THE CUPIDON BROTHERS, tome 4 : Andréas, une romance paranormale de Estelle Every.

ROMANCE PARANORMALE

LITTÉRATURE INDÉPENDANTE


Il veut sauver les humains, elle souhaiterait guérir ses propres blessures.

Jusqu’à présent, Andréas Cupidon, pédiatre sexy, consacrait sa vie entière à ses jeunes patients, mais l’arrivée de Penny Lake remet en cause ses priorités.
La jeune femme cache un secret : elle est atteinte d’un mal mystérieux qui provoque des hallucinations… comme ces ailes attachées au dos d’Andréas.
Ma note : 4/5
191 pages
Disponible en numérique et bientôt broché
Nouveauté 2021

 

Puisque la maladie la ronge, elle ne peut se lier à un homme, aussi beau et généreux soit-il.

Mais lorsque le passé de Penny la rattrape et que les ennemis d’Andréas se dévoilent, c’est avec les yeux du cœur qu’ils devront faire face ensemble pour s’en sortir.

MON AVIS

Andréas depuis son arrivée sur terre s’est voué à sauver les humains. Naturellement il est devenu médecin pédiatre et met tout son talent au service des enfants gravement malade. Andréas est le moins téméraire des frères même si il n’hésite pas à se lancer dans la bagarre quand il le faut. Il passe ses nuits et ses journées au sein de l’hôpital. Et puis une de ses fameuses journées qui ne terminent jamais, il est appelé aux urgences. C’est ainsi qu’il rencontre la mystérieuse Penny Lake et comble du hasard est la sœur de la chérie à son frère, Éros.

 

Penny est une jeune femme très mystérieuse et introvertie. Elle semble considérer les hommes comme une menace potentielle au bon équilibre de sa vie. Malmenée par sa précédente relation, elle considère qu’elle n’a pas droit au bonheur et met toutes les barrières inimaginables au patient Andréas qui lui est certain de son coup de cœur. Doucement et surement, Penny pose brique après brique dont le but est de se protéger et éviter de replonger dans l’enfer d’une relation nocive. Indécise et pourtant attirée par le beau Cupidon, elle va lui faire vivre littéralement l’enfer. Alors quand le passé se pointe lors d’un de ces après-midi de détente, elle n’a qu’un seul objectif, protéger coûte que coûte ses proches et d’accepter ce qu’elle redoute le plus.

 

Ce quatrième tome est une nouvelle fois une pure merveille. Déjà rien que la couverture vous donne l’eau à la bouche et le reste n’est que la cerise sur le gâteau. Les personnages donnent du fil à retordre à un scénario qui s’étoffe davantage. Le fil rouge des tomes est encore loin d’avoir délivré tous ses secrets mais ça ne serait tardé. Une nouvelle fois je suis tombée sous le charme des personnages, notamment celui de Penny qui doit se battre continuellement contre ses peurs et ses désillusions. Andréas à force de patience et de petites attentions va combler ce sentiment profond qui abîme Penny. Bien évidemment à eux deux c’est une explosion d’étincelles où  le jeu du chat et de la souris est de mise. La plume d’Estelle Every est juste parfaite et m’a fait vivre un joli moment de lecture. Elle a cette aisance pour vous transmettre les émotions de ses personnages avec justesse et elle les magnifie avec grâce. Et le petit plus : le fait que les frères Cupidon continuent à vivre tout au long du tome avec des petits clins d’œil et des prises de parole parfois musclées.

 

Un quatrième tome placé sous le signe de la guérison et de la confiance. Hâte de découvrir le prochain tome !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

DES SOURIS ET DES HOMMES, un roman de John Steinbeck.

LITTÉRATURE CLASSIQUE NORD-AMÉRICAINE

ÉDITIONS FOLIO


«Les deux hommes levèrent les yeux car le rectangle de soleil de la porte s’était masqué. Debout, une jeune femme regardait dans la chambre. Elle avait de grosses lèvres enduites de rouge, et des yeux très écartés fortement maquillés. Ses ongles étaient rouges. Ses cheveux pendaient en grappes bouclées, comme des petites saucisses. Elle portait une robe de maison en coton, et des mules rouges, ornées de petits bouquets de plumes d’autruche rouges.»
 
Ma note 5/5 mention « incontournable »
176 pages
Disponible en poche occasion


L’AVIS DE #LILIE

Voilà un classique de la littérature Nord-Américaine qui traînait depuis longtemps dans ma bibliothèque. Quand j’étais au lycée, on avait regardé le film en cours d’anglais et je me rappelle avoir été attendrie par l’histoire. C’est donc avec joie, à l’occasion d’une lecture commune avec Esméralda, que j’ai sorti ce roman de ma PAL.

Nous faisons ici connaissance avec Lennie et George, deux voyageurs qui passent de ranch en ranch pour proposer leurs services. Leur but ? Économiser suffisamment pour avoir leur ranch à eux mais il leur est bien difficile de conserver un travail. En effet, Lennie est un homme grand par sa taille mais petit dans son esprit. Inconscient de sa force, un peu limité intellectuellement, ses actes ne sont pas en adéquation avec ce qu’il pense ou aimerait faire. Leur arrivée dans un nouveau ranch est un espoir d’un nouveau départ mais arriveront-ils à réaliser leur rêve ?

George est un travailleur acharné, volontaire, qui prend soin de Lennie depuis plusieurs années. Il se comporte comme un grand frère avec lui, voulant l’aider à ne pas faire de vagues. Malheureusement, son compère se laisse parfois déborder par ses émotions et il a bien du mal à moduler sa force. Dans quelle mesure George pourra-t-il continuer à supporter cette vie sur les routes ?

Comme dans le film, j’ai été touchée par la relation entre Lennie et Georges. Entre amitié et fraternité, George tente de jouer l’ange gardien pour son compère mais en un instant, tout peut basculer. Lennie est attachant par sa fragilité émotionnelle, sa faculté à s’attendrir de tout mais son gabarit et sa force le rendent aussi imprévisible.

Ce court roman peut se lire d’une traite tant la plume de l’auteur est fluide et visuelle. Il y a, au final, peu d’action mais la lecture est rythmée par les rencontres et les évènements qui surviennent au ranch. L’intensité monte crescendo jusqu’à un final à couper le souffle. On espère, on tremble, on a le ventre qui se serre tant on craint pour Lennie et on espère qu’il arrivera à avoir son petit chien et ses lapins en compagnie de Georges. La vie va-t-elle lui faire ce cadeau ? C’est à vous de le découvrir !

L’AVIS DE #ESMÉRALDA

Lire du Steinbeck c’est ouvrir la fenêtre sur un monde sensible et rustre. DES SOURIS ET DES HOMMES est une histoire d’une banalité affligeante. Oui mais de celle qui vous pousse dans les retranchements sans que vous vous en aperceviez. C’est l’histoire intemporelle d’une amitié sans limite. Une de celles pour laquelle vous serriez prêt à tout, même à balancer vos rêves aux oubliettes et poursuivre un de ceux que vous confectionneriez ensemble.

 

Conte moderne où se côtoient la force de la vie et l’âme d’un enfant emprisonné dans le corps d’un homme hors norme. Lennie est un mastodonte, une force de la nature, dont il n’en mesure pas les conséquences éventuelles. Lennie est un fin observateur et un doux rêveur. Il sait qu’il est un poids pour Georges et lui est reconnaissant de prendre soin de lui. Mais Lennie a des impulsions qu’il n’arrive pas à maîtriser. Ses émotions le fracassent et le poussent souvent à commettre l’irréparable. Un lourd fardeau pour ce binôme qui se plaît à vagabonder sur les routes, de ranch en ranch. A chaque fois, un nouveau départ, un nouvel espoir de mettre assez d’argent de côté dont le but précieux est d’acheter leur propre ranch où lapins et chien feraient le bonheur de Lennie.

 

Steinbeck nous livre au cours de ce court roman le portrait intimiste de ces personnages mythiques de l’ouest où la nature a une place primordiale mais où les hommes se complaisent dans cet état de rigueur absolu. Les simples moments de bonheur se résument à la sortie en ville, à ce jeu devant le dortoir, à la cigarette, à la boisson. La parole est rude, les rêves un doux euphémisme. L’homme jaloux, le vieux grabataire, le noir exclu, le blanc et son flingue, l’intelligent, la femme désillusionnée. Les mots sont superflus alors que les actions et les gestes sont valeurs d’or. La tristesse est un état nauséabond et les souvenirs un passé lointain. Pourtant l’arrivée de Lennie et de Georges va bouleverser ce quotidien monotone. Et les mots vont fleurir et s’épancher et pourquoi pas panser ces vielles blessures.

 

La plume de Steinbeck a ce quelque chose d’extraordinaire qui vous capture en un rien de temps. Sans filtre, sans enjolivement, il narre la réalité, crue et dure. Le monde alors de ces travailleurs prend forme sous vos yeux et vous devenez cette petite souris spectatrice malgré elle de ce monde introverti et captif de mœurs. 

 

Puissant et sensible, DES SOURIS ET DES HOMMES a cette particularité de vous surprendre par cette simplicité si proche de la réalité. De nombreuses subtilités sont glissées ici et là et c’est un roman que je relirais plus tard afin d’en mesurer toute sa splendeur. Je découvre Steinbeck pour la première fois et c’est une merveilleuse rencontre que je vais poursuivre.

 

 

– Qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir qui leur fait mal, ces deux-là, t’as idée, toi ?

LE DOORMAN, un roman de Madeleine Assas.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

ACTES SUD

Domaine français

#68premièresfois


Quand on lui propose un poste de doorman, de portier dirions-nous à Paris même si ces fonctions ne se ressemblent pas d’une rive à l’autre de l’Atlantique, Ray est déjà intégré, attaché à New York. Ce poste lui est proposé par une femme, propriétaire au 10 Park Avenue, cette tour de Babel qui fut à l’origine un grand hôtel. Et c’est là que cet homme passera cinquante ans de sa vie, au cœur d’une ville où il ne cessera de se promener et d’observer ce qui ne se passe nulle part ailleurs tant il s’agit du reflet d’un imaginaire collectif incomparable.
Ma note : 4/5 mention  » à découvrir »
384 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

LE DOORMAN est un premier roman étouffant, bouleversant, hypnotique, merveilleux.

 

Raymond, alias Ray, a quitté sa terre natale par la force de la guerre. Exil douloureux au doux goût amer de regrets et de tristesse. A Oran, en Algérie, il n’est pas bon d’être un pied noir. Il embarque après de très longs mois d’indécision, sur ce bateau le portant à Marseille. Un train après, il se trouve à Paris d’où il prendra l’avion, direction New York où l’attend un petit logement, il trouve rapidement un boulot sur les quais. Il y rencontre Salah qui deviendra son ami pour la vie. A eux deux ils vont user le pavé et découvrir les rues sinistres, merveilleuses, endroits paradisiaques, morbides de la Grosse Pomme. Et puis un jour il devient doorman.

 

La particularité de ce roman est là où vous ne penseriez jamais la trouver. C’est un roman qui se mérite, il vous usera dans un premier temps et puis il vous attendrira. Pas après pas, Ray va déambuler au rythme de la ville. Pas après pas, il va se construire cet avenir qu’il chérit tant. Pas après pas, il va devenir cet homme qu’il souhaite. Un homme qui a pris du recul sur cette vie semée de malheur, une vie où le poids du passé l’écrase inlassablement. Le tohu-bohu de la ville masque cette solitude affligeante, masque les pleurs de la solitude, anéanti la tristesse ancrée dans son âme, dans son corps. Pas après pas, chemin de résilience, Ray s’abandonne enfin, se réconcilie. Il découvre l’amitié, l’amour, la lecture, les petites merveilles qui se cachent ici et là dans le tumulte bouillonnant d’une ville qui ne dort jamais. Observateur, méticuleux, Ray est une de ces personnes qui a la main sur le cœur. Sa générosité, il ne la partage qu’avec les êtres qui lui sont chers, et ils se comptent sur les doigt d’une main. Pages après pages, la prose de Madeleine Assas s’adoucit et prend le temps de partager ce charivari émotionnel. Si dans un premier temps, j’ai été troublée par la rigidité du personnage et de ces rues où seul le rectiligne paraît, dans un second, j’ai été envoûtée par la volupté du laisser-aller, de la transparence des émotions. Ray est devenu ce personnage attachant et vivre cette aventure à ses côtés a été tel un doux rêve éveillé. J’aurais voulu lui épargner cette fameuse journée où toute la ville est recouverte de poussière, j’aurais souhaité lui tenir la main et l’apaiser, lui certifier que tout irait pour le mieux dans cet avenir proche. Ray est ce témoin des transformations de la ville, des citadins, de ce cycle perpétuel parfois dérangeant souvent merveilleux. La pauvreté bannit par la richesse, entassée dans ces quartiers où la chance n’est qu’un éternel mirage. Ray, vagabond, se soustrait à l’étau de la vie la menant là où il le souhaite.

 

Un récit où la ville devient une cité aux mille merveilles porté par un personnage charismatique aux fêlures marquées par son héritage. Madeleine Assas signe un premier roman d’une beauté magistrale. Oser pousser les portes du 10 demande un certain courage et une certaine endurance, et si vous lui laissez cette chance que je lui ai accordée alors vous découvrirez un univers intime, tumultueux, vigoureux mais d’une noblesse et d’un pugnacité redoutable.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

TOUS LES NOMS QU’ILS DONNAIENT À DIEU, un recueil de nouvelles de Anjali Sachdeva

LITTÉRATURE NORD-AMÉRICAINE

Recueil de nouvelles

Éditions Albin Michel

Collection Terres d’Amérique


Mêlant passé, présent et avenir, Anjali Sachdeva signe un premier recueil magnétique et délicieusement inventif qui plonge le lecteur entre effroi et émerveillement.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
288 pages
Disponible en numérique et broché
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Fournier

S’y côtoient une femme, au temps de la conquête de l’Ouest, qui attend son mari dans une maison perdue au milieu des Grandes Plaines et finit par trouver refuge dans une grotte secrète ; deux jeunes Nigérianes kidnappées par Boko Haram se découvrant le mystérieux pouvoir d’hypnotiser les hommes ; ou encore un pêcheur embarqué sur un morutier qui tombe éperdument amoureux d’une sirène dont chaque apparition engendre une pêche miraculeuse…
La prose étrange et magnifique d’Anjali Sachdeva embrasse le connu et l’inconnu avec une grâce et une puissance rares. Chacune de ses nouvelles interroge les forces implacables, cruelles ou bienveillantes, qui nous gouvernent, et donnent au lecteur la sensation de marcher sur un fil. Une révélation.

MON AVIS

Avant, j’étais réticente à ouvrir un recueil de nouvelles. C’était avant de découvrir et d’ouvrir ceux des auteur.e.s américains. Ils ont une aisance particulière à vous narrer ces histoires courtes mais d’une puissance inqualifiable qui vous laissent pantois et surtout jamais sur votre faim. Aujourd’hui je vais vous parler d’un recueil extra-ordinaire. Neuf histoires, neuf portes qui s’ouvrent sur neuf univers différents. Neuf contes des temps modernes où il n’y a ni « il était une fois », ni « ils vécurent heureux ». Neuf fragments de possibilités dans un monde bien réel. Fantastique, mythe, magie, façonnent la vie, la construisent, la formatent. Neuf portes ouvertes sur un monde où la désillusion, la mort, la perte, la survie, l’espérance, l’abandon se côtoient, se meuvent, se meurent.

 

LE MONDE LA NUIT
POUMONS DE VERRE
LOGGING LAKE
TUEUR DE ROIS
TOUS LES NOMS QU’ILS DONNAIENT A DIEU
ROBERT GREENMAN ET LA SIRENE
TOUT CE QUE VOUS DÉSIREZ
MANUS
LES PLÉIADES

 

Si vous me poseriez la question quel sentiment j’ai ressenti à fermant ce recueil, je vous répondrais sans hésiter la tristesse. Celle qui broie, celle qui décèle la moindre fêlure, celle qui s’infiltre insidieusement, celle qui vous accapare, celle qui vous fait sombrer. La plume d’Anjali Sachdeva vous hypnotise, vous prend dans ses filets et ne vous en délivrera pas. Elle vous transmet cette énergie, cette puissance destructrice, et vous insuffle cette multitude de questions autour des thématiques qui ne vous laisseront pas de marbre. Les limites de la science dans la procréation, l’écologie, l’environnement, les peurs ancestrales, l’art, la possession, la maladie, la différence, l’esclavagisme, la religion totalitaire.

 

Il y a quelque chose d’empirique, d’effroyable et de merveilleux dans les mots d’Anjali Sachdeva. Il y a ce quelque chose d’unique et d’universel, ce quelque chose qui vous pousse dans vos retranchements. TOUS LES NOMS QU’ILS DONNAIENT A DIEU, est sans aucun doute un recueil de nouvelles qui vous fascinera.

 

Les neuf nouvelles m’ont toutes plu et je ne pense pas que je me lasserai si tôt de les redécouvrir encore et encore. Anjali Sachdeva est une auteure talentueuse à suivre absolument !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

ZOMBILLÉNIUM, tome 1 à 5, une bande dessinée de Arthur de Pins.

BANDE DESSINÉE

HUMOUR

ÉDITIONS DUPUIS


Au Parc d’attraction Zombillénium, on n’embauche qu’à durée indéterminée. Les critères de sélection ne sont pas trop durs, on refuse juste les simples mortels. Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise…
Une comédie à l’humour noir impeccable, signée Arthur de Pins.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir absolument »
Disponible en numérique et broché
 

MON AVIS

Cette saga me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà et lorsque j’ai vu qu’elle était présente à ma médiathèque, j’ai sauté dessus et l’ai empruntée.

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L’ENFANT DE LA PROCHAINE AURORE, un roman de Louise Erdrich.

LITTÉRATURE NORD-AMÉRICAINE

DYSTOPIE

ÉDITIONS ALBIN MICHEL

COLLECTION TERRES D’AMÉRIQUE


Notre monde touche à sa fin. Dans le sillage d’une apocalypse biologique, l’évolution des espèces s’est brutalement arrêtée, et les États-Unis sont désormais sous la coupe d’un gouvernement religieux et totalitaire qui impose aux femmes enceintes de se signaler.
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
Disponible en numérique et broché
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez
 
C’est dans ce contexte que Cedar Hawk Songmaker, une jeune Indienne adoptée à la naissance par un couple de Blancs de Minneapolis, apprend qu’elle attend un enfant. Déterminée à protéger son bébé coûte que coûte, elle se lance dans une fuite éperdue, espérant trouver un lieu sûr où se réfugier. Se sachant menacée, elle se lance dans une fuite éperdue, déterminée à protéger son bébé coûte que coûte.

MON AVIS

Revoici Louise Erdrich dans un registre totalement inattendu, la dystopie.

 

Cedar a été adoptée dès sa naissance. Elle grandit entouré d’amour et pendant ses études universitaires, elle se prend de passion pour la religion et devient la rédactrice d’un petit journal de sa paroisse. Cedar est une jeune femme intelligente douée pour le sens de l’observation et de la réflexion. Cedar a enfin son chez soi et un amoureux. Les journées s’écoulent paisiblement. Et puis le murmure d’une catastrophe se fait entendre. L’inquiétude n’est pas encore à son apogée, mais les questions sont nombreuses. L’évolution des espèces commence à involuer à un rythme effréné. De quoi rendre fou de Lamarck et notre cher Darwin. Les mammifères, les oiseaux, les végétaux et les Hommes. Les enfants et les mères meurent au cours de l’accouchement. Cette crise majeure renverse le pouvoir et voit s’installer les religieux. Les femmes enceintes sont priées de se rendre dans des centres et toutes personnes raisonnables à les dénoncer.

 

Cedar refuse tout enfermement. Bien avant le lancement des hostilités, elle a pu faire connaissance de sa famille biologique et découvrir ses racines indiennes. Cloitrée chez elle avec le futur papa, elle voit le monde se déchiré. La suspicion, le contrôle des médias, le flicage, le monde extérieur devient un monde de dingue. Jours après jour, elle survit. Une routine drastique, le ménage qui devient obsessionnel et puis ce moment unique de paix, l’écriture de son journal intime qu’elle adresse à son futur enfant. Des confidences, des espoirs, ces petites fenêtres ouvertes sur l’avenir hypothétique jalonnent les pages et il n’y a rien de plus merveilleux pour Cedar que de laisser cette trace écrite pour cet enfant qu’elle chérit. Et puis son monde s’effondre. La capture, l’enfermement, les questions, l’ignorance, tout se bouscule. Et pourtant une petite lueur d’espoir va s’allumer. Un espoir mince mais bien réel qu’elle se saisira avec impatience.

 

Louise Erdrich m’a totalement scotchée. J’aime beaucoup quand les auteur.e.s sortent de leurs sentiers battus et explorent un autre monde. Toujours fidèle à la communauté indienne, elle met en scène ici une jeune femme déracinée qui va être confrontée à une nouvelle guerre et à l’enfermement. L’auteure parle de liberté bafouée, d’appropriation de l’identité, de religion totalitaire. Un roman captivant où la tristesse prédomine. Il n’y a pas de final tonitruant, juste ce final, à la hauteur du roman, sobre, désuet et magnifique. Une héroïne courageuse et battante que je me suis empressée de suivre et d’encourager. Une atmosphère suffocante et anxiogène. Une dystopie où cette réalité est juste effroyable. Louise Erdrich n’a pas peur de nous bousculer et de nous montrer les choses telles qu’elles sont. Une lecture qui insidieusement vous interroge sur ce que nous serions prêts à endurer face à une situation complexe. Cette histoire fait malheureusement, dans une moindre mesure, écho à la situation sanitaire que nous traversons tous. Pourtant ce texte a été écrit bien des années auparavant, avant d’être sorti du tiroir. L’ENFANT DE LA PROCHAINE AURORE est un roman surprenant, bluffant et intriguant. Il ne sera pas mon préféré de l’auteure mais j’approuve l’audace dont a fait preuve Louise Erdrich. Une audace téméraire où la magnificence de l’humain est au cœur d’une histoire prodigieuse !

 

Laissez-vous tenter !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

DEVENIR QUELQU’UN, un roman de Willy Vlautin.

LITTÉRATURE NORD-AMÉRICAINE

ÉDITIONS ALBIN MICHEL

COLLECTION TERRES D’AMÉRIQUE


A vingt et un ans, Horace Hopper ne connaît du monde et de la vie que le ranch du Nevada où il travaille pour les Reese, un couple âgé devenu une famille de substitution pour lui. Abandonné très tôt par ses parents, il se sent écartelé entre ses origines indiennes et blanches.
Secrètement passionné de boxe, Horace se rêve en champion, sous le nom d’Hector Hidalgo, puisque tout le monde le prend pour un Mexicain… Du jour au lendemain, il largue les amarres et prend la direction du sud, vers sa terre promise. Saura-t-il faire face à la solitude du ring et au cynisme de ceux qu’il croisera en chemin ? Peut-on à ce point croire en sa bonne étoile, au risque de tout perdre ?
À travers le portrait bouleversant d’un jeune idéaliste décidé, envers et contre tous, à trouver sa place dans le vaste monde, Willy Vlautin signe un roman pudique qui touche le lecteur en plein coeur.
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2021 »
304 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Fournier

MON AVIS

Une nouvelle découverte sous le signe du charme, j’enchaîne mes lectures et en ce moment c’est du pur bonheur !

 

Willy Vlautin n’a pas son pareil pour vous surprendre au cœur de ces intimités modestes débordantes d’amour, d’émancipation, d’espoir poussées par une volonté de fer dans le but de toucher du doigt le rêve absolu.

 

Horace Hopper est ni un indien ni un blanc. Un homme sans identité perclus de sentiments noirs et destructeurs. Horace vit depuis quelques années aux abords du ranch des Reese, éleveur de moutons, dans ce camping-car, son chez soi. Des posters de célèbres boxeurs tapissent les parois tristes, témoins de cette envie vorace de devenir ce quelqu’un d’important de majestueux, s’élevant dans ces sphères célèbres à la force de ses poings et de ses pieds. Horace a senti l’appel de la vie et décide de partir, de la cueillir, loin du ranch, des chevaux, sa passion, et des Reese qu’il considère comme ses parents.
La ville, le bruit, le monde et ses règles. Accueilli par sa tante qui lui loue la cabane au fond du jardin, il trouve rapidement du travail chez un monteur de pneu et un entraîneur peu scrupuleux. Les premiers matchs tombent et les premières défaites avec. Mais son optimiste le porte au-delà. La solitude de la ville le pèse, elle le rendrait peureux lui qui a connu la vaste étendue des plaines et des montagnes. Les semaines défilent et insidieusement le chaos s’installe. Lui, parti à la quête de l’homme qu’il deviendrait, se trouve face à l’immensité béante de la désolation et de la désillusion.

 

Eldon Reese est ce vieillard au cœur tendre qui a pris sous son aile le jeune Horace. Son départ pour la ville est un brise cœur. Avec patience, il lui a prodigué tous les bons conseils. Il sera toujours là pour lui quoiqu’il fasse, quoiqu’il lui arrive, leur ranch sera toujours son chez lui. Eldon suit de loin l’évolution de son petit protégé. Il ne veut que son bonheur.

 

Les personnages sont d’une extrême beauté. Une de celle qui vous éblouit par cette simplicité humaine, fidèle à ses valeurs. La plume de Willy Vlautin a ce quelque chose indéfinissable qui vous capture dès le départ. Une sensibilité à fleur de peau mais une force tirée de la Terre. Une quête initiatique à l’allure d’un western moderne, DEVENIR QUELQU’UN est époustouflant ! Le rêve américain à portée de mains, Horace est pris en étau entre cette réalité morbide et ce rêve de grandeur.

 

Un immense coup de cœur pour cette merveilleuse découverte. J’ai été sensible aux personnages, à l’histoire et à ce final qui m’a retournée littéralement les tripes. Une explosion honnête de portraits authentiques, de vies arrachées au lance-pierre, poussés sur ce chemin sinueux et alambiqué. Un uppercut qui coupe le souffle !

 

A découvrir absolument !

J’ai souvent voulu rentrer au ranch, mais malgré tous mes efforts je n’y suis jamais arrivé.

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

LES CHEMINS DE LA LIBERTÉ, un roman de Lisa Wingate.

LITTÉRATURE NORD-AMÉRICAINE

ÉDITIONS LES ESCALES

DOMAINE ÉTRANGER


La quête bouleversante de trois jeunes filles que tout sépare dans le sud des États-Unis ravagé par la guerre de Sécession.
Louisiane, 1875 : Hannie, ancienne esclave, se retrouve malgré elle à faire la route avec Lavinia, son ancienne maîtresse, héritière ruinée d’une plantation, et Juneau Jane, la demi-sœur de Lavinia, fille d’une célèbre courtisane de La Nouvelle-Orléans. Chacune cherche le même homme, mais pour des raisons différentes.
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
480 pages
Disponible en numérique et broché.
Nouveauté 2021
Traduit l’anglais (États-Unis) par Oscar Perrin
C’est au péril de leur vie qu’elles se lancent dans une épopée dangereuse à travers les États du Sud. Au bout du chemin, Hannie nourrit le secret espoir de retrouver les membres de sa famille dont elle a été séparée avant la fin de l’esclavage.
Louisiane, 1987 : Pour Benedetta Silva, devenir professeure dans un collège rural semble la meilleure idée pour rembourser ses prêts étudiants. Mais les habitants de la ville d’Augustine se méfient des intrus et Benny peine à trouver sa place.
Les Chemins de la liberté dévoile des événements historiques méconnus : après la guerre de Sécession, les anciens esclaves ont fait paraître des avis de recherche dans les journaux des États du Sud pour retrouver les membres de leur famille.

MON AVIS

Il y a de ces romans qui vous frappent littéralement au cœur. LES CHEMINS DE LA LIBERTÉ en fait partie. Une épopée prestigieuse qui met en avant les difficultés liées en leur temps.

 

1875 fin de l’esclavagisme début de la ségrégation. Devenus métayers, les anciens esclaves exploitent la terre de leur ancien maître dans le but précis d’en devenir propriétaire. Hannie a connu l’horreur dès son plus jeune âge. Séparée de sa mère et de ses nombreux frères et sœurs lors de plusieurs ventes frauduleuses, Hannie a pu retrouver les terres de son maître et rejoindre la famille de sa tante. Brindille solide, Hannie effectue ses tâches avec rigueur et bon sens. Elle s’est vue confier la petite Lavinia, fille du maître. Grandir dans cet environnement forge les caractères et le physique. Maline, intelligente, analphabète, elle est promise à un gentil garçon avec lequel elle cultivera les terres en métairies. Seulement les papiers de cet arrangement sont introuvables et le temps presse.

 

Un soir de pleine lune, Hannie remarque une étrange silhouette qui se faufile en direction de la maison du maître. La curiosité emporte Hannie qui décide d’en savoir davantage. Peut-être découvrira-t-elle où  se trouve le maître qui a quitté ses terres depuis de nombreux mois. Une filature qui l’emportera aux confins du Texas accompagnée de Lavinia et de Juneau Jane, l’enfant indésirable.

 

1987, un siècle après, Benny trouve un poste d’enseignante à Augustine, petite bourgade de la Louisiane. Elle est vite confrontée à la réalité concernant ces enfants tous la plupart désœuvrés. Susciter leur intérêt est un immense challenge que Benny veut concrétiser. Les premières semaines sont affreuses. Mais malgré cela elle va trouver une alternative ambitieuse et qui pourrait mettre en avant ces enfants. De balade en balade et grâce à des rencontres inopinées et souhaitées, Benny va mettre à jour l’héritage laissé à cette ville qui se meurt. Les enfants sont mis à contribution et découvre leurs ancêtres et leurs histoires communes. Un journal, des photos, un livre caché aux annotations mystérieuses, tout est là, à portée de mains enfin de comprendre d’où ces enfants viennent pour mieux appréhender leur futur.

 

Lisa Wingate signe un roman époustouflant. Écrit à partir de faits réels recoupés dans un journal trouvé dans de vieilles archives poussiéreuses, Lisa Wingate décortique un pan de l’histoire et ses conséquences. Une épopée vive et impressionnante où le lecteur navigue entre le passé et le présent. Les histoires se recoupent et s’imbriquent. Une aventure haletante portée par des personnages charismatiques. Le présent reflet du passé, aux conséquences multiples, des sujets forts (l’esclavagisme et la ségrégation) font de ce roman un uppercut formidable. La plume de l’auteur m’a accaparé dès le départ. Elle met en exergue avec perfection les difficultés d’être noir dans un pays de blancs et ce que cela engendre, la pauvreté et l’exclusion. Un roman poignant où les personnages attachants et touchants vous porteront dans ce dédale de l’insignifiance et où la liberté est chère. Un roman subjuguant de par sa qualité et du scénario irréprochable. Un roman éprouvant où les différents rebondissements vous prennent aux tripes. Un roman lumineux où l’espoir est la force principale.

 

Je ne peux que conseiller cette lecture qui a été un véritable coup de cœur pour moi. Lisa Wingate a un talent indéniable pour parler de cet héritage américain que beaucoup veuille occire.

 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

NADIA MURAD : NON À L’ESCLAVAGE SEXUEL, un document de Maria Poblete.

DOCUMENT ADOLESCENT

ÉDITIONS ACTES SUD JUNIOR – Collection Ceux qui ont dit non


Nadia Murad a vu périr une partie de sa famille sous les coups de l’Etat islamique qui l’a réduite à la condition d’esclave sexuelle. Ayant réussi à s’évader, elle a commencer à lutter pour la libération de ses soeurs yézidies. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2018.
Ma note : 5/5 mention « à découvrir absolument »
96 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Je découvre pour la toute première fois la collection « ceux qui ont dit non » qui s’adresse à nos jeunes lecteurs dès 12 ans. Des documents très courts et donc condensés sur divers sujets tel que la colonisation, l’injustice, l’humiliation, la violence, la discrimination, l’oppression, le viol …. et tant d’autres.

 

Maria Poblete met en avant ici une personnalité publique, Nadia Murad, au travers de son parcours que vous connaissez peut-être. Nord de l’Irak, un petit village, Kocho, appartenant à la communauté des Yézidis, minorité persécutée. Enlevée à l’âge de 21 ans par l’État islamique, elle est vendue de nombreuses fois comme esclave sexuelle. N’ayant jamais renoncé à sa liberté, elle parvient à s’échapper et à rejoindre un camp de réfugiés où elle sera prise en charge et trouvera asile en Allemagne où elle entreprendra un long travail de reconstruction et faire valoir sa voix et la condition des femmes. Elle recevra le prix Nobel de la paix en 2018 pour son engagement.

 

J’ai vraiment été séduite par le format et la manière dont Maria Poblete aborde la vie de Nadia Murad. Elle se concentre sur les événements cruciaux qui ont jalonné sa vie. Elle les expose sans filtre terminant son récit par un passage du discours de remerciement lors de la remise du prix du Prix Nobel. La seconde partie est consacrée aux différentes façons de faire la guerre où les notions suivantes sont abordées : « le viol, arme de guerre », « les survivantes réclament justice », « du côté des instances internationales », « prostitution et proxénétisme en Europe ». La troisième partie reprend la chronologie de la vie de Nadia Murad.

 

Une lecture que je vous recommande vivement. Le format sera apprécié par les plus jeunes. Pour ma part, elle m’a permis de découvrir le combat de Nadia Murad et je n’ai pu m’empêcher de me procurer son témoignage « POUR QUE JE SOIS LA DERNIÈRE » que je fais lire très vite.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

LES CŒURS INQUIETS, un roman de Lucie Paye.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

#68premièresfois


Un jeune peintre voit apparaître sur ses toiles un visage étrangement familier. Ailleurs, une femme écrit une ultime lettre à son amour perdu. Ils ont en commun l’absence qui hante le quotidien, la compagnie tenace des fantômes du passé. Au fil d’un jeu de miroirs subtil, leurs quêtes vont se rejoindre.
Ce roman parle d’amour inconditionnel et d’exigence de vérité. De sa plume singulière, à la fois vive, limpide et poétique, Lucie Paye nous entraîne dès les premières pages vers une énigme poignante.
 
 
Ma note 4,5/5 mention « à découvrir »
152 pages
Disponible en numérique et broché
Édition 2020

MON AVIS

Voici une nouvelle lecture de la sélection des 68 premières fois qui m’a totalement transcendée.

 

Lui. Elle. Cavalcade solitaire où les émotions prédominent et accaparent.

 

Lui, peintre. Une première exposition qui éclabousse sa vie de prestige. De son île, il débarque à Paris, terre fertile de la création. Une nouvelle exposition est programmée, il a quelques mois pour clore cette nouvelle collection. Tableau blanc, esquisse inachevée, incomplète. Pourtant, il est là, ce visage, triomphant du blanc, de la solitude. Une insolente esquisse narguant son créateur. Qui es-tu ? Introspection virale, vitale, Lui, désespéramment, s’accroche à cette unique ancre. Des souvenirs, des flashs, sa vie se déroule sur ce tapis amer et azuréen. Et puis la frénésie survient. Explosion d’un passé, d’une fenêtre en face de chez lui, de cette femme où mystère et grâce s’unissent pour l’espoir, la folie, l’envie.

 

Elle, elle écrit depuis son lit de mort à cet enfant qu’elle n’a pas vu grandir. Un déchirement brutal, sauvage, sa vie en noir et blanc. Elle se souvient de ces moments délicats, de partage, de câlin, de mots interminables. Des souvenirs à la pelle qu’elle garde précieusement au fond de son cœur dans cet endroit où brille encore et pour toujours l’innocence envolée. Elle retranscrit sa douleur et son espoir. Elle rêve de l’homme qu’il est devenu, de la vie qui l’a eu. Mots après mots, phrases après phrases, se dessine ce portrait irrésistible d’une mère qui malgré cette perte fracassante a toujours su s’émerveiller.

 

Il n’est rien pour Elle. Elle n’est rien pour Lui. Ce trait d’union improbable, mystique. Une ligne qui s’étire dans l’espace-temps et qui s’étiole attendant le moment unique pour surprendre.

 

Lucie Paye décortique le sentiment de l’abandon avec cette grâce qui hypnotise. Pages après pages, l’envie se fait pressante, urgente. Une plume poétique, captivante qui a su me séduire dès le départ. L’exigence des sentiments absorbe l’esprit. L’amour percute et transcende. La tristesse n’est que joie. La joie n’est que péril. Un roman bouleversant et prenant au cœur de ce monde artistiquement flou qui n’attend que le mot ultime pour se dévoiler, s’épanouir et pardonner.

 

Un premier roman magnifique et une auteure à suivre absolument !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA