FILLES UNIQUES, un roman ado de Anne Loyer.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom


Une Chine en plein renouveau, des traditions qui résistent et une adolescente bien décidée à prendre son destin en main !
Comme beaucoup de Chinoises de sa génération, Xinxin est fille unique et tous les espoirs de ses parents reposent sur ses épaules. Sa vie est une course à l’excellence jusqu’au jour où elle apprend que sa meilleure amie va être grande sœur.
Cette annonce ouvre en elle un incompréhensible gouffre d’émotions. Lorsque Xinxin aborde le sujet avec sa famille, elle se heurte à un mur de silence et de gêne. Se pourrait-il que ses proches lui cachent quelque chose ? Elle choisit de se battre pour lever le voile sur ces non-dits et comprendre enfin ce manque qui la hante.

 

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Direction la Chine, sa complexité et son peuple fourmillant. Rappelez-vous, il fut une époque où l’enfant unique était imposé, de 1975 à 2015, depuis 2021 trois enfants par famille sont tolérés. Vaste empire qui contrôle beaucoup de choses pour ne pas toute les nommer. Xinxin a grandit dans cet esprit là, et ce sont sur ses frêles épaules que toute la famille se repose. La réussite scolaire est les prémices d’une vie riche loin des labeurs des usines. Malgré sa volonté sans faille, Xinxin a du mal à suivre les cours et surtout depuis que sa meilleure amie est folle de rage de devenir grande sœur, elle a du mal à contenir sa colère. Elle aussi souhaite devenir une grande sœur et lorsqu’elle soulève la question à table, les réactions de ses parents et grand-parents sont bien loin de ce qu’elle imaginait.

 

Suivant son instinct et grâce à une aide providentielle, elle va partir à la conquête de cette vérité cachée. A vélo, elle sillonnera sa ville dans le seul but de découvrir la raison de son mal être.

 

FILLES UNIQUES aborde le thème crucial de l’enfant unique en Chine, de ses dérives et des conséquences dramatiques infligées à une population essentiellement pauvre et contrôlée. Ce roman ado est un petit soulèvement à lui seul. Il expose des situations inédites et totalement incompréhensible de notre point de vue occidental. Les us et coutumes sont mis en avant. Le plus dérangeant est sans aucun doute cette République « big brother » et qui plus est, est un des puissance mondiale. J’ai été bouleversée par cette histoire qui ne laisse rien paraître portée par une jeune héroïne déstabilisée et poussée par cette colère sourde et contenue depuis de nombreuses années. Anne Loyer s’évertue à un timide parallèle entre l’occident et l’Asie mais l’essentiel se trouve ailleurs. Anne Loyer décrit une jeunesse désabusée par des rêves portés dans un autre temps. Elle instille à son héroïne ce courage débordant à aller vers l’avant tout en considérant le passé telle une marche depuis laquelle elle pourra sauter, aller de l’avant. Un roman essentiel et inoubliable. Un roman avec une thématique tout aussi importante qui pointe du doigt les dérives liberticides.

 

Une quête exigeante et bouleversante vers une vérité éblouissante.

 

Un roman à offrir sans aucun doute à nos jeunes lectrices et lecteurs.

 

MY FAVORITE HALF-NIGHT STAND, une romance de Christina Lauren.

NEW ROMANCE

Éditions Hugo Roman


Millie Morris, professeur, comme ses quatre meilleurs amis et collègues à l’université de Santa Barbara, est une célibataire endurcie. Après une aventure d’un soir avec Reid, l’un des membres du groupe, Millie crée un profil en utilisant son deuxième prénom  » Catherine « , une photo qui ne dévoile pas son visage, et le retrouve sur l’application en ligne.
Les deux amis se lancent alors dans une relation sexuelle et romantique inattendue dans le royaume digital qui menace de détruire leur amitié dans la vie réelle.
La narration alternée, en prose pour la majeure partie du roman, se conjugue avec textos, chats de groupe et messages échangés via l’application, qui s’invitent dans l’univers de Millie, Reid et ses amis, laissant entrevoir l’évolution originale et sexy de la romance et vous donnera envie de swiper !

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
346 pages
Disponible en numérique et broché

 

MON AVIS

Aujourd’hui je viens vous parler d’un e jolie romance sous le signe des rencontres sur le net. Et par la même occasion je découvre la fameuse Christina Lauren qui à ma grande surprise, est en fait, une duo d’autrices américaines. Un quatre main qui fonctionne à merveille car à aucun moment je me suis dit : « Mmmmm ça c’est deux nanas qui écrivent »!

 

Dans le jargon des sites de rencontres (que je ne connais pas du tout), un « Half-night stand » c’est la rencontre de la soirée qui va passer la nuit (et plus si affinité) avec toi avant de disparaître au lever du soleil. C’est l’histoire d’une bande de copains un peu perché dans le milieu scientifique. Ils sont quatre hommes (dont Reid qui va nous intéresser) et une nana, Millie, une experte dans le domaine de la criminalité des femmes psychopathes. Millie fait vraiment flipper avec cette passion glauque (un peu). D’ailleurs qui apprécierait une femme qui passe sa journée à parler de meurtres, pas tout le monde ! Millie est une jeune femme sensible et qui a du mal à gérer ses émotions qu’elle préfère enfouir au fin fond de sa solide carapace. De nombreux événements survenus dans sa jeunesse ont façonné la jeune femme en devenir. La solitude ne lui fait guère peur mais avec sa bande de copains c’est tout autre chose. Moins sur la défensive, elle se laisse aller à leur contact malgré quelques des rigidités comportementales et son tact légendaire. Il est impossible pour elle de s’épancher sur sa vie en dehors de sa vie à l’université. Après une liaison amoureuse chaotique, elle trouve du confort auprès de Reid. Le jeune scientifique est d’un soutien sans faille et très vite, va au-delà de l’amitié et prend le chemin de la fraternité anticipant tour à tour, les désirs, les idées et les phrases de chacun. Une osmose parfaite pour ce duo que j’ai rapidement adopté et adoré.

 

Le soir d’une beuverie, est posée sur la table la question d’un gala et le fait d’être accompagné et c’est ainsi que les sites de rencontres sont mis sur la table et le pari est lancé de trouver chacun une personne qui l’accompagnera. Après quelques réticences et un dérapage dans les grandes lignes de l’art (une nuit Millie et Reid), Millie et ses copains se lancent dans cette aventure numérique. Et quand le hasard fait bien les choses, il est fort probable que les conséquences dans la réalité soient toutes autres.

 

Voici une romance comme je les aime. Des personnages totalement atypiques et borderline. Un enjeu crucial. Et les conséquences terribles suite à un choix douteux. Et le tout porté par deux plumes qui ont su me rendre accro au bout de quelques chapitres. Le choix de l’alternance des points de vue est une véritable aubaine pour apprendre à connaître nos deux héros au cœur d’artichaut. Les autrices m’ont plongé dans un milieu que je ne connais absolument pas. Elles font preuve d’honnêteté en décrivant les dérives et les conséquences sur la confiance en soi face à des espoirs vains et des rêves qui s’écroulent fabriqués par le numérique. Le tout dans une ambiance bon-enfant entrecoupé par des moments bien plus sérieux et tragiques. Est ce que l’amour se marchande ? Un bien de consommation ? Tout autant de questions qu’abordent les autrices. Une romance qui se lit rapidement et malgré certain passage difficile, c’est une lecture surprenante et romantique (oui aussi). J’ai fermé cette romance totalement séduite par ma découverte et je compte la poursuivre !

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE, un roman de Hélios Azoulay.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions du Rocher


« Si quelqu’un m’a vu ici, il racontera peut-être un homme en train de courir après une pauvre feuille de papier que le vent s’amuse à exiler. Je les ramasse toutes. Je les déchire minutieusement, et j’en garde un petit fragment. Un lambeau étroit comme une île, où je peux écrire quelques mots. Ce que je vois, ce que j’ai devant moi, ce que mes yeux attrapent, ce qu’il me reste entre les dents. Des petites phrases. J’écris debout.Il n’y a pas de détails, il n’y a que des preuves. J’en ai les poches pleines. »
Dans un roman à l’écriture fulgurante, Hélios Azoulay raconte le destin d’un musicien juif qui, dans l’impossibilité de composer, se réfugie dans l’écriture pour résister à l’horreur de la déportation. En mêlant la pudeur au burlesque, le délire au souvenir, l’effrayante réalité à une poésie qui refuse d’arrondir les angles, l’auteur tisse la vie d’un artiste trimballé par l’Histoire, mais qui ne renoncera jamais à rester un homme.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
140 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cette lecture est une expérience unique où le jugement n’a aucunement sa place, où seul, les mots et leurs pouvoirs vous transportent dans cette cruelle intimité.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman court, très court, où les émotions explosent au son des mots .

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman qui se lit à voix haute, qui se crie dans le silence des pages blanches et noires, qui cavale au rythme des phrases syncopées, qui se vit, qui se sent. Il dégage de ce roman une certaine architecture des mots et des émotions. Une étrange osmose qui trouve sa beauté dans la douleur, l’innommable, l’incongru et ces petits papiers, liens magiques, sensoriels.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman d’une splendeur éblouissante. Hélios Azoulay aborde la déportation, les camps de concentration et extermination, et ces femmes, ces hommes, ces enfants, ces vieillards à l’espoir famélique, étrangement féerique. 

 

La structure unique et atypique du texte rend l’ensemble explosif parfois burlesque et surtout douloureux.

 

Sortir de cette lecture indemne est mission impossible. Les mots vous collent, impriment vos rétines et laissent cette trace tatouée dans votre cœur et vos tripes. A jamais.

 

Une puissance solaire et exceptionnelle !

 

Une chronique de #Esméralda

LE K NE SE PRONONCE PAS, un livre de Souvankham Thammavongsa.

RECUEIL DE NOUVELLES

Éditions Mémoire d’Encrier

Traduit de l’anglais par Véronique Lessard


Une fillette à l’école prononce obstinément le k muet du mot knife. Un ancien boxeur se convertit en pédicure. Une femme rêve de téléromans en plumant des poulets. Un père emballe des meubles destinés à des maisons qu’il n’habitera jamais.

Le K ne se prononce pas accueille les utopies, échecs, amours et petits actes de résistance des errants et réfugiés, qui tentent de trouver leurs repères, loin de chez eux ; ces ouvriers essentiels fouillent le bas-ventre du monde.
On y croise des enfants bienveillants, des hommes blessés et des femmes fébriles. Ils désirent vivre. Et dans ces récits, ils vivent brillamment. Férocement.

 

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
136 pages
Disponible en numérique et broché

 

 


MON AVIS

A bride abattue, Souvankham Thammavongsa (S.T.) raconte ces histoires secrètes, douloureuses et merveilleusement humaines.

 

Diaporama défilant au gré de ces enfants, femmes et hommes, au gré de leurs vies, de leurs aspirations, de leurs souhaits et de leurs vies. Un théâtre aux mille et une couleur, original et terriblement, oui terriblement, captivant.

 

La communauté laotienne est au cœur de cette multitude. Famille, amitié, travail sont ces moteurs intrinsèques. Les regards, la différence, l’abnégation, la solitude, l’espoir portent ces anti-héros au cœur d’histoires uniques et bouleversantes.

 

Tout comme le dit Sharon Bala (auteure de Qu’importe le navire) ces histoires frappent par cette réalité écrasante.

 

Cadrage, zoom, sans artifice, d’un naturel presque surréaliste, S.T. pose sur la feuille blanche des personnages attachants, parfois détestables et leurs récits empreints d’une force maladive et terrible de rendre justice, vaine ou feinte, à une communauté sensible à leur racine, à leur culture, à leur pays et portant à bout de doigts leurs rêves ultimes.

 

Un recueil d’une sincérité déroutante que je vous invite vivement à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

TEMPS MORT, un roman d’urban fantasy de Ariel Holzl.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom

Dès 13 ans

Un roman fantastique de haute volée qui vous plonge dans les ténèbres de la ville lumière.
Sur les traces de son grand-oncle Théobald, Léo, 17 ans, bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris. Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants.
Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
288 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

Voici une découverte extra-ordinaire. Un roman ado qui vous file les frissons à un claquement de doigts. Une couverture rouge sanguinolente et un titre totalement accrocheur (à mon sens) et une histoire qui ne manque pas d’originalité.

 

Léo a 17 ans. Par un malheureux concours de circonstances, il est accueilli chez son oncle qu’il ne connaît guère. Une rumeur sur son étrangeté et sa solitude sont son seul souvenir. Théobald est un homme bien intrigant. Son comportement est le reflet parfait de sa demeure. Lugubre, anormale, mystérieuse et cocasse. Cet oncle est un grand botaniste qui au milieu de sa serre devient un homme passionné et bienveillant. Mais tout cela c’est avant que de mystérieuses créatures débarquent de nulle part et mettent une pagaille sans nom au cours de laquelle Théobald se fait kidnapper. Revenu à lui rapidement après un mauvais coup sur la tête, Léo décide de suivre la mauvaise troupe. Cette filature le porte directement dans les catacombes de Paris et bien au-delà.

 

Imaginez une version de Paris plongée dans une lumière rouge et lugubre. Imaginez un Paris et les habitants figés dans un marbre déroutant qui ne se meut que deux fois dans la journée. Imaginez des créatures prêtent à tout pour survivre. Imaginez des hommes, des femmes, des enfants dont leur âme humaine a fondu comme neige au soleil. Des créatures hostiles et qui veillent à un certain équilibre. La cohabitation entre clans est bien difficile et le pire reste à venir car une terrible menace est sur le point d’émerger.

 

Léo est totalement déstabilisé par cet univers. Un entre deux-mondes où la loi de la physique n’existe plus. Un univers où la manipulation, la moquerie, l’humiliation, la violence sont légions. Un univers où il faut mieux avoir des alliés et une bonne endurance, quoique !

 

Ariel Holzl signe un roman totalement déroutant. J’ai vraiment été épatée par cet univers parallèle riche, sanguinaire et fantastique. Une agréable surprise portée par un anti-héros totalement charmant, attachant. Un jeune homme miné par la maladie qui dans la noirceur va s’épanouir. Une seconde chance, un second souffle, une vie bizarre mais sans souffrance. Ariel Holzl explore la souffrance d’une manière étonnante de sa jolie plume énergique et créative.

 

Une belle découverte et surtout un monde imaginaire époustouflant. De l’urban fantasy comme je l’aime !

 

Une chronique de #Esméralda

DEMIE-VIE, tome 1 : Rupture, une dystopie de Magali Laurent.

ROMAN D’ANTICIPATION

Éditions de Mortagne

Tome 1/4


La vie à temps partiel. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Tel est le prix à payer pour survivre dans la Nouvelle Cité mondiale. Tout juste âgée de seize ans, Ysia doit quitter ses parents et devenir une Citoyenne à part entière. Beaucoup de changements rendent sa nouvelle réalité difficile : sa superviseuse est une femme froide et intransigeante, l’un de ses collègues l’épie pour une raison qu’elle ignore, et l’état de santé de son amie Kat se dégrade à vue d’œil, tout comme celui des autres habitants de son quartier.

Et si tout cela était lié ? Que manigance le pouvoir en place ? Et qui est Driss, cette personne vivant à contretemps d’Ysia et partageant sa chambre ? Le Jardin où habite la jeune fille est une mécanique qui a fait ses preuves, mais quand l’intelligence artificielle au service des Citoyens se met à dérailler, c’est tout le système qui bascule. La rupture est proche. Le monde tel que le connaît Ysia touche peut-être à sa fin.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
360 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouvée l’auteure canadienne, Magali Laurent, pour cette nouvelle saga qui je crois se déroulera sur quatre tomes.

Imaginez notre monde dans une bulle, coupé depuis des siècles de l’extérieur. La survie des Citoyens et Citoyennes dépendent de leur vie, celle qu’ils vivent  à mi-temps. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Ainsi va la vie dans la Nouvelle Cité mondiale. Dès 16 ans, les enfants deviennent des adultes séparés alors de leurs parents. Une vie de labeur les attend. Les filles ont le métier de leur mère et les garçons de leur père. Il n’y a pas de choix possible. Leur vie est rythmée, surveillée, dirigée par le Perfecto. Inatteignable, mystérieux, le Perfecto est une entité à part entière qui permet de faire vivre la cité dans des conditions optimales.

Ysia a enfin 16 ans et une nouvelle vie l’attend loin de ses parents qu’elle chérit. Un long trajet l’attend et à son arrivée, elle est accueillie par une barre d’immeubles, ses nouveaux quartiers. Elle rencontre Kat sur le quai de la gare. Une belle amitié naît mais le travail et des points de vue divergents vont les éloigner et notamment concernant l’utilisation du Clairécran, le futur de nos smartphones. Tout le monde est captivé par les émissions diffusées et autres programmes. Ysia n’est pas du tout attirée par cet écran qui a son sens coupe tout le monde de la réalité. Elle préfère dessiner ou lire. Ysia est une jeune plein de bon sens, très maladroite, altruiste, gentille, prévenante et surtout inquiète de voir son entourage sombré dans un inquiétant marasme. Le dessin permet d’oublier un temps toutes ses questions incessantes et ses soucis. Sa cheffe ne la porte pas dans son cœur et son second semble la surveiller. Sans compter sur cette étrange correspondance avec la personne qui vit ici, dans sa chambre, quand elle dort.

Un mois vient de passer, un nouveau mois dans le noir mais quand ce dernier se clôt rien ne va plus dans la cité. Il est temps pour elle de découvrir l’étrange vérité et de courir vite, très vite.

Ce premier tome de cette saga plante un décor totalement surréaliste. Un monde qui vit à deux vitesses et gouverné par ce qui ressemble à de l’intelligence artificielle. Un monde sinistre et lugubre où le quotidien est martelé par des slogans inquisiteurs. Dans la cité fleurissent ici et là des îlots de bonheur : le quartier des familles, une forêt, une serre. Rien n’est accueillant ni chaleureux. Magali Laurent nous plonge dans un futur anxiogène. Ysia est une belle lumière dans ce futur dérangeant. Elle va être confrontée à de surprenant événements et faire la connaissance de personnes qui la suivront sans hésiter.

Ce premier tome pose les bases d’une histoire très originale. L’atmosphère est suffocante et nous porte vers une fin inattendue. Magali Laurent aborde le thème de la famille, de l’amitié, de l’emprise des écrans, de l’écologie et du libre arbitre. Les personnages ne sont pas extravagants et restent humblement simples. Un roman qui se lit très rapidement tant j’ai été prise par le scénario. Le départ est un peu lent à se mettre en place mais sur la fin le rythme change radicalement. L’univers de la dystopie est totalement maîtrisé.

Un roman totalement dans l’ère du temps.

Une chronique de #Esméralda

TU, un roman de Ève Chambrot.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Envolume


Une rencontre, inespérée. Mais très vite Tu est sous emprise.
Une rencontre, une belle rencontre. Inespérée. Mais très vite, des fausses notes, des fêlures, trois fois rien, des mots qui font mal, inutilement… Questionnements, doutes, c’est pire de jour en jour, jusqu’à l’évidence criante : Tu est sous emprise.
Ma note : 3.5/5
Nouveauté 2021
112 pages
Disponible en broché et bientôt en numérique

 


MON AVIS

L’amour ?
Quel sens donne ton à l’amour ?
Indéfectible, charnel, amical, filiale, inavouable, majestueux, normal, toxique ?
L’amour est un vaste continent où l’on se trouve personnellement avec l’autre.
Qu’en est-il de l’amour toxique ?
Il est beau, merveilleux, unique, planant, immersif. Puis vient la douleur, insidieuse, malsaine, imprévisible, manipulatrice. Il emprisonne dans l’attente, dans le geste affectif, le mot sensible et compréhensible, le regard accusateur.
La machine est en marche.
Elle crie, elle hurle, elle patiente, elle pleure, elle s’évanouit dans l’immensité du silence.
Elle sait. Elle le sent dans ses tripes.
TU est incontestablement un roman à découvrir si le thème vous intéresse. La particularité de ce récit est surtout du point de vue de la narration. Essentiellement écrit à la deuxième personne du singulier, donnant au texte une dimension intéressante. Un certain éloignement par rapport à l’héroïne et qui bien au contraire nous attache littéralement à sa descente aux enfers.
Une lecture rythmée où la douleur s’insinue au fil des pages. Un roman qui ne laisse pas son lecteur insensible.
C’est un thème qui m’intéresse beaucoup dans la littérature, ma dernière lecture en date était A TROP AIMER de Alissa Wenz paru en 2020. Si je me permets une comparaison avec ces deux romans, c’est que TU ressemble à ce dernier et ne m’a rien offert de nouveau. Ève Chambrot va à l’essentiel et j’ai eu ce sentiment de satiété non assouvi.
Une idée lecture qui pourrait vous plaire.

 

Une chronique de #Esméralda

MAGIC, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, une bande dessinée de Lylian et de Molinatti.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Fantastique

Éditions Dargaud

Lylian (scénario) et Molinatti (dessin)


Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle.
 Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes ! Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs.
Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment. Une série de Lylian et Audrey Molinatti qui offre une plongée dans une Angleterre victorienne particulièrement kawaï, où vivent sorcières et créatures magiques !

 

Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
Nouveauté 2021
49 pages
Disponible en numérique et en broché

 


MON AVIS

Comment ne pas succomber à cette magnifique couverture ?

Dès le départ j’ai été séduite par les dessins. Des couleurs pastels, des courbes toutes douces et cette petite fille tellement adorable que j’ai eu envie de lui pincer les joues. Evelÿne est petite fille malicieuse et qui du haut de ses 7 ans rend folle les sœurs qui l’ont accueillie à sa naissance. Evelÿne est une petite farceuse qui aime faire des blagues de mauvais goûts. Des statues qui parlent et qui se meuvent, des phénomènes surnaturels que les sœurs ne peuvent plus contenir. C’est donc avec tristesse qu’elle confie la garde à un drôle de bonhomme. Monsieur Farfadet est chapelier à Londres et sous ses airs mystérieux cachent une magnifique réalité.

Evelÿne est bien désappointée de quitter le couvent mais grâce à la présence de Benedict, son chat noir, elle va affronter cette étape avec sérénité.

Un univers magique où les pouvoirs se doivent d’être cachés sous peine de moqueries ou de représailles.

Une très belle histoire. J’ai de suite été charmée par le scénario et les illustrations. Ici le kawaï joue parfaitement son rôle rendant l’héroïne attendrissante et un décor subjuguant. Le scénario est totalement captivant et pour un premier tome, la suite est prometteuse avec davantage de magie, je l’espère vivement. Le fil rouge de l’histoire est en place, je n’ai plus qu’à patienter pour connaître la suite de cette incroyable aventure.

A découvrir dès 8-9 ans pour les plus jeunes lecteurs et les plus grands ne pourront que se régaler !

Une chronique de #Esméralda

REVIENS VITE, TU ME MANQUES DÉJÀ !, une comédie romantique de Julia Parme.

Comédie romantique

Éditions Harlequin

Collection &H


Fleuriste créative cherche client charmant pour concevoir de jolis bouquets… et plus si affinités.

Un sourire ! C’est tout ce qu’il a fallu pour que le cœur d’Iris s’emballe ce matin. Il faut avouer que son nouveau client, Gabriel, est plus charmant que la plupart des habitués de sa boutique. Et galant, qui plus est ! Il n’a pas hésité à lui venir en aide lorsqu’elle s’est coupée avec l’un de ses outils.
Un réflexe que n’aurait certainement pas eu Édouard, son petit ami de longue date, qui a toujours fait passer ses copains avant elle. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour imaginer quoi que ce soit entre elle et Gabriel. D’autant que, si ce dernier lui a acheté des fleurs, c’est sûrement pour les offrir à quelqu’un qui lui est cher… C’est vite vu : s’il ne remet plus les pieds dans son magasin, Iris sera fixée. Mais s’il revient… c’est peut-être qu’elle lui plaît elle aussi !

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
258 pages
Disponible en numérique

 


MON AVIS

Voici une belle romance à découvrir en ce début de reprise de boulot et tout le tralala. Une jolie romance toute douce qui émeut sans aucun doute.

 

Des fleurs partout, sur le parterre, sur des étagères, sur l’escalier en colimaçon. Iris a grandit auprès des fleurs que sa mère admirait sans cesse et c’est toujours le cas. Iris est une passionnée. Une de celle qui grâce à un coup d’œil et quelques mots va vous confectionner le bouquet qui vous correspond. Iris a un talent inné. Le plaisir de partager, d’échanger, d’écouter, une sensibilité bienveillante et bien rare de nos jours. Iris a repris la boutique de sa mère qui a pris sa retraite loin de Paris dans un petit village bucolique. Secondée par sa meilleure amie. Elle l’a embauchée suite à une rupture difficile et depuis elle partage leur quotidien et même l’appartement de fonction. Une amie fidèle, un peu casse pieds et qui se mêle de ce qui ne la regarde pas. Une fille pimpante. Un duo surprenant mais lié par une amitié sans faille et bon enfant.

 

Les histoires d’amour devraient toujours commencer avec un bouquet de fleurs. Gabriel est entré dans cette petite boutique qu’on lui a chaudement recommandée. Un accueil accompagné de jurons, bien incongru dans ce cadre si calme. Et une fleuriste dépitée et mal à l’aise face à la situation avec une main blessée. Gabriel ne se fait pas prier et vient l’aider. Une première rencontre surréaliste se terminant par un bouquet pour une dame qui aura bien de la chance. Une première rencontre où les sourires élargissent les lèvres et les regards se font timide. Il en faut peu à Iris pour tomber son le charme du dandy et c’est bien incompréhensible. En couple depuis six années avec Édouard, les frémissements des premières fois ont laissé place à une grande solitude. Chacun de son côté, l’avenir n’a rien de concret à ses côtés. Et leur dernière dispute est plus grave que ce qu’il n’y paraît.

 

Alors quand Gabriel revient dans sa boutique, il ne lui faut pas plus pour oser espérer davantage.

 

Julia Parme nous propose une jolie romance placée sous le signe de la tendresse et de la timidité et des fleurs. Une histoire portée par des personnages exceptionnels qui doivent d’affronter des moments difficiles de leur vie au moment de leur rencontre. Une romance loin d’être lisse puisque de nombreux rebondissements jalonnent leur histoire. Si vous aimez les histoires d’amour qui prennent tout son temps pour s’installer, alors vous êtes au bon endroit. Effectivement, Julia Parme met en avant les sentiments et leur contradiction, la peur de l’engagement, la peur de l’échec entraînée par une timidité non feinte. Un slow burn parfait pour débuter la reprise de septembre. J’ai été charmée par l’atmosphère bucolique qui se dégage et l’histoire engagée. Julia Parme met en exergue les émotions avec malice et tendresse sauf cas exceptionnel, mesure exceptionnelle. Il m’a toutefois manqué ce punch que j’aime retrouver dans les romances, le rythme de celle-ci me convenait moins.

 

Une très belle histoire portée par une jolie plume enchanteresse que je recommande vivement aux amatrices de belles romances.

 

 

Une chronique de #Esméralda

ACCOMMODER AU SAFRAN, une romance de Maryssa Rachel.

ROMANCE CONTEMPORAINE

JDH Éditions

Collection Romance Addict


Une sexy romance dans la collection Romance Addict : Comment prendre soin de l’autre si on n’est pas capable de prendre soin de soi ? L’amour existe-t-il encore ? Que signifie être infidèle ? Peut-on encore vibrer d’amour après toutes ces années de mariage et surtout après 40 ans ? Et si tout était trop tard ? Et si après tout, la vie c’était l’ennui… ?
Qui n’a jamais eu envie de tout foutre en l’air et de recommencer une vie ailleurs ? Marie est drôle, brute de décoffrage, tantôt joyeuse, tantôt triste, tantôt forte, tantôt faible, tantôt amoureuse, tantôt haineuse… Mais Marie manque de confiance en elle. La vie de couple l’a « enrobée » dans tous les sens du terme, elle se trouve grosse, vieille, moche et inintéressante, surtout à côté de ses deux merveilleuses amies… Relookage express, nouvelle coiffure et épilation, sorties dans les bars avec les copines… Marie va vite se rendre compte que ses sorties lui font un bien fou. Elle retrouve goût à la vie, elle reprend soin d’elle, elle évite de plus en plus ce mari boulet qu’elle ne supporte plus… Avec « ACCOMMODER AU SAFRAN », Maryssa Rachel offre à ses lecteurs une histoire d’amour moderne, drôle, parfois cynique, sans « once upon a time » et sans « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants »…

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
328 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

Si le nom de l’auteure vous interpelle, c’est que certainement vous aviez suivi de près ou de loin la sortie en 2017 de son roman Outrage Chez Hugo Roman dans leur collection Blanche qui avait fait beaucoup, beaucoup, de bruits.

 

Est-ce-que Maryssa Rachel s’est adoucit en nous proposant une romance traditionnelle ?

 

Je dirai bien que non !

 

Une romance certes traditionnelle, mais pas gnangnan. Une romance mature et qui explore l’amour et l’âge sous toutes ses coutures, si je puis dire.

 

Marie, la petite quarantaine, pas d’enfant, mais un mari bien installé dans la vie, avec la petite bedaine naissante et les chaussettes qui puent (c’est important). Marie est journaliste, écrit quelques piges et couvre ici et là des événement régionaux sans grande importance. La vie de Marie est un long puits sans fond. Une routine morbide dans laquelle s’est installée les remords et les reproches. Le sommeil, cette fatigue psychique, fait de ses journées un long combat, pour se lever, faire quelques chose et être la femme parfaite pour un mari qui a perdu de sa splendeur et de son ardeur.

 

Que sont devenus ses rêves ? Qu’est devenue sa vie ? Quelle femme est-elle à présent ?

 

La prise de conscience est ardue. La liberté est un lointain et doux éphémère. Aidée par ses deux amies de toujours qui croquent la vie et les plaisirs à pleine dent, Marie va tenter de donner un sens à sa vie, à ses désirs, à ses espoirs. Une quête semée d’embûches, mais c’est bien connu les erreurs forment la jeunesse.

 

Maryssa Rachel nous propose une romance assez atypique. J’ai rarement lu une romance où l’héroïne principale est une quadra en mal d’amour et en plein questionnement. De ce fait j’ai beaucoup apprécié le déroulement de l’histoire et surtout les prises de consciences qui nous ne vendent pas du rêve en tablette de chocolat et de happy-end. Une romance très proche de la réalité dans laquelle je m’y souvent retrouvée (et c’est choquant de se dire j’aurai pu dire ou faire cela). Maryssa Rachel aborde avec tact et fermeté des sujets sensibles tels que le deuil de la maternité, le deuil d’un mariage, le deuil de la femme que l’on souhaitait être, le deuil d’un premier amour, le deuil d’une carrière professionnel mais au-delà de tout cela elle parle d’amitié, de sexe libre, de liberté, de confiance en soi, de bien-être, d’espoir et d’amour naissant.

 

Marie est un personnage à part entière avec ses défauts et ses qualités. Une personne déterminée malgré sa tristesse envahissante et qui par ses hésitations va découvrir que malgré son âge et sa vie, elle est capable encore de ressentir du désir et de prendre des décisions.

 

Maryssa Rachel signe une romance hors des sentiers battus (encore !) qui explore l’âge de la raison avec réalité et honnêteté. Une romance aussi légère et sérieuse portée par une plume toujours aussi sensationnelle et brute de décoffrage !

 

Une chronique de #Esméralda