CIRCÉ LA MAGICIENNE, une bande dessinée de Marazano et de Delmas.

FANTASTIQUE

Éditions Dargaud

Richard Marazano (scénario) et Gabriel Delmas (dessin)

Dans le chant X de l' »Odyssée » d’Homère et dans toutes les formes ultérieures de ce mythe, la magicienne Circé est présentée comme une femme fatale qui utilise le plaisir pour corrompre les sens des hommes.
Dans un style graphique réaliste, le récit proposé ici, bien qu’assez fidèle dans sa chronologie, propose une vision résolument différente de la version d’Homère :
raconté du point de vue de Circé, il se place du côté des femmes soumises à la violence de la domination masculine et contraintes de se défendre.

 

Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
64 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

C’est la curiosité qui m’a poussé à ouvrir cette bande dessinée. Ne connaissant pas vraiment le mythe de Circé, c’est sans apriori que je me suis lancée dans cette lecture.

 

Je suis d’abord surprise par la couleur noire qui est très présente, jouant les contraste avec des transparences ou des couleurs plus claires. Circé vit sur son île plongée dans les ombres d’un désir contrarié celui de plaire aux Dieux, dans la magie et ses animaux. Circé est de mon point de vue, une victime des rouages patriarcaux et cette pénombre reflète certainement son état d’esprit contrarié et persécuté. De cette noirceur découle une atmosphère loin d’être chaleureuse et sinistre.

 

L’arrivée d’Homère sur son île est une occasion en or de satisfaire, enfin et peut-être, les Dieux. Entre mirage et mysticité, Circé parvient à l’envoûter.

 

Si l’ensemble est, à mes yeux, lugubre, le scénario est totalement captivant et m’a permis de découvrir un mythe passionnant. Le point de vue féminin est, je suppose, singulier.

 

Une belle découverte que je vous recommande.

MAGIC, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, une bande dessinée de Lylian et de Molinatti.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Fantastique

Éditions Dargaud

Lylian (scénario) et Molinatti (dessin)


Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle.
 Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes ! Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs.
Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment. Une série de Lylian et Audrey Molinatti qui offre une plongée dans une Angleterre victorienne particulièrement kawaï, où vivent sorcières et créatures magiques !

 

Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
Nouveauté 2021
49 pages
Disponible en numérique et en broché

 


MON AVIS

Comment ne pas succomber à cette magnifique couverture ?

Dès le départ j’ai été séduite par les dessins. Des couleurs pastels, des courbes toutes douces et cette petite fille tellement adorable que j’ai eu envie de lui pincer les joues. Evelÿne est petite fille malicieuse et qui du haut de ses 7 ans rend folle les sœurs qui l’ont accueillie à sa naissance. Evelÿne est une petite farceuse qui aime faire des blagues de mauvais goûts. Des statues qui parlent et qui se meuvent, des phénomènes surnaturels que les sœurs ne peuvent plus contenir. C’est donc avec tristesse qu’elle confie la garde à un drôle de bonhomme. Monsieur Farfadet est chapelier à Londres et sous ses airs mystérieux cachent une magnifique réalité.

Evelÿne est bien désappointée de quitter le couvent mais grâce à la présence de Benedict, son chat noir, elle va affronter cette étape avec sérénité.

Un univers magique où les pouvoirs se doivent d’être cachés sous peine de moqueries ou de représailles.

Une très belle histoire. J’ai de suite été charmée par le scénario et les illustrations. Ici le kawaï joue parfaitement son rôle rendant l’héroïne attendrissante et un décor subjuguant. Le scénario est totalement captivant et pour un premier tome, la suite est prometteuse avec davantage de magie, je l’espère vivement. Le fil rouge de l’histoire est en place, je n’ai plus qu’à patienter pour connaître la suite de cette incroyable aventure.

A découvrir dès 8-9 ans pour les plus jeunes lecteurs et les plus grands ne pourront que se régaler !

Une chronique de #Esméralda

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE, un polar de M.T. Edvardsson.

POLAR

Éditions POCKET

Prix Nouvelle Voix du Polar

Traduit du Suédois par Rémi Cassaigne


Une famille suédoise tout ce qu’il y a de normal, ces Sandell…
Le père, pasteur. La mère, avocate. Une fille de 19 ans, bosseuse, qui rêve de voyages au long cours.
Le samedi, on file au cinéma. Le dimanche, en forêt. Ils trient leurs déchets, n’oublient jamais leur clignotant, rendent toujours à temps leurs livres à la bibliothèque.

Normale en apparence, du moins, comme toutes les familles qu’un meurtre sordide s’apprête à faire basculer dans l’horreur…
 
Ma note : 3/5
624 pages
Disponible en numérique, broché et poche

MON AVIS (du 14 février 2020)

Thriller aussi énigmatique qu’accaparant, UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est au cœur d’une intrigue loin d’être évidente et qui délivre tour à tour une parcelle de vérité. Et encore, nous sommes loin des surprises. Seul le pont final délivrera le lecteur.
Effectivement il faut faudra attendra le point final pour que la lumière se fasse sur cet imbroglio d’énigmes. M.T. Edvarsson sait tenir en haleine son lectorat. Quelle idée magnifique de nous faire découvrir l’envers du décor en donnant la voix à ses personnages principaux. Trois parties de l’intrigue, trois points de vue et trois meilleures manières de titiller ma curiosité.

Adam Sandell, le papa et pasteur, se transforme en enquêteur de terrain afin de disculper sa fille Stella. Porte-parole de sa famille, il tente le tout pour le tout. Adam a toujours été un papa attentionné et un mari aux petits oignons. Tout au long de sa pseudo enquête, il se remémore son passé. Son adolescence, sa révélation pour Dieu, sa rencontre avec sa future femme Ulrika, ses doutes, ses craintes, son optimiste, sa paternité, son rôle de papa. Cette rétrospective a pour but d’établir le profil de ce papa qui peu à peu devient intransigeant, surtout envers sa fille. Un homme maladroit qui ne la comprend plus et qui malgré ses efforts se trouve face un mur. Souvent abattu face à la perte de contrôle sur l’avenir de sa fille à la forte personnalité, Adam se voit attribuer le rôle du méchant parent. Il ne trouve plus ce lien qui autrefois rendait leur relation magnifique.
Au fil de ses pérégrinations, Adam doute de plus en plus. Ses questions n’ont pas de réponses. Un flou artistique qui ne prend sens qu’à la fin.

Stella fille unique a toujours était la petite princesse à son papa. Elle l’admirait avec force. Elle a eu une enfance dorée et douce. Pourtant en grandissant, Stella ne se sent pas à sa place. Elle s’interroge sur son identité au sein de la société et elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne rentre dans aucun modèle. La perception de la vie en générale et de sa vie en particulier ne tournent pas selon un axe préétabli. Stella est un électron libre. Émotive, elle gère très mal son impulsivité. Elle aime contrôler sa vie au risque de se mettre dans des situations compliquées. Stella n’a pas de limite et assume complétement.

Ulrika la maman est une femme prise par ses remords. Très peu présente dans la vie de sa fille depuis toute petite à cause de son travail d’avocate, Ulrika s’interroge beaucoup sur l’évolution de sa fille et son rôle dans celui-ci. Pourtant dans les dernières péripéties, elle fait preuve de repenti.

UN FAMILLE PRESQUE NORMALE est un thriller assez surprenant notamment sur la construction du récit. Les trois voix apportent chacune leurs pierres à l’édifice pour un résultat sensationnel. D’un côté l’intrigue principale qui est à savoir « est ce que Stella est coupable » et de l’autre l’auteur qui dissèque la famille et ses secrets. Ces deux parties sont complémentaires car elles permettent d’établir la personnalité de chacun des protagonistes. Il est bon de savoir que l’auteur n’use pas de redondance. Sans l’une et l’autre partie, ce thriller n’aurait aucun intérêt et serait grandement ennuyeux. Là aussi, l’alternance entre le passé et le présent qui est parfaitement maîtrisé, met à jour leurs secrets.

UNE FAMILLE PRESQUE NORMALE est un excellent thriller. J’ai pris du plaisir à le lire mais il m’a manqué indéniablement de l’originalité et cette petite chose qui me scotche et qui me laisse sans voix. Ce thriller est le premier traduit en France de cet auteur et je me laisserai volontiers séduire par son prochain roman.

Une chronique de #Esméralda

SAC A DIABLE, tome 1 : La Bruja a disparu ! une bande dessinée de Cardona et Mayen.

FANTASTIQUE

Cédric Mayen (scénario) Sandra Cardona (illustrations)

Éditions DARGAUD


Enfer et damnation ! La Bruja, la sorcière la plus puissante de sa sororité, a disparu ! Elle venait juste de créer un élixir capable de changer la face du monde…
Norah, sa nièce, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, décide de se rendre à son domicile. Alors qu’elle entre dans la maison de sa tante,
elle interrompt sans le vouloir un rituel d’invocation du Prince des Ténèbres, enclenché par erreur par Barbouillard, l’un des démons familiers de La Bruja.
Catastrophe : voilà le Diable coupé en deux, bloqué dans un pentacle et condamné à rester sur Terre ! S’il veut récupérer ses jambes et son trône, il doit passer par les cinq démons qui gardent la porte des Enfers. Norah veut bien l’aider, à une condition : qu’il lui donne un coup de main – ou plutôt de griffe – pour retrouver sa tante.
Et voilà comment le Diable se retrouve dans le sac à dos d’une jeune fille d’aujourd’hui, situation fâcheuse pour un personnage aussi illustre que lui…
Prenez un zeste de sorcières, ajoutez une pincée de démons, assaisonnez le tout avec une bonne dose d’humour et vous obtiendrez Sac à Diable, un excellent élixir à consommer sans modération !

 

Ma note : 3,5/5
48 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

La Bruja est une sorcière redoutée et renommée. Dans son repaire loin de tout, elle passe son temps à créer des potions magiques et la dernière sera son chef d’œuvre. Une goutte de ci, une pincée de ça, une patte par ci et une herbe par là, une incantation et sa potion sera une pure merveille.

 

Balai en main, direction le ciel pour une destination secrète. C’est ainsi que la Bruja disparaît.

 

C’est sa nièce, Norah, inquiète qui découvre la maison de sa tante dans un état catastrophique. Les petits compagnons esseulés de la sorcière ont lancé un sort qui évidemment s’est mal terminé. C’est ainsi que surgit dans la vie de Norah un démon, plus précisément la moitié d’un démon.

 

Avec l’aide de ce dernier, Norah part à la recherche de La Bruja et une drôle d’aventure l’attend.

 

Une bande dessinée haute en couleurs et où l’action est omniprésente. Une histoire à laquelle j’ai eu du mal à m’accrocher. Un scénario alambiqué qui part un peu dans tous les sens. Le format numérique n’aidant pas je n’ai pas su apprécié à la hauteur. Le personnage de Norah est intéressant notamment du fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs magiques. Le diable est un sacré farceur et manipulateur. Je ne suis pas arrivée à cerner les aboutissants de ce premier tome et encore moins le fils rouge de cette saga. Petite déception pour ce premier tome où je m’attendais à de la magie en effervescence.
 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

JOURS DE SABLE, un roman graphique de Aimée de Jongh.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD


Washington, 1937. John Clark, journaliste photoreporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, l’organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et les tempêtes de sable plongent les habitants dans la misère.
En Oklahoma, John tente de se faire accepter par la population. Au cours de son séjour, qui prend la forme d’un voyage initiatique, il devient ami avec une jeune femme, Betty. Grâce à elle, il prend conscience du drame humain provoqué par la crise économique. Mais il remet en question son rôle social et son travail de photographe…
Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur et incontournable 2021 »
288 pages
Disponible en broché et en numérique
Nouveauté 2021


MON AVIS

Comme la plupart du temps j’ai choisi cette lecture pour sa couverture et non pas pour son résumé. J’aime être surprise au cours de mes lectures et quand elle se terminent par un immense coup de cœur, c’est le Graal ultime.

 

Les États-Unis subissent de plein fouet la grande dépression. Un contexte économique tendu où les plus pauvres, les ouvriers, les agriculteurs, les petites mains peinent à survivre.

 

John est photographe non pas par choix mais par conviction qu’au moins une fois dans sa vie son père, également photographe de renom, puisse être fier de son fils. Pourtant John a le talent, la patience, et l’œil. Une certaine beauté résulte de ses clichés. Dernièrement, il vient d’être employé par la FSA. Son but : rendre état de la population résidant au cœur du Dust Bowl, ancienne région agricole riche et prospère qui subit depuis quelques années une sécheresse sans pareille occasionnant régulièrement des terribles tempêtes de sables.

 

Cet objectif lui semble noble. Une aide précieuse pour ces habitants. Mais ces premiers pas dans ce village à semi abandonné est un choc. Le sable omniprésent, des habitants inquiets et inquiétés, la méfiance, la peur, la désillusion. Ces habitants vivent ici depuis des générations. L’élevage et l’agriculture y sont tel un eldorado qui vireront bientôt au cauchemar, à l’enfer. Les enfants vaquent à leur occupation, il n’y a plus école depuis de nombreux mois. Les hommes tentent tant bien que mal à faire vivre leurs familles, les femmes sont démunies.

 

Ses premières approches sont maladroites. Il essuie de nombreux refus. Navré de ce porte à faux, il se remet en question est tente à nouveau une nouvelle approche. Les portes s’ouvrent timidement, leurs histoires fleurissent, leurs maux s’épanchent. Quitter leurs terres est l’unique solution pour ainsi préserver les enfants qui s’essoufflent, les vies qui s’étiolent.

 

Les photos s’agglutinent. Des clichés vibrants, parfois mis en scène (rarement), des familles décharnées.

 

Puis il rencontre la jolie Betty, veuve et enceinte. Elle lui montre la beauté cachée derrière la solitude des sables mouvants. Elle lui apprend l’entraide. Elle lui prouve que la famille est sacrée au delà des souffrances. Elle lui prouve que la vie se doit d’être vécue pour soi.

 

Ce roman graphique est de cette beauté parfaite qui met en exergue la douloureuse réalité. La fiction est mise en œuvre pour décrire une réalité historique prégnante et difficile. Les illustrations sont bouleversantes. Le sable s’infiltre partout, s’invite dans les moindres interstices, mordant la poindre parcelle de vie. Le personnage de John est touchant. Touchant dans sa solitude, son dévouement, son désœuvrement, son empathie, son histoire. Un personnage sombre qui va se révéler au côté de l’éblouissante Betty débordante de gentillesse et d’amour.

 

JOURS DE SABLE est émouvant. Ce foisonnement de vies fauchées par la triste réalité, produit de la main de l’homme. Je suis sortie de cette lecture subjuguée. Un roman graphique foudroyant et terriblement humain !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

EXTINCTIONS, LE CRÉPUSCULE DES ESPÈCES, une bande dessinée de Jean Baptiste de Panafieu et de Alexandre Franc.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD & ÉDITIONS DELACHAUX ET NIESTLÉ

SCÉNARIO : De Panafieu

ILLUSTRATIONS : Franc


Sur une île de l’océan Arctique, les journalistes Emma et Luis vont pendant deux mois suivre une équipe scientifique qui étudie le risque mortel que fait peser le réchauffement climatique sur la faune et la flore.
Comment des espèces entières sont-elles amenées à disparaître ? Que dit la science de la sixième extinction de masse que nous vivons aujourd’hui ? Quelles étaient les cinq premières ? Comment se sont-elles produites et dans quel contexte ? Et après nous, le déluge ?…
 
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
128 pages
Disponible numérique et cartonné
Nouveauté 2021
Le biologiste Jean-Baptiste de Panafieu et le dessinateur Alexandre Franc nous offrent une description détaillée de ces phénomènes aussi fascinants qu’inquiétants. Avec humour et précision, ils expliquent la disparition des espèces actuelles et les conséquences de cette sixième extinction.

MON AVIS

En démarrant la lecture de ce roman graphique j’étais loin de me douter qu’il allait me faire flipper et me mettre mal à l’aise à ce point là. Si vous pensez que cela est péjoratif, vous vous trompez. Je pense que l’auteur a réussi son pari de nous ouvrir les yeux sur l’avenir de notre planète.

 

Grâce à deux journalistes quelque peu maladroits et une équipe scientifique, nous suivons leurs pérégrinations sur cette île de l’océan Arctique. Pas à pas, nous découvrons les traces du passé. Les différentes extinctions au nombre de cinq et les différentes évolutions des espèces vivantes. Bien évidemment le sujet dérive sur notre époque et les signes précurseurs de la sixième extinction qui nous ne leurrons pas à débuter depuis plusieurs décennies (l’anthropocène). Le plus ennuyeux est le fait que l’homme est à l’origine de cette sixième extinction. Et je vous assure que j’ai sacrément eu les boules. La surexploitation des terres , la surconsommation, la surpêche, l’augmentation de la température contribuent malheureusement à cela. L’auteur glisse tout de même de l’optimisme en suggérant que malgré la fin de la vie telle que nous la connaissons, elle saura s’adapter et évoluer. Les Hommes ne seront plus nous et les espèces vivantes aussi.

 

J’ai adoré ce roman graphique qui vulgarise la science. La science qui explique notre monde avec une telle simplicité est vraiment à mettre dans les mains de tous. J’ai beaucoup aimé les illustrations qui se veulent naturelles et singulières. Parfois des photographies ou des documents se glissent dans les planches. Le scénario accessible se veut parfois coquasse et l’ambiance conviviale. 

 

Une lecture qui ouvre les yeux et jette un grand froid. Je me suis sentie démunie face à cette situation et étrangement apeurée face à cet avenir délicat. Tout cela est si inévitable ! Une lecture qui interroge le lecteur et soulèvera bon nombres de débats. En parler entre nous c’est déjà un premier pas et peut être que collectivement une solution s’imposera. Mais dans notre monde individualiste et capitaliste (de mon point de vue pas celui de l’auteur) il me semble ardu de mettre en œuvre une solution de préservation. Si le protocole de Kyoto est de bonne augure, le temps joue en notre défaveur. Nos enfants et nos petits enfants seront les témoins d’une nouvelle ère qui malheureusement ne s’annonce pas sous des meilleurs auspices.

 

A découvrir de toute urgence !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

FILLES UNIQUES, tome 1 : Paloma, un roman graphique de Beka et Camille Méhu.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD

Beaka (scénario)

Camille Méhu (dessins, couleurs)


Apolline, Céleste, Chélonia et Sierra sont scolarisées dans le même établissement. Ces jeunes filles ont un point commun : elles sont isolées, mises à l’écart par les autres, parfois harcelées. Un jour, Chélonia décide de les réunir pour leur faire une proposition. Elle aimerait fonder avec elles le « club des mal-barrées ». Sa raison d’être : leur permettre de briser leur solitude et de devenir plus fortes, en somme, pour enfin « exister pleinement ».
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
56 pages
Disponible en cartonné et en numérique
Nouveauté 2021
Leur premier objectif consiste à convaincre Paloma de les rejoindre. Adolescente rebelle et solitaire, celle-ci a épuisé plusieurs familles d’accueil. Elle vit désormais chez Liselotte, une femme habituée à héberger des jeunes en difficulté. Les quatre nouvelles amies pourront-elles l’aider à surmonter son passé ?
Dans ce premier tome d’une série en cinq volets, servi par le trait subtil et les couleurs sensibles de Camille Méhu, les BeKa abordent avec justesse les thèmes de l’adolescence difficile et des dysfonctionnements familiaux.

MON AVIS

Ce premier tome a été un sacré coup de cœur ! En commençant je n’aurai jamais cru ressentir autant d’émotions et d’empathie pour ces quatre filles uniques et mises au banc de la société. Ce premier tome est consacré à Paloma. Depuis son plus jeune âge, elle écume les familles d’accueil, trimballant derrière elle un foutu passé où sa voix n’a pas été entendue. 

 

Sous l’impulsion de Chélonia, une geek pleine de surprises, celle ci décide de créer ce groupe de filles. Elle les a longuement observées et en est arrivée à la conclusion qu’elle étaient toutes rejetées par ce système de normalisation. Mais Paloma n’est pas d’accord. Elle préfère être solitaire et affronter la vie telle qu’elle se présente. Faire confiance aux autres n’est pas sa tasse de thé, elle a bien été trop déçue par le passé. Rebelle dans l’âme, elle mène la vie dure à Liselotte, une vieille dame qui a le cœur sur la main et l’âme généreuse. Pas à pas, cette dernière va apprivoiser la jeune fille et Chélonia, Apolline et Céleste vont tout tenter pour que cette dernière intègre leur super groupe.

 

J’ai été sensible à l’histoire de Paloma, cette petite fille qui a été blessée très jeune par la vie. Elle a beaucoup de mal à s’attacher et à donner sa confiance aux adultes qui l’entourent. Un cœur blessé et une âme en flamme, Paloma préfère l’effervescence d’un groupe à la solitude. Une jeune de fille de caractère et aux idées bien arrêtées qui pourtant va se laisser tenter par se regain d’intérêt. Le scénario des Beka est sensationnel et profond. Ils traitent avec cette honnêteté ôtée de filtres les difficultés à l’intégration et à la différence, mais ils souhaitent également mettre en évidence qu’après un mauvais départ dans la vie, les chances sont, là, présentes et qu’il faut savoir en saisir la main tendue. Une scénario sensible et terriblement touchant mis en lumière par les illustrations sublimes de Camille Méhu qui retranscrit à merveille les émotions des personnages.

 

Une joli coup de cœur pour ce roman graphique, hâte de découvrir les aventures des autres filles uniques !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

THE BLACK HOLES & NUIT COULEUR LARME, bandes dessinées de Borja Gonzalez.

ROMANS GRAPHIQUES

Éditions Dargaud

Scénario, dessin, couleurs : Borja Gonzalez


The black holes :
De nos jours, Gloria, Laura et Cristina, trois adolescentes, forment un groupe de punk appelé « The Black Holes ». Attitude, présence, instinct et musicalité, rien ne leur manque !
Mais à peine ont-elles commencé à répéter qu’une étrange présence surgit dans leur présent : une réminiscence aussi puissante que mystérieuse de quelque chose qui s’est passé il y a 160 ans et qui poursuit l’une d’entre elle. Et ce qu’elles ne savent peut-être pas, c’est que le temps est une autoroute à double sens…
Ma note : 3/5
Disponible en numérique et broché
Nuit couleur larme :
Dans une ville théâtre d’une vague de disparitions soudaines et inexpliquées, Teresa est libraire spécialisée en fantastique, occultisme, horreur. Une de ses clientes régulières est Matilde, jeune fille timide habillée comme une otaku. Une nuit, dans la forêt, Teresa lance une incantation trouvée dans un livre et fait apparaître Laura, une démone dont le pouvoir est de réaliser le voeu de qui l’a appelée. Mais Teresa ne sait pas quoi demander ! Or, Laura ne peut repartir sans réaliser sa mission. Commence alors une cohabitation des plus étranges, souvent drôle, toujours décalée…

MON AVIS

Une fois n’est pas coutume, j’ai à nouveau entamé une série par le tome 2. A la fin de ce dernier, je n’étais pas très convaincu et j’avais ce sentiment d’avoir loupé quelque chose. C’est au détour d’un post Instagram que j’ai trouvé la solution. Alléluia !

 

Ni une ni deux, me voici à lire The Black Holes. Ce premier tome met en image un groupe de trois filles qui ne se ressemblent absolument pas. Elles ont décidé de créer un groupe de musique, punk. Il est bien difficile pour elles de se mettre d’accord. En parallèle de cela, l’une d’entre elles va vivre des situations extraordinaires qui se recoupent avec des événements survenus il y a 160 ans. Passé et présent se croisent et se décroisent et un mystérieux et gentil squelette semble en être le point commun.

 

Le second tome se déroule à la suite de mystérieuses disparitions dont Cristina, une des filles du groupe de musique. Teresa, libraire, aime la magie occulte et tout ce qui s’en approche. Un soir, elle décide de tenter une incantation qui après quelques couacs réussie. La voici affublée d’un génie, Laura, qui est là pour réaliser un vœu qu’elle s’empressera d’exaucer. Mais Teresa ne sait pas quoi dire et choisir. Laura s’installe chez Teresa et fait la connaissance d’une habituée de la libraire, Mathilde, une ado curieuse.

 

Voici deux bandes dessinées qui sortent totalement des codes. Vous seriez surpris de découvrir des personnages au visages uniques, blancs. Je ne vous cache pas que au début j’ai cru à une mauvaise blague, cherchant l’erreur là où elle n’était pas. L’évidence est telle qu’effectivement Borja Gonzalez a décidé d’occulter les traits des visages. Est ce que cela entraîne une incompréhension des émotions ? Aucunement et c’est en cela qu’excelle les bandes dessinées. Les émotions sont transmises par un jeu de couleur, la posture des personnages et les bulles. Tout le contexte émotionnel est bien et bel présent mais d’une manière inattendue. Ce qui m’a laissé sur ma faim c’est le scénario. Alors oui je n’ai pas tout compris et j’ai encore cette impression d’être passée carrément à coté. C’est très frustrant et embêtant ! Néanmoins l’auteur a le sens de la poésie et vous captive en un claquement de doigts et donc à la sortie du troisième tome, je ne manquerai pas de le découvrir et, peut être et enfin, mettre le doigt sur ce qui me manque aujourd’hui.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

ZOMBILLÉNIUM, tome 1 à 5, une bande dessinée de Arthur de Pins.

BANDE DESSINÉE

HUMOUR

ÉDITIONS DUPUIS


Au Parc d’attraction Zombillénium, on n’embauche qu’à durée indéterminée. Les critères de sélection ne sont pas trop durs, on refuse juste les simples mortels. Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise…
Une comédie à l’humour noir impeccable, signée Arthur de Pins.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir absolument »
Disponible en numérique et broché
 

MON AVIS

Cette saga me faisait de l’œil depuis un bon moment déjà et lorsque j’ai vu qu’elle était présente à ma médiathèque, j’ai sauté dessus et l’ai empruntée.

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CHARLOTTE IMPÉRATRICE, tome 2 : L’Empire de Nury et de Bonhomme.


Depuis son mariage avec Maximilien d’Autriche, Charlotte va de désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle mise son va-tout sur la couronne du Mexique. À leur arrivée à Veracruz, le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d’être pacifié par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère de Maximilien pour préserver leurs intérêts.

Direction le Mexique. Maximilien devient l’empereur et doit remettre sur pied un pays à feu et à sang. Les indiens sont tués, affamés et torturés. Des terres arides et hostiles où les manipulations sont courantes. Charlotte est tout bonnement choquée par la rencontre avec ce peuple. Totalement délaissée par son mari et impuissante face à la situation du pays, elle va pendant un laps de temps prendre les commandes du pays pendant que son cher mari se prélasse dans la luxure.
Ce second tome est différent du premier. Nous rentrons dans le vif du sujet concernant la situation du Mexique. Des illustrations plus violentes dans les tons rouges. Du sang, des corps décharnés qui contrebalancent l’opulence du palais. Charlotte se révèle être une meneuse hors pair enviée par les sommités du pays qui la jalousent. Sous couvert du récit historique, Nury propose une histoire passionnante entre secret, prise de conscience et manipulations. Un tome riche en rebondissements et en révélations qui se termine sur un sacré cliffhanger. J’espère de tout cœur qu’il y aura une suite. Comme pour le précédent tome, je suis touchée par les détails des lieux et par les émotions qui se dégagent des personnages qui tour à tour sont pris par leurs tourments et leurs exaltations. Un tome où la guerre est très présente. On y aborde succinctement la condition des indiens et du clergé.

 

Un second tome qui m’a tout autant captivé que le premier !

 

Une chronique de #Esméralda

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