Doucement renaît le jour de Delphine Giraud

Littérature française contemporaine – Sortie le 14/01/21
Éditions Fleuve

Ma note : 3.5/5


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Fleuve qui, via la plateforme Netgalley, m’ont donné la possibilité de découvrir le nouveau roman de Delphine Giraud.

Résumé : Connie, jeune femme au caractère bien trempé, a réalisé son rêve de devenir fleuriste et gère sa boutique d’une main de maître. Mais le jour où elle découvre une ancienne photo d’elle à côté d’un petit garçon, toutes ses certitudes s’effondrent. Qui est cet enfant ? Acculé, son père lui avoue qu’il s’agit de Mat, son petit frère. Victime d’un accident à l’âge de deux ans, il est resté tétraplégique et communique peu avec le monde extérieur. Connie l’a effacé de sa mémoire. Emportée par son désir de connaître son frère et de rattraper le temps perdu, elle oublie alors une question essentielle: pourquoi ses parents ont-ils préféré lui cacher l’existence de Mat pendant si longtemps ? Elle ignore encore ce qu’il en coûte de remuer le passé…


L’avis de #Lilie : Conquise par son premier roman, j’avais hâte de retrouver la plume de Delphine Giraud. Cette nouvelle parution a fait grand bruit au moment de sa sortie. C’est donc très enthousiaste et pleine d’attente que j’ai entamé ma lecture….et c’est un peu déçue que je la termine. En effet, même si cette histoire a beaucoup de points positifs, je n’ai pas été totalement convaincue.

Nous faisons ici connaissance avec Connie, une jeune femme qui mène sa vie comme elle l’entend. Elle semble heureuse jusqu’au jour, où en faisant un footing, elle manque d’être percutée par un cycliste. A partir de là, une impression de déjà-vu va s’insinuer en elle et l’obséder… Au final, elle va découvrir l’existence de son frère Mat, tétraplégique depuis l’enfance, qu’elle avait totalement effacé de sa mémoire. Mais pourquoi ne se souvient-elle pas de lui ? Les retrouvailles vont-elles bien se passer ? Que va découvrir Connie en fouillant dans les méandres de sa mémoire ? Pourra-t-elle avancer après avoir déterrer son passé ?

Connie est une jeune fleuriste qui sait ce qu’elle veut, et surtout ce qu’elle ne veut pas. Elle ne laisse personne entrer dans son cercle proche et semble très heureuse comme ça. Pourtant, ses retrouvailles avec Mat, son petit frère, et sa rencontre avec David, un séduisant pompier, vont tout bouleverser. Mat est placé dans un établissement spécialisé pour les personnes en situation de handicap. Il s’entend très bien avec une infirmière du nom de Babeth, qui est comme une deuxième maman pour lui. Doté lui aussi de son petit caractère, il n’aspire qu’à croquer la vie à pleine dent et à redécouvrir cette sœur dont il a été si longtemps privé. Nous rencontrons aussi Phil, le père de Connie et Mat, qui se retrouve empêtrer dans un mensonge qui dure depuis trop longtemps. Il y a également Helen, la mère des enfants qui ne semble pas épanouie dans sa vie familiale, Annie, la nourrice un peu trop présente, Firmin, le nouvel employé de Connie qui sera un peu le Jiminy Cricket de notre héroïne, et Jannelle, la meilleure amie toujours présente.

Ce second roman est une petite déception pour moi. Tout d’abord, j’ai mis du temps à réussir à entrer dans l’histoire et à m’attacher aux protagonistes. Je n’aime pas beaucoup Connie et il est vrai que quand je n’accroche pas au personnage principal, j’ai du mal à lâcher prise. Néanmoins, passé le premier tiers, j’ai aimé voir l’évolution de la relation entre ce frère et cette sœur si longtemps séparés. Les chapitres alternent entre passé et présent, permettant ainsi au lecteur de mieux comprendre l’histoire de cette famille. La plume de l’autrice est fluide, facile à lire et très visuelle. Émotionnellement, l’autrice essaie de jouer avec nos nerfs afin de nous faire passer par plusieurs états en l’espace de quelques pages. Elle aborde les thèmes des secrets de famille, le handicap, la reconstruction et la difficulté d’être une bonne mère. Malgré ces thématiques lourdes et difficiles, elle nous entraîne au fil des pages dans une histoire positive et elle nous incite au pardon et à toujours aller de l’avant en profitant de chaque moment.

Pour conclure, même si je n’ai pas été pleinement convaincue par « Doucement renaît le jour », je recommande cette lecture à tous ceux qui aiment découvrir de nouvelles autrices qui nous parlent de sujets difficiles en nous insufflant de l’espoir et la volonté d’aller de l’avant.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Fleuve

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CE QU’IL FAUT DE NUIT, un roman de Laurent Petitmangin.

Je pense que ça été une belle vie. Les autres diront une vie de merde, une vie de drame et de douleur, moi je dis, une belle vie.


C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

C’est l’histoire d’un deuil, du courage et d’abnégation. C’est l’histoire de l’ivresse, de la peur et de l’absolution. C’est l’histoire d’hommes qui se débattent dans leur propre brouillard, en apnée, sur le chemin parsemé de doutes et d’espoirs. C’est l’histoire d’une famille, d’une multitude de familles dans toutes ces facettes multicolores et d’unicités.
Le père, Fus, Gillou, une famille amputée d’une maman, d’une épouse emportée par le cancer sans se battre, sans se rebeller. Un abandon douloureux mais silencieux. Peu de mots sont mis sur cette situation mais les attentions sont nombreuses. La vie reprend ses droits. Le foot, les vacances, les dimanches loin de l’hôpital. Le soleil perce ce brouillard insistant. Les enfants deviennent des adolescents. Une période où la recherche de leur identité et valeur s’intensifie. Une période laissant place au monde des adultes. Trois chemins qui se séparent où Gillou reste ce point d’ancrage, cette passerelle neutre. La vie avance doucement et puis elle explose en un coup de poing. L’amertume, la rage, la folie s’emparent de l’un d’entre eux. Case prison. Case remord. Case incompréhension. Case tristesse. Case effondrement.

 

CE QU’IL FAUT DE NUIT est un concentré d’émotions pures. Elles accaparent, interrogent et bouleversent. Un premier roman qui fascine par l’humilité qui en découle. Des mots forts, acérés et percutants tels une douce mélodie d’une vie où la douleur s’est invitée insidieusement. Les non-dits, la peur de l’abandon, la peur de la discorde, la peur de la fuite clouent les mots, les enfoncent dans les entrailles prenant racine au cœur de ce vide trop plein. L’espoir gagne parfois mais la désillusion remporte souvent les batailles. La lâcheté face à la douleur, s’interdire de ressentir ces émotions superflues qui ne demandent qu’à exploser, qu’à être entendues. Un tableau grandiose d’hommes dans leur plus belle et grande fragilité. Une symphonie discordante où les accords n’ont aucune utilité. Un portrait sans fioriture, sans filtre d’une beauté fracassante !

 

Un premier roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

LES APRÈS-MIDI D’HIVER, un roman de Anna Zerbib.


« C’était l’hiver après celui de la mort de ma mère, c’est-à-dire mon deuxième hiver à Montréal. J’ai rencontré Noah et j’ai eu ce secret. Tout s’est produit pour moi hors du temps réglementaire de la perte de sens. Longtemps après les premières phases critiques du deuil, que j’ai bien étudiées sur Internet. Les événements se sont déroulés dans cet ordre, de cela je suis sûre. Pour le secret, je ne suis pas certaine, il était peut-être là avant, un secret sans personne dedans. »
Dans ce roman vibrant d’émotion, Anna Zerbib fait l’autopsie d’une obsession amoureuse où le désir, les fantasmes et les petits arrangements avec le réel sont autant de ruses pour peupler l’absence, en attendant les beaux jours.

Ce qui ressortira de cette lecture, c’est sans aucun doute, la puissance et la beauté de la plume de Anna Zerbib. Je pense que mon avis pourrait se suffire à cette seule phrase. Une rencontre bouleversante et inoubliable. J’adore ces envolées lyriques, ces mots qui coulent, qui s’entrechoquent et qui s’unissent au cœur de ce ballet sans fin.
Anna Zerbib raconte ici la douleur. Celle qui naît de la beauté d’une rencontre, celle qui s’installe dans chaque pli du cœur, celle qui s’épanouit dans tout le corps, celle qui meurt laissant ce sentiment d’un abandon unique.
Elle s’est installée à Montréal et a reprit ses études. Le premier hiver a laissé cette trace indélébile, la mort de sa maman. Une maman fantasque, bipolaire, dépressive qui était le cœur de toute sa vie. Un premier hiver rude, le plus marquant. L’hiver a pris son cœur, son corps, sa tête et le dégel n’est toujours pas terminé. Elle avance pas après pas, les souvenirs bons comme mauvais surgissent ici et là tels des madeleines de Proust. Venue étudier la littérature américaine à Montréal, elle passe son temps à écrire, à user sa plume. Alors en couple, l’irrésistible attirance pour cet homme du balcon supérieur, lui tombe dessus. Une sacrée tuile qui va bouleverser son monde, sa vie, son corps, son âme. Artiste maudit, lui, vit au rythme de ses contrats, de ses pérégrinations, de ses envies, de ses désirs. De vingt ans son aîné, il ne veut plus aimer, juste assouvir ses envies. Pas de relation, pas de promesses, juste des après-midi sans lendemain, sans rien, sans avenir. Sans mot inutile, sans fioriture.

 

Un deuxième hiver qui s’ouvre sur l’éternité des sentiments toxiques, uniques. Elle sombre, s’accroche à ses SMS promesses d’un nouvel après-midi merveilleux. Boulimique, elle attend. Elle dévore son corps décharné. Elle vomit l’insuffisance, le manque. Le corps se figeant peu à peu dans le froid, la glace dans une attente interminable d’un plus utopique. L’hiver se saisit de cette douleur lancinante, l’apprivoise, la façonne et quand le dégel s’annonce, elle surgit anéantissant le peu, le désir, la croyance à cet autre.

 

Anna Zerbib signe un premier roman d’une qualité rare. Si le scénario est quelque peu simple, j’ai fortement apprécié sa plume, son écriture. Elle puise la douleur, se l’approprie et la relate d’une manière touchante et émouvante. Une lecture dont j’ai savourée chaque phrase me laisser baigner dans ce froid insidieux et douloureux, attendant que l’engourdissement s’envole et catapulte les esprits. Un  roman puissant où la reconquête des corps et de l’âme offre le sublime dans la noirceur.

 

Une roman que je vous invite à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

DANSE AVEC LA FOUDRE, un roman de Jérémy Bracone.


Figuette est ouvrier et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, imprévisible et passionnée, a fugué. L’été arrive et l’usine qui l’emploie menace de fermer, il n’aura pas les moyens d’emmener sa fille en vacances comme il l’avait promis.
Pour séduire Moïra, il avait été capable des plus belles folies. Pour la reconquérir et ne pas décevoir sa fille, il va aller encore plus  loin.
Entre drame et comédie, solidarité ouvrière et passion amoureuse, Danse avec la foudre est un premier roman poétique et révolté.

Voici un roman qui dégage ce quelque chose d’immersif et de passionnant. Une aura où sensibilité et réalité s’acoquinent dans ce dédale d’espoir et de faux semblant.
Moïra est partie comme ça, en un claquement de doigt plus rien. Pourtant cela couvé depuis des mois et des mois. L’irrésistible attraction de la vie, appât indéniable de la liberté, de la folie. Zoé a perdu sa maman, seul le téléphone, miroir fantasque d’un amour toujours présent.
Figuette a toujours connu la cité et l’usine. La petite Italie est sont territoire, le café sa maison. L’enfance, l’adolescence et sa vie d’adulte se déroulent sur ce tapis usé par ces vies travailleuses. Les copains et la copine qui deviendra sa femme et puis la routine, l’impuissance d’une vie meilleure, celle courbaturée par le travail à la chaîne, l’insécurité, les lendemains sans lendemain. Figuette n’est ni un mari ni un père extraordinaire. Il fait comme il peut, même si la fuite vers le café est l’ultime facilité. Et voilà qu’il se trouve seul avec cette fille qui va apprendre à connaître et à aimer davantage. La faire rêver malgré sa promesse de vacances est devenu son ultime but.

 

Jérémy Bracone est un grand orateur et faiseur d’histoire. Un roman qui dépeint avec cette facilité les drames et le moments inoubliables. Roman sociétal, roman usiné à la force de ces personnages pris dans les filets d’une vie usante où l’avenir n’a le goût que de l’amertume. Un roman où l’espoir se construit à la force des mains et des bras. Un roman aussi noir qu’une cave peut receler tout un trésor d’imagination. Un roman qui transporte, qui fait bondir le cœur. Un homme, une femme, une enfant embrigadés dans le tourbillon inévitable de ces destins prédestinés.

 

Jérémy Bracone façonne une réalité emprunte par sa poésie à la fois grave, méticuleuse et surtout bienveillante. Qu’il est bon de se laisser porter par se mots et d’en mesurer toute leur importance. Qu’il est bien de s’attacher à cette innocence pure et insouciante d’un monde sans crainte. Qu’il est fier celui qui ressortira de cette épreuve transformer.

 

Un roman qui m’a littéralement transportée. Pas de coup de foudre, mais un moment magique et inoubliable au côté de Figuette et de Zoé. J’ai beaucoup apprécié, l’immersion dans cette vie faite de tout et de rien. Une ambiance à la fois morose et qui d’un seul coup peut se révéler majestueuse, magique. Des personnages si proches de la réalité. Loin de la caricature, Jérémy Bracone à su me séduire avec une histoire touchante et bouleversante.

 

Une chronique de #Esméralda

Vers le soleil de Julien Sandrel

Roman français – Sortie le 24 février 2021
Editions Calmann Lévy

Ma note : 4/5 mention « totalement addictif »


Résumé : IL N’EST RIEN POUR ELLE, MAIS ELLE N’A PLUS QUE LUI…UN BIJOU D’ÉMOTION

14 août 2018. Tess part vers la Toscane, où elle doit rejoindre pour les vacances sa fille Sienna et l’oncle de celle-ci, Sacha. Mais alors qu’elle fait étape chez sa meilleure amie à Gênes, un effroyable grondement ébranle la maison, et tout s’écroule au-dessus d’elle. Une longue portion du pont de Gênes vient de s’effondrer, enfouissant toute la zone. Tess est portée disparue.
Lorsque Sacha apprend la catastrophe, c’est tout leur univers commun qui vole en éclats. Tous leurs mensonges aussi. Car Sacha n’est pas vraiment l’oncle de cette petite fille de neuf ans : il est un acteur, engagé pour jouer ce rôle particulier quelques jours par mois, depuis trois ans. Un rôle qu’il n’a même plus l’impression
de jouer tant il s’est attaché à Sienna et à sa mère. Alors que de dangereux secrets refont surface, Sacha sait qu’il  n’a que quelques heures pour décider ce qu’il veut faire si Tess ne sort pas vivante des décombres : perdre pour toujours cette enfant avec laquelle il n’a aucun lien légal… ou écouter son cœur et s’enfuir avec elle pour de bon
En attendant, il décide de cacher la vérité à la petite fille, et de la protéger coûte que coûte..


L’avis de #Lilie : J’ai découvert la plume de Julien Sandrel l’an dernier, avec son premier roman « la chambre des merveilles » que j’avais lu pendant le premier confinement. Son nouveau me tentait beaucoup car les secrets de famille sont un de mes thèmes de prédilection en lecture, mais aussi car il se passe en partie au moment de la tragédie de Gênes, une ville chère à mon cœur où a vécu ma meilleure amie pendant plus de dix ans et où je suis allée de nombreuses fois…. Bref, en ces temps enfermés, j’avais envie de m’évader et c’est exactement ce que m’a offert cette histoire.

Nous faisons ici connaissance avec Sacha, un acteur qui n’a pas encore réussi à percer et qui, un soir, laisse son numéro de téléphone à une femme qui lui a tapé dans l’œil. Elle, c’est Tess, une mère célibataire qui fait une proposition pour le moins insolite à cet homme qu’elle ne connait pas : elle lui propose de jouer le rôle d’oncle pour sa fille Sienna, afin qu’elle ait une présence masculine dans sa vie. Mais tout change quand en août 2018, Sacha part avec Sienna en Toscane et que, dans le même temps, Tess est portée disparue suite à l’effondrement d’une partie du pont de Gênes. Que va devenir Sienna ? Qui est vraiment Sacha ? Que peut-il faire pour protéger la fillette ? Jusqu’où est-il prêt à aller par amour pour elle, si le pire devait arriver ?

Sacha est un mec un peu paumé. Des rêves plein la tête, il accepte ce rôle un peu insolite de tonton loufoque auprès d’une petite fille qui n’attend que ça, qu’on lui donne de l’amour. Quand survient le drame de Gênes, il est effrayé par la perspective de perdre Sienna, qui représente tellement pour lui. Inquiet, soucieux, voulant le meilleur pour elle, il va agir tel un père afin de protéger au mieux cette enfant qui a pris une si grande place dans sa vie et dans son cœur. Sienna est une petite fille pleine de vie, qui la croque à pleine dent et qui s’émerveille de tout ce que le monde a lui offrir. Toujours en quête de nouvelles expériences, elle voue une confiance aveugle à ce tonton qui est, pour elle, plus une figure paternelle qu’autre chose. Attachante et regardant le monde avec ses yeux d’enfant, elle est le personnage que j’ai préféré dans cette histoire. Enfin, il y a Tess, cette mère célibataire pour qui la vie bascule, une nouvelle fois, le 14 août 2018. Au départ, on sait peu de choses d’elle et sa requête auprès de Sacha peut paraître, il est vrai, un peu loufoque. Mais finalement, on la découvre au fil des chapitres et on se rend compte qu’elle a traversé bien des épreuves et que sa rencontre avec Sacha était peut-être un signe du destin….

Comme pour « la chambre des merveilles« , j’ai été envoûtée par la plume de Julien Sandrel. Efficace, visuelle, elle capte l’attention du lecteur dès les premières lignes et les pages se tournent sans même qu’on s’en rende compte. Émotionnellement, préparez-vous à avoir la larme à l’œil car l’auteur sait jouer avec nos nerfs et on passe de la crispation à l’espoir, du sourire aux larmes, en l’espace de quelques paragraphes. La narration alterne entre les protagonistes et les époques, ce qui permet de dynamiser la lecture et de ne pas se lasser. J’ai tout apprécié dans ce roman mais par moment, j’ai eu l’impression que ça allait très vite donc mon seul petit bémol serait d’avoir dû laisser repartir si vite tous ces personnages hauts en couleur et si touchants.

Pour conclure, Julien Sandrel confirme avec « Vers le soleil » qu’il s’est fait sa place parmi les auteurs français contemporain à suivre. Si vous aimé les histoires qui prennent aux tripes et qui offrent un dépaysement garanti, n’hésitez plus et foncez découvrir cette petite pépite.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Calmann Lévy

 

L’hiver de Solveig de Reine Andrieu

Littérature française contemporaine – Roman sorti le 10 février 2021
Editions Préludes

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Préludes et Babelio pour l’envoi de ce roman grâce à une masse critique privilégiée.

Résumé : Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant  qui vit désormais sous leur toit.
Printemps  1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle  ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié  ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.


L’avis de #Lilie : Voilà un roman dont je n’avais pas du tout entendu parler avant sa parution mais que je vois partout sur les réseaux sociaux, ou dans les librairies, depuis sa sortie. Intriguée par le résumé, je me suis laissée tenter par ce livre ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale et l’après-guerre. C’est une époque qui m’intéresse beaucoup, malgré les horreurs qui s’y sont déroulées et encore une fois, ce livre met en lumière ce qu’il y a de meilleur, et de pire, chez l’être humain.

Nous faisons ici connaissance avec Noémie, son mari Armand, et ses enfants Valentin et Solveig. Vivant près de Bordeaux, leur maison est réquisitionnée dès septembre 1940 pour héberger un officier allemand, Günter Kohler. Après la guerre, nous découvrons une petite orpheline, Angèle, qui est recueilli par un gendarme, Justin, qui va tout faire pour découvrir d’où elle vient et ce qui lui est arrivé. Enfin, on suit Solveig à plusieurs périodes de sa vie, qui nous raconte ses souvenirs.

Noémie est une bonne mère de famille, qui s’occupe de ses enfants et qui a une vie maritale un peu routinière. Günter va réveiller chez elle une envie de frissons et de se frotter à l’interdit. Ce dernier, même s’il fait parti des occupants, ne se considère pas chez lui et ne se comporte pas comme un tyran avec la famille qui l’accueille. Au contraire, il fait preuve de bienveillance et d’attentions avec eux, même si cela ne plaît pas à Ernestine, la bonne, et Germain, le jardinier. Armand est un bon père de famille qui, très tôt, va adhérer aux idées du général de Gaulle et qui va tout faire pour servir au mieux les intérêts de son pays. Tous ces protagonistes vivent ensemble, se croisent, et vont prendre des décisions qui vont impacter la vie de tous les autres.
En 1946, on découvre Justin, un jeune gendarme qui prend sous son aile une petite orpheline amnésique. Pour elle, il va retourner des montagnes et déployer toute son énergie pour qu’elle retrouve la mémoire et, pourquoi pas, sa famille.

Ce roman choral met en lumière, au fil des chapitres, tous ces personnages à des moments différents. Ainsi, on alterne les points de vue et les époques, ce qui dynamise la lecture et maintient l’intérêt du lecteur. Ils sont tous touchants, attachants et tellement « humains ». En effet, ils ont tous leurs failles, leurs faiblesses et aucun n’est ni trop gentil ni trop méchant. J’ai fini par m’attacher à chacun d’entre eux et j’ai souffert, espéré ou souri avec eux. Même si le fond historique est « lourd », l’histoire se lit facilement et nous emporte dans un tourbillon émotionnel assez intense. Tout s’éclaire au fur et à mesure et on a bien du mal à s’arrêter une fois qu’on a commencé. C’est un joli coup de cœur pour cette histoire qui a su me happer et me toucher.

Pour conclure, « l’hiver de Solveig » est un roman que je recommande pour les amoureux de belles histoires ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale. Cette histoire à plusieurs voix avec une intrigue qui s’étale sur de nombreuses années est une belle découverte et je ne manquerai pas de suivre cette autrice donc la plume a su me charmer.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes

Grandir un peu de Julien Rampin

Littérature française contemporaine – Roman sorti le 9 mars 2021
Editions Charleston

Ma note : 4/5 mention « premier roman prometteur »

 

Résumé : « Vieille dame un peu loufoque loue appartement meublé à dame de bonne compagnie. Loyer modéré contre menus services. » Cette petite annonce a tout de suite attiré l’attention de Jeanne. À 35 ans, elle décide sur un coup de tête de partir sans se retourner, pour fuir une existence qui ne lui ressemble pas. C’est ainsi qu’elle rencontre Raymonde, une vieille dame fantasque et rebelle, et Lucas, son petit-fils. Tous les trois vont alors tenter de s’apprivoiser, apprendre les uns des autres, et vivre une parenthèse enchantée, à l’abri du monde. Jusqu’au jour où la vie va finir par les rattraper et les obliger à grandir un peu…


L’avis de #Lilie : Dès que j’ai appris que ce roman allait sortir en librairie, je l’ai précommandé. En effet, voilà plusieurs mois que je suis « la bibliothèque de Juju » sur les réseaux sociaux et que je me régale de l’entendre nous parler de ses lectures coup de cœur. Ainsi, j’étais curieuse de découvrir sa plume et je vous le dis clairement, je n’ai pas du tout était déçue !!

Nous faisons ici connaissance avec Jeanne, une femme de 35 ans qui décide, un beau jour, de quitter son train-train quotidien pour aller s’installer dans une ferme du Lauragais auprès de Raymonde et son petit fils Lucas. Tous les trois, ils vont partager des moments tendres, des moments forts et des moments de complicité incroyables. Mais comment se fait-il que Jeanne ait décidé de tout plaquer ? Pourquoi Lucas est-il si attaché à sa grand-mère? Et Raymonde, que cache-t-elle derrière son entrain et son énergie débordante ?

Jeanne est une femme qui n’a pas confiance en elle et qui, surtout, n’a jamais rencontré personne qui lui a permis d’avoir un regard positif sur elle-même. Un jour, elle décide de prendre sa vie en main et de partir en laissant Bernard derrière elle. Cette grande timide va peu à peu ouvrir sa carapace grâce à Raymonde, une mamie déjantée qui a passé une annonce pour trouver une personne de compagnie. Elle est un peu loufoque mais tellement attachante, Raymonde, avec son enthousiasme débordant, sa manière de donner des ordres et sa sensibilité cachée sous plusieurs couches de répliques cinglantes ou d’expressions totalement désuètes. A la ferme, elle accueille également son petit fils Lucas, avec qui elle a développé une relation fusionnelle. Lui aussi est mal dans sa peau, rejeté par son père, avec pour seul repère cette mamie qu’il aime tant.

Ce roman choral nous permet de découvrir l’histoire de ces trois protagonistes mais aussi de les voir évoluer ensemble. J’ai beaucoup aimé la finesse de la plume de Julien ainsi que l’humour, la tendresse et l’amour qui s’en dégage. Émotionnellement, attendez-vous à rire mais aussi à avoir les larmes aux yeux. Ce livre retrace trois tranches de vie de trois personnages qui sont à un tournant de leurs vies. J’ai trouvé la construction sympathique et les courts chapitres dynamisent notre lecture. J’en aurai voulu plus car la fin m’a semblé un peu rapide. Néanmoins, je crois surtout que je me suis beaucoup attachée à ces héros ordinaires qui m’ont tellement touché et avec qui j’aurais aimé partager encore plus de moments…

Pour conclure « Grandir un peu » est un très beau premier roman. Amateurs de jolies histoires qui parlent de transmissions et de personnes authentiques, laissez-vous séduire par Raymonde, Jeanne et Lucas. Concernant l’auteur, je lui souhaite beaucoup de succès car sa plume envoûtante, a, je le pense, encore beaucoup de choses à nous raconter !

Retrouvez ce roman sur Amazon

GRAND PLATINUM, un roman de Anthony van den Bossche.


Louise a fondé une petite agence de communication. Elle est jeune et démarre une brillante carrière, malgré les aléas du métier, liés en particulier à son fantasque et principal client, un célèbre designer , Stan. Elle doit aussi jongler avec les fantasmes déconcertants de son amant, Vincent. Mais elle a autre chose en tête : des carpes. De splendides carpes japonaises, des Koï. Celles que son père, récemment décédé, avait réunies au cours de sa vie, en une improbable collection dispersée dans plusieurs plans d’eau de Paris. Avec son frère, elle doit ainsi assumer un étrange et précieux héritage.

 
De tous les livres de la sélection, c’est celui-ci que je redoutais le plus. Parfois cela se tient à la couverture et à la quatrième de couverture auxquelles je suis très sensible. Je me suis laissée quelques jours, le temps de digérer cette lecture et de voir si quelque chose en immergé. A mon grand désarroi, mon pressentiment s’est avéré être le bon.
Dans mes lectures, j’aime ressentir le tourbillon des émotions celles qui vous font rire, crier, pleurer où qui vous tordent les tripes tout simplement. Si la plume d’Anthony van den Bossche est minutieuse et sans aucun doute talentueuse il m’a manqué cet aspect libérateur, fantasque des sentiments. A mon goût les personnages ne sont pas assez détaillés notamment dans leur psychologie. On s’arrête à ces premières émotions qui effleurent les personnages : le ras bol, l’urgence, l’empressement, l’asociabilité. De grandes lignes qui auraient mérité de plus amples développements. Tout le côté psychologique est mis à l’écart, à mon grand regret. Des personnages secondaires qui font office de plante verte dans ce décor où justement la raison et l’action ont lieu d’être. Le personnage de Stan, victime de l’égoïsme, de la mondialisation et du capitalisme, se laisse déborder au point de péter une durite. Mais en quoi cela sert l’histoire ? Au contraire les vieux amis du père de Louise, Le Maire, Mehdi et Jean, sont peu présents. Une histoire à deux vitesses à laquelle j’ai vraiment eu du mal à m’accrocher. Je n’ai pas su voir la symbolique ni la la moralité. Mais peut-être n’étaient-elles pas présentes ? Et cela m’embête, une histoire pour une histoire ne m’intéresse pas. C’est toujours très difficile d’exposer son avis mitigé. Mais le fait est là, je ressors de cette lecture avec cette impression d’être passée complètement à coté.

 

Je terminerai sur le seul point positif de ma lecture et qui a sauvé les pots cassés. J’ai beaucoup apprécié ces chapitres qui nous plongent dans le passé, relatant les souvenirs d’enfances de Louise et de Vincent, ainsi ceux qui sont à l’origine des carpes Koï qui se promènent dans les plusieurs plan d’eau de Paris.

 

Une histoire où l’amour et l’amitié sont au cœur d’une aventure extravagante.

 

L’avez-vous lu ?

 

Une chronique de #Esméralda

IL EST JUSTE QUE LES FORTS SOIENT FRAPPES, un roman de Thibault Bérard.

Offrez-moi ça, d’accord ? Ces heures qui vous gavent de vie, qui vous arrachent des flashs grelottants sans prévenir.

Ces heures où j’ai enfin eu 20 ans.

La suite est nettement moins rigolote, alors …


 
Lorsque Sarah rencontre Théo, c’est un choc amoureux. Elle, l’écorchée vive, la punkette qui ne s’autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini.
Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d’une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l’univers, à l’euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l’incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver. 
Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.
Un récit d’une légèreté et d’une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

Sarah et Théo, alias Moineau et Lutin, sont à eux deux l’explosion et l’expansion de leur univers. Une rencontre fortuite qui claque dans les airs tel le clap du réalisateur. Silence, moteur, ça tourne !

 

La légèreté, l’euphorie, l’aventure, les soirées, les virées, une vie à deux qui s’épanouit au rythme de leurs envies et désirs. Difficile d’apprivoiser moineau alors que lutin est émerveillé face à sa belle.
La vie cadencée, multi couleurs, folle, alléchante, fantasque, belle, si belle. Un bonheur pur. Et puis les plans sur la comète se profilent, un bébé ? Oui pourquoi pas ! Allons-y, soyons fous ! Simon puis une petite Camille qui surgit dans l’urgence de la situation. Trop tôt, trop rapidement, trop, trop dans la douloureuse séparation des corps qui ne voulaient pas encore se quitter. La raison ? Le cancer, le crabe, l’horreur … Il envahit son corps, trop soudain, trop vite, trop trop. Vivre ? Bien sûr qu’elle veut vivre même si l’ultime chance est mince, trop mince. La course s’engage. Frénétique, sauvage, asphyxiante, chaotique, cadavérique, puissante, explosive. Salvatrice ? Pour quelques années, le souffle reprend vie dans son corps décharné. Il rit, il pleure, il joue, il bout, il explore, il fascine, il se réjouit inlassablement au rythme d’une comptine qui ne s’arrêterait plus. Puis la rechute s’invite. Mordante, violente, cruelle. Sarah se voit mourir dans ce néant où elle ne sera plus là auprès de son lutin merveilleux et de ses enfants. Un lutin qui s’acharne à ne pas voir l’évidence. Ce déni salvateur qui lui permet d’avancer dans la fougueuse vie qui continue à tourner sans elle et sans lui perdu au cœur de cette dimension parallèle. L’évidence est là dès les premières pages. Pas de mauvaises surprises juste eux et leurs mots pour un destin, leur destin.

 

Respire ! Lire en apnée ce n’est pas l’idéal, je l’avoue. Mais il y a de ces livres dont le possible devient impossible. Thibault Bérard est un auteur extraordinaire. Un de ceux qui vous fait vivre et qui vous transporte au cœur du cruel au rythme des mots qui se veulent tour à tour enchantés, merveilleux et entraînants. Parler de la maladie est un pari délicat car il faut trouver le juste dosage pour éviter de tomber dans le pathos. Et Thibault Bérard est un excellent magicien. Peut-être pour le choix de son narrateur ? Un omniscient qui se souvient, découvre les moments volés, cachés et prescient. Peut-être grâce à ses personnages bien trop touchants, attachants, fantasques et humains ? Peut-être grâce aux émotions développés, aux cris de détresses, aux hurlements de l’injustice mais aussi à ses paris fous où l’espoir reste la seule échappatoire ? Peut-être grâce à cette plume qui virevolte entre les moments de grâce, de volupté et de rire et que même dans la noirceur la lumière vit toujours tant que la vie est là, battante ? Peut-être grâce à ce final qui n’en est pas un ? Un définitif, catégoriques, sans retour en arrière, sans espoir ? Peut-être parce que la mort n’est qu’une étape de la vie ?

 

Thibaut Bérard signe un roman magistral et majestueux où les mots puissent leurs forces dans la vie et dans la mort, éléments indissociables.

 

A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda

 


Là Où L’HERBE EST PLUS VERTE, un roman de Typhanie Moiny.


« Il me faut partir. C’est la seule certitude à laquelle je m’accroche. Cet instinct de survie a grandi à l’abri des regards et me pousse hors de ces murs. »
Coline fuit. Elle fuit les crises d’angoisses et les remarques blessantes. Et si elle le pouvait, elle fuirait également son ventre vide qui n’est pas capable de faire d’elle une mère.
Alors, quand Ashling, une jeune irlandaise, lui offre un nouveau départ, elle d’ordinaire peureuse et casanière, ne peut qu’accepter. Il est grand temps d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs.
Mais lorsque les blessures traversent les frontières, et que le passé s’invite dans ses valises, il n’y a pas que la météo qui risque de se gâter.

Coline n’en peut plus. Les réprimandes, les humiliations, la pression sont devenus son quotidien la plongeant peu à peu dans la dépression. Elle a maigri, ses nuits ne sont plus que le berceau de crises d’angoisse. Devenue le fantôme d’elle même, elle décide de rompre. Au revoir l’avenir, son compagnon toxique, ce bébé qu’elle n’aura jamais. Elle a besoin de se reprendre en main et sa survie en dépend.
Elle se réfugie chez sa meilleure amie qui l’accueille les bras ouverts. Elle s’épanche sur ses douleurs, soucis et peines qu’elle avait tu jusqu’à présent. L’oreille attentive de son amie la réconforte. Les jours s’égrènent et elle reprend peu à peu confiance en elle. Son mal être semble s’apaiser. Elles décident de se faire une soirée entre filles et de se rendre dans un pub. A contre cœur, Coline se laisse guider. C’est alors qu’elle font la connaissance de l’exubérante Ashling. Une irlandaise fougueuse au tempérament de feu. Une belle amitié naît suite à un malentendu. Les semaines défilent et Coline se sent de mieux en mieux. Elle envisage de nouveau projet notamment celui de se trouver un appartement. Mais c’est sans compter sur l’enthousiasme entraînant de Ashling qui lui propose de traverser la Manche et de s’établir dans la petite dépendance de la maison familiale en Irlande. Coline n’a jamais être une grande téméraire, l’inconnu l’effraye et elle adore son confort. Quelque peu hésitante, c’est alors qu’elle décide de se lancer dans le vide et d’accepter la proposition de sa nouvelle amie.

 

L’Irlande, terre à la fois sauvage et accueillante, aux paysages charmants et pittoresques. La petite maison accueillante la charme tout de suite et de balades en balades, elle s’approprie cette nouvelle terre. Elle se reconstruit, fait de nouvelles rencontres et se libère des dernières chaînes qui l’entravaient. Lorsque l’heure des révélations sonnera, saura t-elle tenir le cap qu’elle s’est fixée ?

 

Typhanie Moiny propose un roman douloureux sur la reconstruction. Les relations toxiques sont décrites avec réalisme prenant aux tripes. L’atmosphère est clairement anxiogène et oppressante se délitant peu à peu et devenant apaisante. Le personnage principal est confronté à ses démons et tente par tous les moyens de les éliminer. Seules les discussions face à face et son courage lui permettront de s’en défaire. L’emprise psychologique et l’aspect psychologique du personnage façonnent l’histoire. Je ne me suis pas vraiment sentie à l’aise avec cette lecture car tout simplement le thème développé me touche de prêt. Il n’a pas été évident pour moi de m’imprégner du contexte notamment au cours de la seconde partie du roman qui est consacrée à la reconstruction de Coline. C’est un livre à la fois douloureux et stressant mais qui délivre ce message d’espoir que tout est possible et que l’entourage peut vous apporter la clef amorçant une nouvelle étape de votre vie. Une jolie lecture dont je regrette de ne pas avoir su m’immerger entièrement mais qui vous touchera sans aucun doute.

 

Une chronique de #Esméralda