Des noces à l’écossaise de Laura Black

Romance historique – Sortie en juin 2021
Editions Harlequin – Collection Victoria

Ma note : 3,5/5 mention « jolie découverte »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Harlequin pour m’avoir envoyé ce roman en service presse.

Résumé : Écosse, 1795
Pour sauver son père et sa tante de la misère, Prudence est prête à tout. Tout, y compris quitter sa paisible vie de recluse pour lier son destin à celui de Zane Mac Fergall, richissime séducteur écossais, qui semble lui aussi contraint à cette alliance pour régler les dettes de jeu de son lord de père. Un homme qui, sous ses dehors taciturnes, se sacrifie lui aussi pour les siens. Et qu’il devient dès lors plus difficile de tromper de la plus malhonnête des façons…


L’avis de #Lilie : La romance historique, est, je crois, une véritable révélation pour moi. Un peu hésitante au départ, je me suis lancée depuis un an dans la lecture de ces romances et je suis rarement déçue. Dans celle-ci, nous partons en Écosse et j’ai pu constater que les écossais ont un sacré caractère….. mais cachent aussi un grand cœur.

Nous faisons ici connaissance avec Zane Mac Fergall qui, à la suite d’une entourloupe de son beau père, doit se marier avec la fille d’un homme qu’il n’estime pas du tout. Pourtant, la cohabitation avec son épouse va se révéler pleine de surprises et cette dernière semble bien différente de la réputation qui lui colle à la peau…. Pourtant, les apparences peuvent parfois être trompeuses… Zane va-t-il succomber à son épouse ? Prudence va-t-elle se faire à la vie en Écosse ? Entre les deux protagonistes, un amour sincère va-t-il naître?

Prudence est une jeune femme qui a été abandonnée à sa tante quand elle était encore enfant. Elle a grandi dans un foyer simple et a appris à apprécier les choses de la vie. Quand elle se retrouve obligée d’épouser Zane, elle n’hésite pas longtemps car elle sait qu’elle pourra, ainsi, aider sa tante à améliorer son quotidien. Ce qu’elle n’a pas anticipé, c’est le charisme de son futur époux. Froid en apparence, tendre et chaleureux dans l’intimité, il est un personnage complexe qui ne se livrera pas facilement. Échaudé par la fin tragique de son premier mariage, il s’est forgé une carapace ne souhaite laisser personne atteindre son intimité et son cœur.

Cette romance historique m’a fait passer un bon moment. Tout d’abord, le cadre historique semble fidèle et l’autrice arrive à nous plonger dans l’ambiance du 18ème siècle, une période où les femmes n’avaient pas leurs mots à dire. L’intrigue est prenante et même si j’ai trouvé certains passages un peu « tirés par les cheveux », je ne me suis pas ennuyée une seconde tant les rebondissements sont nombreux. La romance prend toute sa place dans l’histoire et quelques scènes érotiques viennent faire monter la température. Émotionnellement, on passe par plusieurs phases car on espère, on est touché, on est désespéré et on retient, assez souvent, notre souffle. La narration est à la 3ème personne mais le narrateur suit tantôt Zane, tantôt Prudence, ce qui permet de mieux les comprendre et d’appréhender la situation, complexe, dans son intégralité. Dans l’ensemble, l’histoire est très agréable mais certains rebondissements m’ont fait lever les yeux au ciel. Malgré tout, c’est une jolie découverte et je compte bien lire les autres écrits de l’autrice sortis, ou à sortir, dans cette collection.

Pour conclure, « Des noces à l’écossaise » est une jolie romance historique avec des personnages passionnés, une intrigue surprenante et une plume addictive. Une lecture parfaitement dépaysante !

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Harlequin

SAC A DIABLE, tome 1 : La Bruja a disparu ! une bande dessinée de Cardona et Mayen.

FANTASTIQUE

Cédric Mayen (scénario) Sandra Cardona (illustrations)

Éditions DARGAUD


Enfer et damnation ! La Bruja, la sorcière la plus puissante de sa sororité, a disparu ! Elle venait juste de créer un élixir capable de changer la face du monde…
Norah, sa nièce, inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, décide de se rendre à son domicile. Alors qu’elle entre dans la maison de sa tante,
elle interrompt sans le vouloir un rituel d’invocation du Prince des Ténèbres, enclenché par erreur par Barbouillard, l’un des démons familiers de La Bruja.
Catastrophe : voilà le Diable coupé en deux, bloqué dans un pentacle et condamné à rester sur Terre ! S’il veut récupérer ses jambes et son trône, il doit passer par les cinq démons qui gardent la porte des Enfers. Norah veut bien l’aider, à une condition : qu’il lui donne un coup de main – ou plutôt de griffe – pour retrouver sa tante.
Et voilà comment le Diable se retrouve dans le sac à dos d’une jeune fille d’aujourd’hui, situation fâcheuse pour un personnage aussi illustre que lui…
Prenez un zeste de sorcières, ajoutez une pincée de démons, assaisonnez le tout avec une bonne dose d’humour et vous obtiendrez Sac à Diable, un excellent élixir à consommer sans modération !

 

Ma note : 3,5/5
48 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

La Bruja est une sorcière redoutée et renommée. Dans son repaire loin de tout, elle passe son temps à créer des potions magiques et la dernière sera son chef d’œuvre. Une goutte de ci, une pincée de ça, une patte par ci et une herbe par là, une incantation et sa potion sera une pure merveille.

 

Balai en main, direction le ciel pour une destination secrète. C’est ainsi que la Bruja disparaît.

 

C’est sa nièce, Norah, inquiète qui découvre la maison de sa tante dans un état catastrophique. Les petits compagnons esseulés de la sorcière ont lancé un sort qui évidemment s’est mal terminé. C’est ainsi que surgit dans la vie de Norah un démon, plus précisément la moitié d’un démon.

 

Avec l’aide de ce dernier, Norah part à la recherche de La Bruja et une drôle d’aventure l’attend.

 

Une bande dessinée haute en couleurs et où l’action est omniprésente. Une histoire à laquelle j’ai eu du mal à m’accrocher. Un scénario alambiqué qui part un peu dans tous les sens. Le format numérique n’aidant pas je n’ai pas su apprécié à la hauteur. Le personnage de Norah est intéressant notamment du fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs magiques. Le diable est un sacré farceur et manipulateur. Je ne suis pas arrivée à cerner les aboutissants de ce premier tome et encore moins le fils rouge de cette saga. Petite déception pour ce premier tome où je m’attendais à de la magie en effervescence.
 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

LE SANCTUAIRE, un roman de Laurine Roux.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

LES ÉDITIONS DU SONNEUR

Collection : la grande collection

#68premièresfois


Le Sanctuaire : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains. Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.
Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu. Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes : celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…
Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

 

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »
160 pages
Disponible en numérique et broché
Sortie en aout 2020

 


MON AVIS

Niché au cœur des montagnes, leur sanctuaire est préservé de la désolation qui a dévasté le monde. A leurs pieds, tout n’est que mort et barbarie. Dans leur paradis préservé tout n’est que bonheur et souvenir lancinant d’une vie à jamais déchue. Gemma est née ici, dans cette maison sommaire faite de bric et de broc. Elle n’a rien connu de l’ancien monde et se laisse donc porter par l’autorité patriarcale. Sa vie se résume à diverses taches qui permettent de survivre et à la chasse dans laquelle elle excelle. Mais surtout elle ne doit jamais oublier que le mal vient dans haut par ces oiseaux de malheurs. Une cible qu’elle doit à tout prix atteindre, sans faiblir, sans se poser de questions.

 

Gemma est pourtant curieuse et ne semble plus se contenter des histoires de son père. Malgré tout tiraillée entre l’amour indéfectible qu’elle voue à son père et à sa loyauté et à son envie pressante et obsessionnelle de découvrir le ciel dont elle partira à sa rencontre lorsque le père sera parti à la conquête du monde dévasté.

 

Elle découvrira alors l’immensité et la beauté nichée dans les plumes. Ces oiseaux domestiqués par cet homme acariâtre, fou, obséquieux.

 

Ainsi tout fut remis en cause.

 

Laurine Roux signe un second roman totalement subjuguant et merveilleux. J’ai été captivée dès les premières pages, devenant ainsi spectatrice de cette famille unie au cœur de la survie imposée par un père un brin mégalo et surprotecteur. J’ai été avide et impatiente de découvrir le final. Cela aurait pu être une histoire banale, apocalyptique et dans l’ère du temps. Mais il aura fallu d’une seule et unique phrase pour transformer cette histoire en ce quelque chose de grandiose et de sublime. Voilà pourquoi mon cœur bat encore. Laurine Roux parle de la folie humaine avec douceur. Une intimité qui au départ se révèle chaleureuse mais qui au fil des pages devient douloureuse et violente. La nature a aussi une place importante et défie largement le rôle dévastateur que le père lui a assigné.

 

Un roman puissant où le libre arbitre malmené va tenter de se libérer à la force des ailes d’un aigle humanisé. Un rôle porté avec brio par la jeune Gemma qui a tout d’une héroïne lumineuse.

 

Une chronique de #Esméralda

OVER THE RAINBOW, un roman de Constance Joly.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Flammarion

#68premièresfois


Celle qui raconte cette histoire, c’est sa fille, Constance. Le père, c’est Jacques, jeune professeur d’italien passionné, qui aime l’opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu’il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l’effervescence parisienne, c’est la force d’être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l’une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d’hommes.


Over the Rainbow est le roman d’un amour lointain mais toujours fiévreux, l’amour d’une fille grandie qui saisit de quel bois elle est faite : du bois de la liberté, celui d’être soi contre vents et marées.
Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
192 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Constance Joly signe un récit romanesque tout aussi touchant que lumineux. Un vibrant hommage à liberté des mœurs, à ces hommes et femmes qui dès le début des années 70 osent s’affranchir des diktats d’une société normalisée et où justement le hors norme est systématiquement jugé.

 

Le récit se déroule entre le passé, le présent, des souvenirs celles de ce père, celle de cette petite fille maintenant adulte.

 

La vie virevolte, joyeuse , insouciante et merveilleuse dans le milieu bobo parisien. Une famille unie qui se désunie dans les larmes, l’incompréhension et collant cette fastidieuse étiquette de tromperie.

 

La vie continue chacun de leurs côtés et au milieu cette petite fille qui s’éveille dans ce monde plein d’interrogations.

 

La maladie d’abord cachée, se révèle destructrice emportant ce sentiment de désolation suprême et d’impuissance.

 

Constance Joly délivre un sublime message de tolérance et d’abnégation. La vie dans la mort, la mort dans la vie. Les remords, peut-être, l’espérance, certainement, mais surtout l’humilité transparaît de la plume de l’auteure.

 

Un roman puissant qui puisse sa force au cœur d’un amour puissant perdurant malgré tout les tracas tout au long de ces années inoubliables qui ont forgé la femme qu’elle est devenue.

 

Un roman qui se vit.

 

Une chronique de #Esméralda

TANT QU’IL RESTE DES ÎLES, un roman de Martin Dumont.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

ÉDITIONS LES AVRILS

#68premièresfois


Ici, on ne parle que de ça. Du pont. Bientôt, il reliera l’île au continent. Quand certains veulent bloquer le chantier, Léni, lui, observe sans rien dire. S’impliquer, il ne sait pas bien faire. Sauf auprès de sa fille. Et de Marcel qui lui a tant appris : réparer les bateaux dans l’odeur de résine, tenir la houle, rêver de grands voiliers. Alors que le béton gagne sur la baie, Léni rencontre Chloé. Elle ouvre d’autres possibles. Mais des îles comme des hommes, l’inaccessibilité fait le charme autant que la faiblesse.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
240 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Ouvrir le roman de Martin Dumont s’est faire preuve d’une certaine humilité. Une nudité fragile où les artifices ne sont pas tolérés. Une abnégation précieuse. C’est éprouver une timidité doucereuse et s’affranchir d’une certaine manière de ces liens façonnés par les générations et s’est surtout ouvrir grand les bras à cet avenir fougueux et terrifiant.

 

Léni a dans le sang son île. Son enfance, ce café, sa mère à présent malade, sa première histoire d’amour, sa petite fille, les amis, les embruns, le vent, les tempêtes, le soleil, les oiseaux, les bateaux … Les souvenirs sont tout autant ancrés dans la roche que dans son cœur. L’île bénie entre toutes. Celle qui façonne des hommes, des durs à cuire, des pêcheurs, ceux qui domptent la mer, ceux qui la vénèrent, ceux qui consacrent leur vie à ce monde unique. Une île n’est pas faite pour être reliée à la terre ferme. Le clan des pour, le clan des contre. Une dualité sauvageonne, une dualité perverse dans cet espace clos où tout le monde se connaît.

 

Un pont, entité diabolique ou porte du paradis ? Ce pont, objet d’une discorde, construction de l’homme, pleine de béton à l’allure majestueuse. Ce pont auteur de tant de discussion, passif dans ce décor sauvage, où la modernité est tout juste présente, reliant deux mondes à deux vitesses. Géant destructeur de la faune et de la flore. Géant non voulu empiétant peu à peu sur ce territoire protégé.

 

Léni raconte son histoire, son vécu, ses espoirs. Il ne prend aucune position. Fin observateur, il voit les hommes et les femmes de son île se battre contre les éléments naturels et industriels. Les hommes survivent à peine de la pêche, le tourisme n’est guère mieux et le chantier naval coule. La vie s’étiole, se meurt, et la rage s’enflamme.

 

J’ai été touchée par cette sensibilité qui s’égrène au fil des pages. Une émotion en filigrane qui s’intensifie et d’où il en dégage subtilement une beauté époustouflante. C’est avant tout un roman sur l’homme. Sur ses faiblesses et sur ses espoirs. Pudique et bluffant, Martin Dumont va vous faire aimer la mer et surtout l’île. J’ai refermé le roman avec ce sentiment d’apaisement intense et l’espoir que tout reste à faire et que rien n’est figé et surtout accepter de faire le deuil d’une vie connue pour accepter celle à venir.

 

Une magnifique lecture !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

LE MAL-ÉPRIS, un roman de Bénédicte Soymier.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

ÉDITIONS CALMANN LÉVY

#68premièresfois


« Ça lui ronge les tripes et le cerveau, plus fort que sa volonté – une hargne qui l’habite, une violence qui déferle tel un vent d’orage, puissante et incontrôlable. Il voudrait lâcher mais ne pense qu’à frapper. »
Paul est amer. Son travail est ennuyeux, il vit seul et envie la beauté des autres. Nourrie de ses blessures, sa rancune gonfle, se mue en rage. Contre le sort, contre l’amour, contre les femmes.
Par dépit, il jette son dévolu sur l’une de ses collègues. Angélique est vulnérable.
 
Ma note : 4/5
336 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021
Elle élève seule son petit garçon, tire le diable par la queue et traîne le souvenir d’une adolescence douloureuse.
Paul s’engouffre bientôt dans ses failles. Jusqu’au jour où tout bascule. Il explose.
Une radiographie percutante de la violence, à travers l’histoire d’un homme pris dans sa spirale et d’une femme qui tente d’y échapper.

MON AVIS

Voici un roman bien déroutant. Tant non pas par le sujet développé mais davantage par ce sentiment persistant et troublant qu’a laissé derrière lui ce personnage.

 

Très vite l’atmosphère se distille, insufflant cette oppression malsaine, peut-être nauséabonde, nous poussant à être le témoin involontaire et passif de cette vie délitée, macabre, douloureuse. Témoin de ses faux pas, de ses attentes idylliques, de ses névroses, de ce sentiment fort de persécution. Appartenir à quelqu’un ? Posséder quelqu’un ? Quelle place à l’amour dans ce schéma oppressif ? Est-il la somme des travers d’un père alcoolique et violent et d’une mère absente ?

 

Lui, Paul, est un homme commun qui a sombré depuis bien longtemps dans cette routine qui ne laisse plus la place à l’imprévu. Paul se sent certainement persécuté par cette société idéalisée dans cette beauté chérie et sommaire. Paul n’a pas de place. Il est l’homme sympa, peut être taciturne, délicat.

 

Elle, Angélique, a connu les déboires de l’amour. Cœur brisé, âme sensible, l’éternelle romantique, pulpeuse jusqu’au bout des ongles, elle croque la vie comme elle vient. Elle a appris à vivre avec le regard obséquieux des hommes. La convoitise, le désir, se sentir importante sont en quelque sorte ses piliers, ses protections.

 

Lui et Elle c’est une histoire qui s’enflamme et qui dérape. Virage serré, choc latéral, la vie d’Angélique part en vrille. L’isolement s’invite progressivement, la manipulation est rodée, la violence est l’ultime geste.

 

Elle a compris le mécanisme, elle a cerné le type, mais l’espoir même aussi mince qu’il soit, la pousse à croire à cet avenir meilleur, heureux.

 

Bénédicte Soymier signe un roman d’une puissance remarquable. J’ai vraiment été séduite par cette plume atypique qui joue avec les rythmes, les sons et la matière. Elle captive indéniablement et surtout instille cette part infime caractérisant ce personnage principal hors norme. Je suis sensible lorsque l’auteur développe le thème de l’amour toxique et de ses dérives. Est-ce que le roman de Bénédicte Soymier m’a touchée ? Certainement, même bien plus que je le soupçonne. Et malgré tout j’ai du mal à mettre mes mots sur ces maux. Indécise, mitigée, ne correspondent en rien à ce que je ressens. Je n’arrive pas à expliquer ce grand vide que j’éprouve quand je parle du roman, et ce n’est en rien négatif. C’est bien la première fois que je suis fasse à cela.

 

Un premier roman d’une qualité impressionnante.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

La dernière chamane de Julie Saurel

Romance fantastique – Sortie en mars 2021
Editions Plumes du Web – Collection Opale

Ma note : 4,5/5 mention « autrice à suivre »


Résumé : Un paiement. Rien qu’un petit paiement…
Dans un monde où les humains ont été réduits à l’esclavage et répartis en différentes castes sous le joug des Surnaturels, Jenny appartient au bas de l’échelle sociale : les Aturales. Elle n’est rien. C’est pourquoi les siens n’hésitent pas à la livrer au clan MacFillan, de puissants lycanthropes établis en Écosse, pour régler leur dette.
Mais celle qui ne devait être qu’une marchandise va vite faire tourner les sens des loups présents au château et ébranler bien des convictions. D’autant qu’elle se refuse à leur obéir. Surtout à ce rustre de Keir, le fils cadet des MacFillan, aussi collant qu’agaçant. Elle est particulière, il le sent. Le sait… et n’est pas le seul à s’en rendre compte.
Utilisée, convoitée et mise à prix, le danger rôde autour de la jeune femme, dont les alliés se révèlent plutôt surprenants. Pour sauver sa peau et dévoiler les secrets du château, Jenny est désormais prête à bousculer l’ordre établi.


L’avis de #Lilie : Dès sa sortie, ce roman m’a tapé dans l’œil. Je l’ai finalement lu rapidement grâce à l’organisation de lectures communes sur les réseaux sociaux et je ne regrette pas du tout de m’être lancée tant j’ai passé un bon moment en compagnie de Jenny et de Keir.

Nous faisons ici connaissance avec Jenny, une humaine qui a été donnée par les siens à un clan de loups-garous pour payer une dette. Dans ce monde, les humains sont réduits à l’esclavage et ils ne représentent rien de plus qu’une monnaie d’échange. Jenny a bien du mal à accepter cet état de fait et son arrivée dans la meute des MacFillan ne sera pas de tout repos pour elle ni pour les membres du clan. En effet, sa présence met tout le monde en émoi. Pourquoi ? Est-elle vraiment une simple humaine ? Pourquoi Keir se montre-t-il tantôt prévenant, tantôt si froid avec elle ?

Jenny est une héroïne qu’on peut qualifier de « badass ». En effet, elle n’est pas du genre à accepter sans rien dire le sort qui lui est réservé et elle est loin d’avoir sa langue dans sa poche. Rapidement, elle se rend compte qu’elle peut parler avec des fantômes et cette faculté est loin d’être une évidence ni un don répandu à l’époque où elle vit. Très vite, elle va attirer l’attention de Keir, le fils cadet de la meute qui va se mettre à la défendre et à prendre soin d’elle. Entre eux, c’est le jeu du chat et de la souris mais est-ce une bonne chose qu’ils se rapprochent ? C’est un personnage complexe qui m’a beaucoup plu. J’ai également beaucoup aimé Nathanael, un autre membre de la meute qui va se montrer tantôt touchant, tantôt maladroit mais surtout loyal et courageux.

On est passé à deux doigts du coup de cœur. Selon moi, il y a un petit problème de rythme dans le roman. En effet, j’ai trouvé le début de l’histoire très lent mais c’était nécessaire pour poser les bases de l’univers et nous présenter les personnages. A un moment donné, tout s’accélère et là, on est submergé par les informations et je regrette de ne pas avoir eu plus de détails sur certains passages mais aussi sur les dons des chamanes. Ainsi, j’ai trouvé un petit déséquilibre qui me laisse un peu sur ma faim mais croyez-moi, cette lecture est quand même très bonne. En effet, la plume de l’autrice est fluide, visuelle et elle nous présente des protagonistes hauts en couleurs et un univers très original. J’avoue qu’une suite serait la bienvenue tant j’ai été frustrée de devoir laisser Jenny et Keir. Pour certains, la romance prend le pas sur le côté fantastique. Personnellement, ça ne m’a pas dérangé car c’est une relation « ennemie to lover » qui se construit pas à pas mais aussi à grand renfort de piques et d’humour.

Pour conclure, « la dernière chamane » est une jolie découverte. Julie Saurel signe un premier roman réussit qui a su me transporter dans le temps et en Écosse. Adeptes de romances fantastiques avec une héroïne badass, n’hésitez plus et laissez-vous tenter !

Retrouvez ce roman sur le site des Editions Plumes du Web

Johannes Brothers, Ready tome 2 de Lisa Barthelet

Romance contemporaine – Sortie en juin 2021
Éditions Edelweiss – Collection Plumes Écarlates

Ma note : 4,5/5 mention « Incontournable 2021 »


Avant de débuter cette chronique, je tiens à remercier les Editions Edelweiss pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : Lorsque l’on tait la vérité, elle devient poison.
Tandis que le nouveau groupe de Jurgen prend forme, Liv réalise son rêve : ouvrir son propre salon de tatouage. Et si tout semble aller à merveille pour le couple, les imprévus s’invitent et font du mal.
Jurgen doit faire face à Enzo et ses calomnies. Liv, quant à elle, doit gérer son ex un peu trop envahissant. Et dès l’instant où les mensonges deviennent de fausses vérités, c’est tout l’équilibre du couple qui vole en éclats.
Comment faire confiance lorsque l’on doute de soi-même ?
Comment tout donner de soi à l’autre lorsque les barrières érigées sont trop dures à surmonter ?


L’avis de #Lilie :
Quelle joie pour moi de retrouver Liv et Jurgen !! Heureusement, la suite et fin de cette duologie est arrivée quelques semaines après le tome 1 donc j’avais encore tous les éléments en tête et j’étais impatiente de savoir ce qui attendait nos protagonistes.

Nous retrouvons donc Liv et Jurgen qui tentent de se construire en tant que couple mais aussi de se reconstruire professionnellement. En effet, Liv tente d’ouvrir sa boutique de tatouages tandis que Jurgen essaie de se remettre à la musique et d’aller de l’avant. Mais sont-ils au bout de leurs surprises ? Dans quelle mesure les non-dits peuvent impacter leurs vies ? Sont-ils réellement prêts à se faire confiance et à avancer ensemble ?

Dans ce second tome, nous sommes face à une Liv beaucoup moins sûre d’elle, en proie avec ses doutes et des problèmes de confiance en elle. Malgré sa « grande gueule », elle garde, bien enfouie, des blessures du passé qu’elle n’a peut-être pas tout à fait cicatrisées…. Jurgen, quand à lui, est toujours le bookboyfriend parfait : gentil, prévenant, bienveillant, attentionné, amoureux…. bref, que demander de plus ?? On pourrait prendre sa gentillesse pour une faiblesse mais on sent chez lui une volonté d’apaisement et d’essayer de faire les choses du mieux qu’il le peut. Malheureusement, il va se rendre compte que tout le monde ne réfléchit pas comme cela. Dans les personnages secondaires, j’ai beaucoup aimé Soan et Fitz, le nouveau venu, qui vont trouver peu à peu leur place et j’ai été très étonnée par Min-Ho qui est, d’un premier abord, très froid, mais qui cache de grandes ressources en lui.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le duo d’autrices se régale à faire tourner en bourrique ses lecteurs. Le tome 1 se terminait sur les chapeaux de roue, le début de celui-ci commençait plutôt calmement mais rapidement, les ennuis arrivent !! Leurs plumes sont toujours aussi fluides et addictives et une fois la lecture débutée, bon courage pour poser le roman. Émotionnellement, on alterne entre amour et tensions et l’intrigue m’a vraiment pris aux tripes. Il y a quelques scènes épicées mais ce qui prévaut ici, clairement, c’est l’aspect émotionnel de la relation qui se construit entre Liv et Jurgen mais aussi avec les autres personnages qui gravitent autour d’eux. On nous parle ici de confiance en soi, et envers les autres, et il est vrai que c’est une question centrale de nos vies car sans confiance, sommes-nous capables d’avancer ?

Pour conclure, je referme avec un brin de nostalgie et de tristesse ce tome 2 de « Johannes Brothers ». Cette duologie se passant dans le monde de la musique et du tatouage est une jolie histoire d’amour qui parle de reconstruction, de perspective d’avenir et des fantômes du passé. L’épilogue peut laisser penser qu’un spin-off est possible. Pour ma part, je le souhaite de tout mon cœur !!


Retrouvez ce roman sur le site des éditions Edelweiss
20210407_180237 <– Retrouvez aussi mon avis sur le tome 1 ici

SEX & MOJITO, une chick lit de Jacinthe Canet.

CHICK LIT

LITTÉRATURE INDÉPENDANTE


Hello,
Alors pour te la faire courte (parce que non, ce n’est pas la taille qui compte), moi c’est Jacinthe Nitouche, Jaja si on est intimes, et après cette lecture, on le sera, tu verras. Je vis en coloc à Paname avec trois filles plus cinglées les unes que les autres dans un appartement que nous avons rêveusement surnommé «Bora-Bora». J’ai envie de dire que jusque-là tout va bien mais non. En fait, ma vie est partie en fricot chantier quand mes parents que j’aime d’amour et d’eau fraîche ont déménagé à l’autre bout du pays pour profiter de leur retraite, que mon taf a bien vrillé lui aussi et surtout que le mec dont je suis tombée amoureuse par accident a carrément mis un océan entre nous.
Ma note : 4/5
484 pages
Disponible en broché et numérique
Nouveauté 2021
Je ne te fais même pas croire qu’on part avec de bonnes chances de réussites, t’as vu ? Allez, viens… tu vas voir comme c’est dépaysant de pousser les portes du 4A. Bienvenue à Bora-Bora !

MON AVIS

Ma chère Jaja,

 

Je peux t’appeler ainsi. Même si je n’étais pas du tout prête à ta rencontre et à celle de tes 3 copines un peu déjantées sur les bords ! Quand tu m’as invitée à découvrir ton chez toi, ton Bora-Bora comme tu l’aimes tant à le crier, je crois que j’aurai pu faire, tu sais, ce fameux malaise vagal. Moi, la fille introvertie et qui a du mal avec l’humour tu as su faire travailler mes zygomatiques ! Il faut dire qu’il faut bien s’accrocher pour survivre à vos côtés. L’alcool à gogo (avec modération), vos blagues pourries, votre humour à faire défriser un mouton (le pauvre !) ou à réveiller les zombies, vos aventures délirantes et vos amourettes, il n’y a pas à dire j’ai cru avoir atterri dans la quatrième dimension.

 

Ma chère Jaja, je te comprends l’amour c’est vraiment nul surtout quand il fait aussi mal. Ton amoureux a le sang chaud qui le rend un tantinet trop protecteur, bien trop jaloux, peut être macho par moment et il est vraiment nul pour te dire ce qu’il ressent. Moi j’ai bien vu qu’il est dingue de toi et comme tu le dis ce n’était certainement pas le bon moment pour votre histoire. C’est con l’amour, ça te fait vivre les montagnes russes à longueur de journée. Un coup t’as froid le moment d’après t’as chaud ! T’es quand même une sacrée nana avec un caractère bien trempé. Il faut en avoir dans la culotte pour surmonter tes angoisses et réaliser tes rêves. Heureusement les filles sont là et le rhum aussi !

 

La vie n’est pas facile surtout quand LE choix de ta life se présente. Tu sais ce que tu vas perdre mais l’avenir est un chemin imprévisible où de nombreuses surprises (bonnes comme mauvaises) surgissent pour façonner ta vie. Je comprend ta peur ! Mais l’amitié est aussi forte entre vous, LE choix devient un imbroglio sans nom, un capharnaüm, les portes de l’enfer se sont ouvertes dans votre appartement trop cosy.

 

Ma chère Jaja, je ne te remercierai jamais assez pour avoir ouvert les portes de vos vies. Loufoqueries, bazar théâtral, désespérément drôle, elles sont terriblement attachantes voire attachiantes, vos vies. Vous croquez votre quotidien à pleine dent et ce lâcher prise est vraiment jouissif (ben oui quoi, tant que tu connais pas Jaja, tu peux pas comprendre !). La liberté d’aimer, de détester, de voire en grand, d’assumer la personne que tu es, de tomber, de te relever et de danser à pas d’heure, de chialer, d’être une femme enthousiaste. Merci Jaja pour cette terrible rencontre, je ne suis pas prêtre de m’en remettre.

 

YMCA dans ton corps !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

NEVERNIGHT, tome 2 : Les Grands jeux, un roman fantasy de Jay Kristoff.

FANTASY

ÉDITIONS DE SAXUS


Mia est devenue la plus douée des assassins.
Pour accomplir sa vengeance, elle est prête à tout, même à l’impossible.
Le retour de la saga Nevernight par le génial Jay Kristoff.
Jay Kristoff poursuit son incroyable saga Nevernight avec ce deuxième tome : Les grands jeux.
Mia est fait maintenant partie des Lames de Notre-Dame du Saint Meurtre au sein de L’Église rouge. Mais beaucoup pensent qu’elle n’a pas mérité ce titre.
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir absolument »
Traduit de l’anglais (Australie) par Sébastien Guillot
793 pages
Disponible en numérique, broché et relié
Nouveauté 2021
Elle commet des assassinats au nom de l’organisation, mais au fond d’elle son objectif est resté le même : se venger des responsables de l’assassinat de sa famille. Après une confrontation avec un mystérieux ennemi, Mia commence à douter des vraies motivations de L’Église rouge.
Lorsqu’il est annoncé que Scaeva et Duomo vont faire une apparition aux Grands Jeux de Sépulcra, la cité des morts, Mia choisit de défier l’Église rouge et se fait délibérément enlever afin d’être vendue à une troupe de gladiateurs. Par ce moyen et en gagnant les Grands Jeux, elle pourra s’approcher au plus près des assassins de sa famille et enfin accomplir sa vengeance. Mais tout ne va pas se passer comme prévu…

MON AVIS

Il n’y a pas à dire mais Jay Kristoff est un auteur dingue. Dingue de nous faire vivre une pareille aventure. Dingue avec son imagination débordante. Dingue avec son personnage principal qu’il manipule telle une marionnette. Dingue ! Dingue !

 

Voici un fantasy qui vire quand même vers la dark fantasy qui te scotchera. Y a pas à dire, Jay Kristoff maîtrise à la perfection un scénario tendu du slip. Et le pire dans tout ça c’est quand t’arrive à ce fichu point final et même à plus de 700 pages tu le maudis ce point. Là ! T’as qu’une seule envie, t’enfermer avec l’auteur et lui tirer les vers du nez. C’est que même j’en deviendrais méchante. Ils sont maso ces auteurs qui finissent avec de tels cliffhangers ! Et moi pauvre loque que je suis devenue qui devra attendre sagement 2022. Voici pour les éloges ! Et plus sérieusement mon avis donne ça !

 

Après les aventures de Mia au sein de l’Église Rouge qui a suivi la formation pour devenir une Lame et accomplir sa terrible vengeance, se voit confier des missions de la plus haute importance. Tuer de sang froid est devenu son dada. Un coup de lame par ci un autre par là. Une simple vie de tueuse ! Quelque fois ses missions se pimentent de la plus agréable des manières, mais toujours à ses risques et périls. Le sang gicle, les bombes explosent, les gens crient, la foule devient folle et Mia tue sans remord. De retour à Sépulcra, sa nouvelle mission se révèle coriace et qui débouche sur une rencontre inopinée, inattendue et violente. Cette dernière fait surgir de douloureux souvenirs et blessures non pansées. Après un combat mémorable où Mia sort vainqueur, sa captive deviendra une aide précieuse pour ce plan machiavélique panifié après les dernières révélations. Mia n’a plus le choix et à l’obligation de tout mettre en œuvre pour atteindre son objectif : tuer Scaeva et Duomo, les assassins de son père. Et peu importe que l’Église Rouge n’est pas ce qu’elle dit être et qu’elle les défie, mais plus rien de l’arrêtera. Vivre avec la peur ou vaincre sa peur, il suffit juste de devenir une esclave qui devra combattre la mort !

 

Captive et esclave, c’est au cœur de l’arène qu’elle prouvera sa valeur ! Elle, la petite corneille, va devoir voir la mort en face, celle que l’on enlève impunément, celle qui soudoie, celle qui ensanglante. Pas de pitié dans ce monde où les femmes ne sont que des demi-portions. Pourtant certaines se révèlent coriaces, acharnées, combatives, féroces et véloces. La petite Corneille est une rusée et ses ombres ne l’ont pas quittée, une aide précieuse et providentielle. Dans l’arène il n’y a pas d’amitié, il n’y a pas d’amour, il n’y a que ce sang poisseux, ces corps étêtés, et ces spectateurs qui se délectent du spectacle. La mort dans toute sa finesse, dans toute sa rudesse. La mort soulève la foule, la mort unit dans la vie, la mort est le totem des vivants. Mia, tout au long de cette quête et ce périple, va prendre conscience de la valeur de la vie. Son tempérament aussi fougueux va s’atténuer et prendre la mesure de la survie. Mia va découvrir au delà de son obsession de vengeance, que la vie c’est aussi l’amour, se laisser aller dans les bras et se laisser porter par les autres. Elle va apprendre à avoir confiance dans les autres.

 

Ce second tome est une sacrée bombe. Un page turner à vous faire tourner la tête et vous rendre dingue. Le schéma narratif est tout autant phénoménal. Le style de l’auteur est atypique et addictif. J’ai tout simplement kiffé, adoré (tout ce que vous voulez !).

 

Un second tome toutefois bien plus sombre et axé sur la psychologie de Mia et tout cela porté par un scénario haletant qui vous vivre cette aventure hallucinante en passant par une multitude d’émotions et qui bien évidemment vous donne des envies de meurtre à ce fameux point final.

 

Moi je vous dis : Foncez !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA