LA LUNE DU CHASSEUR, un roman de Philip Caputo.


Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins.
À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

 
Ouvrir le roman de Philip Caputo s’est se prendre une rafale de vent chargés d’une multitude d’odeurs venues de la forêt, du lac, des hommes et de leurs peines. C’est subir la sauvagerie des terres. Se laisser porter part cet instinct de survie. Affronter l’indéniable perte de soi, s’en remettre à la vie comme à la mort.
Will Treadwell est le pivot central d’un histoire façonnée par de nombreuses histoires. Gérant d’un bar, il est devenu les oreilles et les yeux d’un monde où les hommes vont à vau-l’eau. Des guerriers, des indiens, des travailleurs, il les écoute et il voit. Guide de chasse, il est le meilleur et c’est dans la forêt avec ses chiens qu’il aime se ressourcer. Le silence absolu, les arbres à perte de vue, les animaux, les oiseaux, la nature, rien de mieux pour affronter son passé et tenter de le panser.

 

Paul, Bill, Tom, Lisa, Devin, Rick, Elise, Trey, Kidman, Walsh, Lewis, Hall, Jeff autant d’hommes et de femmes qui ont un jour croisé la route de Will ou du Lac Supérieur.

 

Construit tel un roman choral, Philip Caputo nous fait découvrir leurs vies tout au long de sept histoires. Histoires bouleversantes, cruelles, mais d’une humanité si profonde. Comme si l’homme se révélerait dans toute sa splendeur dans la souffrance, dans la douleur. Sept histoires profondément touchantes où la nature à une place prépondérante, soignant les douleurs, exorcisant les maux, pansant les blessures. Dans cette nature, il serait possible d’y voir des symboles : un cerf, des oiseaux, des loups, des ours. Des étoiles et cette magnifique lune complice souvent du chasseur.

 

Philip Caputo signe un roman extraordinaire. Dès les premières lignes j’ai su que l’alchimie opérerait. Une plume envoûtante, le bon mot au bon moment, comme si ses mots prenaient vie et forme, là sous mes yeux. Il est très rare quand un roman me touche à ce point. Et ce final sous le ciel étoilé en plein hiver, wow, la cerise sur le gâteau. Un cycle qui se finit et un nouveau qui s’ouvre. Un héritage du meilleur à venir.  Philip Caputo parle de la mort avec un aplomb certain et un amour de la vie tout en gardant à l’esprit les drames qui façonnent ses hommes et ses femmes. Ceux qui les ont acceptés et qui ont en font une véritable force. Ceux qui sont dans le déni et qui avancent tant bien que mal, un pas après l’autre, vers cette lumière bien trop lointaine. Philip Caputo insuffle à sa prose une force constante, combattant chaque état d’âme, et de la bienveillance.

 

Un roman fort, poignant, percutant que je vous invite vivement à découvrir !

 

Un bol d’air pur à vous faire frissonner !

 

Une chronique de #Esméralda

Doucement renaît le jour de Delphine Giraud

Littérature française contemporaine – Sortie le 14/01/21
Éditions Fleuve

Ma note : 3.5/5


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Fleuve qui, via la plateforme Netgalley, m’ont donné la possibilité de découvrir le nouveau roman de Delphine Giraud.

Résumé : Connie, jeune femme au caractère bien trempé, a réalisé son rêve de devenir fleuriste et gère sa boutique d’une main de maître. Mais le jour où elle découvre une ancienne photo d’elle à côté d’un petit garçon, toutes ses certitudes s’effondrent. Qui est cet enfant ? Acculé, son père lui avoue qu’il s’agit de Mat, son petit frère. Victime d’un accident à l’âge de deux ans, il est resté tétraplégique et communique peu avec le monde extérieur. Connie l’a effacé de sa mémoire. Emportée par son désir de connaître son frère et de rattraper le temps perdu, elle oublie alors une question essentielle: pourquoi ses parents ont-ils préféré lui cacher l’existence de Mat pendant si longtemps ? Elle ignore encore ce qu’il en coûte de remuer le passé…


L’avis de #Lilie : Conquise par son premier roman, j’avais hâte de retrouver la plume de Delphine Giraud. Cette nouvelle parution a fait grand bruit au moment de sa sortie. C’est donc très enthousiaste et pleine d’attente que j’ai entamé ma lecture….et c’est un peu déçue que je la termine. En effet, même si cette histoire a beaucoup de points positifs, je n’ai pas été totalement convaincue.

Nous faisons ici connaissance avec Connie, une jeune femme qui mène sa vie comme elle l’entend. Elle semble heureuse jusqu’au jour, où en faisant un footing, elle manque d’être percutée par un cycliste. A partir de là, une impression de déjà-vu va s’insinuer en elle et l’obséder… Au final, elle va découvrir l’existence de son frère Mat, tétraplégique depuis l’enfance, qu’elle avait totalement effacé de sa mémoire. Mais pourquoi ne se souvient-elle pas de lui ? Les retrouvailles vont-elles bien se passer ? Que va découvrir Connie en fouillant dans les méandres de sa mémoire ? Pourra-t-elle avancer après avoir déterrer son passé ?

Connie est une jeune fleuriste qui sait ce qu’elle veut, et surtout ce qu’elle ne veut pas. Elle ne laisse personne entrer dans son cercle proche et semble très heureuse comme ça. Pourtant, ses retrouvailles avec Mat, son petit frère, et sa rencontre avec David, un séduisant pompier, vont tout bouleverser. Mat est placé dans un établissement spécialisé pour les personnes en situation de handicap. Il s’entend très bien avec une infirmière du nom de Babeth, qui est comme une deuxième maman pour lui. Doté lui aussi de son petit caractère, il n’aspire qu’à croquer la vie à pleine dent et à redécouvrir cette sœur dont il a été si longtemps privé. Nous rencontrons aussi Phil, le père de Connie et Mat, qui se retrouve empêtrer dans un mensonge qui dure depuis trop longtemps. Il y a également Helen, la mère des enfants qui ne semble pas épanouie dans sa vie familiale, Annie, la nourrice un peu trop présente, Firmin, le nouvel employé de Connie qui sera un peu le Jiminy Cricket de notre héroïne, et Jannelle, la meilleure amie toujours présente.

Ce second roman est une petite déception pour moi. Tout d’abord, j’ai mis du temps à réussir à entrer dans l’histoire et à m’attacher aux protagonistes. Je n’aime pas beaucoup Connie et il est vrai que quand je n’accroche pas au personnage principal, j’ai du mal à lâcher prise. Néanmoins, passé le premier tiers, j’ai aimé voir l’évolution de la relation entre ce frère et cette sœur si longtemps séparés. Les chapitres alternent entre passé et présent, permettant ainsi au lecteur de mieux comprendre l’histoire de cette famille. La plume de l’autrice est fluide, facile à lire et très visuelle. Émotionnellement, l’autrice essaie de jouer avec nos nerfs afin de nous faire passer par plusieurs états en l’espace de quelques pages. Elle aborde les thèmes des secrets de famille, le handicap, la reconstruction et la difficulté d’être une bonne mère. Malgré ces thématiques lourdes et difficiles, elle nous entraîne au fil des pages dans une histoire positive et elle nous incite au pardon et à toujours aller de l’avant en profitant de chaque moment.

Pour conclure, même si je n’ai pas été pleinement convaincue par « Doucement renaît le jour », je recommande cette lecture à tous ceux qui aiment découvrir de nouvelles autrices qui nous parlent de sujets difficiles en nous insufflant de l’espoir et la volonté d’aller de l’avant.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Fleuve

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T’AS VRILLÉ, un roman ado de Joanne Richoux.


C’est l’histoire d’une première fois, celle de Danaël, dix-sept ans, englué dans l’ennui et sa cambrousse, avec Florine, gothique, i nsaisissable, fugace. L’histoire d’une désillusion, un premier amour à sens unique, un «crush» obsédant qui vire à la possession, à la violence. L’écriture vive et incisive de Joanne Richoux dissèque cette frontière parfois mince entre l’amour, la folie, la haine, l’exacerbation des sentiments à l’adolescence.

Il n’y a pas à dire mais cette collection des éditions Actes Sud Junior recèle de nombreuses pépites et le petit dernier de Joanne Richoux qui a rejoint leur rang est juste une bombe.

 

L’adolescence juste cette période cruciale où l’on construit son identité. Vivre en pleine campagne n’a rien de glorieux. Juste un skatepark, un cimetière et des silos abandonnés. La misère qui s’étale et envahit tout, les âmes, les corps, les maisons.

 

Danaël suit sa vie comme elle se présente.
Une vie banale. Un jour de colle, il ose s’installer à ses côtés. La gothique lui passe un écouteur et la musique du groupe Nirvana bouleverse le jeune homme. Un crush auquel il va s’accrocher vivement. Pour elle s’est juste de l’amitié, la solitude se barrant ainsi de temps à autre. Avec elle, il va découvrir les premières fois. Le premier cadeau, le premier baiser, le premier moment de confidence, le premier pas vers l’âge adulte. Protecteur et attentionné, Danaël s’enfonce dans le monde de la possessivité. Un monde qui trouve normal, un monde où ses gestes sont légitimes et où sa violence n’est que la résultante de ses sentiments explosifs.

 

Joanne Richoux signe un nouvelle bouleversante. En un claquement de doigt, on devient Danaël. On comprend ses attentions, ses attentes, ses rêves, ses désirs mais très vite on remarque qu’il a dépassé cette frontière ténue entre l’amour et la possession malsaine. Une plume sensible mais qui ne manque pas de nous faire rebondir. L’obsession de cet ado décortiquée à coup de bonbons. C’est dingue, c’est fou, et on a juste envie de hurler « stop ». Une nouvelle que j’ai juste adoré pour son histoire, son contexte et cette énergie déployée qui accapare et accable. Bref, Joanne Richoux adore désosser nos ados dans leurs travers. Ou sont-ils juste le reflet de notre société qui part en vrille ?

 

A découvrir sans tarder !

 

Une chronique de #Esméralda

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… Le site des éditions Actes Sud Junior

… Mon avis sur un précédent roman de Joanne Richoux

OUR LOVE STORY, une romance de Mady Flynn.


De peur d’être blessée, abandonnée ou trahie, Aidan, jeune femme extravagante, fuit l’amour comme un poison. Mais son comportement dangereux et son inconscience vont la conduire à remettre son avenir entre les mains du docteur Franck Levy.
Séduit par cette liberté sans limites dont elle jouit, aura-t-il la force de refouler ses sentiments et ses fantasmes au plus profond de son âme ?
Intriguée par le charisme et la prestance de ce psy trop austère à son goût, mais qui semble pourtant porter toute son attention sur elle, saura-t-elle protéger son cœur ?
Une attirance qui pourrait être destructrice…

 
Je suis ravie de retrouver Mady Flynn et sa nouvelle romance, où là encore, elle va vous faire vivre une bouleversante histoire. Mady Flynn a un talent incroyable pour vous raconter des histoires d’amour où la psychologie a une place cruciale dans le déroulement de l’intrigue et le conditionnement de ses personnages.
Aidan a su dès son plus jeune âge qu’elle était différente des autres. La norme de la société ne lui correspond pas. Malgré tout, elle se fond dans cette masse mais son comportement addictif et auto destructeur la pousse vers des rencontres d’un soir dangereuses. Elle a ce besoin viscéral  de sentir la liberté bouillonnée dans ses veines et de toujours pousser ses limites au-delà du raisonnable. Aidan est pourtant une femme de bon sens mais qui interprète différemment ses besoins par rapport à cette fameuse norme. D’une intelligence rare, l’informatique n’a aucun secret pour elle, elle parle plusieurs langues, a deux boulots à la fois. Des ami.e.s, elle n’en a aucun. Les seules relations sont celles qu’elle s’autorise dans les bras d’inconnus qu’elle quitte au petit matin. Il aura fallu une soirée de trop pour risquer sa vie et se retrouver aux urgences.  Une escapade qui la mène dans les bras de ce psy de malheur qui ne comprendra à rien, à ce qu’elle est, à ses peurs, à ses désirs, à sa nature, à son identité.

 

Franck, jeune psy, est en charge d’Aidan. Six mois de rendez-vous réguliers, une fois par semaine, pour prouver au juge qu’elle ne se mettra plus en danger, elle et les autres. Six mois pendant lesquels il portera un regard acéré, doux et intéressé. Il deviendra tour à tour, un ami, un protecteur, un confident, une oreille attentive, des yeux charmés, des gestes apaisants. Six mois à se refréner, à ne pas oser ressentir du désir, à ne pas espérer autre chose que ces échanges, à ne pas croire à un avenir possible. Un psy séduit et une patiente bien trop sensible, bien trop entière pour ne pas espérer.

 

Mady Flynn nous offre une romance particulière. L’aspect psychologique du personnage principal est l’élément clef de cette romance hors norme. Entre passé et présent, Mady Flynn relate cette histoire improbable. Leur rencontre, leur dérapage, leur entrevue, leur désir, leur souhait, leur indécision, leur crainte. Ces souvenirs du passé ont conditionné ce présent qui semble inéluctable. Deux mondes qui se confrontent et qui se repoussent. Pourtant l’évidence est là malgré cette situation complexe. Elle est là, elle crève les yeux. Oseront-ils se défaire de leur chaîne pour s’autoriser à vivre ?

 

Une romance flamboyante qui m’a séduite malgré les longueurs et les répétitions (sur les états d’âme). Les traits de caractère sont peaufinés à la perfection et rien n’est laissé au hasard. Une romance captivante porte par une plume envoûtante.

 

Une chronique de #Esméralda

LA MÉMOIRE DE L’ART, un polar de Cyrille Thiers.


Le spécialiste de la nouvelle se lance enfin dans le roman ! Finaliste inattendu du Prix Littér’Halles en 2020 pour son recueil de nouvelles noires et policières, « On a toute la vie pour mourir », Cyrille Thiers vous propose aujourd’hui une première enquête palpitante dans le monde des grands maîtres de la peinture ! 1870, 1914, 1939. Ces trois conflits franco-allemands ont détruit des millions de vies, mais ils ont également affecté de façon dramatique le patrimoine artistique de nombreux pays.
Bombardements aveugles, pillages, destructions organisées, spoliations… Grâce au dévouement d’hommes et femmes hors du commun, nombre d’œuvres inestimables ont miraculeusement traversé ces périodes, tandis que d’autres étaient perdues à jamais.Pourtant, certains tableaux que l’on croyait disparus resurgissent de temps à autre…Max, un galeriste parisien, torturé par la terrible histoire de sa famille, va se retrouver embarqué malgré lui dans une quête dont les révélations risquent fort d’ébranler le milieu si conservateur de l’art et des grands musées. Entraîné par la pétillante Louise, il va devoir partir à la poursuite de sa propre mémoire, avant d’espérer localiser ces si mystérieuses toiles qui feront jaillir bien plus de questions que de réponses.
[Illustration de couverture : Brian Merrant, d’après « L’homme de Vitruve » par Léonard de Vinci (vers 1490)]

 
Voici deux thèmes que j’aime trouver dans mes lectures, mis en avant ici : l’art et les deux guerres mondiales (en autre). Tout un pan de cet aspect historique mis souvent au banc de la culture. Cyrille Thiers s’empare de ce sujet avec un incroyable culot et c’est cela qui m’a séduite. Pas tout à fait un Dan Brown, pas tout à fait un James Bond, L’ART DE LA MÉMOIRE est un excellent polar qui vous plongera dans les abysses méconnus de l’art.
Max est un galeriste parisien qui va voir sa renommée s’envoler grâce à sa dernière exposition, celle d’un jeune artiste prometteur. Max est tomber dans le monde de l’art, non pas par hasard, mais avec l’ultime conviction qu’ainsi il pourrait réparer les actes des ses aïeuls dont il n’est pas fier. Et c’est un joli pied de nez à toute la médisance dont il est l’objet de la part de sa mère. Max s’épanouit dans son métier. Dans l’immeuble qui appartient à la famille, il a ouvert une maison d’artiste où il accueille des peintres de tout horizon. Max et l’art, c’est toute une passion.

 

Après une soirée largement fêtée, il est accosté par une jolie femme. Une rencontre foireuse mais qui va s’ouvrir sur une aventure pittoresque. La jeune femme n’est autre que Louise évoluant dans le monde de l’art et ses limbes. Embarqué dans cet incroyable aventure, Max va découvrir un monde alambiqué où les apparences sont trompeuses. Courir après des faussaires d’une congrégation secrété, crée à la fin du 19e siècle est très cocasse.

 

Louise est une jeune femme passionnée par son métier. Son instinct est primordial et ses connaissances sans limite. Cette enquête va toutefois remettre ses principes en considération. De Paris aux Jacobins de Toulouse, dans les anciens conduits des passe-plats à des souterrains dignes d’un bunker ultra sécurisé, Louise et Max seront sur le pied de guerre.

 

Cyrille Thiers signe un premier polar très intéressant. Le contexte historique et l’enquête offrent une histoire palpitante. Très vite je me suis prise au jeu, suivant avec une certaine envie les élucubrations des protagonistes usant souvent d’un humour bienveillant et bienfaiteur. Le seul petit bémol est certainement l’aspect psychologique des personnages qui a mon sens manque de développement et de caractère. Je suis arrivée à la conclusion que cet aspect juvénile (peut-être voulu) contrebalancé le sérieux du sujet développé. Ce dernier est totalement maîtrisé par Cyrille Thiers. De l’action, quelques rebondissement et une énigme qui tient parfaitement la route ! Cyrille Thiers a le sens de la mise en scène toujours ancré dans des lieux réels. Le sens innée pour les intrigues que j’ai découvert dans son précédent recueil de nouvelles.

 

Un bon début pour cette saga.

 

Une chronique de #Esméralda

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HOT BLUE, une romance de Danielle Guisiano.


Après une longue absence, Elsa revient en Provence où elle retrouve ses amis. Emportée dans un tourbillon de soirées effrénées, elle profite de l’été et d’une liberté chèrement acquise.
Sa rencontre avec Lorn, un homme ambigu et mystérieux la trouble profondément. D’autant plus que ce dernier ne cache rien de son homosexualité. Précédé par une réputation sulfureuse, Lorn installe un climat équivoque qui remet en cause l’intégrité de la jeune femme.
Parce que parfois l’attirance ne s’embarrasse pas de principes, Elsa est-elle prête à relever un tel défi ?

L’histoire aurait pu être un conte de princesse. Un ex qui veut sa part du steak, un chevalier pas vraiment « blanc » et une princesse aussi paumée que le petit Poucet qui tente malgré sa bonne volonté et un désir à fleur de peau de tenir le cap sans se perdre.

 

Cela aurait pu être une histoire de princesse, mais c’est sans compter sur le talent indéniable de Danielle Guisiano qui a tendance (et là je minimise) à vouloir vous faire sortir de nos gonds.
Elsa (qui n’a rien à voir avec la Reine des Neiges) vient enfin de mettre un terme à la relation toxique qu’elle entretenait depuis quelques mois avec cet homme qui lui a été désigné par ses parents comme étant son futur mari. Elle a fui loin de la région parisienne où son avenir lui semblait terne. Direction la Provence, pas trop loin de la mer, où le joli mas de sa grand-mère, intrépide et de très bons conseils, l’accueille chaleureusement. Elsa se requinque et retrouve peu à peu goût à la vie. Pour cela elle peut compter sur son amie d’enfance qu’elle voyait uniquement pendant les grandes vacances. Elle enchaîne les fêtes et les beuveries se délestant ainsi de son passé.

 

Sa rencontre avec Lorn est résolument épique. Lui jouant au piano, elle se faufilant dans la maison de sa meilleure amie. Un instant, un choc, le coup de foudre ! Lui grognon et insultant ! La panoplie du parfait connard ! Sa réputation le précède. Homosexuel ses frasques l’ont terni d’être un homme sulfureux. Architecte de formation, il projette de partir à Los Angeles pour faire carrière dans le monde du cinéma. Contre toute attente et malgré tout, une relation naît entre les deux. Je te cherche moi non plus, des gestes, des regards équivoques. Loin de renoncer à son orientation sexuelle, Lorn n’est pas insensible aux charmes de la belle Elsa. Bien trop protecteur, attentionné, il sème le trouble. L’attirance est tout aussi réciproque. Le danger : y succomber ! Tomber à nouveau au cœur d’une relation toxique où l’attachement serait vain, est la pire histoire qu’Elsa voudrait construire. Et comme le dit si bien Blaise Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ».

 

Danielle Guisiano signe une nouvelle romance de tonnerre. Très vite j’ai été accaparée par son histoire transportée par cette plume qui sait si bien mettre en évidence les émotions et leurs incongruités. Elle explore l’universalité des sentiments, leur non-sens et leur non-avenir. Elle leur apporte cette touche de sensualité et de romantisme et toujours ancrée dans la réalité des relations. Elle transfigure l’amour, le manipule avec grâce et lui donne tout son éclat. Les personnages sont tout aussi attachants qu’exaspérants. Leur chemin respectif est cabossé et leur rencontre remet tout en perspective. Insufflant une incroyable force à ses personnages et l’espoir, elle leur construit une histoire au-delà de la réalité. Pourtant l’amour est là, vivant et frétillant d’impatience attendant le bon moment pour exploser.

 

Une romance hors norme portée par des personnages qui le sont tout autant. Une histoire atypique que j’ai tout simplement adorée. Vous pouvez foncer !

 

Une chronique de #Esméralda

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… Mon avis sur d’autres romance de Danielle Guisiano

DIEU 2.0, tome 2 : Bye bye Web, un roman d’anticipation du Dr Henri Duboc.


La civilisation se meurt Le cataclysme prédit par W3 a balayé la planète. Dans cet enfer, l’Europe, dernier bastion des lumières, lutte pour sa survie contre la menace qui gronde à ses frontières. Des millions de survivants attendent, parqués dans des camps, derrière des barrières de drones où le fanatisme grandit et se nourrit du désespoir. L’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même. Internet se meurt, et la nouvelle religion du Primum, galope ! Mais dans ces heures sombres, émergera peut-être le terreau favorable au retour de la lumière. L’espoir reviendra-t-il par cet étrange robot à deux têtes qui sillonne notre futur, 200 ans plus tard ?

 
On reprend les mêmes, on y ajoute un cataclysme d’une envergure planétaire, un ancien prêtre carrément dingue, des gens qui fuient et qui ont perdu tout espoir, un monde bouleversé et en reconstruction, et un robot zinzin qui se réveille 200 ans plus tard … et cela donne un second tome totalement inattendu, explosif et flippant.
Il aura fallu que la faille San Andreas pète carrément les plombs pour plonger le monde dans un chaos indescriptible. Des millions de disparus et d’autres déportés. Des nations qui tentent des coalitions quelque peu douteuses, des murailles de drones pour éviter toutes intrusions pour façonner un nouveau monde archaïque. Toutes technologies  sont réquisitionnées au nom de l’état et deviennent la propriété de l’armée. Le monde d’avant n’est plus qu’une chimère. Le travail est une denrée rare comme tout le reste (soins, nourritures, loisirs, instructions …). Un monde où survivre devient une priorité. Gabriel est bien vieux maintenant et il n’aurait jamais cru vivre ces instants là. W3 s’est fait la malle quelque part dans les méandres du Web qui part en fumée, laissant place à un internet contrôlé et fliqué. Gabriel est bien saoul de ne plus voir son ami et d’échanger pendant de longues heures. Rien ne va plus mais il tient le coup. Peut être pour son filleul et sa bande de copains qui ne rêve que de voyager dans le futur ?

 

Dans les camps de réfugiés, la misère et la violence deviennent le quotidien de ces milliers de gens qui espèrent passer ces murailles infranchissables. Un seul homme semble tirer profit à cette situation, Verinas. Il a enfin toute l’attention qu’il estimait recevoir de ces fidèles, devenant ainsi le prophète d’une nouvelle religion le Primum. Un endoctrinement que subissent de nombreuses personnes dont des jeunes en quête d’identité. Cette nouvelle communauté s’organise autour de la culture du papyrus qui deviendra, une fois transformé, un moyen de communication et celui d’éradiquer la faim. Une nouvelle religion qui après un timide départ prend de l’ampleur et se diffuse à toute les strates de la société.

 

Et pendant ce temps, deux cent plus tard, un étrange robot à deux têtes, se réveille et découvre un nouveau monde. Une civilisation rustre et peu développée aux mœurs violentes et qui semblent suivre les préceptes de la théorie de Darwin. Cet aventurier atypique a une mission bien définie dans son programme et elle se doit de la mener à terme et dans de bonnes conditions. Il doit rattraper deux cent ans de sommeil. Un voyageur du temps loufoque et terriblement attachant. D’ailleurs cela me rappelle deux personnalités de l’histoire. Peut être que le tome 3 affirmera mon pressentiment ?

 

Ce second tome est sans contexte un immense coup de cœur. Je retrouve la patte sensible et particulière de l’auteur qui aime tant nous faire voyager. Un second temps où le répit n’existe pas. D’un point de vue à l’autre, point de temps mort ! De l’action, et encore de l’action … des découvertes, des moments de réflexions, des moments intrépides et mémorables. Des personnages tout aussi attachants qu’exécrables. L’évolution des personnages et du monde est sans contexte le point d’orgue dans cette étrange aventure. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur s’empare du futur. C’est étrange, loufoque, improbable et pourtant au fond de moi je me suis posée la question quel avenir notre monde connaîtrait si cela arrivait. Parmi tout une multitude de scénario, Henri Duboc a pris le parti de l’extrême et du fanatisme, du moins c’est cela qui apparaît dans ce tome. La légèreté côtoie le gravissime. Une histoire bouleversante et prenante. Si j’ai regretté les longueurs du premier tome ici il n’en est rien, absolument rien. Une histoire a la dynamique captivante et fascinante. La multitude de personnages est une plus-value au scénario. Et tel un roman choral, il nous porte vers un final tonitruant, explosif. La religion a toujours une place capitale mais sous l’égide de la dérive sectaire. L’apologie de la technologie n’est qu’une vague de souvenirs, le web une entité qui se résume au néant. Dès lors quel est l’avenir de l’humanité ? La religion semble être le seul miracle auxquelles les populations désœuvrées s’attachent. Réponse dans le dernier tome.

 

Ce second tome est un véritable uppercut, un de ceux dont il est difficile de s’en remettre !

 

A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda.

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Le tatoueur d’Auschwitz d’Heather Morris

Témoignage – Livre sorti en 2018
Editions France Loisirs

Ma note : 4.5/5 mention « lecture poignante »


Résumé : Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l’entrée du camp d’Auschwitz. Bientôt, ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C’est Lale, un déporté, qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu’il marque à jamais.
Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d’une noirceur infinie. Ils savent d’emblée qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Mais dans cette prison où l’on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n’y a pas de place pour l’amour.
Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse : un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l’horreur du monde.
L’histoire vraie d’un homme et d’une femme qui ont trouvé l’amour au cœur de l’enfer.


L’avis de #Lilie : La seconde guerre mondiale et la shoah sont des thèmes qui m’ont toujours intéressée. J’ai du mal à comprendre comment de telles horreurs ont pu se produire et donc, je lis, assez régulièrement, des témoignages ou des histoires ayant ce contexte historique. Pourtant, ce livre a dormi dans ma PAL pendant plus de deux ans avant que je me décide à l’en sortir grâce à sa sortie en poche et au « raz de marée » qu’il a provoqué en librairie. Une chose est sûre, il fait avoir le cœur bien accroché au moment de sa lecture car certains passages sont crus et cruels.

Nous faisons ici connaissance avec Lale, un jeune slovaque qui a, pour seul « défaut » d’être juif. En avril 1942, il est déporté pour le camp d’Auschwitz, et très vite, il comprend que pour survivre, il va falloir être malin. Un jour, il croise le regard de Gita et à partir de là, tout va changer pour lui car il est évident qu’il a envie de sortir du camp pour une seule et bonne raison : vivre au grand jour son amour pour la jeune femme. Mais quelles épreuves va-t-il devoir supporter ? L’amour peut-il vraiment aider à survivre ? Lale et Gita auront-ils leur happy end ?

Peu de temps après son arrivés, Lale est « recruté » pour devenir tatoueur d’Auschwitz. Ce poste le protège un peu car il est en permanence en relation avec des SS et il a aussi l’occasion de côtoyer des personnes de l’extérieur du camp. Lale est malin et il va essayer de tirer profit des vices des uns et des autres pour avancer et survivre. Néanmoins, il ne sera pas à l’abri des trahisons ou des coups bas mais il va tout faire pour sortir de ce camp de la mort vivant. On ne sait pas grand chose de Gita, pendant un long moment. En effet, elle reste très mystérieuse et même si ses sentiments pour Lale semblent apparaître très vite, elle ne se dévoilera que très tardivement. Elle aussi, elle a fait preuve de beaucoup de courage et ses amitiés dans son block vont l’aider à tenir le coup.

Ce témoignage a été écrit par Heather Morris qui est une journaliste australienne. Lale lui a confié son histoire après le décès de Gita et l’autrice a fait un gros travail pour le mettre en confiance puis pour remettre de l’ordre dans les souvenirs racontés. Ce qui m’a frappé, c’est la rapidité et la facilité avec laquelle je suis rentrée dans cette histoire. Les faits racontés sont, par moment, difficiles à lire mais nous montrent que l’horreur a existé, à une époque qui n’est pas si lointaine. Je me suis beaucoup attachée à Lale, un peu moins à Gita et je me suis régalée pendant environ les trois quarts du livre. La fin m’a semblé un peu rapide, à partir de la libération du camp, et j’aurais aimé, je pense, avoir plus de détails sur leur vie d’après. Néanmoins, c’est un témoignage de plus sur les horreurs nazies et c’est aussi un moyen de dire « il ne faut pas oublier, pour ne pas que cela se reproduise »….

Pour conclure, « Le tatoueur d’Auschwitz » est un témoignage bouleversant sur les conditions de vie des déportés dans les camps de travail nazi. Malgré les monstruosités décrites, le message délivré est un message d’espoir et d’amour car Lale n’a jamais baissé les bras ni cessé d’y croire.

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La trilogie des gemmes, tome 1 : Rouge Rubis de Kerstin Gier

Fantastique jeunesse – Edition poche le 2 janvier 2017
Le livre de poche jeunesse

Ma note : 4/5 mention « prometteur »


Résumé : Gwendolyn est une adolescente comme les autres. Même s’il lui arrive de voir des fantômes dans les couloirs de son lycée. Et que certains membres de sa famille peuvent voyager dans le temps. Mais aucune famille n’est parfaite ! D’ailleurs, Gwendolyn ne se sent pas vraiment concernée. C’est sa cousine qui est censée développer cette capacité. Sauf qu’un jour, Gwen est prise de vertiges et s’évanouit. Quand elle revient à elle, tout semble bizarrement vieux autour d’elle. Comme si elle avait débarqué dans un autre siècle.


L’avis de #Lilie : J’ai entendu parler, pour la première fois, de la saga lors de son adaptation au cinéma. C’est ensuite une amie qui me l’a chaudement recommandé donc je me suis acheté le premier tome….. avant de le laisser dormir dans ma PAL pendant deux ans ! Ayant une envie, en ce moment, de découvrir des sagas « incontournables » en fantastique, je me suis décidée à le sortir et j’en suis ravie !

Nous faisons ici connaissance avec Gwendolyn, une adolescente presque comme les autres. Un jour, elle découvre que ce n’est pas sa cousine mais elle qui a hérité du gêne du voyage dans le temps. A partir de là, sa vie va se transformer. Qu’impliquent ces voyages dans le temps ? Pourquoi son entourage est-il si secret ? Gwendolyn est-elle en danger ? Peut-elle faire confiance à Gideon ?

Gwendolyn fait partie d’une famille de voyageurs dans le temps. Néanmoins, depuis sa plus tendre enfance, on lui répète que c’est sa cousine Charlotte qui voyagera et non elle. Pourtant, un beau jour, c’est elle qui est propulsé dans le passé, alors qu’elle ne s’y attendait pas. Elle va devoir désormais apprendre vite et surtout faire attention à qui elle peut accorder sa confiance. Au départ, je n’ai pas accroché à son personnage mais on la voit évoluer au fil du roman, tentant de faire de son mieux et ce qu’on attend d’elle. Néanmoins, son effronterie pourrait lui jouer des tours dans les prochains tomes. J’ai beaucoup aimé Leslie, la meilleure amie de notre héroïne qui est malicieuse, pleine de vie et très débrouillarde. Enfin, on fait connaissance avec Gideon, le « binôme » de Gwendolyn, qui est, au départ, assez fragilisé par son changement de partenaire. Très proche de Charlotte, il a bien du mal à faire confiance à celle qui l’accompagnera finalement dans sa quête. Un peu hautain, il se radoucit en voyant le courage dont fait preuve Gwendolyn et en se montrant protecteur envers elle.

Ce premier tome m’a un peu déstabilisée au départ. En effet, j’ai trouvé que l’intrigue prenait du temps pour se mettre en place. De plus, beaucoup de mystères entourent les voyageurs du temps mais les bases de la saga sont, il me semble, posées. En revanche, j’ai constaté une montée en intensité au niveau de l’action, de l’épaisseur de l’intrigue et à la fin, l’épilogue fait hurler le lecteur. L’autrice sait nous tenir en haleine et nous donner envie de nous procurer la suite. L’écriture est très accessible, ce livre étant dédié, à la base, à des adolescents, et l’univers décrit est riche. Il nous réserve encore, je le sens, bien des surprises !

Pour conclure, j’ai adoré la magie de « Rouge rubis« . Même si la mise en route est un peu longue, c’est une histoire prometteuse, un véritable « page-turner » qui nous immerge dans un monde où les fantômes existent et les voyages dans le temps sont possibles. De nombreuses questions sont en suspens, ça tombe bien, le tome 2 m’attend !

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UNE FAMILLE ENFIN PAISIBLE. Sortir du cycle des conflits. Un document de Anne-Catherine Sabas.


Parfois, la famille devient le lieu d’une guerre quotidienne : échanges tendus avec un enfant, difficultés dans la fratrie, soucis de communication…
Anne-Catherine Sabas nous explique ce qui se cache derrière ces conflits répétitifs et nous donne de nombreux outils pour rétablir l’harmonie. Ce livre précieux ne donne pas de leçons et prend au sérieux les difficultés : il vous offrira des pistes de réflexion pleines de profondeur pour prendre de la distance et reconstruire ce qui semble brisé.
– Comprendre les rapports de force inconscient
– Découvrir le pouvoir extraordinaire de la parole
– Savoir sortir des rôles figés, source de malentendus
Anne-Catherine Sabas est psychanalyste, psychopraticienne et formatrice en communication et gestion de conflits. Elle a publié plus de vingt ouvrages dont Libérez-vous par le pardon et Aider vos enfants à trouver leur place.

 
C’est la toute première fois que je lis un livre de « développement personnel » et « psychologique ». Sans aucun doute le titre m’a de suite interpellée. Vraiment qui ne rêve pas d’une famille où les relations sont simples, sans malentendu, sans malaise. Pas si utopique que ça et Anne-Catherine Sabas nous propose tout au long de son livre, des choses simples et qui se veulent efficaces.
J’aurai pu vous écrire une chronique détaillée reprenant chaque partie, mais honnêtement je préfère aller à l’essentiel. Anne-Catherine Sabas développe ses arguments autour de l’individu lui-même au sein d’un groupe, de sa famille ici à l’occurrence. Elle propose de prendre conscience de son identité d’en établir ses atouts et ses faiblesses. D’être à l’écoute de l’autre tout en préservant son intégralité et sa moralité. Mettre les mots sur ses états d’âme et ses blessures au lieu de d’ignorer la blessure causée par l’autre. Apprendre à gérer sa colère et surtout à l’accepter pour mieux avancer avec l’autre. Faire des compromis justes et judicieux, savoir être à l’écoute, mettre en place des rituels quand la situation commence à déraper. Il évident que les disputes sont une sorte de soupape de décompression mais il est tout autant que gérer l’après dispute est davantage bénéfique.

 

L’auteure développe aussi les blessures de l’âme et celles héritées telles que de mauvaises malédiction. Il est important de faire la paix avec celles-ci, de les comprendre et de s’autoriser à les laisser filer, s’évanouir. Ce point-ci m’a interpellée et beaucoup intéressée. Je crois à ces choses là et au poids insinué au fil des générations.

 

Elle parle des enfants, petits et grands, et de leur place au sein de la famille. L’écoute de leurs maux est capitale tout comme mettre en place des règles. Nos enfants ne sont pas là pour être le réceptacle de nos envies grandioses. Ils ont leur propre identité, leurs propres désirs, leurs propres vocations. Ils sont des entités uniques motivées par leurs propres raisons et surtout sont dissociables de nous, les parents. J’ai été très attentive aux paroles de l’auteure et je me suis retrouvée dans ses mots. Je suis une maman qui prône pour la parole dans la bienséance et le respect, et qui à chaque problème propose des compromis ou des solutions.

 

Cette première expérience de lecture est une véritable réussite. J’ai été touchée par le dialogue de l’auteure qui propose des choses simples à mettre en place au sein de la famille pour accorder la parole à chacun et écouter. Chaque argumentaire est illustré par un exemple de mise en situation. Une plume très accessible qui ne part dans de long discours pompant. Une lecture très intéressante et prolifique !

 

Une chronique de #Esméralda

Il y a dans l’adulte un enfant, un enfant éternel toujours en état de devenir, jamais terminé, qui aurait besoin constamment de soins, d’attention et d’éducation.

Carl Gustav Jung