FENÊTRE SUR TERRE, un recueil de poésie de Franck Bouysse.

RECUEIL DE POÈMES ET DE DE RÉCITS

Éditions Phébus


Le texte le plus intime et personnel de Franck Bouysse. Un récit fait de textes en prose alternant avec des poèmes en vers et des photos de l’artiste qui racontent son arrière-pays d’écriture : sa Corrèze quotidienne depuis son enfance. Une portait du territoire d’inspiration qui a façonné son imaginaire et ses romans. On y retrouve toute l’authenticité et l’ambiance claire obscure de sa littérature, ainsi que ses personnages, et ses décors naturels. De l’émotion à l’état pur.
 
Ma note : 5/5 mention « gros coup de cœur et incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
136 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Le dernier livre de Franck Bouysse, me semble t-il, est passé à la trappe dans la sphère littéraire. Certes il change de registre, mais est-ce une raison de s’en détourner. Vous avez peut-être connu Franck Bouysse avec « Buveurs de Vent » ou alors le très acclamé « Né d’aucune femme » ?

 

Pour ma part c’est une première rencontre, une de celle mémorable, marquante au fer rouge dans les tréfonds de mon âme.

 

Franck Bouysse touche par sa simplicité. Ses mots aux doux échos de saveurs d’un autre temps où le temps avait une dimension agréable, une sonorité charmante et un touché appréciable. Le temps que l’on oublie, le temps effréné dans cette quête sans limite de la vie. Franck Bouysse narre avec douceur de la vie, de la nature, de l’homme, de l’enfant, de la femme, des rêves, du vent, du ciel, de l’héritage, du désir. Un ensemble d’une finesse exemplaire, d’une douceur chatoyante, d’un plaisir inéluctable.

 

Je ne suis pas une grande adepte de la poésie, mais j’aime prendre le temps, de temps à autre, de savourer un recueil. Alors quand la magie opère, il n’y a rien de plus merveilleux que de se laisser porter par cette douce mélopée. Outre ces passages d’écriture, il est agréable de regarder ces photographies, en noir et blanc, illustrant parfois, souvent, les mots.

 

Poignant, bouleversant, FENÊTRE SUR TERRE est sans contexte un livre remarquable.

 

Ça

Ça commence par des ombres

Ça porte

Ça guide

Ça enfle

Ça gronde

Ça se tait

Ça fait naître les personnages d’une famille éphémère

Ça ne prévient pas

Ça s’invite

Ça s’impose

Ça veut se raconter, jusque dans les silences

Ça glace autant que Ça réchauffe, C’est impitoyable

Ça aime

Ça hait

Ça séduit

Ça repousse

Ça bouscule

Ça ravage

Ça déniche le réel

Ça vient de l’intérieur

Ça ne demande qu’à sortir

Ça cherche la vérité

Ça fait chair

Ça veut tempêtes et bonaces

Ça veut soulever le monde

Ça veut prendre l’espace

Ça veut plus

Ça veut tout

Ça veut croire à tout prix

Ça veut nouer le corps avec l’esprit

Ça veut unir

Ça veut posséder

Ça veut finir sans achever

Ça veut l’éternité

 

 

 

 

L’OURS un roman de Andrew Krivak.

NATUR WRITING

Éditions Globe

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

#PicaboRiverBookClub


Ils ne sont que deux survivants humains, un père et sa petite fille, dans une maison au bord d’un lac. Leurs voisins ? Des arbres centenaires, des plantes millénaires, des oiseaux dont les appels trouent les cieux, des traces d’ours sur les troncs et une montagne qui n’a pas changé depuis qu’Emerson et Thoreau y puisaient leur force et leur sagesse.
 
Au fur et à mesure que la fille grandit, son père lui apprend tout ce qu’il peut, pour la préparer à une vie en harmonie avec une nature majestueuse et tutélaire.
Et quand la fille se retrouvera seule, c’est l’ours du titre qui lui servira de guide ultime pour s’orienter à travers un environnement aussi rude que prodigue, dans une communion élégiaque.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Il existe ces romans où les mots semblent désuets. L’ours en fait indéniablement partie

 

Mes mots ne pourront jamais vous faire ressentir l’immensité. La nature omniprésente. Le ciel, la terre, les arbres et les fleurs, les animaux, leurs silences, leurs cris, leurs vies, leurs présences, source d’abondance et de pérennité. Une bouffée d’air pur, saisissante et pétrifiante. La solitude, la peur de la mort, mais la vie restant, brillante par tous ses défauts, sombre pendant ces moments où la terre s’endort.

 

Un paysage époustouflant. Des détails précis et ces mots qui valdinguent, bouleversent et pétrissent le cœur avec une nonchalance naturelle invitant au repos et surtout à tendre l’oreille. Alors vous entendrez ce père initiant sa petite fille à la terrible loi de la survie, ses conseils, ses souvenirs, ses légendes, ses histoires, ses mots marqués sur un papier d’un autre temps seul rescapé de l’apocalypse (?). Alors vous verrez l’amour qui transpire dans chaque mot, chaque geste, chaque silence. Celui-ci apporte bien plus.

 

C’est ainsi que naissent les légendes celles véhiculées par les airs, celles qui se murmurent au bruissement des feuilles, celles que rapportent les oiseaux du quatre coin du monde. Une légende naît de la douleur, de la perte et du deuil. Une légende en parfaite communion avec la nature, la véritable nature, celle qui s’élève, celle qui a conscience d’un grand tout.

 

Andrew Krivak signe un roman d’une beauté insaisissable, merveilleuse et d’une justesse rare. Dès le départ j’ai été captivée par la prose et le style de l’auteur. Une plume lyrique qui nous invite à un voyage extraordinaire. Au-delà d’être une claque, ce roman puisse sa force dans la nature mais aussi aux côtés d’une jeune héroïne qui a reçu un héritage bien lourd pour ses frêles épaules. Une héroïne en harmonie totale avec son environnement dont elle aura pris soin de regarder et d’écouter.

 

J’ai été saisie par la puissance émanant de ce roman. Une expérience unique et bouleversante.

 

Êtes-vous prêt.e.s à rencontrer l’ours ? Je ne pense pas.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE, un roman de Hélios Azoulay.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions du Rocher


« Si quelqu’un m’a vu ici, il racontera peut-être un homme en train de courir après une pauvre feuille de papier que le vent s’amuse à exiler. Je les ramasse toutes. Je les déchire minutieusement, et j’en garde un petit fragment. Un lambeau étroit comme une île, où je peux écrire quelques mots. Ce que je vois, ce que j’ai devant moi, ce que mes yeux attrapent, ce qu’il me reste entre les dents. Des petites phrases. J’écris debout.Il n’y a pas de détails, il n’y a que des preuves. J’en ai les poches pleines. »
Dans un roman à l’écriture fulgurante, Hélios Azoulay raconte le destin d’un musicien juif qui, dans l’impossibilité de composer, se réfugie dans l’écriture pour résister à l’horreur de la déportation. En mêlant la pudeur au burlesque, le délire au souvenir, l’effrayante réalité à une poésie qui refuse d’arrondir les angles, l’auteur tisse la vie d’un artiste trimballé par l’Histoire, mais qui ne renoncera jamais à rester un homme.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
140 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cette lecture est une expérience unique où le jugement n’a aucunement sa place, où seul, les mots et leurs pouvoirs vous transportent dans cette cruelle intimité.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman court, très court, où les émotions explosent au son des mots .

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman qui se lit à voix haute, qui se crie dans le silence des pages blanches et noires, qui cavale au rythme des phrases syncopées, qui se vit, qui se sent. Il dégage de ce roman une certaine architecture des mots et des émotions. Une étrange osmose qui trouve sa beauté dans la douleur, l’innommable, l’incongru et ces petits papiers, liens magiques, sensoriels.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman d’une splendeur éblouissante. Hélios Azoulay aborde la déportation, les camps de concentration et extermination, et ces femmes, ces hommes, ces enfants, ces vieillards à l’espoir famélique, étrangement féerique. 

 

La structure unique et atypique du texte rend l’ensemble explosif parfois burlesque et surtout douloureux.

 

Sortir de cette lecture indemne est mission impossible. Les mots vous collent, impriment vos rétines et laissent cette trace tatouée dans votre cœur et vos tripes. A jamais.

 

Une puissance solaire et exceptionnelle !

 

Une chronique de #Esméralda

AVANT ELLE, un roman de Johanna Krawczyk.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Héloïse d’Ormesson

#68premièresfois


Carmen est enseignante, spécialiste de l’Amérique latine. Une évidence pour cette fille de réfugiés argentins confrontée au silence de son père, mort en emportant avec lui le fragile équilibre qu’elle s’était construit. Et la laissant seule avec ses fantômes. 
Un matin, Carmen est contactée par une entreprise de garde-meubles.
Elle apprend que son père y louait un box. Sur place, un bureau et une petite clé. Intriguée, elle se met à fouiller et découvre des photographies, des lettres, des coupures de presse. Et sept carnets, des journaux intimes. 

Faut-il préférer la vérité à l’amour quand elle risque de tout faire voler en éclats ? Que faire de la violence en héritage ? Avec une plume incisive, Johanna Krawczyk livre un premier roman foudroyant qui explore les mécanismes du mensonge et les traumatismes de la chair.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 et coup de cœur »
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible en numérique et broché (bientôt en poche)

 


MON AVIS

Violence.
Secret.
Deuil.
Déchirement.
AVANT ELLE.
Ultime acte d’amour ? Ultime confession ? Paroles ultimes, paroles salvatrices ? Doux héritage ?

 

Johanna Krawczyk crie la douleur, la scission, l’origine. Son héroïne, Carmen, est devenue malgré elle, le réceptacle de vieux démons. Atteinte de troubles de la personnalité, Carmen vit au compte goutte, au milieu de ses angoisses, de ses peurs, de ses aberrations, de ses absences, de ses oublis, de ses impulsivités. Son père est décédé sans préavis et depuis c’est le grand bordel ou le feu de la Saint Jean. Orpheline, Carmen boit pour oublier, pour penser, se noie.

 

Et puis cet appel fatidique. Un garde meuble à débarrasser. Un vieux bureau, une cachette, des photos et des carnets pour une vie, toute la vie de son père.

 

Découverte effroyable, imprévisible, violente. Page par page, son monde s’effondre, se croupit dans l’obscurité de ces mots flamboyants destructeurs. L’horreur sans nom, l’effroyable perversité d’un engrenage morbide, l’air vicié et putride. Le noir, le blanc, le rouge, trichrome infernal.

 

Logorrhée salvatrice, logorrhée meurtrière, logorrhée silencieuse. Après elle tout devient limpide. Cadeau empoissonné ? Cadeau bienveillant ?

 

Johanna Krawczyk explore le continent de l’héritage ayant pour fond la dictature en Argentine. Une verbe exigeante, une verbe qui manipule la cruauté avec une certaine retenue mais qui n’oublie aucun détail. Une plume captivante et cela dès le départ. Une plume légère, sèche, énergique. Une plume qui suinte, qui s’épanche, qui illumine. Un sujet douloureux, éprouvant et moi je sors de cette lecture aveugle, abasourdie. Conquise ?

 

Oui, conquise et bien au-delà.

 

Une chronique de #Esméralda

TISSER, un récit de Raharimanana.

RÉCIT

Éditions Mémoire d’Encrier


Tisser, c’est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d’autres pour une existence plus vaste. Tisser les mémoires. Tisser les vies. Tisser l’utopie.
Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l’Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l’humanité.
Ma note : 5/5
92 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

 


MON AVIS

J’ai succombé à ce récit dès la première phrase. J’ai su que j’allais éprouver une sorte de fascination qui resterait ancrée en moi pour toujours (je l’espère vivement).

 

TISSER vous happe dans sa toile en un tour de main. Magie, obsession hypnotisante, Raharimanana, grand orateur, oracle de son temps, narre avec une telle évidence, spontanéité et fascination de ce temps qui fût, qui est et qui sera.

 

Entre contes, mythes et réalité, il nous confesse le grand mal du monde. L’absence d’écoute des peuples quelques qu’ils soient et surtout ceux de l’Afrique. Il expose une vision panoramique de ces vies détruites par le colonialisme et la perte d’identités riches, culturelles et communautaires.

 

Au travers du prisme d’un enfant mort né, le flux va et vient entre aperçu du temps présent, légende, hypothèse, futur.

 

Raharimanana parle de la vie et de la mort, lien ténu et indivisible, il tisse ses vies au travers de ce filtre étonnant reliant une vision merveilleuse et horrifique.

 

TISSER c’est hurler et pleurer la vie. C’est donner un sens à l’héritage, à la mémoire, à la nature, à la femme, à l’amour.

 

Mémoire universelle du berceau de la vie.

 

TISSER chante une chanson mélancolique, douce, tendre où l’amour s’accorde avec la tristesse et la mort.

 

TISSER se chante, se crie, se chuchote. Poème reflétant une immensité où le plus infime est d’une beauté rare.

 

TISSER est sans contexte un voyage inédit. Un voyage au bout du monde où la liberté est chère et la vie un fruit défendu.

 

Plus j’observe les jours, plus je constate qu’aujourd’hui s’est détaché d’hier, comme si plus rien ne relie au passé. Les pays se sont disloqués dans un grand silence où la mémoire s’est effondrée.

 

Une chronique de #Esméralda

KUESSIPAN, un roman de Naomi Fontaine

LITTÉRATURE DES PREMIÈRES NATIONS

Éditions Mémoire d’Encrier Collection Legba


« J’aimerais que vous la connaissiez la fille au ventre rond. Celle qui élèvera seule ses enfants. Qui criera après son copain qui l’aura trompée. Qui pleurera seule dans son salon, qui changera des couches toute sa vie. Qui cherchera à travailler à l’âge de trente ans,
qui finira son secondaire à trente-cinq, qui commencera à vivre trop tard, qui mourra trop tôt, complètement épuisée et insatisfaite. Bien sûr que j’ai menti, que j’ai mis un voile blanc sur ce qui est sale. »
Un récit sans concession. La justesse du ton et de la voix. La parole belle, féconde et vraie. L’extrême humilité d’une réserve amérindienne. Des vies échouées au large d’une baie. La grandeur d’un peuple oublié. La condition humaine. Et une prose lumineuse.

 

 

Ma note : 5/5 « coup de coeur et incontournable »
2018
118 pages
Disponible en numérique, poche et broché

 

 


MON AVIS

Je poursuis ma découverte des romans de Naomi Fontaine. Après Shuni, il était évident de lire Kuessipan.

 

Son premier roman laisse transparaître la tragédie dans toute sa splendeur. Portrait incisif, monochrome, diaporama frénétique, de ces vies décharnées, désillusionnées, déracinées. Puissante, sculpturale, la plume de Naomi Fontaine exquise dans sa simple réalité, un monde effondré. Une honnêteté sans faille, palpable.

 

Mais si vous regardez bien, si vous grattez sous cette couche noire et sombre, vous y trouverez de la lumière. Celle qui éblouie, puissante auréole, où l’espoir s’immisce aussi minuscule qu’il soit.

 

A la Sainte-Marie
Derrière la blancheur de sa peau, elle est rouge de la tête aux pieds. Rouge, la couleur des tisons qui fuient, celle de la brunante aux chaleurs d’été et celle du sang qui coule de la fourrure des animaux chassés. Elle s’élance, poussée par un fardeau trop lourd pour ses épaules. Dans une langue qui n’est pas la sienne, décrire un monde qu’elle a fréquenté, déchiffrer les sons graves de ceux qui sont aspirés, elle s’amenuise à chaque accord de guitare sèche. Son souffle s’accélère, elle dit mamu et les spectateurs comprennent qu’elle parle d’eux, des autres, de ce tout qu’ils forment par petites têtes brunes et blanches. Seule sur scène, elle chante la langue d’un peuple oublié, comme un appel à l’aide, comme par modestie. La voix et l’âme belle, pour ne pas oublier.

 

 
Un roman incisif, monumental, essentiel. La littérature des premières nations est indéfinissable. La sobriété, l’abandon, l’impuissance, en scène dans cette atmosphère dépourvue d’âme, ce paysage inerte attendant, je l’espère, le retour des chants, de la chasse, de la cueillette et des pas martelant la terre.

 

Un roman bouleversant et inattendu. Une fresque désolée et désolante, désœuvrée, impatiente d’être racontée, lue, transmise.

 

Une ode rythmée par les chants innus narrant le bouleversement et aspirant à la plénitude de ce monde qui se perd.

 

Il paraît que les hommes partaient à la chasse autrefois, des semaines durant, qu’ils revenaient vers leur femme avec de la viande pour des mois. Il paraît qu’une bonne pêche invitait à un festin tous les soirs de juin à septembre. L’homme, même absent durant de longues périodes, était maître de sa maison ou de sa tente. Il paraît que ces hommes savouraient chaque retour avec la conviction du travail accompli, avec l’ardeur et la rigueur qu’apporte ce sentiment masculin de fierté d’être non seulement pourvoyeur, mais aimant envers sa famille.
Personne ne lui a dit comment aujourd’hui il pouvait être comme ceux-là.

 

Une chronique de #Esméralda

PLUS IMMORTELLE QUE MOI, un roman de Sophie Henrionnet.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Du Rocher


Comment Mathilde, la petite quarantaine ordinaire, s’est-elle retrouvée enfermée dans un « institut de repos » ?
À quel moment la vie de cette pharmacienne mariée et mère d’un adorable adolescent a-t-elle basculé ?
Sur les conseils de sa psychiatre, Mathilde tient un journal.
Peu à peu, la parole se libère. Elle livre ses états d’âme et souvenirs d’enfance la cruauté dont elle a fait preuve à l’encontre de son frère Charly , son quotidien chez les fous avec une infirmière détestable qu’elle a surnommée Moustache, mais aussi sa rencontre marquante avec une certaine Daphné… L’héroïne parviendra-t-elle à rassembler toutes les pièces de ce puzzle, chasser ses démons et affronter la vérité ?
Un roman mené tambour battant, tel un jeu de dupes addictif, au dénouement inattendu.
 
Ma note : 5/5 mention « captivant et incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
208 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

Ouvrir le roman de Sophie Henrionnet, c’est accepter de se laisser porter par l’inconnu. C’est ce sentiment étrange qui m’a oppressé dès le départ. Le fait de ne pas savoir où aller. Juste suivre, aveugle momentané, cette femme sans particularité à la vie banale. Pas après pas, la confiance s’installe, l’empathie également. Mathilde est une part de moi, de nous. Ses faiblesses, ses espoirs, ses qualités nous les partageons toutes et tous. La vie craque se recolle tant bien que mal et puis, un jour cette colle n’est plus aussi puissante. La vie se délite, craquelle sous la puissance destructrice de cette vague si innocente dès le départ devenue un monstre gourmand, avare de douleur.

 

Mathilde tente le tout pour le tout. Seule dans son mutisme feint, rien n’y paraît. La fissure finit par devenir béante et le large l’appelle. Une fuite, ni plus ni moins. Une fuite salvatrice. Respirer seule, refaire surface par ses propres moyens. Daphné apparaît dans l’imprévu. Rencontre rocambolesque, rencontre salvatrice, rencontre inopinée. Daphné est l’antithèse de Mathilde. Exubérante, pimpante, fougueuse, elle l’entraîne dans un road trip.

 

Le retour à la réalité est douloureux. Le désir de se faire hospitaliser, d’aller avec les fous, suivre ce conseil : écrire pour savoir, recoller le morceau, ouvrir les yeux. Mathilde se prête volontiers à cet exercice. Elle écrit avec envie, parfois avec sarcasme. Elle retrace son enfance, sa vie d’adulte, de maman, d’épouse, entrecoupé de moments du quotidien. Les patients, l’infirmière « peau de vache ».

 

Sophie Henrionnet nous propose un grand roman. Une histoire portée par une plume qui sait indéniablement nous faire ressentir une multitude d’émotions. C’est un roman à la réalité touchante et/ou l’attention a une place particulière. C’est un roman qui se vit, qui se crie. Un roman extrêmement dur qui nous pousse dans nos retranchements. Suivre aveuglément demande une confiance absolue et je l’ai donnée à Sophie Henrionnet sans peine. Un don précieux et rare que j’ai savouré à chaque instant.

 

Une lecture incontournable.

 

Une chronique de #Esméralda

La chronique des Bridgerton, tome 3 : Benedict de Julia Quinn

Romance historique – Intégrale sortie en mars 2021
Editions J’ai lu

Ma note : 5/5 mention « Incontournable 2021 »


Résumé : Comme le rapporte la mystérieuse lady Whistledown dans sa chronique mondaine, on a vu, lors du bal masqué organisé par les Bridgerton, Benedict, le cadet de la famille, en compagnie d’une ravissante inconnue.
Mais à minuit, la belle s’est enfuie. Depuis, il a beau la chercher dans tout Londres, elle semble s’être évaporée. Qui pourrait se douter que sous le masque de soie noire se cachait Sophie Beckett, fille illégitime du comte de Penwood, haïe par sa marâtre qui la cantonne à l’office ? Quand Benedict croisera de nouveau Sophie, saura-t-il la reconnaître sous ses habits de domestique?


L’avis de #Lilie :
Ah, la chronique des Bridgerton ! Pour moi, c’est devenu un petit rituel de me plonger dans un tome de cette saga dès que j’ai besoin d’une lecture réconfortante. Encore une fois, l’autrice a fait mouche grâce à cette histoire consacrée à Benedict, un personnage assez mystérieux mais tellement charismatique.

Nous retrouvons donc ici Benedict, le second fils de la famille Bridgerton. Protégé par ce statut de second, il n’est pas pressé de se marier et entend bien trouver la perle rare. Il pense l’avoir rencontrée lors d’un bal masqué mais après le douzième coup de minuit, elle a disparu. Près de deux ans après, au cours d’une soirée chez une connaissance, il rencontre Sophie, une servante malmenée par un groupe d’hommes ivres. Benedict prend sa défense et l’emmène avec lui. Immédiatement, un lien semble se créer entre eux mais vu leurs conditions sociales opposées, toute histoire d’amour semble compromise. Pourtant, pourront-ils lutter contre cette attraction ? Sophie est-elle vraiment une servante ordinaire ? Tous deux, sauront-ils s’accorder et se parler afin de permettre à une éventuelle histoire de voir le jour ?

Dès ma lecture du tome 1, j’ai apprécié le personnage de Benedict. C’est un homme qui semble intègre, avec un grand cœur, préoccupé par les siens malgré une certaine nonchalance apparente. Artiste dans l’âme, il a dans l’idée de trouver celle qui saura faire battre son cœur. Il cherche une épouse qui sera aussi son amie, sa confidente et sa maitresse. Exigeant, il refoule nombre de ses prétendantes jusqu’à sa rencontre avec la belle inconnue du bal. Sa fraicheur, le mystère autour de son identité et son humour vont tout de suite faire mouche. Malheureusement, elle disparaît, emportant avec lui tout espoir de vie heureuse. Quand il recroise Sophie deux ans plus tard, en habit de domestique, il ne la reconnaît pas mais entre eux, l’alchimie est évidente. Sophie n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie. Née « bâtarde », elle a été élevée dans la maison de son père mais n’a pas reçu d’amour. Haïe par sa belle-mère, elle devient même servante dans sa propre maison au moment de la mort de son père et est chassée du jour au lendemain. Ainsi, elle n’ose pas se livrer, de peur d’être de nouveau rejetée. Pourtant, sa rencontre avec Benedict va la bouleverser tant cet homme la trouble et semble la comprendre. Entre eux, une complicité naît rapidement, remplacée ensuite par une tension sexuelle et une attirance indiscutable. C’est une relation électrique, qui avance sur courant alternatif mais qu’on prend plaisir à voir prendre forme sous nos yeux.

Comme je le disais en introduction, encore une fois, je me suis prise au jeu et j’ai été piégée par ce tome des chroniques des Bridgerton. En effet, j’ai adoré les deux protagonistes, que ce soit au niveau de leurs caractères, de leurs joutes verbales ou dans leurs manières d’aborder la vie. On voit beaucoup Violet Bridgerton et on la découvre, telle une mère louve, prête à tout pour aider ses enfants à trouver le bonheur et à protéger les siens coûte que coûte. Il faut être honnête, l’intrigue est clairement une réécriture de Cendrillon mais ça ne m’a pas du tout dérangé tant Sophie semble loin de l’image que je me fais du personnage du conte de fées. Quand on se lance dans une saga avec des tomes compagnons, il y a toujours un risque de lassitude. Ici, ce n’est pas du tout le cas car l’histoire est très différente des deux précédentes. Comme toujours, la plume de l’autrice a réussi à me transporter dès les premières lignes et j’ai vraiment eu du mal à poser mon livre avant de l’avoir terminé.

Pour conclure, le tome 3 de « la chronique des Bridgerton : Benedict » est une jolie romance historique même si elle est librement inspirée de Cendrillon. Néanmoins, Sophie et Benedict sont deux héros hauts en couleur qui méritent d’être découverts et appréciés pour leurs valeurs et la pureté de leurs sentiments.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions J’ai lu

Retrouvez ici mon avis sur le tome 1 : Daphné et le Duc

Retrouvez ici mon avis sur le tome 2 : Anthony

 



LE SANCTUAIRE, un roman de Laurine Roux.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

LES ÉDITIONS DU SONNEUR

Collection : la grande collection

#68premièresfois


Le Sanctuaire : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains. Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.
Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu. Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes : celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…
Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

 

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »
160 pages
Disponible en numérique et broché
Sortie en aout 2020

 


MON AVIS

Niché au cœur des montagnes, leur sanctuaire est préservé de la désolation qui a dévasté le monde. A leurs pieds, tout n’est que mort et barbarie. Dans leur paradis préservé tout n’est que bonheur et souvenir lancinant d’une vie à jamais déchue. Gemma est née ici, dans cette maison sommaire faite de bric et de broc. Elle n’a rien connu de l’ancien monde et se laisse donc porter par l’autorité patriarcale. Sa vie se résume à diverses taches qui permettent de survivre et à la chasse dans laquelle elle excelle. Mais surtout elle ne doit jamais oublier que le mal vient dans haut par ces oiseaux de malheurs. Une cible qu’elle doit à tout prix atteindre, sans faiblir, sans se poser de questions.

 

Gemma est pourtant curieuse et ne semble plus se contenter des histoires de son père. Malgré tout tiraillée entre l’amour indéfectible qu’elle voue à son père et à sa loyauté et à son envie pressante et obsessionnelle de découvrir le ciel dont elle partira à sa rencontre lorsque le père sera parti à la conquête du monde dévasté.

 

Elle découvrira alors l’immensité et la beauté nichée dans les plumes. Ces oiseaux domestiqués par cet homme acariâtre, fou, obséquieux.

 

Ainsi tout fut remis en cause.

 

Laurine Roux signe un second roman totalement subjuguant et merveilleux. J’ai été captivée dès les premières pages, devenant ainsi spectatrice de cette famille unie au cœur de la survie imposée par un père un brin mégalo et surprotecteur. J’ai été avide et impatiente de découvrir le final. Cela aurait pu être une histoire banale, apocalyptique et dans l’ère du temps. Mais il aura fallu d’une seule et unique phrase pour transformer cette histoire en ce quelque chose de grandiose et de sublime. Voilà pourquoi mon cœur bat encore. Laurine Roux parle de la folie humaine avec douceur. Une intimité qui au départ se révèle chaleureuse mais qui au fil des pages devient douloureuse et violente. La nature a aussi une place importante et défie largement le rôle dévastateur que le père lui a assigné.

 

Un roman puissant où le libre arbitre malmené va tenter de se libérer à la force des ailes d’un aigle humanisé. Un rôle porté avec brio par la jeune Gemma qui a tout d’une héroïne lumineuse.

 

Une chronique de #Esméralda

Johannes Brothers, Ready tome 2 de Lisa Barthelet

Romance contemporaine – Sortie en juin 2021
Éditions Edelweiss – Collection Plumes Écarlates

Ma note : 4,5/5 mention « Incontournable 2021 »


Avant de débuter cette chronique, je tiens à remercier les Editions Edelweiss pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : Lorsque l’on tait la vérité, elle devient poison.
Tandis que le nouveau groupe de Jurgen prend forme, Liv réalise son rêve : ouvrir son propre salon de tatouage. Et si tout semble aller à merveille pour le couple, les imprévus s’invitent et font du mal.
Jurgen doit faire face à Enzo et ses calomnies. Liv, quant à elle, doit gérer son ex un peu trop envahissant. Et dès l’instant où les mensonges deviennent de fausses vérités, c’est tout l’équilibre du couple qui vole en éclats.
Comment faire confiance lorsque l’on doute de soi-même ?
Comment tout donner de soi à l’autre lorsque les barrières érigées sont trop dures à surmonter ?


L’avis de #Lilie :
Quelle joie pour moi de retrouver Liv et Jurgen !! Heureusement, la suite et fin de cette duologie est arrivée quelques semaines après le tome 1 donc j’avais encore tous les éléments en tête et j’étais impatiente de savoir ce qui attendait nos protagonistes.

Nous retrouvons donc Liv et Jurgen qui tentent de se construire en tant que couple mais aussi de se reconstruire professionnellement. En effet, Liv tente d’ouvrir sa boutique de tatouages tandis que Jurgen essaie de se remettre à la musique et d’aller de l’avant. Mais sont-ils au bout de leurs surprises ? Dans quelle mesure les non-dits peuvent impacter leurs vies ? Sont-ils réellement prêts à se faire confiance et à avancer ensemble ?

Dans ce second tome, nous sommes face à une Liv beaucoup moins sûre d’elle, en proie avec ses doutes et des problèmes de confiance en elle. Malgré sa « grande gueule », elle garde, bien enfouie, des blessures du passé qu’elle n’a peut-être pas tout à fait cicatrisées…. Jurgen, quand à lui, est toujours le bookboyfriend parfait : gentil, prévenant, bienveillant, attentionné, amoureux…. bref, que demander de plus ?? On pourrait prendre sa gentillesse pour une faiblesse mais on sent chez lui une volonté d’apaisement et d’essayer de faire les choses du mieux qu’il le peut. Malheureusement, il va se rendre compte que tout le monde ne réfléchit pas comme cela. Dans les personnages secondaires, j’ai beaucoup aimé Soan et Fitz, le nouveau venu, qui vont trouver peu à peu leur place et j’ai été très étonnée par Min-Ho qui est, d’un premier abord, très froid, mais qui cache de grandes ressources en lui.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le duo d’autrices se régale à faire tourner en bourrique ses lecteurs. Le tome 1 se terminait sur les chapeaux de roue, le début de celui-ci commençait plutôt calmement mais rapidement, les ennuis arrivent !! Leurs plumes sont toujours aussi fluides et addictives et une fois la lecture débutée, bon courage pour poser le roman. Émotionnellement, on alterne entre amour et tensions et l’intrigue m’a vraiment pris aux tripes. Il y a quelques scènes épicées mais ce qui prévaut ici, clairement, c’est l’aspect émotionnel de la relation qui se construit entre Liv et Jurgen mais aussi avec les autres personnages qui gravitent autour d’eux. On nous parle ici de confiance en soi, et envers les autres, et il est vrai que c’est une question centrale de nos vies car sans confiance, sommes-nous capables d’avancer ?

Pour conclure, je referme avec un brin de nostalgie et de tristesse ce tome 2 de « Johannes Brothers ». Cette duologie se passant dans le monde de la musique et du tatouage est une jolie histoire d’amour qui parle de reconstruction, de perspective d’avenir et des fantômes du passé. L’épilogue peut laisser penser qu’un spin-off est possible. Pour ma part, je le souhaite de tout mon cœur !!


Retrouvez ce roman sur le site des éditions Edelweiss
20210407_180237 <– Retrouvez aussi mon avis sur le tome 1 ici