BÉNIE SOIT SIXTINE, un roman de Maylis Adhémar.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Julliard

Une lecture des #68premièresfois

Pour Sixtine, l’avenir était tout tracé. Enfance très pieuse dans une famille catholique traditionnelle, études d’histoire de l’art, un beau mariage : elle sera bientôt Mme Sue de La Garde, appelée à enfanter de nombreux héritiers… Dès la nuit de noces, Sixtine déchante.
Mais elle est enceinte, et c’est tout ce qui compte.
Cependant, l’intégrisme de son époux polytechnicien, de sa belle-famille, pèse de tout son poids sur la jeune femme. Souffrir. Enfanter dans la douleur. Et se taire… Jusqu’à la tragédie. Comment s’émanciper de ce carcan mortifère? Sinon par un long et lumineux chemin de croix ?

 

Ma note : 4,5/5
2020
304 pages
Disponible en poche, broché et numérique

 

 


MON AVIS

Sixtine a grandit au sein d’une famille ultra religieuse. Une communauté fermée et très rigoureuse, rythmée par les prières, les rosaires et où les femmes enfantent à tout va dans le seul but d’agrandir la communauté et leur pouvoir au sein de la société.

 

Sixtine rencontre Pierre-Louis lors d’un mariage. Une idylle foudroyante et rapide qui se termine quelques mois plus tard part un mariage dans les règles de l’art. Débute ainsi sa nouvelle vie de femme mariée. Tenir la maison, participer aux rencontres de la communauté et attendre leur premier enfant. Une grossesse extrêmement difficile pour Sixtine qui se sent rabaisser par les paroles infâmes de sa belle-mère. Elle doute d’elle et s’en remet à Dieu pendant de longs rosaires censés l’absoudre de ses mauvaises pensées. Le couple bat rapidement de l’aile. Elle découvre que Jean-Louis fait d’une branche radicalisée du mouvement et qu’il s’adonne à des raids sanglants. Elle remet tout en cause, sa place au sein de la communauté, sa croyance, leur combat et sa foi. Sixtine prend toute la mesure de l’emprise psychologique de la communauté lorsque sa belle-mère lui enlève son bébé.

 

Ainsi débute, pour elle et son bébé (récupéré entre temps), un exil salvateur dans un petit village bienveillant. Elle y rencontre l’autre côté, le diable, les tentations, l’amitié, l’abondance de l’alcool, de la drogue. Sans toutefois y plongée, elle découvre l’abnégation et la tolérance. Elle apprend à connaître de merveilleuses personnes. Malgré des premiers pas hésitants, des maladresses et des fautes, Sixtine découvre l’immensité d’un monde d’une beauté étrange. Elle ne réprouve pas sa foi mais elle apprend à être modéré auprès d’un curé bon-enfant.

 

Entre sectarisme et manipulation psychologique, ce roman nous entraîne dans un sujet loin d’être simple. J’ai suivi avec curiosité cette fuite m’attardant sur l’aspect psychologique de Sixtine qui est étoffé et méticuleusement décrit. La détresse, la douleur, l’espoir, l’attente, la peur sont parfaitement mis en exergue. Une quête difficile vers une liberté qui malgré tout coule dans ses veines depuis toujours. Tout au long de ce récit des lettres familiales apparaissent et nous apprend beaucoup de choses. Maylis Adhémar nous offre un roman puissant où les liens, la manière de vivre et inculqué depuis toujours, sont d’une manière (presque) irrévocable. Un endoctrinement puissant qui m’a filé les frissons. La question que je me suis sans cesse posée : jusqu’à quel point les manipulations psychiques peuvent endormir et modeler une personne à volonté ? Et la réponse qui m’a apparu clairement et qu’il n’y a aucune limite ! Un roman choquant mais offre une lumière potentielle au bout de ce tunnel (sans fond). Une lumière qui s’appelle liberté et qui malgré toutes les douleurs encourues, elle vaut le coup. Sixtine est une personne admirable qui a suivit son instinct maternelle et malgré la peur de l’inconnu et de son appréhension a su dépasser toutes ses limites. Un roman enchanteur et qui prouve sans relâche que l’emprise mentale peut être défaite et au delà de ça que la vie existe en dehors de ce voile mortuaire.

 

 

BÉLHAZAR un roman de Jérôme Chantreau.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Phébus

Lecture Babelio

Février 2013 : Bélhazar, un jeune homme sans histoire, décède lors d’un contrôle de police. Accident ? Bavure ? Suicide, comme l’avance le rapport officiel ? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli. Jusqu’à ce que Jérôme Chantreau décide de mener l’enquête. Professeur de français et de latin, il avait eu pour élève le jeune Bélhazar.
L’auteur se plonge dans le passé, interroge les souvenirs. Mais se heurte à la malédiction qui semble entourer ce drame. Que s’est-il vraiment passé ce soir d’hiver ? Et par-dessus tout, qui était Bélhazar ? Adolescent hypnotique ? Artiste précoce ? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d’Alice au pays des merveilles ?

 

Ma note : 3,5/5
Rentrée littéraire 2021
320 pages
Disponible en broché et en numérique

 


MON AVIS

Voici une lecture qui m’a échappé (un peu, beaucoup et passionnant). Il est évident pour moi dès les premières pages que Bélhazar sera à l’image d’une aventure éprouvante et hasardeuse.

 

Bélhazar n’aurait jamais dû exister. Mais par le plus bel des hasards et la générosité de la vie, il pointe le bout de son nez. Enfant unique, Bélhazar détonne dans le monde ultra étiqueté dans lequel nous vivons. Il est unique, rare. Un de ses enfants solaires qui émerveille. Bélhazar vit dans son monde où l’imagination, l’abstrait, ses manies de collectionner embellissent son univers. Bélhazar n’est pas un bon élève et se moque totalement de l’école. Son excentricité, son exubérance passionnent et envoûtent, illuminées par une aura magnétique.

 

Puis tel arrivé sur terre , il est reparti en un millième de seconde. Le temps d’un bang. Viens le temps de colère, du deuil et des souvenirs.

 

Jérôme Chantreau, un ancien professeur de Bélhazar, se décide de prouver qu’il ne s’est pas suicidé. Avec l’approbation des parents, il part à la rencontre de cet enfant extra-ordinaire et du jeune homme qu’il était devenu. La vie, la mort se confrontent, s’unissent dans ce ballet étrange où la vérité n’était, n’est, ne sera pas. Car la vie est un jeu auquel s’est adonné Bélhazar. Un jeu dont il avait conscience et dont il changeait les règles à sa convenance. Un jeu où mysticité et réalité se confondent.

 

Chantreau est obnubilé par la mort et les effets qu’elle apporte. Lui même confronté à cela (voir les autres romans), il définit son dernier roman comme la fin de sa trilogie sur la mort. La folie l’emporte souvent sur sa raison et se tourne vers la mysticité pour une explication rationnelle (quoique). Je pense que c’est à partir de ce point là que l’auteur m’a largué. Petit clin d’œil à Alice aux pays des Merveilles et à son lapin blanc. Je ne suis jamais contre ce genre d’apothéose grandiloquente, mais quand cela a un sens. Je me suis sentie étrangement bête de ne pas avoir pu entrer dans le même « délire ». L’auteur survole l’intimité de Bélhazar, alors qu’au contraire j’attendais davantage que de la subjectivité. Une fiction à partir d’un fait réel qui m’a décontenancée. J’ai toutefois apprécié la plume de l’auteur qui arrive à instiller un sentiment de peur et de mal être, de colère et de compassion.

 

Une lecture très mitigée pour moi, qui me laisse un arrière goût d’incompréhension. Je n’ai pas su tirer le meilleur d’une histoire qui à première vue s’avère être passionnante.

 

LIFE & TIMES, un roman ado de Candy Harper.

LITTÉRATURE JEUNESSE FANTASTIQUE

Éditions Slalom

Traduit de l’anglais par Diane Gagneret


Un voyage temporel, deux jeunes filles au caractère bien trempé et beaucoup d’humour !
Bradlee et Eugenie sont deux adolescentes que tout oppose : la première est une citadine ultraconnectée qui broie du noir depuis que ses parents l’ont déracinée de Londres et envoyée dans un
poussiéreux pensionnat de campagne ; la seconde rêve d’indépendance tandis que son père cherche pour elle un mari digne de son rang. Elles vivent au même endroit mais deux siècles les séparent.
Toutes deux font le souhait de changer de vie… et sont mystérieusement envoyées chacune dans l’époque de l’autre. Lady Eugenie dans la nôtre, Bradlee dans celle de Jane Austen !
Un réjouissant voyage dans le temps qui souligne avec humour notre hyperconnexion et révèle différentes formes d’émancipation féminine.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

LIFE & TIMES est un sacré roman axé sur le fantastique. Même si le scénario n’est pas original (le transfert de corps), il faut retenir ce qui en découle.

 

Bradlee est une jeune fille de la ville qui ne manque de rien. Après le divorce de ses parents, elle est envoyée dans un pensionnant. La vie de Bradlee se résume à ses réseaux sociaux. Une vie étriquée qui ne mène à rien. Cette jeune fille est certes en colère contre ses parents qui ont décidé en quelque sorte de l’abandonner. Son smartphone est une vitrine qu’elle aime embellir et sur laquelle elle passe quasi son temps libre. Nous connaissons tous (en temps qu’adulte) les dérives psychologiques et physiques que peuvent engendrer l’irréalité.

 

Eugenie vit deux siècles plus tôt au même endroit mais à une période différente, la régence. Fille de Duc, elle se doit de devenir une épouse parfaite au bras d’un époux qui lui sera certainement imposé. Eugenie a bénéficié d’une éducation de son rang. Une jeune femme attentive mais qui a des idées bien arrêtées pour son époque. Elle désire plus que tout faire un mariage d’amour, du sport et monter à cheval.

 

Deux filles conditionnées par deux époques différentes interchangent mystérieusement leurs places respectives.

 

Je vous passe les bouleversements que ce tour de passe-passe occasionne.

 

Cindy Harper va mettre en exergue grâce à ces rôles interposés les faiblesses d’une époque et la richesse de l’autre. Notamment concernant le statut des femmes qui à notre époque malgré tout n’a rien avoir avec celui de deux siècles plus tôt. Cindy Harper va ainsi tout au long de son histoire mettre en évidence les aspects bénéfiques du temps mais aussi les dérives de la technologie, notamment par le biais des réseaux sociaux qui coupent toute communication avec sa famille proche (par exemple ici). Une plume rythmée par le changement des points des vues et des rebondissements qui ont lieu d’un côté puis de l’autre. L’autrice mène avec perfection la réflexion de ces jeunes filles qui vont peu à peu mesurer la chance qu’elles ont : soit de réparer leurs fautes soit de faire changer les mentalités. Une histoire vraiment passionnante que j’ai lu d’une traite. Des thèmes engagés, nécessaires et cruciaux mis en évidence d’une manière originale. Une lecture qui pourrait intéressée les jeunes lecteurs.

 

 

FILLES UNIQUES, un roman ado de Anne Loyer.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom


Une Chine en plein renouveau, des traditions qui résistent et une adolescente bien décidée à prendre son destin en main !
Comme beaucoup de Chinoises de sa génération, Xinxin est fille unique et tous les espoirs de ses parents reposent sur ses épaules. Sa vie est une course à l’excellence jusqu’au jour où elle apprend que sa meilleure amie va être grande sœur.
Cette annonce ouvre en elle un incompréhensible gouffre d’émotions. Lorsque Xinxin aborde le sujet avec sa famille, elle se heurte à un mur de silence et de gêne. Se pourrait-il que ses proches lui cachent quelque chose ? Elle choisit de se battre pour lever le voile sur ces non-dits et comprendre enfin ce manque qui la hante.

 

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Direction la Chine, sa complexité et son peuple fourmillant. Rappelez-vous, il fut une époque où l’enfant unique était imposé, de 1975 à 2015, depuis 2021 trois enfants par famille sont tolérés. Vaste empire qui contrôle beaucoup de choses pour ne pas toute les nommer. Xinxin a grandit dans cet esprit là, et ce sont sur ses frêles épaules que toute la famille se repose. La réussite scolaire est les prémices d’une vie riche loin des labeurs des usines. Malgré sa volonté sans faille, Xinxin a du mal à suivre les cours et surtout depuis que sa meilleure amie est folle de rage de devenir grande sœur, elle a du mal à contenir sa colère. Elle aussi souhaite devenir une grande sœur et lorsqu’elle soulève la question à table, les réactions de ses parents et grand-parents sont bien loin de ce qu’elle imaginait.

 

Suivant son instinct et grâce à une aide providentielle, elle va partir à la conquête de cette vérité cachée. A vélo, elle sillonnera sa ville dans le seul but de découvrir la raison de son mal être.

 

FILLES UNIQUES aborde le thème crucial de l’enfant unique en Chine, de ses dérives et des conséquences dramatiques infligées à une population essentiellement pauvre et contrôlée. Ce roman ado est un petit soulèvement à lui seul. Il expose des situations inédites et totalement incompréhensible de notre point de vue occidental. Les us et coutumes sont mis en avant. Le plus dérangeant est sans aucun doute cette République « big brother » et qui plus est, est un des puissance mondiale. J’ai été bouleversée par cette histoire qui ne laisse rien paraître portée par une jeune héroïne déstabilisée et poussée par cette colère sourde et contenue depuis de nombreuses années. Anne Loyer s’évertue à un timide parallèle entre l’occident et l’Asie mais l’essentiel se trouve ailleurs. Anne Loyer décrit une jeunesse désabusée par des rêves portés dans un autre temps. Elle instille à son héroïne ce courage débordant à aller vers l’avant tout en considérant le passé telle une marche depuis laquelle elle pourra sauter, aller de l’avant. Un roman essentiel et inoubliable. Un roman avec une thématique tout aussi importante qui pointe du doigt les dérives liberticides.

 

Une quête exigeante et bouleversante vers une vérité éblouissante.

 

Un roman à offrir sans aucun doute à nos jeunes lectrices et lecteurs.

 

MY FAVORITE HALF-NIGHT STAND, une romance de Christina Lauren.

NEW ROMANCE

Éditions Hugo Roman


Millie Morris, professeur, comme ses quatre meilleurs amis et collègues à l’université de Santa Barbara, est une célibataire endurcie. Après une aventure d’un soir avec Reid, l’un des membres du groupe, Millie crée un profil en utilisant son deuxième prénom  » Catherine « , une photo qui ne dévoile pas son visage, et le retrouve sur l’application en ligne.
Les deux amis se lancent alors dans une relation sexuelle et romantique inattendue dans le royaume digital qui menace de détruire leur amitié dans la vie réelle.
La narration alternée, en prose pour la majeure partie du roman, se conjugue avec textos, chats de groupe et messages échangés via l’application, qui s’invitent dans l’univers de Millie, Reid et ses amis, laissant entrevoir l’évolution originale et sexy de la romance et vous donnera envie de swiper !

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
346 pages
Disponible en numérique et broché

 

MON AVIS

Aujourd’hui je viens vous parler d’un e jolie romance sous le signe des rencontres sur le net. Et par la même occasion je découvre la fameuse Christina Lauren qui à ma grande surprise, est en fait, une duo d’autrices américaines. Un quatre main qui fonctionne à merveille car à aucun moment je me suis dit : « Mmmmm ça c’est deux nanas qui écrivent »!

 

Dans le jargon des sites de rencontres (que je ne connais pas du tout), un « Half-night stand » c’est la rencontre de la soirée qui va passer la nuit (et plus si affinité) avec toi avant de disparaître au lever du soleil. C’est l’histoire d’une bande de copains un peu perché dans le milieu scientifique. Ils sont quatre hommes (dont Reid qui va nous intéresser) et une nana, Millie, une experte dans le domaine de la criminalité des femmes psychopathes. Millie fait vraiment flipper avec cette passion glauque (un peu). D’ailleurs qui apprécierait une femme qui passe sa journée à parler de meurtres, pas tout le monde ! Millie est une jeune femme sensible et qui a du mal à gérer ses émotions qu’elle préfère enfouir au fin fond de sa solide carapace. De nombreux événements survenus dans sa jeunesse ont façonné la jeune femme en devenir. La solitude ne lui fait guère peur mais avec sa bande de copains c’est tout autre chose. Moins sur la défensive, elle se laisse aller à leur contact malgré quelques des rigidités comportementales et son tact légendaire. Il est impossible pour elle de s’épancher sur sa vie en dehors de sa vie à l’université. Après une liaison amoureuse chaotique, elle trouve du confort auprès de Reid. Le jeune scientifique est d’un soutien sans faille et très vite, va au-delà de l’amitié et prend le chemin de la fraternité anticipant tour à tour, les désirs, les idées et les phrases de chacun. Une osmose parfaite pour ce duo que j’ai rapidement adopté et adoré.

 

Le soir d’une beuverie, est posée sur la table la question d’un gala et le fait d’être accompagné et c’est ainsi que les sites de rencontres sont mis sur la table et le pari est lancé de trouver chacun une personne qui l’accompagnera. Après quelques réticences et un dérapage dans les grandes lignes de l’art (une nuit Millie et Reid), Millie et ses copains se lancent dans cette aventure numérique. Et quand le hasard fait bien les choses, il est fort probable que les conséquences dans la réalité soient toutes autres.

 

Voici une romance comme je les aime. Des personnages totalement atypiques et borderline. Un enjeu crucial. Et les conséquences terribles suite à un choix douteux. Et le tout porté par deux plumes qui ont su me rendre accro au bout de quelques chapitres. Le choix de l’alternance des points de vue est une véritable aubaine pour apprendre à connaître nos deux héros au cœur d’artichaut. Les autrices m’ont plongé dans un milieu que je ne connais absolument pas. Elles font preuve d’honnêteté en décrivant les dérives et les conséquences sur la confiance en soi face à des espoirs vains et des rêves qui s’écroulent fabriqués par le numérique. Le tout dans une ambiance bon-enfant entrecoupé par des moments bien plus sérieux et tragiques. Est ce que l’amour se marchande ? Un bien de consommation ? Tout autant de questions qu’abordent les autrices. Une romance qui se lit rapidement et malgré certain passage difficile, c’est une lecture surprenante et romantique (oui aussi). J’ai fermé cette romance totalement séduite par ma découverte et je compte la poursuivre !

LE K NE SE PRONONCE PAS, un livre de Souvankham Thammavongsa.

RECUEIL DE NOUVELLES

Éditions Mémoire d’Encrier

Traduit de l’anglais par Véronique Lessard


Une fillette à l’école prononce obstinément le k muet du mot knife. Un ancien boxeur se convertit en pédicure. Une femme rêve de téléromans en plumant des poulets. Un père emballe des meubles destinés à des maisons qu’il n’habitera jamais.

Le K ne se prononce pas accueille les utopies, échecs, amours et petits actes de résistance des errants et réfugiés, qui tentent de trouver leurs repères, loin de chez eux ; ces ouvriers essentiels fouillent le bas-ventre du monde.
On y croise des enfants bienveillants, des hommes blessés et des femmes fébriles. Ils désirent vivre. Et dans ces récits, ils vivent brillamment. Férocement.

 

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
136 pages
Disponible en numérique et broché

 

 


MON AVIS

A bride abattue, Souvankham Thammavongsa (S.T.) raconte ces histoires secrètes, douloureuses et merveilleusement humaines.

 

Diaporama défilant au gré de ces enfants, femmes et hommes, au gré de leurs vies, de leurs aspirations, de leurs souhaits et de leurs vies. Un théâtre aux mille et une couleur, original et terriblement, oui terriblement, captivant.

 

La communauté laotienne est au cœur de cette multitude. Famille, amitié, travail sont ces moteurs intrinsèques. Les regards, la différence, l’abnégation, la solitude, l’espoir portent ces anti-héros au cœur d’histoires uniques et bouleversantes.

 

Tout comme le dit Sharon Bala (auteure de Qu’importe le navire) ces histoires frappent par cette réalité écrasante.

 

Cadrage, zoom, sans artifice, d’un naturel presque surréaliste, S.T. pose sur la feuille blanche des personnages attachants, parfois détestables et leurs récits empreints d’une force maladive et terrible de rendre justice, vaine ou feinte, à une communauté sensible à leur racine, à leur culture, à leur pays et portant à bout de doigts leurs rêves ultimes.

 

Un recueil d’une sincérité déroutante que je vous invite vivement à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

TEMPS MORT, un roman d’urban fantasy de Ariel Holzl.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom

Dès 13 ans

Un roman fantastique de haute volée qui vous plonge dans les ténèbres de la ville lumière.
Sur les traces de son grand-oncle Théobald, Léo, 17 ans, bascule dans une fontaine des catacombes et se retrouve projeté dans une réplique négative de Paris. Auréolé d’un soleil noir, le Périmonde est un territoire où le temps n’a pas de prise et où règnent des clans aux pouvoirs puissants.
Léo n’a d’autre choix que de les affronter lors de la Chasse Sauvage, une course contre la montre où tous les coups sont permis. Heureusement, l’énigmatique Alma est là pour l’aider… mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
288 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

Voici une découverte extra-ordinaire. Un roman ado qui vous file les frissons à un claquement de doigts. Une couverture rouge sanguinolente et un titre totalement accrocheur (à mon sens) et une histoire qui ne manque pas d’originalité.

 

Léo a 17 ans. Par un malheureux concours de circonstances, il est accueilli chez son oncle qu’il ne connaît guère. Une rumeur sur son étrangeté et sa solitude sont son seul souvenir. Théobald est un homme bien intrigant. Son comportement est le reflet parfait de sa demeure. Lugubre, anormale, mystérieuse et cocasse. Cet oncle est un grand botaniste qui au milieu de sa serre devient un homme passionné et bienveillant. Mais tout cela c’est avant que de mystérieuses créatures débarquent de nulle part et mettent une pagaille sans nom au cours de laquelle Théobald se fait kidnapper. Revenu à lui rapidement après un mauvais coup sur la tête, Léo décide de suivre la mauvaise troupe. Cette filature le porte directement dans les catacombes de Paris et bien au-delà.

 

Imaginez une version de Paris plongée dans une lumière rouge et lugubre. Imaginez un Paris et les habitants figés dans un marbre déroutant qui ne se meut que deux fois dans la journée. Imaginez des créatures prêtent à tout pour survivre. Imaginez des hommes, des femmes, des enfants dont leur âme humaine a fondu comme neige au soleil. Des créatures hostiles et qui veillent à un certain équilibre. La cohabitation entre clans est bien difficile et le pire reste à venir car une terrible menace est sur le point d’émerger.

 

Léo est totalement déstabilisé par cet univers. Un entre deux-mondes où la loi de la physique n’existe plus. Un univers où la manipulation, la moquerie, l’humiliation, la violence sont légions. Un univers où il faut mieux avoir des alliés et une bonne endurance, quoique !

 

Ariel Holzl signe un roman totalement déroutant. J’ai vraiment été épatée par cet univers parallèle riche, sanguinaire et fantastique. Une agréable surprise portée par un anti-héros totalement charmant, attachant. Un jeune homme miné par la maladie qui dans la noirceur va s’épanouir. Une seconde chance, un second souffle, une vie bizarre mais sans souffrance. Ariel Holzl explore la souffrance d’une manière étonnante de sa jolie plume énergique et créative.

 

Une belle découverte et surtout un monde imaginaire époustouflant. De l’urban fantasy comme je l’aime !

 

Une chronique de #Esméralda

DEMIE-VIE, tome 1 : Rupture, une dystopie de Magali Laurent.

ROMAN D’ANTICIPATION

Éditions de Mortagne

Tome 1/4


La vie à temps partiel. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Tel est le prix à payer pour survivre dans la Nouvelle Cité mondiale. Tout juste âgée de seize ans, Ysia doit quitter ses parents et devenir une Citoyenne à part entière. Beaucoup de changements rendent sa nouvelle réalité difficile : sa superviseuse est une femme froide et intransigeante, l’un de ses collègues l’épie pour une raison qu’elle ignore, et l’état de santé de son amie Kat se dégrade à vue d’œil, tout comme celui des autres habitants de son quartier.

Et si tout cela était lié ? Que manigance le pouvoir en place ? Et qui est Driss, cette personne vivant à contretemps d’Ysia et partageant sa chambre ? Le Jardin où habite la jeune fille est une mécanique qui a fait ses preuves, mais quand l’intelligence artificielle au service des Citoyens se met à dérailler, c’est tout le système qui bascule. La rupture est proche. Le monde tel que le connaît Ysia touche peut-être à sa fin.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
360 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouvée l’auteure canadienne, Magali Laurent, pour cette nouvelle saga qui je crois se déroulera sur quatre tomes.

Imaginez notre monde dans une bulle, coupé depuis des siècles de l’extérieur. La survie des Citoyens et Citoyennes dépendent de leur vie, celle qu’ils vivent  à mi-temps. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Ainsi va la vie dans la Nouvelle Cité mondiale. Dès 16 ans, les enfants deviennent des adultes séparés alors de leurs parents. Une vie de labeur les attend. Les filles ont le métier de leur mère et les garçons de leur père. Il n’y a pas de choix possible. Leur vie est rythmée, surveillée, dirigée par le Perfecto. Inatteignable, mystérieux, le Perfecto est une entité à part entière qui permet de faire vivre la cité dans des conditions optimales.

Ysia a enfin 16 ans et une nouvelle vie l’attend loin de ses parents qu’elle chérit. Un long trajet l’attend et à son arrivée, elle est accueillie par une barre d’immeubles, ses nouveaux quartiers. Elle rencontre Kat sur le quai de la gare. Une belle amitié naît mais le travail et des points de vue divergents vont les éloigner et notamment concernant l’utilisation du Clairécran, le futur de nos smartphones. Tout le monde est captivé par les émissions diffusées et autres programmes. Ysia n’est pas du tout attirée par cet écran qui a son sens coupe tout le monde de la réalité. Elle préfère dessiner ou lire. Ysia est une jeune plein de bon sens, très maladroite, altruiste, gentille, prévenante et surtout inquiète de voir son entourage sombré dans un inquiétant marasme. Le dessin permet d’oublier un temps toutes ses questions incessantes et ses soucis. Sa cheffe ne la porte pas dans son cœur et son second semble la surveiller. Sans compter sur cette étrange correspondance avec la personne qui vit ici, dans sa chambre, quand elle dort.

Un mois vient de passer, un nouveau mois dans le noir mais quand ce dernier se clôt rien ne va plus dans la cité. Il est temps pour elle de découvrir l’étrange vérité et de courir vite, très vite.

Ce premier tome de cette saga plante un décor totalement surréaliste. Un monde qui vit à deux vitesses et gouverné par ce qui ressemble à de l’intelligence artificielle. Un monde sinistre et lugubre où le quotidien est martelé par des slogans inquisiteurs. Dans la cité fleurissent ici et là des îlots de bonheur : le quartier des familles, une forêt, une serre. Rien n’est accueillant ni chaleureux. Magali Laurent nous plonge dans un futur anxiogène. Ysia est une belle lumière dans ce futur dérangeant. Elle va être confrontée à de surprenant événements et faire la connaissance de personnes qui la suivront sans hésiter.

Ce premier tome pose les bases d’une histoire très originale. L’atmosphère est suffocante et nous porte vers une fin inattendue. Magali Laurent aborde le thème de la famille, de l’amitié, de l’emprise des écrans, de l’écologie et du libre arbitre. Les personnages ne sont pas extravagants et restent humblement simples. Un roman qui se lit très rapidement tant j’ai été prise par le scénario. Le départ est un peu lent à se mettre en place mais sur la fin le rythme change radicalement. L’univers de la dystopie est totalement maîtrisé.

Un roman totalement dans l’ère du temps.

Une chronique de #Esméralda

TU, un roman de Ève Chambrot.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Envolume


Une rencontre, inespérée. Mais très vite Tu est sous emprise.
Une rencontre, une belle rencontre. Inespérée. Mais très vite, des fausses notes, des fêlures, trois fois rien, des mots qui font mal, inutilement… Questionnements, doutes, c’est pire de jour en jour, jusqu’à l’évidence criante : Tu est sous emprise.
Ma note : 3.5/5
Nouveauté 2021
112 pages
Disponible en broché et bientôt en numérique

 


MON AVIS

L’amour ?
Quel sens donne ton à l’amour ?
Indéfectible, charnel, amical, filiale, inavouable, majestueux, normal, toxique ?
L’amour est un vaste continent où l’on se trouve personnellement avec l’autre.
Qu’en est-il de l’amour toxique ?
Il est beau, merveilleux, unique, planant, immersif. Puis vient la douleur, insidieuse, malsaine, imprévisible, manipulatrice. Il emprisonne dans l’attente, dans le geste affectif, le mot sensible et compréhensible, le regard accusateur.
La machine est en marche.
Elle crie, elle hurle, elle patiente, elle pleure, elle s’évanouit dans l’immensité du silence.
Elle sait. Elle le sent dans ses tripes.
TU est incontestablement un roman à découvrir si le thème vous intéresse. La particularité de ce récit est surtout du point de vue de la narration. Essentiellement écrit à la deuxième personne du singulier, donnant au texte une dimension intéressante. Un certain éloignement par rapport à l’héroïne et qui bien au contraire nous attache littéralement à sa descente aux enfers.
Une lecture rythmée où la douleur s’insinue au fil des pages. Un roman qui ne laisse pas son lecteur insensible.
C’est un thème qui m’intéresse beaucoup dans la littérature, ma dernière lecture en date était A TROP AIMER de Alissa Wenz paru en 2020. Si je me permets une comparaison avec ces deux romans, c’est que TU ressemble à ce dernier et ne m’a rien offert de nouveau. Ève Chambrot va à l’essentiel et j’ai eu ce sentiment de satiété non assouvi.
Une idée lecture qui pourrait vous plaire.

 

Une chronique de #Esméralda

MAGIC, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, une bande dessinée de Lylian et de Molinatti.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Fantastique

Éditions Dargaud

Lylian (scénario) et Molinatti (dessin)


Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle.
 Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes ! Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs.
Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment. Une série de Lylian et Audrey Molinatti qui offre une plongée dans une Angleterre victorienne particulièrement kawaï, où vivent sorcières et créatures magiques !

 

Ma note : 5/5 mention « coup de cœur »
Nouveauté 2021
49 pages
Disponible en numérique et en broché

 


MON AVIS

Comment ne pas succomber à cette magnifique couverture ?

Dès le départ j’ai été séduite par les dessins. Des couleurs pastels, des courbes toutes douces et cette petite fille tellement adorable que j’ai eu envie de lui pincer les joues. Evelÿne est petite fille malicieuse et qui du haut de ses 7 ans rend folle les sœurs qui l’ont accueillie à sa naissance. Evelÿne est une petite farceuse qui aime faire des blagues de mauvais goûts. Des statues qui parlent et qui se meuvent, des phénomènes surnaturels que les sœurs ne peuvent plus contenir. C’est donc avec tristesse qu’elle confie la garde à un drôle de bonhomme. Monsieur Farfadet est chapelier à Londres et sous ses airs mystérieux cachent une magnifique réalité.

Evelÿne est bien désappointée de quitter le couvent mais grâce à la présence de Benedict, son chat noir, elle va affronter cette étape avec sérénité.

Un univers magique où les pouvoirs se doivent d’être cachés sous peine de moqueries ou de représailles.

Une très belle histoire. J’ai de suite été charmée par le scénario et les illustrations. Ici le kawaï joue parfaitement son rôle rendant l’héroïne attendrissante et un décor subjuguant. Le scénario est totalement captivant et pour un premier tome, la suite est prometteuse avec davantage de magie, je l’espère vivement. Le fil rouge de l’histoire est en place, je n’ai plus qu’à patienter pour connaître la suite de cette incroyable aventure.

A découvrir dès 8-9 ans pour les plus jeunes lecteurs et les plus grands ne pourront que se régaler !

Une chronique de #Esméralda