LA LUNE DU CHASSEUR, un roman de Philip Caputo.


Couverte de forêts, peuplée d’ours, de cerfs, d’élans et d’innombrables espèces d’oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d’un pub près du lac Supérieur, y joue à l’occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes « d’un autre temps » sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins.
À la crise économique qui frappe la région, s’ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd’hui les affres d’une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n’est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l’entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu’il connaît, qu’il côtoie, et qui ne s’y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d’avouer leur fragilité. Mais les temps changent…

 
Ouvrir le roman de Philip Caputo s’est se prendre une rafale de vent chargés d’une multitude d’odeurs venues de la forêt, du lac, des hommes et de leurs peines. C’est subir la sauvagerie des terres. Se laisser porter part cet instinct de survie. Affronter l’indéniable perte de soi, s’en remettre à la vie comme à la mort.
Will Treadwell est le pivot central d’un histoire façonnée par de nombreuses histoires. Gérant d’un bar, il est devenu les oreilles et les yeux d’un monde où les hommes vont à vau-l’eau. Des guerriers, des indiens, des travailleurs, il les écoute et il voit. Guide de chasse, il est le meilleur et c’est dans la forêt avec ses chiens qu’il aime se ressourcer. Le silence absolu, les arbres à perte de vue, les animaux, les oiseaux, la nature, rien de mieux pour affronter son passé et tenter de le panser.

 

Paul, Bill, Tom, Lisa, Devin, Rick, Elise, Trey, Kidman, Walsh, Lewis, Hall, Jeff autant d’hommes et de femmes qui ont un jour croisé la route de Will ou du Lac Supérieur.

 

Construit tel un roman choral, Philip Caputo nous fait découvrir leurs vies tout au long de sept histoires. Histoires bouleversantes, cruelles, mais d’une humanité si profonde. Comme si l’homme se révélerait dans toute sa splendeur dans la souffrance, dans la douleur. Sept histoires profondément touchantes où la nature à une place prépondérante, soignant les douleurs, exorcisant les maux, pansant les blessures. Dans cette nature, il serait possible d’y voir des symboles : un cerf, des oiseaux, des loups, des ours. Des étoiles et cette magnifique lune complice souvent du chasseur.

 

Philip Caputo signe un roman extraordinaire. Dès les premières lignes j’ai su que l’alchimie opérerait. Une plume envoûtante, le bon mot au bon moment, comme si ses mots prenaient vie et forme, là sous mes yeux. Il est très rare quand un roman me touche à ce point. Et ce final sous le ciel étoilé en plein hiver, wow, la cerise sur le gâteau. Un cycle qui se finit et un nouveau qui s’ouvre. Un héritage du meilleur à venir.  Philip Caputo parle de la mort avec un aplomb certain et un amour de la vie tout en gardant à l’esprit les drames qui façonnent ses hommes et ses femmes. Ceux qui les ont acceptés et qui ont en font une véritable force. Ceux qui sont dans le déni et qui avancent tant bien que mal, un pas après l’autre, vers cette lumière bien trop lointaine. Philip Caputo insuffle à sa prose une force constante, combattant chaque état d’âme, et de la bienveillance.

 

Un roman fort, poignant, percutant que je vous invite vivement à découvrir !

 

Un bol d’air pur à vous faire frissonner !

 

Une chronique de #Esméralda

La chronique des Bridgerton, tome 2 : Anthony de Julia Quinn

Romance historique – Réédité le 6 janvier 2021
Editions J’ai Lu

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Résumé : Les Bridgerton sont stupéfaits : le vicomte Anthony veut se ranger ! Et il sait ce qu’il veut : une femme dont il ne risque pas de tomber amoureux, car l’amour est subalterne dans le couple. Edwina Sheffield est la reine de la saison, c’est donc elle qu’il épousera, et l’affaire sera réglée. Sauf que la demoiselle a une sœur dont l’influence est primordiale. Or, Kate Sheffield oppose son veto : un débauché comme Anthony n’est pas un parti convenable pour Edwina. Ce dernier est offensé. Lui, le célibataire le plus convoité de Londres, indésirable ? Pour qui donc se prend cette péronnelle, qui ne connaît rien à la vie, pour oser le critiquer ? Il va lui prouver qu’il est irrésistible !


L’avis de #Lilie : Oyé, oyé chers lecteurs et chères lectrices, votre dévouée chroniqueuse poursuit sa découverte des membres des Bridgerton et va vous parler aujourd’hui du chef de la famille, Anthony ! Un peu fébrile avant de commencer ce tome, j’ai été totalement conquise par ce personnage ambivalent et si secret.

Anthony est l’aîné de la fratrie Bridgerton. Devenu le chef de famille après la mort de son père, il prend très à cœur ce rôle. Néanmoins, pour des raisons qui lui sont propres, il a mené, pendant longtemps, une vie de Libertin, devenant ainsi le célibataire le moins accessible de Londres. Pourtant, après le mariage de sa sœur, il décide qu’il est temps de se ranger et décide de se trouver une épouse. Il jette son dévolu sur Edwina Sheffield, le joyau de la saison. Le problème, c’est que pour l’atteindre, il faut convaincre sa grande sœur Kate, également célibataire et vivant dans l’ombre de sa cadette. Entre les deux, il y aura de l’électricité dans l’air et tout ne se déroulera pas comme ils l’auraient souhaité… Anthony arrivera-t-il à trouver une épouse et à vaincre ses angoisses ? Kate changera-t-elle d’avis sur Anthony ? Pourquoi est-elle si réticente à l’idée qu’il épouse sa sœur ? Et lui, pourquoi prend-il de plus en plus plaisir à passer du temps avec Kate ?

On avait déjà rencontré Anthony dans le tome 1 puisqu’il était le chaperon de Daphné et l’ami du Duc. Très protecteur, soucieux de sa famille, il a aussi un côté très angoissé que je n’avais pas perçu précédemment. Ici, on se rend compte qu’il se pose beaucoup (trop?) de questions et qu’il n’est pas l’homme qu’il paraît être. Sensible aux charmes féminins, il ne va pas rester indifférent à Kate, la sœur de celle qu’il souhaite épouser. Depuis toujours, Kate vit dans l’ombre d’Edwina et n’a jamais voulu se faire remarquer. Discrète, soucieuse de ses proches, elle n’a pas la langue dans sa poche et ne manque pas de répartie. Elle a une opinion bien arrêtée sur Anthony, d’après ce qu’elle a lu dans les chroniques de Lady Whistledown, mais le côtoyer va l’amener à troubler toutes ses certitudes. Enfin, il y a un autre personnage très important, c’est le chien de Kate, Newton, qui est un corgi plein de ressources, lui aussi, et très gaffeur.

La deuxième partie de cette intégrale m’a totalement conquise ! J’ai adoré Anthony qui est bien plus complexe qu’on pourrait le croire. C’est un homme, qui a profité de sa liberté, mais qui a néanmoins des valeurs et un vrai sens des responsabilités. Par moment, il se torture un peu trop l’esprit mais j’ai adoré voir l’évolution de sa relation avec Kate. Les autres membres de la famille sont peu présents mais quand ils sont là, on les remarque. La plume de l’autrice est toujours aussi piégeuse car quand on ouvre son livre, impossible de le poser. Le cadre historique est toujours agréable à redécouvrir, entre les bals et les parties de « pall-mall » en famille. On est tenu en haleine jusqu’au bout et j’ai refermé cette première intégrale avec une pointe de tristesse mais aussi avec un trop plein d’amour dans mon petit cœur !

Pour conclure, ce tome 2 est une excellente lecture qui met en avant un personnage qui n’est absolument pas celui qu’il semble être. Totalement conquise, je vais donc très rapidement poursuivre ma découverte des autres membres de la famille Bridgerton, Benedict et Colin patientant déjà dans ma bibliothèque….

Retrouvez l’univers de l’autrice ici
Retrouvez l’intrégale des tomes 1 et 2 sur le site des éditions J’ai lu
<– Retrouvez ici mon avis sur le tome 1, « Daphné et le Duc »

L’hiver de Solveig de Reine Andrieu

Littérature française contemporaine – Roman sorti le 10 février 2021
Editions Préludes

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Préludes et Babelio pour l’envoi de ce roman grâce à une masse critique privilégiée.

Résumé : Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant  qui vit désormais sous leur toit.
Printemps  1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle  ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié  ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.


L’avis de #Lilie : Voilà un roman dont je n’avais pas du tout entendu parler avant sa parution mais que je vois partout sur les réseaux sociaux, ou dans les librairies, depuis sa sortie. Intriguée par le résumé, je me suis laissée tenter par ce livre ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale et l’après-guerre. C’est une époque qui m’intéresse beaucoup, malgré les horreurs qui s’y sont déroulées et encore une fois, ce livre met en lumière ce qu’il y a de meilleur, et de pire, chez l’être humain.

Nous faisons ici connaissance avec Noémie, son mari Armand, et ses enfants Valentin et Solveig. Vivant près de Bordeaux, leur maison est réquisitionnée dès septembre 1940 pour héberger un officier allemand, Günter Kohler. Après la guerre, nous découvrons une petite orpheline, Angèle, qui est recueilli par un gendarme, Justin, qui va tout faire pour découvrir d’où elle vient et ce qui lui est arrivé. Enfin, on suit Solveig à plusieurs périodes de sa vie, qui nous raconte ses souvenirs.

Noémie est une bonne mère de famille, qui s’occupe de ses enfants et qui a une vie maritale un peu routinière. Günter va réveiller chez elle une envie de frissons et de se frotter à l’interdit. Ce dernier, même s’il fait parti des occupants, ne se considère pas chez lui et ne se comporte pas comme un tyran avec la famille qui l’accueille. Au contraire, il fait preuve de bienveillance et d’attentions avec eux, même si cela ne plaît pas à Ernestine, la bonne, et Germain, le jardinier. Armand est un bon père de famille qui, très tôt, va adhérer aux idées du général de Gaulle et qui va tout faire pour servir au mieux les intérêts de son pays. Tous ces protagonistes vivent ensemble, se croisent, et vont prendre des décisions qui vont impacter la vie de tous les autres.
En 1946, on découvre Justin, un jeune gendarme qui prend sous son aile une petite orpheline amnésique. Pour elle, il va retourner des montagnes et déployer toute son énergie pour qu’elle retrouve la mémoire et, pourquoi pas, sa famille.

Ce roman choral met en lumière, au fil des chapitres, tous ces personnages à des moments différents. Ainsi, on alterne les points de vue et les époques, ce qui dynamise la lecture et maintient l’intérêt du lecteur. Ils sont tous touchants, attachants et tellement « humains ». En effet, ils ont tous leurs failles, leurs faiblesses et aucun n’est ni trop gentil ni trop méchant. J’ai fini par m’attacher à chacun d’entre eux et j’ai souffert, espéré ou souri avec eux. Même si le fond historique est « lourd », l’histoire se lit facilement et nous emporte dans un tourbillon émotionnel assez intense. Tout s’éclaire au fur et à mesure et on a bien du mal à s’arrêter une fois qu’on a commencé. C’est un joli coup de cœur pour cette histoire qui a su me happer et me toucher.

Pour conclure, « l’hiver de Solveig » est un roman que je recommande pour les amoureux de belles histoires ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale. Cette histoire à plusieurs voix avec une intrigue qui s’étale sur de nombreuses années est une belle découverte et je ne manquerai pas de suivre cette autrice donc la plume a su me charmer.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes

Johannes Brothers, tome 1 : Ready de Lisa Barthelet

Romance contemporaine – Ebook sorti le 3 mars 2021
Editions Edelweiss – Collection Plumes Ecarlates

Ma note : 4.5/5 mention « incontournable 2021 »


Avant de débuter cette chronique, je tiens à remercier les Editions Edelweiss pour leur confiance et pour m’avoir confié ce roman en service presse.

Résumé : À la suite d’un accident de voiture qui coûte la vie à l’un des quatre membres du célèbre groupe de musique Stone Edge, Jurgen et ses amis doivent faire face à leur deuil et prendre les décisions qui s’imposent, quelle qu’en soit l’issue : tout arrêter ou continuer ?  Dans ce combat, Jurgen peut compter sur une connaissance de longue date : Liv. Tatoueuse au look coloré et déjanté, elle laisse tout tomber et revient du Japon pour s’occuper des hommes de sa vie. Ensemble, ils vont apaiser leurs tourments et composer avec leurs passés.  Et lorsque le prince s’éprend du crapaud, c’est une histoire d’amour un peu particulière qui se dévoile…


L’avis de #Lilie : Voilà une romance qui m’a de suite tapée dans l’œil. Que ce soit le résumé ou la couverture, j’ai été instantanément attirée par cette histoire écrite à quatre mains. Néanmoins, j’étais loin d’imaginer à quel point elle allait me bouleverser et me transporter.

Nous faisons ici connaissance avec Jurgen, Enzo, Jordan et Chris. En rentrant de soirée, ils sont impliqués dans un tragique accident et l’un d’eux perd la vie. Entre deuil, culpabilité et ses blessures visibles et invisibles, Jurgen essaie de ne pas sombrer mais il a bien du mal à garder le cap. Heureusement, le retour de Liv va l’aider mais entre eux, est-ce seulement de l’amitié ? Que cache leur petit jeu du chat et de la souris ? Une relation amoureuse est-elle envisageable entre eux ?

Jurgen est un personnage masculin comme je les aime : il est beau, talentueux, gentil, prévenant, il s’inquiète pour ses proches, bref, il veut toujours faire de son mieux pour que tout se passe bien. Malgré l’épreuve qu’il traverse après son accident, il va essayer de « tenir » la barre pour aider son ami Jordan à reprendre goût à la vie. Pour cela, il va être aidé de Liv, la meilleure amie de Jordan qui rentre du Japon en apprenant le drame qui venait de se dérouler. Extravertie, elle n’a pas sa langue dans la poche mais elle cache pourtant au plus profond d’elle-même de nombreuses fêlures. C’est un vrai garçon manqué, passionnée de tatouage et de boxe. Sa cohabitation avec Jurgen va changer son regard sur lui et leur relation va peu à peu évoluer.

C’est une romance « friend to lover », c’est-à-dire une relation amicale qui dévie vers plus. J’aime beaucoup ce schéma car je pense que l’amour et l’amitié reposent sur les mêmes bases, la confiance et la complicité. Ici, les protagonistes prennent leurs temps, s’interrogent, se chauffent un peu avant de sauter le pas et on est témoin de cette évolution. C’est un un récit à deux voix, ce qui permet de suivre le cheminement de chacun des protagonistes. Émotionnellement, c’est une histoire qui bouleverse, qui remue et qui fait croire en l’amour. J’ai eu un peu de mal au début tellement j’étais envahie par mes émotions. Néanmoins, la légèreté finit par arriver et on est transporté par Jurgen et Liv. La fin m’a laissé pantoise et j’ai hâte de pouvoir connaître la suite de leurs aventures car je sens que nous ne sommes pas, et eux non plus, au bout de nos surprises !! Les thèmes du deuil, de la reconstruction et de l’amour sont abordés avec beaucoup de tacts mais je vous conseille, malgré tout, de garder la boîte de mouchoirs à proximité !

Pour conclure, le tome 1 de « Johannes Brothers » est une belle romance remplie d’émotions qui fait passer son lecteur par une kyrielle d’émotions et qui l’entraîne dans une histoire où l’amour et l’amitié sont au centre de tout. Vivement la suite !!

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Edelweiss

IL EST JUSTE QUE LES FORTS SOIENT FRAPPES, un roman de Thibault Bérard.

Offrez-moi ça, d’accord ? Ces heures qui vous gavent de vie, qui vous arrachent des flashs grelottants sans prévenir.

Ces heures où j’ai enfin eu 20 ans.

La suite est nettement moins rigolote, alors …


 
Lorsque Sarah rencontre Théo, c’est un choc amoureux. Elle, l’écorchée vive, la punkette qui ne s’autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini.
Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d’une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l’univers, à l’euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l’incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver. 
Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.
Un récit d’une légèreté et d’une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

Sarah et Théo, alias Moineau et Lutin, sont à eux deux l’explosion et l’expansion de leur univers. Une rencontre fortuite qui claque dans les airs tel le clap du réalisateur. Silence, moteur, ça tourne !

 

La légèreté, l’euphorie, l’aventure, les soirées, les virées, une vie à deux qui s’épanouit au rythme de leurs envies et désirs. Difficile d’apprivoiser moineau alors que lutin est émerveillé face à sa belle.
La vie cadencée, multi couleurs, folle, alléchante, fantasque, belle, si belle. Un bonheur pur. Et puis les plans sur la comète se profilent, un bébé ? Oui pourquoi pas ! Allons-y, soyons fous ! Simon puis une petite Camille qui surgit dans l’urgence de la situation. Trop tôt, trop rapidement, trop, trop dans la douloureuse séparation des corps qui ne voulaient pas encore se quitter. La raison ? Le cancer, le crabe, l’horreur … Il envahit son corps, trop soudain, trop vite, trop trop. Vivre ? Bien sûr qu’elle veut vivre même si l’ultime chance est mince, trop mince. La course s’engage. Frénétique, sauvage, asphyxiante, chaotique, cadavérique, puissante, explosive. Salvatrice ? Pour quelques années, le souffle reprend vie dans son corps décharné. Il rit, il pleure, il joue, il bout, il explore, il fascine, il se réjouit inlassablement au rythme d’une comptine qui ne s’arrêterait plus. Puis la rechute s’invite. Mordante, violente, cruelle. Sarah se voit mourir dans ce néant où elle ne sera plus là auprès de son lutin merveilleux et de ses enfants. Un lutin qui s’acharne à ne pas voir l’évidence. Ce déni salvateur qui lui permet d’avancer dans la fougueuse vie qui continue à tourner sans elle et sans lui perdu au cœur de cette dimension parallèle. L’évidence est là dès les premières pages. Pas de mauvaises surprises juste eux et leurs mots pour un destin, leur destin.

 

Respire ! Lire en apnée ce n’est pas l’idéal, je l’avoue. Mais il y a de ces livres dont le possible devient impossible. Thibault Bérard est un auteur extraordinaire. Un de ceux qui vous fait vivre et qui vous transporte au cœur du cruel au rythme des mots qui se veulent tour à tour enchantés, merveilleux et entraînants. Parler de la maladie est un pari délicat car il faut trouver le juste dosage pour éviter de tomber dans le pathos. Et Thibault Bérard est un excellent magicien. Peut-être pour le choix de son narrateur ? Un omniscient qui se souvient, découvre les moments volés, cachés et prescient. Peut-être grâce à ses personnages bien trop touchants, attachants, fantasques et humains ? Peut-être grâce aux émotions développés, aux cris de détresses, aux hurlements de l’injustice mais aussi à ses paris fous où l’espoir reste la seule échappatoire ? Peut-être grâce à cette plume qui virevolte entre les moments de grâce, de volupté et de rire et que même dans la noirceur la lumière vit toujours tant que la vie est là, battante ? Peut-être grâce à ce final qui n’en est pas un ? Un définitif, catégoriques, sans retour en arrière, sans espoir ? Peut-être parce que la mort n’est qu’une étape de la vie ?

 

Thibaut Bérard signe un roman magistral et majestueux où les mots puissent leurs forces dans la vie et dans la mort, éléments indissociables.

 

A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda

 


Grisha, tome 1 : Les orphelins du royaume de Leigh Bardugo

Fantasy/Jeunesse – Intégrale sortie en 2020
Editions France Loisirs

Ma note : 4.5/5 mention « Incontournable 2021 »


Résumé : OMBRE. GUERRE. CHAOS. Un royaume envahi par les ténèbres. Une élite magique qui se bat sans relâche contre ce mal. Des citoyens envoyés en pâture aux créatures qui peuplent le Shadow Fold. Parmi eux : Alina Starkov. ESPOIR. DESTINÉE. RENOUVEAU. L’avenir de tous repose sur les épaules d’une orpheline qui ignore tout de son pouvoir. L’Invocatrice de lumière.


L’avis de #Lilie : Voilà un livre, encore un, que j’ai découvert grâce aux réseaux sociaux mais aussi grâce aux copines lectrices. La fantasy n’est pas un univers que je connais bien donc je me réfère souvent aux avis et aux recommandations des « spécialistes du genre ». Ici, j’ai été tentée par les avis dithyrambiques mais aussi à cause de cette magnifique intégrale. Malgré tout, je ne savais pas trop dans quelle aventure je me lançais…. et j’ai été complètement happée par cette histoire dingue !!

Nous faisons ici connaissance avec Alina, une jeune orpheline, devenue cartographe pour l’armée. Un jour, avec son ami Mal, ils se retrouvent en danger et elle découvre qu’elle est dotée de pouvoirs magiques. Rapidement, le Darkling la convie à venir rejoindre le centre de formation des Grisha et la convainc que l’avenir du peuple repose sur ses épaules. Mais quels sont les pouvoirs réels de la jeune femme ? Pourquoi ne les a-t-elle pas découvert avant ? Et pourquoi le Darkling se montre-t-il aussi empressé ? A qui peut-elle faire confiance ?

Alina est une jeune femme qui n’a pas eu une vie facile. Orpheline, elle a su trouver réconfort et amitié auprès de Mal, son complice de toujours. Néanmoins, elle est très introvertie et a bien du mal à extérioriser tout ce qu’elle ressent. Alors que Mal et elle sont en danger, elle arrive à faire surgir « la lumière ». A partir de là, sa vie va changer, puisqu’elle intègre le cercle fermé des Grishas, des sorciers répartis par couleurs en fonction de leurs spécialités. Elle va avoir du mal à se familiariser à sa nouvelle vie, la maîtrise de ses pouvoirs et l’entrainement imposé. Mais elle ne baissera jamais les bras et tentera toujours de faire ce qu’il y a de plus juste, selon elle. Nous faisons aussi connaissance avec le Darkling, le plus puissant des Grishas, qui est un homme aussi séduisant que mystérieux. Ambivalent, je n’ai toujours pas réellement réussi à le cerner mais c’est un protagoniste qui vous réserve bien des surprises. Nous rencontrons aussi Mal, l’ami d’Alina. Loyal, râleur, téméraire, il est un chasseur hors pair et il vous réserve lui aussi pas mal de surprises. Enfin, je ne peux terminer ce tour des personnages sans parler de Genya, une alliée pour Alina et une confidente qui, je l’espère, sera de retour dans les autres tomes car on l’a, finalement, peu vue.

Je me suis totalement laissée happer par cet univers magique. On rentre rapidement dans l’action et au départ, j’ai eu un petit peu peur d’être totalement submergée par tout ce vocabulaire et cet univers complexe. Mais finalement, tout se met en place au fil des pages et on trouve assez rapidement ses marques. L’écriture est assez magique elle aussi car dès qu’on commence la lecture, il est bien difficile de la stopper. L’immersion dans ce monde fantastique est totale et émotionnellement très prenante. En effet, on se met rapidement à espérer, à souffrir avec Alina et les rebondissements sont nombreux. Même s’il y a de petites longueurs au moment de son apprentissage, on repart vite dans le feu de l’action avec des révélations en chaîne et un suspense qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page !

Pour conclure, ce tome 1 est une jolie introduction à la trilogie « Grisha« . Les bases sont posées mais à mon avis, on n’est pas au bout de nos surprises car de nombreuses questions restent en suspens et surtout, le tome 1 se termine en apothéose, laissant à penser que le meilleur, ou le pire, reste à venir….

Retrouvez cette intégrale sur le site de France Loisirs
Retrouvez le tome 1 sur le site du Livre de poche Jeunesse

J’AI 14 ANS ET CE N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE, un roman ado de Jo Witek.

Je décide de crier ! De ne plus m’arrêter de crier. C’est la seule façon de les faire réagir. De briser leur monstrueuse loi du silence.


En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi.
Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

Voici une lecture toute aussi touchante que bouleversante.
L’histoire se déroule quelque part dans le monde. Pour ma part elle m’a transportée en Afrique Sub-saharienne. Mais elle aurait pu très bien avoir eu lieu en Asie ou ailleurs.
Efi est une jeune fille de 14 ans. Elle vit en ville chez sa tante et est scolarisée au collège. Elle adore aller à l’école et apprendre. La littérature la passionne et l’ingénierie est vers quoi elle se destine. Elle souhaite apporter dans les villages éloignés le confort moderne. L’accès à l’eau, à l’électricité et à tout ce qui fait défaut, permettrait aux jeunes filles de suivre une éducation à l’école et défaire les schémas archaïques qui régissent les communautés. 
Efi, perchée sur la moto de son oncle, en direction de son village pour les vacances a des idées et des rêves plein la tête. Retrouvée sa grande famille, ses meilleures amies et même son grand frère distant et jaloux est un grand moment de fête pour elle. Elle revient avec des bonnes notes et les appréciations de ses professeurs sont éloquentes. Dans son sac, des livres prêtés par son professeur de français qu’elle dévorera tard la nuit, à la l’aide de la lumière frontale, un cadeau. Efi est sur son nuage, loin de toutes les obligations du village et de sa famille.

 

Son arrivée est timide. Les cris et les grands gestes, les embrassades, les rires, les larmes ne sont pas au rendez-vous. Heureuse d’arriver à bon port, Efi prend rapidement ses marques. Ces petits frères et sœurs ont bien grandi et elle apprend qu’un nouveau bébé ne tardera pas à arriver. L’atmosphère apaisante de la nature, des grands arbres, de l’eau et de la maison la revigore. Alors qu’elle se promène, elle est ramenée manu militari chez elle. Elle est nubile à présent, elle n’a plus le droit de se promener seule et de s’habiller comme une fillette. Désarçonnée par ce mot, elle ne voit guère arriver le présage du mariage. Lorsque la réalité la frappe, son monde s’écroule d’un seul coup. Elle n’aurait jamais cru qu’à 14 ans, elle allait se marier.

 

Jo Witek signe une nouvelle un roman ado poignant. Le mariage forcé est un thème qui interpelle. Il n’a pas de frontière et ne se cantonne pas à des aprioris. Il est choquant et immoral. Efi apprend à ses dépens que sa vie ne lui appartient pas. Que ses envies, ses libertés, ses rêves ne sont qu’une triste illusion. De nubile, elle devient une femme objet prête à satisfaire les demandes de son mari. D’étapes en étapes, Jo Witek insuffle à son roman un caractère tragique. Elle dépeint avec honnêteté les émotions qui traversent le personnage. Les questions, les doutes et la peur fuient de son corps qui ne lui appartient plus. Mais à contrario, elle instille cette légère note de liberté, de lumière. C’est un roman captivant et douloureux. Prenant par sa forme et ses maux, cette histoire est subjuguante et surtout intergénérationnelle.

 

Un roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions Actes Sud Junior

… Mon avis sur un autre roman de Jo Witek, clique sur la photo pour le découvrir.

NOS CORPS ÉTRANGERS, un premier roman de Carine Joaquim.


Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agitation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convaincus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrouver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahisons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?
Dans son premier roman, Carine Joaquim décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions naissantes comme les relations détruites, les incompréhensions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

NOS CORPS ÉTRANGERS fait partie de ces romans qui vous marquent dès les premiers mots, dès les premières lignes, dès les premiers paragraphes… pour vous capturer au cœur de cette cage qui n’est ni dorée ni majestueuse, mais qui grignote une part de vous à chaque page tournée. Carine Joaquim signe un roman d’une précision exquise décortiquant les méandres du subconscient, cette réalité silencieuse se camouflant de toutes et de tous.
Au départ, leur famille était à l’image parfaite. Des rires, des câlins, des moments de partage, des souvenirs à la pelle, ces moments indélébiles et magnifiques marqués à l’encre pour l’éternité. Au cours de cette histoire merveilleuse, l’un fauta l’autre sombra et ce petit bout de chou survécut. Les cris, les larmes, le corps qui lâche prise se délestant de son surplus cauchemardesque dans les toilettes. Et puis vînt ce temps où il fût le moment de recoller les morceaux, imparfaits collages qui ne tiennent guère que par l’espoir de jours meilleurs. Fuir les souvenirs, les douleurs, recommencer à zéro loin, loin, de tout. Une maison au cœur de la banlieue parisienne, le jardin bucolique, la dépendance, source de l’éventualité, un paysage bucolique où à sa simple vue, à humer cet air précieux, à écouter cette symphonie naturelle, devient le berceau de la renaissance.

 

Élisabeth, Stéphane et Maëva, y posent les valises. Élisabeth y croit un tant soit peu. Maëva déteste ses parents et Stéphane se coltine le RER.

 

Élisabeth panse son cœur, son corps, son âme peu à peu.
Maëva découvre l’hostilité des corps incontrôlables et la passion.
Stéphane se souvient de sa plus belle erreur, de sa plus belle valse des corps.

 

Au rythme entraînant, bousculant et impérieux, les corps se délitent, apprennent, se découvrent, dansent un ballet où le chaos silencieux surgira de sa boîte.

 

Carine Joaquim nous engouffre au cœur d’un roman puissant, nous entraîne dans ces intimités amputées, nous bouscule sur nos aprioris. Un roman intransigeant porté par une plume qu’il est tout autant. Un thème moderne mis en exergue par des personnages éblouissants, amers et captivants. Tableau parfaitement imparfait d’une esquisse sociale, conte moderne, où les corps deviennent ces étrangers, maîtres des maux et des préjugés. Un immense coup de cœur pour ce premier roman de Carine Joaquim qui a su me surprendre, et bien au-delà.

 

A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda

CRÉATURES, un premier roman de Crissy Van Meter.

Elle se demandait combien d’entre eux avaient déjà vécu dans les mottes de cette terre, et combien parmi eux dont elle ignorerait à jamais l’existence.

CRÉATURES, Crissy Van Meter

« En posant l’oreille sur l’océan, tu pourrais bien l’entendre vibrer en toi. »
À la veille de ses noces, Evie fait face à trois problèmes : son fiancé marin-pêcheur est porté disparu en mer, la carcasse puante d’une baleine s’est échouée dans le petit port de Winter Island ; enfin sa mère épisodique a débarqué sans crier gare. Mais Evie en a vu d’autres. Elle a grandi trop vite auprès d’un père magnifique, aimant et négligent. Ensemble, ils ont vécu comme des hobos, des pirates, des explorateurs… et du commerce de la Winter Wonderland, la légendaire marijuana locale.

Alors parfois il y avait des tempêtes, parfois des coups de soleil.
Et il y avait toujours juste assez pour ne jamais quitter cette île magnétique, furieuse et solitaire, « comme germée du fond des eaux » au large des côtes californiennes. Au rythme changeant des marées, le récit se conjugue à tous les temps, à mesure qu’Evie évalue les dommages collatéraux de sa drôle d’enfance et les incertitudes inhérentes à sa vie insulaire.

 
Avoir le premier roman de Crissy Van Meter dans les mains, c’est se prendre la vague de plein fouet, chercher sa respiration quelque part entre la rudesse des lieux et les vents tempétueux, admirer la multitude des saisons qui défile. La douleur et l’impuissance des sentiments qui se confrontent. CRÉATURES captive, chamboule sans aucun doute.

 

Le mariage d’Evie est le point d’ancrage à toute l’histoire. De là, le passé et le futur se confrontent, se jouent l’un de l’autre. Hôtel des souvenirs, cartomancie de l’avenir au cœur d’un décor à la fois paradisiaque et impitoyable.

 

Evie parle de son enfance. Un père alcoolique qui l’adore plus que sa propre vie. Un père dysfonctionnel mais qui tient la barre haute, aucun naufrage n’est accepté. Un père aimant, un père qui se perd dans les profondeurs de ses blessures, abîmes de l’âme. Un père qui fait de son mieux. Un père légendaire, orateur majestueux des histoires qui font l’île, sa vie, tel le vecteur d’un héritage lointain, ailleurs. Une mère démissionnaire toute aussi dysfonctionnelle. Les voyages, la célébrité, loin très loin de l’île et loin de sa fille dont le souvenir surgit ici et là au grès de ses pérégrinations et de ses envies. Une mère lâcheuse.

 

Evie se construit tant bien que mal. Des souvenirs en pagaille. Des bons. Des mauvais. Envies fugaces telles des apparitions miraculeuses auxquelles il est agréable de se s’accrocher, juste un peu, juste pour y croire. Evie rêve de tout et de rien, qu’en est-il vraiment quand l’absence de tout et de ce rien n’est qu’illusion. L’océan est son confident, les nuages son protecteur, le soleil son moteur et l’île, toute entière, sa maison.

 

Crissy Van Meter met en exergue la grandeur des émotions. Intenses, paralysantes, euphoriques. Celles qui habitent tout au long d’une vie. Une balade que j’ai appréciée et où j’ai pris le temps de le faire. Une bouffée d’oxygène où ce paradis est peuplé de ces créatures mi vivantes, mi mortes. Celles qui se vénèrent, celle qui s’oublient. Celles qui font grandir tant bien que mal. Une douceur exquise confrontée à la violence, la plume de Crissy Van Meter m’a transportée. J’ai su aimer la langueur, parfois nocive parfois enchanteresse, du récit aux mille couleurs.

 

A découvrir sans faute !

 

Une chronique de #Esméralda

Tainted Hearts, tome 1 de Jenn Guerrieri

Dark Romance – Livre sorti le 5 novembre 2020
Editions Plumes du Web
Lecture personnelle

Ma note : 4.5/5 mention « incontournable »

 

Résumé : Il est son remède, elle est sa rédemption…
Élève à la section danse de la Juilliard School, un prestigieux conservatoire situé à New York, Ally Owen compte bien atteindre son plus grand objectif : réussir le concours d’entrée pour intégrer le corps de ballet de l’Opéra de Paris.
Ambitieuse et motivée, elle veut mettre toutes les chances de son côté pour réaliser ce rêve qui la berce depuis l’enfance.
Enfin ça, c’était avant de croiser la route du célèbre groupe de rock, les Chainless.
Le quotidien d’Ally bascule quand elle s’attire les foudres du chanteur principal, Chester Hanson : un homme à l’allure aussi froide que tranchante. Connu des médias pour ses nombreuses dérives, le rockeur incarne un monde sans codes. Un univers aux antipodes de celui de la danseuse qui, elle, doit se plier à la discipline la plus stricte.
Tout les oppose. Et pourtant, ils vont entamer ensemble un jeu dangereux, initié par Chester.
Chantage, manipulation, provocation, haine… jusqu’où mènera cette collision de deux cœurs écorchés ?


L’avis de #Lilie :
Voilà un roman dont le quatrième de couverture est très alléchant ! Écrite par Jenn Guerrieri, cette dark romance a fait parler d’elle chez les amateurs du genre et j’avoue que le fait qu’elle se passe, en partie, dans le milieu de la danse a titillé ma curiosité. Motivée par les membres du « Plumes du web bookclub », je me suis engagée dans une lecture commune qui m’a ravie et qui me donne très envie de découvrir la suite !

Nous faisons d’abord connaissance avec Chester, le leader d’un groupe de rock qui est en train de devenir le nouveau groupe à la mode aux USA. On rencontre ensuite Ally, une danseuse qui semble en proie à des difficultés personnelles et professionnelles. Lorsqu’ils se retrouvent, par hasard, confrontés l’un à l’autre, Ally ne peut réprimer un frisson de dégoût et Chester prend tout de suite cette petite rouquine en grippe. A partir de là, il na va avoir de cesse de lui mener la vie dure. Pourquoi ? Que lui inspire Ally ? Pourquoi a-t-il besoin de franchir les limites du raisonnable en permanence ? Et Ally, pourquoi est-elle si mal ? Quelles épreuves ont traversé les deux protagonistes pour en être arrivés là ?

Ally est étudiante dans une prestigieuse école de danse. On comprend rapidement qu’elle est en difficultés suite à des soucis qu’elle a rencontré récemment. Volontaire, déterminée, elle a beaucoup de tempéraments malgré sa fragilité apparente. Elle essaie de se dépasser et de faire de son mieux pour ne pas avoir de regrets. Fidèle en amitié, elle peut compter sur son ami Julian qui est en même temps une épaule réconfortante et une oreille attentive. Chester, quand à lui, est un personnage froid, distant, qui semble tout faire pour se détruire. On comprend rapidement que lui aussi a vécu un évènement qui l’a chamboulé et que désormais, il cherche juste à ne plus avoir mal. Son attitude envers Ally est ambivalente. En effet, il va se montrer très dur, limite humiliant avec elle alors qu’à d’autres, il pourra dévoiler un côté protecteur. La jeune femme semble cependant avoir un effet « épidermique » sur lui, c’est-à-dire que sa proximité réveille en lui de vieux démons et qu’il ne peut s’empêcher de l’enquiquiner dès qu’elle est dans les parages. De même, la relation avec ses camarades du groupe est sur courant alternatif. En effet, même s’il semble proche d’eux, il est aussi parfois très froid et dur avec eux. Solitaire dans l’âme, c’est un protagoniste qui est loin d’avoir livré tous ses secrets….

Que dire à la fin de ce tome 1 si ce n’est que j’ai adoré cette lecture !! La plume de Jenn Guerrieri est en même temps douce et incisive. En effet, on ressent beaucoup de douceurs et de tendresse lorsqu’elle fait parler Ally mais en revanche, dès que Chester apparaît, ou dès qu’il prend la parole, on perçoit de la tension et de la nervosité. Émotionnellement, j’ai été percutée par la rage de Chester et touchée par la détresse d’Ally. L’intrigue est en grande partie narrée du point de vue de l’héroïne et je regrette de ne pas avoir pu entrer plus dans la tête du héros tant ses actions sont, par moment, ambivalentes. L’intrigue monte en intensité et les pages défilent sans que l’on s’en rende compte. Arrivée à la fin, j’ai hurlé car l’autrice nous laisse sur un cliff-hanger qui laisse présumer une suite très prometteuse ! Les milieux de la danse et du show-bizz sont des décors intéressants et bien exploités et cela laisse présager, encore, de nombreux rebondissements !

Pour conclure, je suis contente d’avoir enfin pu découvrir la plume de Jenn Guerrieri avec la lecture de « Tainted Heart, tome 1« . C’est une dark romance très réussie, pleine d’émotions et de ressentiments. Vivement la sortie du tome 2 pour continuer à découvrir et accompagner Chester et Ally.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Plumes du Web