LE SANCTUAIRE, un roman de Laurine Roux.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

LES ÉDITIONS DU SONNEUR

Collection : la grande collection

#68premièresfois


Le Sanctuaire : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains. Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.
Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu. Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes : celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…
Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

 

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »
160 pages
Disponible en numérique et broché
Sortie en aout 2020

 


MON AVIS

Niché au cœur des montagnes, leur sanctuaire est préservé de la désolation qui a dévasté le monde. A leurs pieds, tout n’est que mort et barbarie. Dans leur paradis préservé tout n’est que bonheur et souvenir lancinant d’une vie à jamais déchue. Gemma est née ici, dans cette maison sommaire faite de bric et de broc. Elle n’a rien connu de l’ancien monde et se laisse donc porter par l’autorité patriarcale. Sa vie se résume à diverses taches qui permettent de survivre et à la chasse dans laquelle elle excelle. Mais surtout elle ne doit jamais oublier que le mal vient dans haut par ces oiseaux de malheurs. Une cible qu’elle doit à tout prix atteindre, sans faiblir, sans se poser de questions.

 

Gemma est pourtant curieuse et ne semble plus se contenter des histoires de son père. Malgré tout tiraillée entre l’amour indéfectible qu’elle voue à son père et à sa loyauté et à son envie pressante et obsessionnelle de découvrir le ciel dont elle partira à sa rencontre lorsque le père sera parti à la conquête du monde dévasté.

 

Elle découvrira alors l’immensité et la beauté nichée dans les plumes. Ces oiseaux domestiqués par cet homme acariâtre, fou, obséquieux.

 

Ainsi tout fut remis en cause.

 

Laurine Roux signe un second roman totalement subjuguant et merveilleux. J’ai été captivée dès les premières pages, devenant ainsi spectatrice de cette famille unie au cœur de la survie imposée par un père un brin mégalo et surprotecteur. J’ai été avide et impatiente de découvrir le final. Cela aurait pu être une histoire banale, apocalyptique et dans l’ère du temps. Mais il aura fallu d’une seule et unique phrase pour transformer cette histoire en ce quelque chose de grandiose et de sublime. Voilà pourquoi mon cœur bat encore. Laurine Roux parle de la folie humaine avec douceur. Une intimité qui au départ se révèle chaleureuse mais qui au fil des pages devient douloureuse et violente. La nature a aussi une place importante et défie largement le rôle dévastateur que le père lui a assigné.

 

Un roman puissant où le libre arbitre malmené va tenter de se libérer à la force des ailes d’un aigle humanisé. Un rôle porté avec brio par la jeune Gemma qui a tout d’une héroïne lumineuse.

 

Une chronique de #Esméralda

L’ENFANT CÉLESTE, un roman de Maud Simonnot.

LITTÉRATURE – FICTION

Éditions de L’Observatoire

#68premièresfois


Sensible, rêveur, Célian ne s’épanouit pas à l’école. Sa mère Mary, à la suite d’une rupture amoureuse, décide de partir avec lui dans une île légendaire de la mer Baltique. C’est là en effet qu’à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l’étrange destinée aurait inspiré Hamlet – imagina un observatoire prodigieux depuis lequel il redessina entièrement la carte du Ciel. En parcourant les forêts et les rivages de cette île préservée où seuls le soleil et la lune semblent diviser le temps, Mary et Célian découvrent un monde sauvage au contact duquel s’effacent peu à peu leurs blessures.
Ma note : 4/5 mention « lecture intrigante »
176 pages
2020
Disponible en numérique et broché
Porté par une écriture délicate, sensuelle, ce premier roman est une ode à la beauté du cosmos et de la nature. L’Enfant céleste évoque aussi la tendresse inconditionnelle d’une mère pour son fils, personnage d’une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman.

MON AVIS

Plume poétique d’une finesse extrême, plume enchanteresse, voyageuse, méticuleuse, enfantant la beauté d’une femme esseulée, d’une mère subjuguée et d’un enfant rêveur, insolite, unique.

 

Mary éternelle romantique, déboussolée par cette rupture brutale, sauvage. L’amour s’est enfui tel un courant d’air laissant derrière lui cet âpre sentiment d’une solitude ingrate, décharnée. L’envie file, l’âme décline, Mary sombre avec tout son monde, celui de son fils. Célian est un petit zèbre, un génie qui ne trouve pas sa place dans notre société où la différence est méjugée, méconnue et effrayante. Célian se passionne pour la nature, les oiseaux, les plantes. Haut comme trois pommes il connaît d’innombrables sujets mais ne sait pas écrire. Il adore le récit de la vie de Tycho Brahe, astronome de la cours danoise du XVIe siècle. Éminente figure de l’astronomie, Tycho Brahe est aux yeux de Célian l’exception qui défit la règle.

 

Ainsi se mêlent les réflexions, les doutes, les espoirs de Mary avec la vie de Tycho Brahe et celle hors norme de Célian.

 

Poésie, nature, vie, sont le tableau exquis de ces trois vies qui se cherchent. La démesure, la tristesse, l’envie exorcisent les émotions induites par cette société grisâtre, sans âme. Une île paradisiaque, sans cocotier et lagon, perdue entre le Danemark et la Suède, dans le détroit de l’Öresund, l’île de Ven réconcilie leur vie. La mer, la nature, les balades, l’apesanteur exaltante où la vie prend son temps, se fortifie, se reconstruit. Un moment hors du temps, une échappée belle où le tout devient cette facilité salvatrice. Mer et terre en parfaite harmonie, où l’Homme est accueilli tel quel.

 

Un premier roman à la beauté extraordinaire, celle qui transcende, celle qui fourmille le long de l’épiderme et vous capture pour ce voyage unique où l’intime est en son cœur. Un aparté sensible et douloureux, magnifique et naturel. Mary et Célian, ce duo au diapason, qui l’un avec l’autre, vont s’épanouir et soigner leurs blessures. Un voyage hors de ce temps hurlant, de cette frénésie brutale de la vie. Un second souffle pour une chance éternelle d’être en accord avec son corps et sa tête.

 

J’ai été charmée par cette nouvelle découverte même si encore à l’instant présent je n’ai pas su me saisir de son entièreté. J’ai découvert Tycho Brahe, astronome célèbre, dont on lui prête les caractères de Hamlet. Cette typicité est quelque peu étrange et je m’interroge encore sur sa place au cœur de ce roman.

 

Un roman sur la construction et l’épanchement des sentiments. Une fiction captivante et unique !

 

Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves.

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

LES CŒURS INQUIETS, un roman de Lucie Paye.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Gallimard – Collection Blanche

#68premièresfois


Un jeune peintre voit apparaître sur ses toiles un visage étrangement familier. Ailleurs, une femme écrit une ultime lettre à son amour perdu. Ils ont en commun l’absence qui hante le quotidien, la compagnie tenace des fantômes du passé. Au fil d’un jeu de miroirs subtil, leurs quêtes vont se rejoindre.
Ce roman parle d’amour inconditionnel et d’exigence de vérité. De sa plume singulière, à la fois vive, limpide et poétique, Lucie Paye nous entraîne dès les premières pages vers une énigme poignante.
 
 
Ma note 4,5/5 mention « à découvrir »
152 pages
Disponible en numérique et broché
Édition 2020

MON AVIS

Voici une nouvelle lecture de la sélection des 68 premières fois qui m’a totalement transcendée.

 

Lui. Elle. Cavalcade solitaire où les émotions prédominent et accaparent.

 

Lui, peintre. Une première exposition qui éclabousse sa vie de prestige. De son île, il débarque à Paris, terre fertile de la création. Une nouvelle exposition est programmée, il a quelques mois pour clore cette nouvelle collection. Tableau blanc, esquisse inachevée, incomplète. Pourtant, il est là, ce visage, triomphant du blanc, de la solitude. Une insolente esquisse narguant son créateur. Qui es-tu ? Introspection virale, vitale, Lui, désespéramment, s’accroche à cette unique ancre. Des souvenirs, des flashs, sa vie se déroule sur ce tapis amer et azuréen. Et puis la frénésie survient. Explosion d’un passé, d’une fenêtre en face de chez lui, de cette femme où mystère et grâce s’unissent pour l’espoir, la folie, l’envie.

 

Elle, elle écrit depuis son lit de mort à cet enfant qu’elle n’a pas vu grandir. Un déchirement brutal, sauvage, sa vie en noir et blanc. Elle se souvient de ces moments délicats, de partage, de câlin, de mots interminables. Des souvenirs à la pelle qu’elle garde précieusement au fond de son cœur dans cet endroit où brille encore et pour toujours l’innocence envolée. Elle retranscrit sa douleur et son espoir. Elle rêve de l’homme qu’il est devenu, de la vie qui l’a eu. Mots après mots, phrases après phrases, se dessine ce portrait irrésistible d’une mère qui malgré cette perte fracassante a toujours su s’émerveiller.

 

Il n’est rien pour Elle. Elle n’est rien pour Lui. Ce trait d’union improbable, mystique. Une ligne qui s’étire dans l’espace-temps et qui s’étiole attendant le moment unique pour surprendre.

 

Lucie Paye décortique le sentiment de l’abandon avec cette grâce qui hypnotise. Pages après pages, l’envie se fait pressante, urgente. Une plume poétique, captivante qui a su me séduire dès le départ. L’exigence des sentiments absorbe l’esprit. L’amour percute et transcende. La tristesse n’est que joie. La joie n’est que péril. Un roman bouleversant et prenant au cœur de ce monde artistiquement flou qui n’attend que le mot ultime pour se dévoiler, s’épanouir et pardonner.

 

Un premier roman magnifique et une auteure à suivre absolument !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

DIEU 2.0, tome 2 : Bye bye Web, un roman d’anticipation du Dr Henri Duboc.


La civilisation se meurt Le cataclysme prédit par W3 a balayé la planète. Dans cet enfer, l’Europe, dernier bastion des lumières, lutte pour sa survie contre la menace qui gronde à ses frontières. Des millions de survivants attendent, parqués dans des camps, derrière des barrières de drones où le fanatisme grandit et se nourrit du désespoir. L’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même. Internet se meurt, et la nouvelle religion du Primum, galope ! Mais dans ces heures sombres, émergera peut-être le terreau favorable au retour de la lumière. L’espoir reviendra-t-il par cet étrange robot à deux têtes qui sillonne notre futur, 200 ans plus tard ?

 
On reprend les mêmes, on y ajoute un cataclysme d’une envergure planétaire, un ancien prêtre carrément dingue, des gens qui fuient et qui ont perdu tout espoir, un monde bouleversé et en reconstruction, et un robot zinzin qui se réveille 200 ans plus tard … et cela donne un second tome totalement inattendu, explosif et flippant.
Il aura fallu que la faille San Andreas pète carrément les plombs pour plonger le monde dans un chaos indescriptible. Des millions de disparus et d’autres déportés. Des nations qui tentent des coalitions quelque peu douteuses, des murailles de drones pour éviter toutes intrusions pour façonner un nouveau monde archaïque. Toutes technologies  sont réquisitionnées au nom de l’état et deviennent la propriété de l’armée. Le monde d’avant n’est plus qu’une chimère. Le travail est une denrée rare comme tout le reste (soins, nourritures, loisirs, instructions …). Un monde où survivre devient une priorité. Gabriel est bien vieux maintenant et il n’aurait jamais cru vivre ces instants là. W3 s’est fait la malle quelque part dans les méandres du Web qui part en fumée, laissant place à un internet contrôlé et fliqué. Gabriel est bien saoul de ne plus voir son ami et d’échanger pendant de longues heures. Rien ne va plus mais il tient le coup. Peut être pour son filleul et sa bande de copains qui ne rêve que de voyager dans le futur ?

 

Dans les camps de réfugiés, la misère et la violence deviennent le quotidien de ces milliers de gens qui espèrent passer ces murailles infranchissables. Un seul homme semble tirer profit à cette situation, Verinas. Il a enfin toute l’attention qu’il estimait recevoir de ces fidèles, devenant ainsi le prophète d’une nouvelle religion le Primum. Un endoctrinement que subissent de nombreuses personnes dont des jeunes en quête d’identité. Cette nouvelle communauté s’organise autour de la culture du papyrus qui deviendra, une fois transformé, un moyen de communication et celui d’éradiquer la faim. Une nouvelle religion qui après un timide départ prend de l’ampleur et se diffuse à toute les strates de la société.

 

Et pendant ce temps, deux cent plus tard, un étrange robot à deux têtes, se réveille et découvre un nouveau monde. Une civilisation rustre et peu développée aux mœurs violentes et qui semblent suivre les préceptes de la théorie de Darwin. Cet aventurier atypique a une mission bien définie dans son programme et elle se doit de la mener à terme et dans de bonnes conditions. Il doit rattraper deux cent ans de sommeil. Un voyageur du temps loufoque et terriblement attachant. D’ailleurs cela me rappelle deux personnalités de l’histoire. Peut être que le tome 3 affirmera mon pressentiment ?

 

Ce second tome est sans contexte un immense coup de cœur. Je retrouve la patte sensible et particulière de l’auteur qui aime tant nous faire voyager. Un second temps où le répit n’existe pas. D’un point de vue à l’autre, point de temps mort ! De l’action, et encore de l’action … des découvertes, des moments de réflexions, des moments intrépides et mémorables. Des personnages tout aussi attachants qu’exécrables. L’évolution des personnages et du monde est sans contexte le point d’orgue dans cette étrange aventure. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur s’empare du futur. C’est étrange, loufoque, improbable et pourtant au fond de moi je me suis posée la question quel avenir notre monde connaîtrait si cela arrivait. Parmi tout une multitude de scénario, Henri Duboc a pris le parti de l’extrême et du fanatisme, du moins c’est cela qui apparaît dans ce tome. La légèreté côtoie le gravissime. Une histoire bouleversante et prenante. Si j’ai regretté les longueurs du premier tome ici il n’en est rien, absolument rien. Une histoire a la dynamique captivante et fascinante. La multitude de personnages est une plus-value au scénario. Et tel un roman choral, il nous porte vers un final tonitruant, explosif. La religion a toujours une place capitale mais sous l’égide de la dérive sectaire. L’apologie de la technologie n’est qu’une vague de souvenirs, le web une entité qui se résume au néant. Dès lors quel est l’avenir de l’humanité ? La religion semble être le seul miracle auxquelles les populations désœuvrées s’attachent. Réponse dans le dernier tome.

 

Ce second tome est un véritable uppercut, un de ceux dont il est difficile de s’en remettre !

 

A découvrir absolument !

 

Une chronique de #Esméralda.

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CHARLOTTE IMPÉRATRICE, tome 2 : L’Empire de Nury et de Bonhomme.


Depuis son mariage avec Maximilien d’Autriche, Charlotte va de désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle mise son va-tout sur la couronne du Mexique. À leur arrivée à Veracruz, le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d’être pacifié par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère de Maximilien pour préserver leurs intérêts.

Direction le Mexique. Maximilien devient l’empereur et doit remettre sur pied un pays à feu et à sang. Les indiens sont tués, affamés et torturés. Des terres arides et hostiles où les manipulations sont courantes. Charlotte est tout bonnement choquée par la rencontre avec ce peuple. Totalement délaissée par son mari et impuissante face à la situation du pays, elle va pendant un laps de temps prendre les commandes du pays pendant que son cher mari se prélasse dans la luxure.
Ce second tome est différent du premier. Nous rentrons dans le vif du sujet concernant la situation du Mexique. Des illustrations plus violentes dans les tons rouges. Du sang, des corps décharnés qui contrebalancent l’opulence du palais. Charlotte se révèle être une meneuse hors pair enviée par les sommités du pays qui la jalousent. Sous couvert du récit historique, Nury propose une histoire passionnante entre secret, prise de conscience et manipulations. Un tome riche en rebondissements et en révélations qui se termine sur un sacré cliffhanger. J’espère de tout cœur qu’il y aura une suite. Comme pour le précédent tome, je suis touchée par les détails des lieux et par les émotions qui se dégagent des personnages qui tour à tour sont pris par leurs tourments et leurs exaltations. Un tome où la guerre est très présente. On y aborde succinctement la condition des indiens et du clergé.

 

Un second tome qui m’a tout autant captivé que le premier !

 

Une chronique de #Esméralda

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JUSTAN LOCKHOLMES, tome 1 : Le mystère de la Logia, un polar de C.D. Darlington


Détective de renom, Justan Lockholmes est une pointure. Aucun coupable ne lui échappe et sa vérité triomphe toujours !
Pourtant, lorsqu’une certaine Elisabeth Smith,
une jeune femme à la vie des plus banales, met tragiquement fin à ses jours, rien ne va plus.
Un cas insoluble, des éléments sans le moindre sens, un assistant à la vivacité toute relative et
une touche de latin.
Voilà que la vie du jeune Justan bascule
et que tout se complique !

L’histoire débute sur le résumé banal et affligeant de la vie de Elisabeth Smith qui l’est tout autant. Un vie sans grand intérêt où la jeune femme se laisse porter par les divers courants qui jalonnent sa triste vie. En voyage de noces et suite à l’autorisation de son mari, elle part se promener le long de la plage après une halte à la vue d’un numéro de cirque. Et puis là, Plouf !!! plus rien ! Seul un chapeau et quelques étoffes sont le signe de son existence qui tant à s’être achever d’une brutale façon.
C’est ainsi que Justan Lockholmes apparaît, tel la lumière sortit des ténèbres venant éclairer par son savoir indiscutable une scène de meurtre? de suicide? d’enlèvement ? Tout le monde sait, Justan est LE détective à la mode. Son savoir, son sens de déductions, sa prestance, son charme mènent à bout toutes les enquêtes qu’il diligente. Il a appris auprès du meilleur et c’est un honneur pour lui de servir sa ville et ses habitants. La disparition de Elisabeth Smith est un sacré casse-tête. Malgré ses conclusions, il n’est pas convaincu de son résultat. Les années défilent et voici que ce nom réapparaît sur un mur ensanglanté du domicile d’un riche personnage où une prestigieuse parure (semi-parrure) a disparu. Quelque peu embarrassé  et bousculé par le chef de la police, Justan se doit absolument de résoudre rapidement cette enquête qui fleure bon les ennuis et les imprévus.

 

Voici un polar que je qualifierai d’atypique. Ce premier tome m’a permis de faire la connaissance de Jérémy alias Justan, cela sonne tellement « so british ». Un jeune homme prétentieux, égoïste, manipulateur, finaud, largement con sur les bords, pédant … Mais il devient intéressant de découvrir au fil des pages que tout cela sonne comme une mauvaise blague dans le but évident de camoufler qui il est. Un jeune garçon défavorisé, élevé par un clochard dingue. La panoplie parfaite et surfaite d’un gentleman qui flippe dans son slip à la moindre goutte de sang et dont l’élaboration de ces plans est foireuse, vraiment foireuse. Justan a de la gueule, il sait en jouer et cela fait tout son charme. Toutefois et heureusement qu’il est rejoint au cours de son enquête par deux femmes (vive la parité !) et le fils du chef de la police un brin loufoque et aux tournures de phrases qui font sourire (c’est trop mignon mais je suis sûre qu’il cache quelque chose le type !).  Trois personnages qui contrebalancent la personnalité de Justan et qui sauve les pots cassés. J’ai beaucoup aimé l’histoire, quelques rebondissement servent la trame et surtout quelques points restent non résolus (histoire à suivre !). J’ai déduit que cette histoire d’Elisabeth Smith sera le fil rouge des tomes à venir. (Enfin je l’espère ….). Juste un petit bémol qui m’a quelque peu dérangée. L’auteure saute du coq à l’âne dans un chapitre. Grrrrr ! Il faut suivre certes mais la visuelle que je suis (oui je suis chiante) aurait aimé un petit saut de ligne. Et hop ! comme ça, on sait qu’il y a une nouvelle idée qui va être développée. (Voilà la seconde casse-bonbons est close !). Pour en revenir j’ai été charmée par les personnages à la fois loufoque et attachants. Ce premier tome pose les bases d’une histoire qui se développera plus tard. Une intrigue à la sauce anglaise. Quelques références fleurissent ici et là, mais je n’ai pas porté grande attention, elles ne font pas l’histoire ! Une intrigue où les rebondissement enhardissent un scénario « Chapeau melon et botte de cuir », sauf que le James Bond n’est pas celui que l’on attend !

 

Un polar à l’humour franc et sans froufrou auquel j’ai été sensible et ça, ça me plaît !

 

Une chronique de #Esméralda.

CE QU’IL FAUT DE NUIT, un roman de Laurent Petitmangin.

Je pense que ça été une belle vie. Les autres diront une vie de merde, une vie de drame et de douleur, moi je dis, une belle vie.


C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

C’est l’histoire d’un deuil, du courage et d’abnégation. C’est l’histoire de l’ivresse, de la peur et de l’absolution. C’est l’histoire d’hommes qui se débattent dans leur propre brouillard, en apnée, sur le chemin parsemé de doutes et d’espoirs. C’est l’histoire d’une famille, d’une multitude de familles dans toutes ces facettes multicolores et d’unicités.
Le père, Fus, Gillou, une famille amputée d’une maman, d’une épouse emportée par le cancer sans se battre, sans se rebeller. Un abandon douloureux mais silencieux. Peu de mots sont mis sur cette situation mais les attentions sont nombreuses. La vie reprend ses droits. Le foot, les vacances, les dimanches loin de l’hôpital. Le soleil perce ce brouillard insistant. Les enfants deviennent des adolescents. Une période où la recherche de leur identité et valeur s’intensifie. Une période laissant place au monde des adultes. Trois chemins qui se séparent où Gillou reste ce point d’ancrage, cette passerelle neutre. La vie avance doucement et puis elle explose en un coup de poing. L’amertume, la rage, la folie s’emparent de l’un d’entre eux. Case prison. Case remord. Case incompréhension. Case tristesse. Case effondrement.

 

CE QU’IL FAUT DE NUIT est un concentré d’émotions pures. Elles accaparent, interrogent et bouleversent. Un premier roman qui fascine par l’humilité qui en découle. Des mots forts, acérés et percutants tels une douce mélodie d’une vie où la douleur s’est invitée insidieusement. Les non-dits, la peur de l’abandon, la peur de la discorde, la peur de la fuite clouent les mots, les enfoncent dans les entrailles prenant racine au cœur de ce vide trop plein. L’espoir gagne parfois mais la désillusion remporte souvent les batailles. La lâcheté face à la douleur, s’interdire de ressentir ces émotions superflues qui ne demandent qu’à exploser, qu’à être entendues. Un tableau grandiose d’hommes dans leur plus belle et grande fragilité. Une symphonie discordante où les accords n’ont aucune utilité. Un portrait sans fioriture, sans filtre d’une beauté fracassante !

 

Un premier roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

LES APRÈS-MIDI D’HIVER, un roman de Anna Zerbib.


« C’était l’hiver après celui de la mort de ma mère, c’est-à-dire mon deuxième hiver à Montréal. J’ai rencontré Noah et j’ai eu ce secret. Tout s’est produit pour moi hors du temps réglementaire de la perte de sens. Longtemps après les premières phases critiques du deuil, que j’ai bien étudiées sur Internet. Les événements se sont déroulés dans cet ordre, de cela je suis sûre. Pour le secret, je ne suis pas certaine, il était peut-être là avant, un secret sans personne dedans. »
Dans ce roman vibrant d’émotion, Anna Zerbib fait l’autopsie d’une obsession amoureuse où le désir, les fantasmes et les petits arrangements avec le réel sont autant de ruses pour peupler l’absence, en attendant les beaux jours.

Ce qui ressortira de cette lecture, c’est sans aucun doute, la puissance et la beauté de la plume de Anna Zerbib. Je pense que mon avis pourrait se suffire à cette seule phrase. Une rencontre bouleversante et inoubliable. J’adore ces envolées lyriques, ces mots qui coulent, qui s’entrechoquent et qui s’unissent au cœur de ce ballet sans fin.
Anna Zerbib raconte ici la douleur. Celle qui naît de la beauté d’une rencontre, celle qui s’installe dans chaque pli du cœur, celle qui s’épanouit dans tout le corps, celle qui meurt laissant ce sentiment d’un abandon unique.
Elle s’est installée à Montréal et a reprit ses études. Le premier hiver a laissé cette trace indélébile, la mort de sa maman. Une maman fantasque, bipolaire, dépressive qui était le cœur de toute sa vie. Un premier hiver rude, le plus marquant. L’hiver a pris son cœur, son corps, sa tête et le dégel n’est toujours pas terminé. Elle avance pas après pas, les souvenirs bons comme mauvais surgissent ici et là tels des madeleines de Proust. Venue étudier la littérature américaine à Montréal, elle passe son temps à écrire, à user sa plume. Alors en couple, l’irrésistible attirance pour cet homme du balcon supérieur, lui tombe dessus. Une sacrée tuile qui va bouleverser son monde, sa vie, son corps, son âme. Artiste maudit, lui, vit au rythme de ses contrats, de ses pérégrinations, de ses envies, de ses désirs. De vingt ans son aîné, il ne veut plus aimer, juste assouvir ses envies. Pas de relation, pas de promesses, juste des après-midi sans lendemain, sans rien, sans avenir. Sans mot inutile, sans fioriture.

 

Un deuxième hiver qui s’ouvre sur l’éternité des sentiments toxiques, uniques. Elle sombre, s’accroche à ses SMS promesses d’un nouvel après-midi merveilleux. Boulimique, elle attend. Elle dévore son corps décharné. Elle vomit l’insuffisance, le manque. Le corps se figeant peu à peu dans le froid, la glace dans une attente interminable d’un plus utopique. L’hiver se saisit de cette douleur lancinante, l’apprivoise, la façonne et quand le dégel s’annonce, elle surgit anéantissant le peu, le désir, la croyance à cet autre.

 

Anna Zerbib signe un premier roman d’une qualité rare. Si le scénario est quelque peu simple, j’ai fortement apprécié sa plume, son écriture. Elle puise la douleur, se l’approprie et la relate d’une manière touchante et émouvante. Une lecture dont j’ai savourée chaque phrase me laisser baigner dans ce froid insidieux et douloureux, attendant que l’engourdissement s’envole et catapulte les esprits. Un  roman puissant où la reconquête des corps et de l’âme offre le sublime dans la noirceur.

 

Une roman que je vous invite à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

THE REVENGE PLAN, une romance de Linda Kage.


Quand la vengeance devient tentation. 
 
Lorsqu’elle découvre en rentrant chez elle un soir que son petit ami la trompe avec l’étudiante qui partage sa chambre, Haven est dévastée.
Pour se venger de cette trahison, elle imagine un plan aussi simple qu’efficace : se rapprocher de Wick Webster, l’ennemi juré de son ex, afin de rendre ce dernier jaloux. Ça tombe bien, Wick semble tout disposé à l’aider et accepte même de l’accueillir en tant que nouvelle colocataire. Mais très vite, Haven prend conscience que la cohabitation va être beaucoup plus difficile qu’elle ne l’imaginait. Car Wick est un sportif dangereusement séduisant, et ses attentions quotidiennes en font une tentation redoutable…

Je vous avoue direct, le résumé est quelque peu différent de l’histoire. Si il vous semble évident que Wick est pris a parti dans cette histoire de vengeance, il en est tout autre.
Lorsque Haven arrive un peu plus tôt que prévu dans sa chambre d’étudiante, c’est la douche froide, carrément des trombes d’eau qui s’abattent sur elle. Son petit ami avec lequel elle pensait vivre toute sa vie avec, est nu comme au premier jour de sa vie entrain de fourrer son machin dans le machin de sa colocataire est accessoirement amie. Si j’emploie ces mots là, c’est par-ce que l’auteure à quelque peu un langage assez simple et familier et c’est un de ces points qui ne m’a pas permis de matcher avec cette romance. Une romance sans un brin de poésie et de bon sens, c’est quelque peu dérangeant pour la lectrice que je suis.
Maintenant que je t’ai prévenu de mon plus gros souci, je passe donc à l’histoire. Tu as compris que la scène initiale est le déclenchement de catastrophes et de rebondissements à venir. Alors qu’Haven est statufiée par la vision pas du tout onirique de la scène, elle prend ses jambes à son cou. Filant dans les couloirs du dortoir, elle se prend en plein face le torse inébranlable de …. Wick ! Paniqués et déboussolés par cette situation sortie de nulle part, Wick décide de la cacher dans la chambre de sa sœur dont il sortait et de la protéger de l’énergumène qui tambourine à la porte comme un forcené et qui plus est, est son ennemi de toujours. Cette rencontre dans le chaos va être les prémices d’une histoire rocambolesque qui s’éternisera entre découverte de l’un de l’autre, de confidences, d’espoir et de vengeance. Car cette dernière est bien tenace et réelle et Haven est prête à tout pour la mettre en œuvre quitte à se brûler les ailes et en à entraîner son nouveau colocataire contre son grès.

 

Haven est une gentille fille. Téméraire et têtue, elle sait rester discrète mais n’hésite pas à balancer les quatre vérités. Maladroite et impulsive, les situations ubuesques, elle connaît.

 

Wick est un jeune homme pas très à l’aise, surtout en présence de Haven. Prévenant, gentil, compatissant, pas vraiment tête brûlée, fleur bleu, attendrissant … la parfaite panoplie anti bad boy.

 

Entre eux, c’est rapidement je t’attire mais ce n’est pas possible. Et aucun d’entre eux ne cache leur attirance mutuelle. La gène s’installe parfois malsaine et  souvent étincelante.

 

Vous l’aurez peut-être compris, l’histoire s’étiole autour de cette vengeance qui prend des proportions pharaoniques au point de laisser une capote usagée (tentative de création des petites bêtes grâce à de la lessive et autre ingrédients saugrenus) et un soutif dans le lit du fautif. Mission accomplie sauf que ce qui ne devait pas arriver, arriva. Pris la main dans le sac, se concluant par une gifle monumentale dont l’heureuse élue n’est autre qu’Haven !

 

Heureusement que les membres de leur famille respective sont un brin loufoque et déjanté. Du pep’s bienvenue qui a su rehaussé mon intérêt pour l’histoire.

 

Vous l’aurez compris, cette lecture m’a laissé un léger goût d’amertume. J’ai souvent eu cette impression de tourner en rond où la seule issue était évidente. La pseudo histoire qui s’invite entre les chapitres est quelque peu décousue, même si j’ai été surprise par le dénouement. Il n’y a pas véritablement de surprises, tout coule de source. Il est tout de même intéressant de voir évoluer les sentiments des deux protagonistes au cœur de ce charivari. Cela reste une lecture simple mais qui n’a pas su faire chavirer mon cœur et ressentir ces fameux picotements que l’on peut retrouver dans les romances. Pas de flop, mais pas de coup de cœur et pourtant ce ne sont pas les avis dithyrambiques qui manquent !

 

Une chronique de #Esméralda

 


DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle

… le site des éditions ACTES SUD JUNIOR

… Mon avis sur le premier tome, clique sur la photo pour le découvrir.