VIRGILE ET BLOOM, un roman ado de Joanne Richoux.

ROMAN FANTASTIQUE

Éditions Actes Sud Junior


Bloom, étudiante en psycho, s’est éprise de son professeur de violoncelle. Virgile est sexy, lunatique, et… mort. Un foutu vampire de 283 ans, du genre dépressif derrière des lunettes en forme de cœur. Problème, la mélancolie fait geler le sang des vampires et les tue. Sur un coup de tête, Bloom vole la voiture de sa sœur et emmène Virgile à Brocéliande. Il paraît que, là-bas, une communauté de monstres s’ébat joyeusement sous terre.
Est-ce que la jeune fille se lance dans ce voyage parce que la fin du monde approche ? Parce qu’elle n’a rien à perdre ? Ou simplement mue par ses sentiments naissants pour Virgile ?
Une romance sensuelle, déjantée, à l’énergie rock, qui se dévore comme une série.

 

Ma note : 5/5 mention « coup de coeur »
Nouveauté 2021
304 pages
Disponible au format numérique et broché.

 


MON AVIS

A la lecture du résumé vous vous êtes dit encore une énième histoire de vampire dont l’humaine tombe amoureuse. Je ne peux que vous donnez raison mais c’est le seul point unique que vous pourrez contester. Je vous assure au-delà de cela, Joanne Richoux nous livre un roman engagé, combatif et turbulent.

 

Bloom est fascinée par la psychologie. Elle adore décortiquer les méandres des âmes malgré ses propres problèmes. Rebelle jusqu’au bout des cheveux, elle se fiche quelque peu des conventions et des règles qui régissent la société. Pour ses cours de violoncelle, elle fait appel à un gars bizarre mais doué, Virgile. Elle l’observe scrupuleusement pendant des semaines, tous les jeudis, et ses conclusions lui semblent évidente : Virgile est un vampire. Loin d’être effrayé par son secret éventé par la belle, Virgile, mélancolique jusqu’au bout des ongles, se laisse guider par la tempétueuse Bloom qui n’en revient toujours pas d’avoir mis le doigt sur une évidence qui reste malgré tout effrayante mais sensationnelle. Bloom dissimule très mal ses sentiments naissant envers le vampire qui ne semble pas réceptif et surtout mal à l’aise. Les voici donc direction Brocéliande où se cacherait une communauté extraordinaire. Un périple où les deux jeunes gens vont apprendre à se connaître et à se dévoiler. Un périple qui se conclura sur une nouvelle aventure où  le moindre faux pas pourra leur coûter la vie.

 

Une nouvelle fois Joanne Richoux a su me surprendre avec cette histoire déroutante et totalement fascinante. Un roman assez court qui va directement à l’essentiel sans se préoccuper de nombreux détails superflus. Elle revisite ce côté vampire en quelque chose de déconcertant, d’unique et d’extravagant. Des créatures toutes aussi étranges, entre mythologie et récit fantastique, Joanne Richoux nous propose tout au long de son récit énergique, un univers exceptionnel. Au-delà de l’aspect scénaristique, Joanne Richoux aborde plusieurs sous-thème tout à fait intéressant. Le tournant de mai 68, l’émancipation féminine, l’écologie et la condition humaine. Virgile et Bloom est sans contexte une histoire au message engagé au cœur d’un monde fantastique. Un roman ado qui se dévore. Porté par une plume qui met en exergue les sentiments des protagoniste et les les sujets développés, ce roman et son côté aventure sont hypers addictifs. De l’action et de la réflexion, quoi demander de plus !?

 

Un sacré coup de cœur pour moi et je ne peux que vous le recommander chaudement !

 

NOUS SOMMES TOUT UN MONDE, une dystopie de Justine Augier.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Actes Sud Junior


Dans NOTRE BELLE ZONE, tout est propre, ordonné et contrôlé. Un véritable havre de paix protégé du chaos extérieur, des pandémies et de mégafeux, par un haut mur d’enceinte, où chaque citoyen aspire à donner le meilleur de lui-même pour le bien-être de tous. Cloîtrée avec sa mère dans un petit appartement, Cléo semble accepter sa vie parfaitement réglée entre les sessions d’instruction sur le réseau Mondo et les rares sorties autorisées …
sous la surveillance étroite des drones. Pourtant, le doute s’installe en elle, l’image de la cité parfaite se fissure. Pur trouver les réponses à ses question, il lui faudra franchir le mur, prendre des risques, elle le sait.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cléo a grandi dans une cité enclavée. La majeure partie de son temps, elle l’a passée dans un appartement exigu au côté de sa maman. Son espace de vie se résume à sa chambre où dès 2 ans elle a été scolarisée via un réseau interconnecté, le Mondo. Sa vie jusqu’à présent est consacrée à l’apprentissage formaté par les hautes sphères de la cité. Son seul loisir, le potager sur le toit de son immeuble et sa sortie hebdomadaire (préétablie par les hautes instances). Les drones veillent, toutes les communications sont contrôlées, également ce qu’elles mangent. Son seul ami, Ilya, son voisin orphelin à peine plus âgé qu’elle. Cléo est satisfaite de cette vie et jusqu’à présent elle n’a jamais rien remis en cause, au contraire elle veut paraître parfaite, le modèle par excellence de la jeunesse de la Belle Zone. Cette dernière a été créée par deux frères richissimes avides de pouvoir tout en apparaissant protecteur envers un peuple livré à lui même et fragile. Créée suite à une pandémie, elle a pour but initial de protéger toute la population. Mais la réalité cache une vérité toute autre et elle est effrayante.

 

Ce roman ado a un thème qui nous évoque à tous notre quotidien depuis de nombreux mois, hélas. Justine Augier nous offre une perspective alarmante d’un monde en déroute, d’abus de pouvoir et où les libertés individuelles ne sont plus qu’un doux rêve. Issu d’un monde réduit à l’impassibilité, le façonnage des esprits est devenu le seul « libre arbitre ». Le contrôle des moindres faits et gestes est omniprésent jusqu’à vous dire quel chemin vous devez prendre pour faire votre balade hebdomadaire. Une héroïne toute mimi et toute gentille mais qui a du plomb dans la cervelle. Fine observatrice, elle va se poser quelques questions qui vont la pousser à découvrir par elle même, de quoi il en est en dehors de ces murailles protectrices de la cité. Un roman qui fait écho à nos peurs, à nos questionnements et à notre recherche de liberté. Un roman rythmé qui pose intelligemment les bonnes questions et qui ouvre le débat sur la définition de liberté individuelle lorsque une menace pèse sur l’ensemble de la population. Il est question également de frontière à ne pas dépasser et comment les définir équitablement, humainement respectueuse et non liberticide. Un ensemble qui ouvre au débat. Le scénario est irrésistible. De nombreux rebondissements jalonnent les chapitres nous portant vers un final assez cocasse où l’autrice nous laisse, finalement, devenir l’initiateur d’un nouveau monde (et peut-être façonné à notre propre image).

 

Un roman essentiel dans notre monde d’aujourd’hui notamment pour les plus jeunes où leur esprit critique est en construction. Il permet de lancer un débat en parallèle et d’ouvrir une argumentation. Vivant au travers des réseaux sociaux qui finalement leur offrent un peu de tout et du grand n’importe quoi, il est évident que NOUS SOMME TOUT UN MONDE est une pépite à mettre dans les mains des jeunes lecteurs et lectrices. J’ai eu quelques craintes au départ notamment au thème qui nous touche de trop près, mais peu à peu j’ai été séduite par l’engouement de l’héroïne et l’espoir qu’elle éprouvait face au déni de la population éviscérée de toutes ses libertés.

 

Une très belle découverte et un joli coup de cœur pour ce roman ado qui vaut le détour !

 

LE CLAN DES CABOSSÉS, tome 1 : Petite peste, un roman enfant de Jo Witek.

ROMAN ENFANT

Éditions ACTES SUD JUNIOR

Illustration : Walter Glassof

Lecture dès 9 ans


Écartez-vous, Jessie et sa bande débarquent !
Avec son franc-parler et son culot pas possible, Jessie fait trembler le petit monde de Valras-Plage et mène à la baguette le Clan des Cabossés. Des gamins hors des clous comme elle, avec qui personne ne veut traîner : Manuel qui bégaie, Arthur qui est un peu moche, Alice trop belle et trop timide. Mais derrière cette petite peste, n’y aurait-il pas un cœur tendre ?
“Faire des bêtises, rigoler ou sauver le monde”, c’est la devise d’un clan pas comme les autres. On a tous en nous quelque chose de cabossé !
Ma note : 4,5/5
128 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Ah les vacances, quand on est môme c’est juste merveilleux, parfois barbant le temps de se faire des copains et des copines, mais après c’est le paradis. J’y trouve mes plus beaux souvenirs de gamine : des sardines qui s’échappent par le siphon, des parties de pêches et de pétanques, les auto-tamponneuses, les booms , les garçons … et la casquette de ma mamie, éternel symbole de surveillance.

 

Jessie, Alice, Manuel et Arthur sont tous des cabossés. Jessie est une terreur qui aime régner sur la petit ville de Valras-Plage, Alice est très timide, Manuel bégaie et Arthur n’est pas très beau.

 

C’est à l’initiative de Jessie que le clan des cabossés voit le jour et pour lequel elle recrute ses acolytes. Sillonnant le bord de plage et les rues de Valras à bord de la Jessie’s rosalie, la bande prend leur revanche sur ce monde qui ne tolère pas la différence. Mais Jessie va un peu trop loin et les trois ami.e.s ne sont pas certains du bon sens de ces actions. Entre eux, ils doivent se serrer les coudes et l’amitié prévaut sur la normalité.

 

Voici un roman pour les jeunes lecteurs ( et les plus vieux aussi) débordant de malice et de pertinence. Il ouvre la discussion sur la différence, l’inclusion, l’amitié et ce qui est bien et mal. Quatre personnalités atypiques qui se sentent inlassablement rejetées. Entre eux, la franchise est de prime et ne blesse aucunement. Accepter sa différence est parfois difficile et le clan est un sacré baume pour ces enfants. Outre la bande on y ressent toute l’atmosphère liée à l’ambiance de la plage et des vacances. C’est un grand bol d’air iodé et je vous assure que cela fait un bien fou. En tant qu’adulte, je me suis remémorée tous ces vacances d’enfance. Quelle nostalgie !

 

Ce premier tome est idéal à mettre dans votre valise de vacances. Lecture que vous pouvez partager avec votre enfant ou neveu et nièce. Les chapitres courts et les illustrations sont appréciables et permettent d’enchaîner sur la compréhension du texte ce qui me semble nécessaire et juste.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA


NADIA MURAD : NON À L’ESCLAVAGE SEXUEL, un document de Maria Poblete.

DOCUMENT ADOLESCENT

ÉDITIONS ACTES SUD JUNIOR – Collection Ceux qui ont dit non


Nadia Murad a vu périr une partie de sa famille sous les coups de l’Etat islamique qui l’a réduite à la condition d’esclave sexuelle. Ayant réussi à s’évader, elle a commencer à lutter pour la libération de ses soeurs yézidies. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2018.
Ma note : 5/5 mention « à découvrir absolument »
96 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Je découvre pour la toute première fois la collection « ceux qui ont dit non » qui s’adresse à nos jeunes lecteurs dès 12 ans. Des documents très courts et donc condensés sur divers sujets tel que la colonisation, l’injustice, l’humiliation, la violence, la discrimination, l’oppression, le viol …. et tant d’autres.

 

Maria Poblete met en avant ici une personnalité publique, Nadia Murad, au travers de son parcours que vous connaissez peut-être. Nord de l’Irak, un petit village, Kocho, appartenant à la communauté des Yézidis, minorité persécutée. Enlevée à l’âge de 21 ans par l’État islamique, elle est vendue de nombreuses fois comme esclave sexuelle. N’ayant jamais renoncé à sa liberté, elle parvient à s’échapper et à rejoindre un camp de réfugiés où elle sera prise en charge et trouvera asile en Allemagne où elle entreprendra un long travail de reconstruction et faire valoir sa voix et la condition des femmes. Elle recevra le prix Nobel de la paix en 2018 pour son engagement.

 

J’ai vraiment été séduite par le format et la manière dont Maria Poblete aborde la vie de Nadia Murad. Elle se concentre sur les événements cruciaux qui ont jalonné sa vie. Elle les expose sans filtre terminant son récit par un passage du discours de remerciement lors de la remise du prix du Prix Nobel. La seconde partie est consacrée aux différentes façons de faire la guerre où les notions suivantes sont abordées : « le viol, arme de guerre », « les survivantes réclament justice », « du côté des instances internationales », « prostitution et proxénétisme en Europe ». La troisième partie reprend la chronologie de la vie de Nadia Murad.

 

Une lecture que je vous recommande vivement. Le format sera apprécié par les plus jeunes. Pour ma part, elle m’a permis de découvrir le combat de Nadia Murad et je n’ai pu m’empêcher de me procurer son témoignage « POUR QUE JE SOIS LA DERNIÈRE » que je fais lire très vite.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

T’AS VRILLÉ, un roman ado de Joanne Richoux.


C’est l’histoire d’une première fois, celle de Danaël, dix-sept ans, englué dans l’ennui et sa cambrousse, avec Florine, gothique, i nsaisissable, fugace. L’histoire d’une désillusion, un premier amour à sens unique, un «crush» obsédant qui vire à la possession, à la violence. L’écriture vive et incisive de Joanne Richoux dissèque cette frontière parfois mince entre l’amour, la folie, la haine, l’exacerbation des sentiments à l’adolescence.

Il n’y a pas à dire mais cette collection des éditions Actes Sud Junior recèle de nombreuses pépites et le petit dernier de Joanne Richoux qui a rejoint leur rang est juste une bombe.

 

L’adolescence juste cette période cruciale où l’on construit son identité. Vivre en pleine campagne n’a rien de glorieux. Juste un skatepark, un cimetière et des silos abandonnés. La misère qui s’étale et envahit tout, les âmes, les corps, les maisons.

 

Danaël suit sa vie comme elle se présente.
Une vie banale. Un jour de colle, il ose s’installer à ses côtés. La gothique lui passe un écouteur et la musique du groupe Nirvana bouleverse le jeune homme. Un crush auquel il va s’accrocher vivement. Pour elle s’est juste de l’amitié, la solitude se barrant ainsi de temps à autre. Avec elle, il va découvrir les premières fois. Le premier cadeau, le premier baiser, le premier moment de confidence, le premier pas vers l’âge adulte. Protecteur et attentionné, Danaël s’enfonce dans le monde de la possessivité. Un monde qui trouve normal, un monde où ses gestes sont légitimes et où sa violence n’est que la résultante de ses sentiments explosifs.

 

Joanne Richoux signe un nouvelle bouleversante. En un claquement de doigt, on devient Danaël. On comprend ses attentions, ses attentes, ses rêves, ses désirs mais très vite on remarque qu’il a dépassé cette frontière ténue entre l’amour et la possession malsaine. Une plume sensible mais qui ne manque pas de nous faire rebondir. L’obsession de cet ado décortiquée à coup de bonbons. C’est dingue, c’est fou, et on a juste envie de hurler « stop ». Une nouvelle que j’ai juste adoré pour son histoire, son contexte et cette énergie déployée qui accapare et accable. Bref, Joanne Richoux adore désosser nos ados dans leurs travers. Ou sont-ils juste le reflet de notre société qui part en vrille ?

 

A découvrir sans tarder !

 

Une chronique de #Esméralda

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… Mon avis sur un précédent roman de Joanne Richoux

DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

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MAUVAIS SANG, un roman ado de Catherine Dabadie.


Giacomo a dix ans quand il découvre, après une descente de la police chez lui en pleine nuit, une vérité difficile à avaler : son père n’est pas qu’un simple carrossier à la sortie de la ville, il exerce des activités autrement plus lucratives et beaucoup plus illégales aussi. Il a juré fidélité à une autre « famille » : la mafia.
Son père en prison, le garçon grandit dans une culture machiste et, à l’adolescence, son oncle Riccardo l’initie aux opération de racket chez les commerçants, le pizzo. Jusqu’au jour où l’une d’elles finit mal. L’adolescent est arrêté et un juge décide d’une mesure d’éloignement dans le nord de l’Italie. Le petit caïd se retrouve du jour au lendemain coincé dans un vaste domaine viticole… dirigé par des femmes. Sous sa nouvelle identité, Giacomo devenu Otto se cherche, entre conflit de loyauté avec son clan, velléités d’émancipation et idylle secrète avec la belle Livia.

Giacomo découvre que son père fait parti de la mafia. Une de ses têtes dirigeante qui baigne dans toutes sortes de complots et d’affaires criminelles. Alors que ce père est à la fois un héros, effrayant et mystérieux, Giacomo, à peine adolescent, fait la connaissance de ce milieu. Un héritier qui se doit d’être formé, éduqué selon les lois du clan. Rackets, agressions, son quotidien devient une suite de violence, de soumission, à laquelle il n’adhère pas tant que ça.
Sa vie se délite. Sa mère sombre. Son avenir est tout tracé. Son adolescence ne lui appartient plus. Un impayé et un tabassage à mort plus tard, Giacomo est reconnu coupable. N’étant pas encore mineur, un juge consciencieux de l’univers dans lequel évolue Giacomo, lui offre une chance de se reconstruire ailleurs sous une nouvelle identité, loin de sa mère, loin des siens, loin du clan.

 

Déstabilisé par ce ce nouveau cadre, ces femmes investies et son nouveau collège, Otto a du mal à s’adapter. Une inaction qui le rend mal à l’aise. La suspicion, le mal être, il est difficile pour lui de se défaire des liens du sang, du clan. Comme si tout cela n’était qu’une illusion et que cette beauté allait devenir son point faible. Et puis il rencontre la belle Livia. Rayonnante, atypique, amoureuse de la nature et des mots qui s’envolent vers les nuages. Sa douceur, sa gentillesse, son aura le séduisent en un claquement de doigt. Peut-être qu’il a droit lui aussi à sa part d’amour et de bonheur ? Si le clan ne lui met pas la main dessus.

Cette fille me souriait comme si on s’était déjà connus et qu’elle était contente de me retrouver. Tout son être irradiait et je l’ai laissée m’inonder de sa lumière. Je me suis demandé si c’était ça, un instant de grâce.

Catherine Dabadie signe un roman ado bouleversant. Elle aborde le thème des liens familiaux avec perte et fracas Le courage et la force contribuent au détachement de liens consolidés de générations en générations. L’amour, renfort improbable dans ce monde de brutes, adoucit ce monde de violences et lois d’un autre siècle. Héros moderne catapulté dans un monde dérivant où son libre arbitre est confronté aux règles séculaires. Une plume acérée aux mots justes et à l’intonation parfaite résonnent avec clarté. Douloureux et passionnant, MAUVAIS SANG, captive.

 

Une chronique de #Esméralda

J’AI 14 ANS ET CE N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE, un roman ado de Jo Witek.

Je décide de crier ! De ne plus m’arrêter de crier. C’est la seule façon de les faire réagir. De briser leur monstrueuse loi du silence.


En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi.
Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

Voici une lecture toute aussi touchante que bouleversante.
L’histoire se déroule quelque part dans le monde. Pour ma part elle m’a transportée en Afrique Sub-saharienne. Mais elle aurait pu très bien avoir eu lieu en Asie ou ailleurs.
Efi est une jeune fille de 14 ans. Elle vit en ville chez sa tante et est scolarisée au collège. Elle adore aller à l’école et apprendre. La littérature la passionne et l’ingénierie est vers quoi elle se destine. Elle souhaite apporter dans les villages éloignés le confort moderne. L’accès à l’eau, à l’électricité et à tout ce qui fait défaut, permettrait aux jeunes filles de suivre une éducation à l’école et défaire les schémas archaïques qui régissent les communautés. 
Efi, perchée sur la moto de son oncle, en direction de son village pour les vacances a des idées et des rêves plein la tête. Retrouvée sa grande famille, ses meilleures amies et même son grand frère distant et jaloux est un grand moment de fête pour elle. Elle revient avec des bonnes notes et les appréciations de ses professeurs sont éloquentes. Dans son sac, des livres prêtés par son professeur de français qu’elle dévorera tard la nuit, à la l’aide de la lumière frontale, un cadeau. Efi est sur son nuage, loin de toutes les obligations du village et de sa famille.

 

Son arrivée est timide. Les cris et les grands gestes, les embrassades, les rires, les larmes ne sont pas au rendez-vous. Heureuse d’arriver à bon port, Efi prend rapidement ses marques. Ces petits frères et sœurs ont bien grandi et elle apprend qu’un nouveau bébé ne tardera pas à arriver. L’atmosphère apaisante de la nature, des grands arbres, de l’eau et de la maison la revigore. Alors qu’elle se promène, elle est ramenée manu militari chez elle. Elle est nubile à présent, elle n’a plus le droit de se promener seule et de s’habiller comme une fillette. Désarçonnée par ce mot, elle ne voit guère arriver le présage du mariage. Lorsque la réalité la frappe, son monde s’écroule d’un seul coup. Elle n’aurait jamais cru qu’à 14 ans, elle allait se marier.

 

Jo Witek signe une nouvelle un roman ado poignant. Le mariage forcé est un thème qui interpelle. Il n’a pas de frontière et ne se cantonne pas à des aprioris. Il est choquant et immoral. Efi apprend à ses dépens que sa vie ne lui appartient pas. Que ses envies, ses libertés, ses rêves ne sont qu’une triste illusion. De nubile, elle devient une femme objet prête à satisfaire les demandes de son mari. D’étapes en étapes, Jo Witek insuffle à son roman un caractère tragique. Elle dépeint avec honnêteté les émotions qui traversent le personnage. Les questions, les doutes et la peur fuient de son corps qui ne lui appartient plus. Mais à contrario, elle instille cette légère note de liberté, de lumière. C’est un roman captivant et douloureux. Prenant par sa forme et ses maux, cette histoire est subjuguante et surtout intergénérationnelle.

 

Un roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

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LES DERNIERS DES BRANLEURS, un roman ado de Vincent Mondiot.


Gaspard, Minh Tuan et Chloé sont les trois losers du lycée. Le trio inséparable sèche les cours, passe son temps à glander entre fumettes, gueules de bois et infinies discussions sans queue ni tête sur la sexualité des schtroumpfs. Pour les trois élèves de terminale, le bac est un horizon lointain et sans intérêt.
Mais le jour où leur prof principale, à bout de patience et d’arguments, les traite de « branleurs », les voilà estomaqués. Une pointe d’orgueil les pousse finalement à vouloir décrocher ce diplôme. Ce qui n’est pas gagné. C’est là qu’intervient Tina, jeune migrante surdouée récemment arrivée dans leur lycée. Se met alors en place un stratagème de triche probablement bien trop compliqué pour les trois ratés autoproclamés… Avec un esprit punk et BD, des airs à la Riad Sattouf, l’héritage de Salinger, un roman drôle et provoquant, bourré de références à la culture populaire.

Vincent Mondiot aborde cette dernière année de lycée avec un œil acéré, un humour dramatique et une ouverture d’esprit totalement irréprochable. Se mettre dans la peau de ce trio est un exploit en lui-même. Gaspard perdu dans une déprime qui a peut-être bon dos, est celui qui est le plus déconnecté du monde. Dans les nuages, désabusé, stone la plupart du temps, Gaspard ne vit que pour le porno, les mangas (un peu porno), les jeux vidéos. Un baba cool dans toute sa splendeur.
Minh Tuan est le fils de. Son père travaille pour une ambassade et il est tout désigné pour suivre les pas de son paternel. Minh Tuan est loin de s’en réjouir, il rêve d’une vie où aventures et amour seraient eu rendez-vous. Minh Tuan est celui qui en a le plus dans la tête mais qui en a rien à foutre. Il adore les mangas et les jeux vidéos. Le jeune homme est enfant unique et se trouve souvent seul. Des parents absents et qui ne s’en préoccupent pas !

 

Chloé aime dépasser les limites. Boire, raconter des bobards sont son passe-temps favori. Mais elle est plus préoccupée pour son avenir. Être adulte l’effraie. Le monde, le climat, l’avenir sont tous aussi obscurs que son esprit. Alors étudier à quoi cela servirait ?

 

Ce trio totalement badass m’a fait passé un moment de lecture inoubliable. L’auteur m’a immergée dans leur monde totalement inouï où sarcasme, humour et réflexions philosophique se côtoient. Une intensité naïve mais tellement pure que s’en est déstabilisant. Un humour qui frôle le ridicule mais qui reflète de manière subtile et ubuesque le monde flou dans lequel ils évoluent. Bien évidemment j’ai eu envie de leur botter le cul (c’est la maman que je suis qui parle) mais en fin de compte je trouve qu’il s’en sort plutôt pas mal sans trop d’égratignures et ils trouvent leurs voies dans leur foutu bordel. Et c’est là que j’en suis ravie. Le lycée n’est pas une finalité fatale et les derniers des branleurs en sont les témoins-victimes consentis. C’est un roman tout aussi percutant que hallucinant. Vincent Mondiot explore ces territoires inconnues qu’est l’adolescent et le pré-adulte. Les confins des esprits sont décortiqués, étudiés. Les réponses arrivent souvent d’une manière désordonnée et inadéquate mais elles fouettent les âmes de ces jeunes. Le désœuvrement est contrebalancé par ces idées tordues et alambiquées qui font sourire. Il y a ce quelque chose de Rock’n’roll, d’étourdissant et d’euphorisant qui empreint ce roman ado. Et la cerise sur le gâteau : ce narrateur omniscient qui éclaire notre compréhension sur des personnages furtifs ou alors ces situations incongrues, dans la marge. Et c’est un pur délice et totalement atypique et pour cela je dis un grand OUI ! Au vu des portraits et des traits de caractère de chaque personnage, il vous est offert de vous identifier à qui vous le souhaiter. Personnellement, j’adore ce trio improbable tout simplement car ils ne rentrent dans aucune des cases dictées par la société et c’est un beau pieds-de-nez. J’ai tout de même ma préférence pour Tina, jeune immigrée d’origine africaine, qui toute seule affronte la France et ces codes. Surdouée, pragmatique et adorable, Tina a la tête sur ses épaules. Elle pourrait faire de grandes études mais la réalité elle a su l’aborder avec réalisme et se tourne rapidement vers un métier manuel. Tina est la douceur incarnée et un esprit ouvert et la cœur sur la main, bravant les interdits pour ses branleurs adorés.

 

Un grand bravo pour ce roman ado d’un réalisme touchant où l’onirisme n’a pas sa place tout autant que la cruauté d’une vie irréalisable. Incisif, Vincent Mondiot aborde avec tact ce entre-deux temps où la réalité peut choquer. Rassurant Vincent Mondiot donne cette chance souvent manquante à ce peuple méprisé d’une génération de branleurs.

 

Les branleurs ne sont pas ici considérés comme une sous couche de la population étudiante. Au contraire le branleur est souvent imaginatif et créatif, à vos risques et périls !

 

Un roman ado à offrir et à découvrir !

 

Le monde ne se terminera jamais. Tant que Chloé aura ses amis, les gens qu’elle aime, le monde ne se terminera jamais. C’est à ça que ça se résumé, finalement, non ? Les gens qui nous ont touchés, ceux qu’on a touchés. C’est ça, le monde. Est-ce qu’ils se souviendront de nous ? Est-ce qu’on se souviendra d’eux ? Qui a eu un impact sur qui ? Qui a été qui ? Ouais. Genre, toute cette merde. C’est ça, le monde.

 

Une chronique de #Esméralda.

DARLING #AUTOMNE, un roman jeunesse de Charlotte Elrih et de Julien Dufresne-Lamy.


TOME 1/4
Le jour de la rentrée, après les cours, May reçoit un mystérieux message d’un compte Insta privé : « Tu étais si jolie aujourd’hui… ». Signé Y. Ce message est le premier d’une longue série. May est d’abord inquiète, méfiante, elle pense à toutes ces histoires d’emprise virtuelle – Y serait un pédophile ? un recruteur de Daesh ? un garçon torturé ? Mais puisque Y lui écrit tous les jours, sur un mode doux et romantique, May se sent de plus en plus rassurée.
Y est adorable et il semble la connaître de près. En parallèle, Néo, son frère jumeau que tout oppose et expert des nouvelles technologies, traque l’inconnu en espionnant les communications de tous les suspects possibles du bahut. Il pense que s’il découvre l’identité d’Y, sa sœur, qui le snobe, s’intéressera de nouveau à lui. Pendant des semaines, May vit intensément cette histoire si belle et si différente et avec ses copines, elle tente de démasquer le mystérieux prétendant : quel garçon du bahut ou de leur bande pourrait bien se cacher derrière Y ? Sans parvenir à connaître le nom de son admirateur, May tombe éperdument amoureuse d’Y. Elle le supplie de se révéler. Le jour enfin de leur rendez-vous, alors qu’Y attend déjà sur la place, May s’approche, nerveuse mais confiante. Elle croit en leur amour. Mais la jeune fille est à deux doigts de totalement déchanter.

May et Néo sont jumeaux. Ensemble, ils partageaient beaucoup de chose, avant que le collège et le lycée s’immiscent entre eux. May a été élue la fille la plus populaire du lycée, jolie revanche sur son passé, tandis que Néo, asocial, s’immerge davantage dans le monde des jeux vidéos et de la technologie.
Deux entités qui évoluent dans deux mondes fermés où règnent leurs propres règles. May joue la jeune femme fatale tandis que Néo tente de survivre dans ce monde de requin. Et puis, un jour elle reçoit un message anonyme. Un simple message dont elle ne prête pas gare. Et puis d’autres suivent, tous les jours, un message. L’inquiétude l’envahit peu à peu, imaginant tout un tas de scenarii. L’insistance de ce fameux Y se transforme en confiance et débute une correspondance (des temps modernes) où les cœurs se dévoilent et les mots prennent sens. La rumeur se répand au sein du lycée invitant tous et toutes en tergiversations diverses. May émet tout un tas d’hypothèses au point d’établir des listes. Jusqu’à ce jour fatidique où Y se dévoile et la surprise à l’effet d’une bombe. May sombre dans un mutisme, un désarroi profond. Elle ne mange plus s’enfonçant dans un état inquiétant. Son frère ne peut s’empêcher de la prendre sous aile. Ce rapprochement est une bouffée d’air frais pour May qui reprend ses esprits et tentent de voir plus clair dans ses sentiments, ouvrant ainsi une timide porte à ceux de Y.

 

Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy, un duo de choc, proposent un roman jeunesse aussi terrifiant que terrifiant. Je n’ai que 35 ans, mais je suis effarée de voir le gouffre qui me sépare de cette génération. La fiction rattrape la réalité créant une atmosphère à la fois légère et oppressante. J’ai pu constater que les adolescent.e.s se construisent autour des réseaux sociaux et sont sensibles à ce paraître. Cette correspondance initiée d’une manière sauvage et sournoise, au contraire opère comme un retour au source où les échanges ne se concentrent plus sur l’hyper-réalité mais au contraire sur les sentiments, sur la vie, sur les doutes.; une certaine ouverture d’esprit. Le poids des réseaux sociaux est un nouveau vecteur d’information où filtres et bon sens n’existent pas. Tout le monde peut se permettre de vociférer des menaces à peine cachées sans se soucier de l’impact psychologique qui pourrait être déclenché. Les réseaux sociaux se montrent être le vecteur du harcèlement. Mais il peut être également un véhicule de bienveillance selon la communauté qui est sollicitée. Erlih et Dufresne-Lamy abordent des thèmes actuels et délicats, intenses et douloureux. Ce monde me semble à des lumières de ce que j’ai pu connaître. Nos jeunes lecteurs ne pourront que facilement s’identifier aux personnages, comprendre leurs craintes, leurs espoirs, leurs illusions et désillusions. Le langage est approprié me déroutant souvent. Je n’ai pas eu l’audace de chercher la définition des mots ou expressions.

 

Ce premier tome de la sage Darling a de quoi chambouler le lecteur. Toutes ces émotions contradictoires rendent le roman intense. Prenant, captivant et édifiant, Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy dénotent pour le meilleur !

 

Une chronique de #Esméralda