DE L’OR DANS LES COLLINES, un roman de C. Pam Zhang.

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Western

Éditions Seuil – Collection Cadre Vert

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude
#Babelio

Au crépuscule de la ruée vers l’or, deux sœurs traversent les États-Unis avec les restes de leur père et un fusil pour tout bagage…
Lucy et Sam, filles d’immigrants chinois, sont désormais orphelines.
Ma est partie depuis un moment, Ba vient de mourir dans la nuit. Les deux fillettes livrées à elles-mêmes entament alors un long périple au cœur d’une nature inhospitalière, peuplée d’individus agressifs et souvent racistes, à la recherche de l’endroit idéal pour enterrer leur père. L’une est raisonnable et avide de connaissances, l’autre arbore et assume une identité de garçon, refusant de se plier aux règles du monde. Très vite hors-la-loi dans un univers qui ne veut pas d’elles, Lucy et Sam vont se confronter au rêve amer de l’Ouest américain, portées par leur imaginaire où se mêlent tigres et bisons géants.
C Pam Zhang est née en 1990 à Beijing, en Chine, puis est arrivée aux États-Unis à l’âge de quatre ans. Elle a étudié à la Brown University, à Providence et à Cambridge. Ses nouvelles ont paru dans The New Yorker, The New York Times, McSweeney’s Quaterly, Best American Short Stories, entre autres. Son premier roman, De l’or dans les collines, a été nominé dans plus de dix prix littéraires aux États-Unis, dont le Booker Prize, et a déjà été traduit dans dix-sept pays.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2022
336 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

C Pam Zhang nous entraîne au cœur d’un western complexe et multiculturel. Sam et Lucy sont les dignes héritières d’un passé houleux et tu. Façonnées par la vie sauvage et dure des contrées de l’ouest, à roulotte, sur une mule ou un cheval, dans des cabanes insalubres, elles se sont construites sur des légendes où le courage et la valeur de l’homme prédominent. Ba et Ma, mutiques sur leur origine, sur leurs passés respectifs, construisent la vie de leurs filles sur ces non-dits. Lucy est intelligente, belle. Sam est devenu par la force de la vie, un garçon manqué. Leurs vies prennent deux chemins différents. L’une veut de l’or, l’autre la reconnaissance.

 

Terres désolées, assoiffées, noires, sèches, rudes aux couleurs de l’or, celui tant cherché, convoité, source de toutes les violences commises par l’homme. Ces terres voient défiler ces deux sœurs décharnées à la recherche de la terre promise, du signe, qui leur permettra de mettre en terre leur père. Des pas, des milliers de pas, le ciel, le soleil sans pitié, le vent murmurant, témoins d’une agonie, d’une souffrance silencieuse. Une quête qui les portera au-delà de cette misérable errance. L’une découvrira la richesse du paraître l’autre celle laborieuse et dérobée.

 

Et tel un cercle vicieux va leurs vies emprisonnées par leurs choix et leurs passés. Un lourd héritage silencieux trimballant l’oubli, le désœuvrement, l’égoïsme.

 

Ce roman m’a totalement déstabilisée notamment par sa construction et sa forme. L’écriture rude, franche, saccadée confère un style atypique. Mais au travers de cette rigueur, il y a cet amour camouflé, bienveillant qui s’est malheureusement perdu en route. J’ai adoré ces longues envolées où la nature est au cœur de la description. Cette longue lettre d’amour murmuré par le vent. Cette eau torrentielle aboutissant tout espoir. Cette terre brûlante discriminatoire aux reflets d’or. Et ce feu grondant dans les veines de ces jeunes filles.

 

Ce roman est vraiment grandiose.

SERVICE APRÈS-MORT, tome 1, un roman d’Angélique Kateb.

FICTION

Éditions Original KOBO

#Babelio

N’en déplaise à son carlin prénommé Danny, Lila, la trentaine, seule dans sa studette, ne se sent pas vraiment au mieux de sa forme. Il faut dire que son rêve de percer en tant que photographe à Paris est un échec complet : elle termine difficilement le mois aux coquillettes en se contentant d’immortaliser des mariages et des PACS.
 
Lorsque le décès de son grand-père l’oblige à revenir dans le Sud de la France, à Arles, sa ville natale où vit sa famille, elle débarque au moment du festival des Rencontres de la photographie dont le thème est… « Rêver sa vie ».
Chez les Naimi, pour combattre la déprime, qu’elle soit liée au deuil ou à la vie en général, on s’occupe. Et entre le hammam que tient sa grand-mère, et les pompes funèbres où officient sa mère et sa tante, de l’occupation, elle va en trouver. Seulement voilà, Lila a un don un peu particulier : un lien avec la mort qui n’appartient qu’à elle et que, jusqu’à présent, elle avait tout fait pour fuir.
Se réconcilier avec son don, comprendre (un peu) les femmes de sa famille et trouver sa voie ? L’été s’annonce prometteur. Quant à la gent masculine… il faut croire que, « quand on ne cherche pas, on trouve » !
 
Ma note 3/5
Nouveauté 2021
230 pages
Disponible au format numérique sur Kobo


MON AVIS

Lila avait planifié sa vie à la perfection. De sa passion, la photographie, elle en fait son métier. Monter à la capitale était un rêve qui s’est soldé, sans mentir, par un échec. De l’espoir de devenir photographe culinaire, elle se retrouve à couvrir les mariages et autres événements qui ne l’emballent pas vraiment. Le décès de son grand-père va tout remettre en question et décide donc de rentrer dans sa ville natale, Arles, pour un temps indéterminé. La mort est une affaire de famille. Sa mère et sa tante gèrent des pompes funèbres, tandis que sa grand-mère celui d’un hammam. Une famille autonymique et un père atypique qui virevolte autour de cette dernière. Une grande famille soudée par un lien indéfinissable, tumultueuse et parfois dysfonctionnelle. Sa petite sœur est un membre de son entourage assez stable avec des idées d’avenir bien définies. Lila retrouve avec fracas sa famille malgré le deuil qui les déchire. Et c’est ainsi que son don particulier avec la mort resurgit. Sauf que cette fois-ci elle a un allié de taille qui grâce à son enthousiasme la porte dans une aventure délirante.

La couverture est très flatteuse, le résumé totalement attrayant, mais le contenu m’a beaucoup moins séduite. Si le personnage de Lila est hyper attendrissant, ses aventures ne m’ont toutefois pas convaincu. Lila est une jeune femme totalement paumée et qui ne sait plus quoi prioriser. Son retour aux sources va agir comme une quête et elle va trouver de l’intérêt pour la mort au travers des pompes funèbres et de la vie par celui du hammam. Une sorte de quête initiatique qui porte ses fruits et va permettre à Lila de faire la paix avec ses doutes et ses questionnements. Sa petite sœur agit comme une brise rafraîchissante et leur lien va se trouver renforcé au travers de leurs missions outre-tombe. Je regrette que l’histoire parte finalement dans tous les sens. Il y l’aspect familial, puis la quête de la petite sœur à la recherche de ses origines, et Lila avec son don, l’appropriation de son identité et sa quête amoureuse, et une pseudo intrigue. Tout cela m’a donné l’impression que l’histoire s’éparpille et l’envie s’est quelque peu envolée. Ce premier tome ne m’a pas convaincu malgré une histoire originale et bizarre. Je me suis laissée toutefois entraîner par la plume de Angélique Kateb qui aime user d’humour.

LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, un thriller de Cate Quinn.

THRILLER

Éditions Cité de la Presse – Collection Sang d’Encre

Traduit de l’anglais par Maxime Berré
#Babelio

Blake Nelson est retrouvé mort dans le désert. La police soupçonne sa femme l’avoir tué. Mais laquelle ?
RACHEL, PREMIÈRE ÉPOUSE
« Pardonne-moi, Seigneur, j’ai menti à un policier aujourd’hui. Je lui ai dit que Blake n’avait jamais levé la main sur moi. »

TINA, SŒUR-ÉPOUSE
« Quand les flics m’ont embarquée, j’ai cru qu’ils nous arrêtaient pour polygamie. À Vegas, je me faisais arrêter pour racolage. Ici, c’est parce que je suis mariée. »
EMILY, SŒUR-ÉPOUSE
« “ Tu peux être toi-même ici ”, m’a dit Blake. Ce qu’il voulait dire, je pense, c’est que je pouvais être à lui. »
Contre la volonté de sa famille et les règles de l’Église mormone, Blake Nelson a épousé trois femmes. Tous les quatre vivent dans un ranch miteux perdu au beau milieu de l’Utah, dans l’attente de la Fin des Temps. Personne ici ne les dérangera. Jusqu’à ce que le corps de Blake soit retrouvé dans un sale état.
Bienvenue chez les mormons !

 

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
536 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Et bien voilà un thriller qui m’a fait passé un super moment de lecture !

 

Construit comme un roman choral, LES TROIS ÉPOUSES DE BLAKE NELSON, nous plonge au cœur du quotidien d’une famille mormone atypique puisqu’elle est polygame. Trois épouses au profil totalement différent. Rachel, la première épouse, est celle qui compte le plus dans le couple. Le mari doit en principe se référer à son avis pour l’arrivée d’une nouvelle femme et autres éléments conjugaux. Rachel est une femme qui se cache derrière des principaux moraux qu’elle a acquis tout au long de son enfance et qui n’avaient rien de normal. Rachel est une femme stricte et dure, soumise aux désidératas de son mari. Ils vivent dans un ranch perdu en plein désert de l’Utah où il se préparent à la fin du monde comme indiqué dans la bible des Mormons.

 

Emily, la seconde épouse, est une jeune femme élevée selon le dogme du catholicisme. La misère a toujours accompagné sa vie, elle qui rêvait de paillette, du grand amour. Sa vulnérabilité a séduit Blake. Son côté enfantin et nubile n’est pas du goût de Rachel qui lui reproche son côté mensonger et loufoque.

 

Tina, la troisième et dernière épouse est à l’image de ces femmes dévergondées qui aiment le sexe à outrance. Elle a grandi dans les rues de Vegas entre défonce et passe.

 

Vous en conviendrez que ces trois femmes sous le même toit est propice à des scènes de ménage sensationnelles et épiques. Alors lorsqu’il est découvert le corps sans vie de Blake au bord de la rivière et à moitié dévoré par les bêtes sauvages, les soupçons fleurissent aussi vite qu’un orage. Mais l’inattendu subvient et les trois épouses pourraient devenir les meilleurs amies dans la douleur et la mort.

 

Cat Quinn signe un premier thriller d’une très grande qualité et remarquable par son style d’écriture et par son scénario. La communauté des mormons est un sujet qui me passionne dans la littérature et Cate Quinn l’aborde avec précision grâce à un tas de détails qui font la force de ce thriller. L’authenticité est pour moi un gage de qualité que j’aime retrouver dans mes lectures. Le thriller se construit tout autour de ce culte et de ces trois épouses. Comme je le signifie plus haut, les points de vues s’organisent tel un roman choral. L’intrigue et les rebondissements se forment ainsi au rythme des personnages, des découvertes et des suspicions, du passé et du présent. Un excellent thriller qui ne serait rien si le final ne serait pas explosif et stupéfiant. J’ai apprécié les trois épouses pour leur différence mais aussi car leur liaison est avant tout chaotique et qu’elle tend à s’apaiser dans des alliances anticonformistes. Elle sont toutes les trois à la recherche de la vérité quitte à déranger le passé pour mieux avancer dans cette quête qui ouvre les portes de l’enfer. Au-delà de l’intrigue, il est question d’amitié et d’humanité qui dépassent la question du culte.

 

Un thriller captivant qui se dévore facilement, au cœur d’un monde où les apparences sont aussi effroyables que la réalité.

 

A découvrir sans aucun doute !

 

BÉLHAZAR un roman de Jérôme Chantreau.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Phébus

Lecture Babelio

Février 2013 : Bélhazar, un jeune homme sans histoire, décède lors d’un contrôle de police. Accident ? Bavure ? Suicide, comme l’avance le rapport officiel ? L’affaire en reste là. Passée sous silence, elle tombe dans l’oubli. Jusqu’à ce que Jérôme Chantreau décide de mener l’enquête. Professeur de français et de latin, il avait eu pour élève le jeune Bélhazar.
L’auteur se plonge dans le passé, interroge les souvenirs. Mais se heurte à la malédiction qui semble entourer ce drame. Que s’est-il vraiment passé ce soir d’hiver ? Et par-dessus tout, qui était Bélhazar ? Adolescent hypnotique ? Artiste précoce ? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d’Alice au pays des merveilles ?

 

Ma note : 3,5/5
Rentrée littéraire 2021
320 pages
Disponible en broché et en numérique

 


MON AVIS

Voici une lecture qui m’a échappé (un peu, beaucoup et passionnant). Il est évident pour moi dès les premières pages que Bélhazar sera à l’image d’une aventure éprouvante et hasardeuse.

 

Bélhazar n’aurait jamais dû exister. Mais par le plus bel des hasards et la générosité de la vie, il pointe le bout de son nez. Enfant unique, Bélhazar détonne dans le monde ultra étiqueté dans lequel nous vivons. Il est unique, rare. Un de ses enfants solaires qui émerveille. Bélhazar vit dans son monde où l’imagination, l’abstrait, ses manies de collectionner embellissent son univers. Bélhazar n’est pas un bon élève et se moque totalement de l’école. Son excentricité, son exubérance passionnent et envoûtent, illuminées par une aura magnétique.

 

Puis tel arrivé sur terre , il est reparti en un millième de seconde. Le temps d’un bang. Viens le temps de colère, du deuil et des souvenirs.

 

Jérôme Chantreau, un ancien professeur de Bélhazar, se décide de prouver qu’il ne s’est pas suicidé. Avec l’approbation des parents, il part à la rencontre de cet enfant extra-ordinaire et du jeune homme qu’il était devenu. La vie, la mort se confrontent, s’unissent dans ce ballet étrange où la vérité n’était, n’est, ne sera pas. Car la vie est un jeu auquel s’est adonné Bélhazar. Un jeu dont il avait conscience et dont il changeait les règles à sa convenance. Un jeu où mysticité et réalité se confondent.

 

Chantreau est obnubilé par la mort et les effets qu’elle apporte. Lui même confronté à cela (voir les autres romans), il définit son dernier roman comme la fin de sa trilogie sur la mort. La folie l’emporte souvent sur sa raison et se tourne vers la mysticité pour une explication rationnelle (quoique). Je pense que c’est à partir de ce point là que l’auteur m’a largué. Petit clin d’œil à Alice aux pays des Merveilles et à son lapin blanc. Je ne suis jamais contre ce genre d’apothéose grandiloquente, mais quand cela a un sens. Je me suis sentie étrangement bête de ne pas avoir pu entrer dans le même « délire ». L’auteur survole l’intimité de Bélhazar, alors qu’au contraire j’attendais davantage que de la subjectivité. Une fiction à partir d’un fait réel qui m’a décontenancée. J’ai toutefois apprécié la plume de l’auteur qui arrive à instiller un sentiment de peur et de mal être, de colère et de compassion.

 

Une lecture très mitigée pour moi, qui me laisse un arrière goût d’incompréhension. Je n’ai pas su tirer le meilleur d’une histoire qui à première vue s’avère être passionnante.

 

LA PORTE DU VOYAGE SANS RETOUR, un roman de David Diop.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Le Seuil

Collection Cadre Rouge

#Babelio


« La porte du voyage sans retour » est le surnom donné à l’île de Gorée, d’où sont partis des millions d’Africains au temps de la traite des Noirs. C’est dans ce qui est en 1750 une concession française qu’un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d’établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l’heure est aux Lumières.
Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à l’esclavage et qui serait parvenue à s’évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.
S’inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s’aimer et de se perdre, transmission d’un héritage d’un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.

 

Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
320 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

J’étais très impatiente de découvrir le nouveau roman de David Diop qui nous offre ici une incroyable épopée. Direction fin du 19eme siècle. La France est ses colonies africaines et ce fameux Triangle, commerce et traite négrière. Il n’est pas fait ici étalage de la colonisation, David Diop laisse aux lecteurs le choix ou non d’épiloguer sur ce thème. Mais tout de même, ce sujet reste en filigrane, silencieux mais tant indéniable.

 

Aux côtés, de son héros, qui lui fût bien réel, David Diop raconte l’aventure subjuguante d’un homme blanc, naturaliste, académicien, qui va tomber profondément amoureux de l’Afrique, plus particulièrement du Sénégal et d’une jeune femme.

 

Ce récit romancé se déroule en deux temps. Une premier tableau va poser les bases de la suite, tant sur le contexte géopolitique, personnel et intime. Le second tableau est une explosion de couleurs et de senteurs. Une aparté exotique où les us et coutumes enchantent et émerveillent. L’Afrique dans toute sa splendeur. Les croyances, les rites, les tenues vestimentaires, les couleurs chatoyantes, la faune, la fore, le dialecte. Tout est captivant. Michel Adanson devient les yeux et la main retranscrivant des mémoires essentielles et porteuses d’humilité.

 

Découvrir l’Afrique est un enchantement. Malgré le contexte historique lié à la présence de la Compagnie Française et notamment du commerce d’esclaves, j’ai découvert que le Sénégal était divisé en royaumes et qui par leur guerres ont certainement favorisé l’esclavage.

 

Michel Adanson est un incroyable personnage qui par sa passion de la nature va se lier d’amitié avec un jeune prince qui l’escorte dans ses déplacements. Curieux, honnête, franc, Michel Adanson fait preuve d’ouverture d’esprit et va tomber éperdument fou amoureux d’une jeune guérisseuse.

 

Ses mémoires retranscrites sont l’héritage légué à son unique fille qui devra à son tour respecter la dernière volonté de son défunt père.

 

J’ai vraiment été captivée par cette histoire d’une autre temps. J’ai toutefois été gênée par le fait que le personnage ne soit pas un héros fictif pour la bonne raison que je connais pas l’histoire de Michel Adanson. Cela n’entache pas le récit.

 

David Diop nous livre une nouvelle histoire tout aussi fascinante que Frère d’âme que j’ai préféré. Il nous parle d’héritage en allant directement à la source du colonialisme, des conséquences destructrices humaine et écologique, des conséquence irréversible de l’esclavage. Le fond historique est très bien développé et nous ouvre une fenêtre sur un temps s’effritant et qui a tendance à être oublié.

 

Un grand roman indéniablement porté par un auteur engagé dans la passation de ce temps révolu et méconnu.

 

Une chronique de #Esméralda

RANEE, TARA, SONIA, CHANTAL, ANNA, un roman de Mitali Perkins.

LITTÉRATURE JEUNESSE

ÉDITIONS BAYARD

#Babelio


Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent.
Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure.
Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée.
Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse.
Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines.
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
352 pages
Disponible en numérique et broché
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pascale Jusforgues
Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.
Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…

MON AVIS

Les histoires de famille ont cette complexité toute relative associée au silence et aux non-dits. La famille Das a longtemps voyagé avant de s’établir définitivement aux États-Unis. Au Ghana et puis à Londres, l’Inde est un lointain souvenir. Pourtant, les coutumes suivent la famille et sont même essentielles à cet équilibre précaire de l’exil, un ancrage vital.

 

Ranee a été mariée de force. Un de ces mariages arrangé qui fait la fierté des familles, une de ces coutumes ancestrales qui se doit d’être respectée. Ranee est une femme de caractère qui sait ce qu’elle souhaite. Une famille heureuse, un homme qui rapporte assez d’argents à la maison pour pouvoir offrir à leurs filles une éducation sans faille.

 

Tara est l’aînée. Son rôle au sein de la famille, elle ne sait pas très bien le définir. Entre les exigences des uns et des autres, ses désirs sont mis sur la touche. Elle adore le cinéma et n’hésite pas à devenir ses personnages féminins préférés dans la vie de tous les jours. L’accent, la manière de s’habiller, la gestuelle, elle copie et devient ses héroïnes. Est-ce-que New-York sera la terre propice à la réalisation de son plus grand rêve ?

 

Sonia est la tête pensante de la famille. Surdouée, elle adore la lecture et l’écriture. À New-York, elle découvre le féminisme et considère ce combat essentiel pour la société. Tête brulée et n’ayant pas sa langue dans sa poche, elle n’hésite pas à remettre en question les comportements des uns et des autres. Et lorsqu’elle rencontre l’irrésistible Lou, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

Chantal, fille de Sonia, métisse, est fière de sa double origine. Mais ses grands-mères veulent à tout prix, que l’une ou l’autre prédomine dans son éducation. Chantal ne l’entend pas de cette oreille et assure qu’il y a de la place pour les deux. Tiraillée par le comportement souvent indigeste de ses mamies qu’elle adore, elle tente de trouver un terrain d’entente pour que leurs relations deviennent saines.

 

Anna, fille de Tara, a grandi au cœur de Bombay dans une institution religieuse. Les coutumes sont essentielles à sa vie et rejoindre New-York, le lycée et une nouvelle société a tout pour la faire sortir de ses gonds. Pas après pas, elle va découvrir cette vie loin des sentiers battus et s’accommoder. Elle mettra à profit son talent pour la mode et la couture.

 

Cinq femmes, trois générations aux attentes divergentes. La place et la quête de l’identité ont une place primordiale au cœur de ce roman haut en couleurs. Chaque personnage est minutieusement détaillé et l’on conçoit facilement leurs désirs. Toutes les cinq vont porter leur pierre à l’édifice qui est cette famille hors norme. Leurs blessures personnelles vont peu à peu s’étouffer pour offrir un quotidien apaisé. Mitali Perkins parle avec beaucoup d’émotions de ces femmes qui portent à bout de bras leurs rêves, leurs rêves américains, terres de tous les possibles. La matriarche porte le lourd souvenir de sa terre natale et de cet héritage douloureux. Il n’est pas question ici de la perte d’identité mais de concilier avec harmonie le moderne et l’ancien. Un roman lumineux que j’ai pris plaisir à découvrir. J’ai été admirative de ce parcours atypique et hors norme que tout exilé se voit confronter.

 

Une joli hymne à la liberté et aux traditions.

 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

Nous, les magnifiques de Julie de Lestrange

Littérature française contemporaine – Sortie le 21 avril 2021
Editions Mazarine

Ma note : 4/5 mention lecture « doudou »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Mazarine qui, via une masse critique Babelio, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : Ensemble, envers et contre tout.
Alexandre a réussi.
Il partage son temps entre son métier, sa famille, et des projets qui fourmillent.
Dans cette course effrénée, il ne voit pas que son monde se délite, petit à petit.
C’est l’histoire d’un homme qui pensait tout connaître de l’existence.
C’est aussi l’histoire de Marco, Claude, Anouk, et Sophie.
Des amis que l’on garde pour la vie,
Et de nos défaites, dont jaillissent les plus grandes espérances.


L’avis de #Lilie : Quelle joie de revoir Alexandre et toute la bande. Telle une bande de copains que l’on prend plaisir à revoir régulièrement, je me suis lancée avec joie et enthousiasme dans la lecture de ce nouveau roman….. mais j’ai ressenti un petit pincement au cœur au moment de leur dire au revoir car la boucle semble bouclée.

Nous retrouvons donc Alexandre et Sophie, dix ans après « Danser encore« . Ils sont partis vivre en province, leurs enfants, Nathan et Juliette, ont bien grandi et comme tous les couples, la routine semble avoir raison d’eux. Dans le même temps, Alexandre apprend que son père vient de refaire sa vie mais sa nouvelle belle-mère n’est pas « celle » qu’il attendait. Quand Sophie perd son boulot, tout bascule, sa vie qui semblait toute tracée n’est plus si « évidente ». Dans quelle direction la vie d’Alexandre va-t-elle basculer ? Acceptera-t-il les changements qui s’imposent ? Son couple peut-il survivre à cette crise ?

Ici, nous suivons principalement Alexandre car il est vrai que c’est sa vie à lui qui bascule dans cette histoire. En quittant Paris, il a tiré un trait sur sa carrière de journaliste et a monté une entreprise avec Damien, un autre passionné comme lui. Depuis, il se donne corps et âmes pour sa boîte et se repose beaucoup sur Sophie pour la gestion du quotidien. Mais quand cette dernière traverse une épreuve et change son comportement, Alexandre va devoir admettre qu’il doit, lui aussi, s’impliquer dans sa famille et dans son couple. Sophie est à un tournant de sa vie. La non-reconduction de son contrat va avoir un effet dévastateur sur elle. Elle va remettre beaucoup de choses en cause et s’interroger réellement sur le sens à donner à sa vie. On voit beaucoup moins Marco et Anouk. Néanmoins, ils sont toujours là, en toile de fond, présents pour nos deux « héros ». Par contre, on voit beaucoup plus Claude, le père d’Alexandre et Anouk, que l’on avait découvert dans le tome précédent. Lui aussi est à un tournant de sa vie et j’ai aimé suivre cet homme qui, à la retraite, décide, enfin, de profiter de la vie.

Ce roman m’a fait l’effet d’une lecture doudou. Vous savez, ce sont ces histoires réconfortantes où on rencontre des protagonistes authentiques, attachants, qui pourraient être nos amis, nos cousins ou nos voisins. Le fait de les retrouver après autant d’années est aussi une manière de se rassurer. La plume de l’autrice est toujours aussi efficace et une fois la lecture entamée, difficile de voir les pages se tourner. L’intrigue est assez banale, car elle parle de situations pouvant arriver à toute personne autour de la quarantaine, mais au final, on a envie de savoir si tout va bien se passer. L’autrice aborde des thèmes difficiles tels que la répartition des tâches dans la famille, l’adolescence, le changement de vie et, une nouvelle fois, le deuil. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, ce tome 3 n’a pas de goût de réchauffé, j’ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir et je regrette de l’avoir déjà terminé.

Pour conclure, « Nous les magnifiques » est une belle occasion de suivre de nouveau des personnages qui ont évolué sur trois tomes et quelques décennies. A voir si l’autrice aura envie de prolonger, encore un peu, les aventures d’Alexandre, Anouk, Sophie et Marco ou si elle va les laisser vieillir en paix….. seul l’avenir nous le dira mais personnellement, je leur ai dit « au revoir » avec tristesse, comme si je quittais des amis que je prenais plaisir à retrouver régulièrement.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Mazarine

Retrouvez ci-dessous mes avis sur les tomes précédents :

hier encore       danser encore

VERTIGES, un roman de Fredric Gary Comeau.


Ils sont huit. Huit personnages engagés dans un chassé-croisé qui aura pour théâtre Moncton, Montréal, New York ou Santa Fe. Parmi eux, Hope Fontaine, jeune femme sans attaches qui porte paresseusement sa quête : sa mère, férue d’astrologie, l’a en effet convaincue de partir à la recherche d’un poète acadien dont elle a trouvé le recueil dans le désert du Nouveau-Mexique. « C’est l’homme de ta vie », croit-elle. Un attentat dans une gare parisienne, un vieil homme qui retrouve le guerrier en lui, des artistes qui effacent et refont le monde, et puis l’amour, sous des formes parfois étonnantes… Il y a tout ça dans Vertiges, un roman dont le dénouement ne laissera personne indemne.

Un grand merci à Babelio et à leur masse critique privilégiée qui m’a permis de découvrir une toute nouvelle maison d’éditions et l’un des deux premiers romans édités par leur soins.

 

Si je devais résumer VERTIGES en un seul mot, j’utiliserai flamboyant. Un roman qui a su me séduire par un style atypique, une plume acérée, mélancolique, violente, intrusive, intimiste et musicale.
Huit personnes, huit artistes dans l’âme, poètes, peintres, rêveur, génie incompris, tous dans le mouvement perpétuel de trouver leurs propres chemins, leurs destinées, leurs voies, leurs vengeances. Huit personnes attirées par la beauté multiple des couleurs, des corps aimants, des mots, des rythmes effrénés, des vents changeants. Huit personnes sur le chemin cabossé de leurs chois, de leurs envies et de leurs espérances. Huit personnes poussées par la décadence du vertige celui qui aspire dans les méandres de l’âme, celui qui élève vers le renouveau, l’espérance. Amour, douleur, émancipation jalonnent les vallons, les falaises abruptes de ces vies parachutées dans une immensité hypnotique de la quête.

 

Paru en 2013 au Canada, VERTIGES débarque en France. Fredric Gary Comeau, avant tout musicien, propose ici un premier roman où la musique a toute son importance. Un style unique empreint d’un rythme tour à tour suave et infernal. Des chapitres très cours où l’intention est brute de décoffrage sans artifice, simulacre. Chapitres après chapitres, fenêtres entrouvertes sur un des huit personnages, l’histoire se construit, s’empile page après page vers un dénouement que je qualifierai d’inattendu et de pittoresque. VERTIGES m’a donné le vertige de l’immensité et de la petitesse du monde qui se croise et se décroise au rythme des avancées, de ces pas qui avancent ou reculent, tapent furieusement, battent le pavé, le tempo langoureusement. Vitesse accrue de ces vies baladeuses et baladées par les inepties d’une vie foldingue.

 

A découvrir absolument sans avoir peur de dépasser vos limites !

 

Une chronique de #Esméralda

#TOUSDEBOUT, un roman ado de Agnès Marot et de Cindy Van Wilder.


D’un côté, il y a Anton, un jeune homme banal en apparence. Pourtant, le soir, il se cache derrière le pseudo de Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Tumblr (et balancer les pires ragots du bahut). De l’autre,il y a Méloée, une jeune fille passionnée et pleine d’énergie, qui craque sur Rahim, le petit nouveau au lycée.
Sous ses airs de garçon sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les atten- tions. Surtout lorsqu’Anton découvre qu’il est sans- papiers… une révélation de choix pour Gossip Boy ! Plus croustillant encore, ce dernier tromperait la pétillante Méloée avec Mathis….
Bientôt, les événements prennent une tournure qui les dépasse. Rahim sur le point d’être expulsé, les élèves doivent mettre leurs différends de côté pour faire cause commune. Avec Méloée en tête de cor- tège, le lycée devient un territoire de lutte. Barricadés derrière les grilles, tous lèvent le poing pour défendre Rahim. Dans cette cohabitation forcée, les langues se délient, les secrets éclatent au grand jour. Pourtant, pour la première fois, chacun doit affirmer haut et fort ses valeurs. Jusqu’où seront-ils prêts à aller pour défendre leurs idéaux ?

Je n’avais pas prévu aujourd’hui de vous livrer mon avis sur ce roman qui fait polémique sur la blogosphère. Des outrés et des conquis se battent la part du steak. J’aime me laisser du temps entre la fin de ma lecture et le moment où j’écris mon avis, mais j’ai eu beau réfléchir, voici une lecture qui m’a complètement laissée coite, voire perdue, voire indécise. Je n’ai pas détesté. Je n’ai pas adoré. Pas assez de développement et trop d’éléments non essentiels développés. J’avais complètement craqué pour la couverture audacieuse et surtout dans l’air du temps, mais l’histoire est loin de m’avoir conquise.
Ceci n’est pas l’histoire de Rahim, immigré Iranien, installé en France depuis deux ans avec son papa. En Iran il a abandonné sa mère et ses sœurs et surtout ses rêves. Une fuite précipitée au lendemain d’un événement qui est considéré comme impur sur ses terres et condamné à mort. Il est devenu le silence, se fondant au plus près des mœurs de sa terre d’accueil. Se cacher, il sait le faire.

 

Mais ceci n’est pas l’histoire de Rahim. C’est celui de ce jeune homme un peu timide et introverti qui est pris au piège entre révélation et action. Un étau qui se referme davantage quand ses amis décident de bloquer le lycée en son nom, en sa liberté, en ce qu’il est. Rahim devient le symbole d’une communauté et de tous ces immigrés en attente de régularisation. Loin du discours politique il s’infiltre tout de même entre les lignes et c’est une prise de position agaçante que je n’aime pas retrouver dans mes lectures. Même si ils ne sont pas nommés, il est facile de reconnaître les mouvements de l’extrême droite ou les Black bloc où homophobie, racisme sont les vecteurs de leur haine. Est ce que les auteures ont voulu dénoncer cela ? Si c’est le cas, leur mise en avant est totalement incongrue et fragile.

 

Dans ce roman il y a beaucoup de choses et de personnages auxquels il est difficile d’éprouver de l’empathie. Anton est ce jeune homme mal à l’aise dans sa peau et qui en veut à tout le monde. Un père roumain un peu trop soupe au lait qui aime s’occuper du foyer, une mère peu visible, une sœur qui adule sans restriction une tante à la tête d’une association qui aide les immigrés. Une tante qui aime le paraître et se mettre au devant des faits. Il lui manque un zeste d’humilité pour pouvoir l’aduler. Pourtant si Anton la déteste, il prend le même chemin. Dénonciateur, « GossipBoy » lui sert de vitrine malsaine sur la vie au sein du lycée. Ces posts Tumblr (je ne sais même pas ce que sait !) sont d’une violence malveillante où les humiliations défilent. Est ce un moyen efficace de parler des problèmes de notre société ? Le dialogue est loin d’être installé, car si les fans adorent ces clashs, l’effet de groupe est dévastateur. Où est le respect d’autrui ? Méloée est quant à elle, la jolie fille qui ne fait pas de vague, amoureuse de Rahim. Alors qu’elle n’ose pas émettre ses opinions, il aura suffit d’un post de GossipBoy et d’une vidéo dénonçant la situation de Rahim pour qu’elle se transforme en « déesse vengeresse et justicière ». Méloée a le charisme pour porter à bout de bras tout un groupe et à l’allier à une cause commune. Alors oui elle est superbe, la caricature parfaite d’une jeune femme qui se révèle féministe assumant avec parcimonie ses actions et ses conséquences. Serait-elle le symbole du féminisme dans toute sa splendeur ?

 

Je regrette beaucoup de scènes dans ce roman. Celle du dépucelage de Méloé dans les toilettes crades du lycée, non merci, sans façon. Une violence inouïe de la part de ces jeunes, c’est aberrant ! L’alcool qui coule à flot, euh c’est alarmant ! Rahim comme objet, non !

 

Si le fond de l’histoire est intéressant, tout le contexte l’est beaucoup moins. J’ai eu l’impression de me trouver au cœur d’une parodie de mauvais goût de quelque chose qui est sérieux et actuel. Ce lycée a l’allure d’un lycée catholique engoncé dans quatre murs ridicules et étriqués. Il n’y a aucune mixité, seul Rahim apparaît comme l’étranger au milieu de tous ses blancs.

 

Alors oui l’histoire aurait pu être sensationnel mais tout le contexte la rabaisse à un récit de mauvais goût où l’immigration est mis au cœur d’une histoire tirée par les cheveux et où la violence est bien trop présente. Je me pose cette question cruciale : #TousDebout est-il le reflet de notre jeunesse partagée entre idéaux héréditaires et malfaisants et conviction malmenée ?

 

A vous, de vous en faire une idée !

 

Une chronique de #Esméralda

Mayfly’s Partners, tome 1 : Nouveau Départ de Marie Anjoy et Laureline Roy

Romance contemporaine – Livre sorti le 8 janvier 2021
Editions So Romance

Ma note : 3.5/5 mention « bonne découverte »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions So Romance et Babelio pour l’envoi de ce roman dans le cadre d’une masse critique.

Résumé : De prof de sport à escorte, Olivia a sauté le pas ! Mais est-elle de taille à affronter cette nouvelle vie ?
Olivia ne s’en est jamais cachée : elle aime les histoires sans lendemain. Si ces liaisons fugaces lui procurent un sentiment de liberté et d’exaltation, son travail de coach sportif, en revanche, ne la fait plus vibrer. Sur un coup de tête, elle quitte donc son emploi à la salle de sport et entreprend de créer une agence d’escortes. Elle entend ainsi monnayer la compagnie d’hommes et de femmes raffinés et, au passage, redonner un peu de piment à sa vie. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Olivia en parle autour d’elle et l’information circule. Alex, Amina, Emmanuelle et Charlène ne tardent pas à rejoindre l’aventure… ⠀
À travers les yeux des escortes de l’agence Mayfly, Marie Anjoy et Laureline Roy livrent dans ce premier tome une histoire surprenante et palpitante. Au programme : amitiés, passions, secrets et… amours…


L’avis de #Lilie :
Ce que j’aime dans la lecture, c’est être surprise. Ici, nous en avons un très bon exemple car en lisant la quatrième de couverture, je m’étais fait mille scénarios dans la tête et pourtant, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’allais découvrir….

Nous faisons donc connaissance avec Olivia, une femme qui n’a pas la langue dans sa poche et qui n’entend plus se laisser dicter sa conduite par qui que ce soit. Ainsi, quand son patron décide de repousser, sans même la consulter, ses congés, elle prend ses cliques et ses claques et elle démissionne sur un coup de tête. Un concours de circonstances l’amène à avoir l’idée de monter son agence d’escort et elle recrute des amis, Alex et Marie-Sophie, qui vont eux aussi ramener des personnes susceptibles de se lancer dans l’aventure. Mais ce projet fou est-il viable ? Sont-ils prêts à tout pour leur boîte ? Cette nouvelle aventure professionnelle ne va-t-elle pas bouleverser leurs quotidiens et leurs certitudes ?

Olivia est une héroïne un peu badass : elle a son caractère, une liberté sexuelle totalement assumée et quand elle a une idée en tête, il est compliqué de la faire changer d’avis ! Cette quadragénaire est bien décidée à mener sa vie comme elle l’entend et à se prendre en main. Exigeante, elle le sera avec ses recrues et elle prendra activement part à leurs recrutements et leurs formations. Sa meilleure amie, Marie-Sophie, est empêtrée dans un mariage qui l’enferme dans son rôle de mère et de gestionnaire de la maison. En acceptant d’aider administrativement Olivia, elle donne un grand coup de pied dans son quotidien monotone et sera aussi la voix de la raison pour son amie. Alexandre est le seul homme de l’agence. Infirmier, sexy à souhait, il est marié et va accepter de suivre son amie Olivia même si cette décision ne va pas le mettre dans une situation très confortable. C’est malgré tout un homme de principe, sur qui on peut compter et prêt à tout pour ses proches. Il va amener Amina, une hôtesse de l’air clouée au sol et qui a envie de pimenter son quotidien. Enfin, on découvre Emmanuelle, une prof un peu déçue par la vie et qui voudrait se lancer de nouveaux défis, et Charlène, une amie à elle qui n’a pas fini de nous étonner.

De mémoire, c’est le premier quatre mains que je lis. Honnêtement, je tire mon chapeau aux autrices car l’intrigue ne manque pas de piment et tout est fluide. Quand on commence la lecture, on a bien du mal à s’arrêter et les alternances de point de vue sont un vrai plus car elles permettent de découvrir tous les protagonistes et de mieux les identifier. Il y a peu de scènes pimentées mais les allusions sont nombreuses et celles présentes font gentiment monter la température. J’ai aimé le caractère des personnages et leurs interactions. Le seul bémol pour moi, pour l’instant, c’est que je ne vois pas où les autrices veulent nous emmener… Néanmoins, ma curiosité a été piquée et je pense lire la suite quand elle sortira.

Pour conclure, ce tome 1 est une jolie découverte qui m’a réservé bien des surprises car je ne pensais pas du tout suivre un ensemble de protagonistes mais suivre seulement l’une d’entre eux. Un roman original qui mérite le détour.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions So Romance