BE MY LAST DANCE de Avril Rose.


Quand les sentiments sont plus forts que les cicatrices du passé…

Léonor n’a pas le choix. Elle a promis à sa mère qu’elle suivrait une thérapie de groupe, même si elle ne comprend toujours pas comment parler à des inconnus pourrait l’aider à surmonter le drame qu’elle a vécu. Et, pour faire de cette obligation un vrai calvaire, elle doit en plus le supporter, lui : Harvey.
Ce jeune homme au regard envoûtant qui ne peut pas s’empêcher de la déstabiliser chaque fois qu’ils se voient. Pourtant, lorsqu’ils sont mis en binôme le temps d’un exercice pratique, Léonor découvre qu’il est peut-être plus sensible qu’il ne le laisse paraître, et que lui non plus n’a aucune envie d’être là. Alors qu’ils n’auraient jamais dû se rencontrer, ces réunions pourraient bien les rapprocher…

Léonor n’y croit pas une seule seconde quant aux bénéfices de ce groupe d’entre-aide. Mais une promesse est une promesse. Elle ne veut pas s’épancher sur le sujet, celui douloureux qui se cache derrière un sourire désinvolte et un comportement auto destructeur. Les soirées étudiantes, l’alcool à outrance, Léonor va bien. Tout va bien !
A Paris pour ses études d’architectes, elle a laissé sa ville natale et les terribles souvenirs qui datent de quelques mois. L’âme en peine et le cœur en miette, Léo ne se rend pas compte de sa souffrance. Un déni qui la met en danger. Alors aller à ce groupe de soutien, dans ce gymnase glauque, c’est la misère. Parler devant de parfaits inconnus, non merci, écouter oui mais de loin, s’épancher sur la peine des autres, sans façon. Alors quand il arrive sur son fauteuil roulant, snobant tout le monde, jetant un froid glacial dans l’assemblé, les premiers mots de Léo laissent exploser sa colère. Derrière cette carapace abrupte se cache une femme fragile et démunie qui monte rapidement dans les tours. Sa répartie acerbe pimente les dialogues. Il faut dire qu’Harvey et son caractère bien trempé à de quoi rendre irascible le plus patient d’entre nous.

 

Harvey ancien danseur professionnel, n’a qu’un seul objectif remarcher. Quelque soit les avis, sa pugnacité et sa combativité forcent le courage. Seulement il a ajouté l’option j’emmerde tout le monde. Chaque rencontre hebdomadaire vire au pugilat verbal jusqu’au jour où l’animateur du groupe décide qu’en duo, les membres du groupe devront se rendre service. Par le grand des hasards, Léo et Harvey se trouvent ensemble, situation loin de les réjouir. Mais ce premier pas les porteront vers d’autres. Les mots seront moins douloureux, les gestes plus apaisés. Mais l’amour avec le grand A emporté par la passion et les sentiments se méritent. Et Léo et Harvey font devoir surmonter leurs propres démons avant de prétendre à une éventuelle idylle.

 

Avril Rose m’a emportée avec sa romance déchirante et pourtant si passionnante. Un sujet fort, le deuil et la reconstruction, mené par des personnages charismatiques et forts impressionnants. La douleur se ressent à chaque page, elle évolue, elle foudroie, elle blesse. Les ambitions confrontées aux douleurs de l’âme s’épuisent au cours de confrontations qui n’a que seul objectif déverser le trop plein de haine, de colère et de désespoir. Les sentiments se lisent entre les lignes, incompris ils s’étiolent dans le temps. Avril Rose joue avec les sentiments avec une efficacité surprenante. Une histoire qui ne peut pas laisser de marbre. Elle transporte et chamboule. Elle rend dingue. BE MY LAST DANCE se lit d’une traite et affole les cœurs.

 

Une chronique de #Esméralda