MAIRIN D’IRLANDE de Catherine Andries.


La montagne était devenue son seul « chez elle ». Un puits sacré entouré de vieux murs, sa seule maison.Un jour, Maírín y découvre un intrus : un jeune homme gravement blessé. La voici directement confrontée à la guerre d’indépendance de l’Irlande. Va-t-elle pouvoir s’affranchir, elle aussi?

Mairin d’Irlande est sans contexte un de ces romans qui vous transperce le cœur. Une histoire intemporelle. Une histoire d’amour qui défie les éléments. Une histoire qui puisse sa force dans la mélodie des mots qui avant de s’envoler frappent, fondent, émerveillent pour disparaître dans un ensemble symphonique douloureux et tendre.

 

Mairin est l’aînée d’une famille nombreuse. Dévouée, elle fait ses tâches et élèvent ses frères et sœurs auprès d’une mère détruite et d’un père dépassé et anéanti. A la mort de sa mère, elle est priée de partir du foyer. Elle trouve une place chez les bonnes sœurs où elle effectue toutes tâches. Le dimanche elle s’évade dans les montagnes arides du Connemara où la tourbe et les moutons sont les seuls témoins de ses escapades. Elle respire. Elle vit. Elle rêve. Et puis un jour, il est là, blessé, Aydan, le rebelle des mots. Elle fuit avec lui, vers un ailleurs, un ailleurs où la guerre sème le chaos, l’horreur.

 

Leur histoire s’écrit au rythme de leurs pas, de leurs rencontres et de leurs mésaventures au cœur de paysages pittoresques, arides, grandioses. Portés par le même élan, ils s’aiment sur les routes, il s’aiment sous les étoiles, il s’aiment au son des vagues. Il s’aiment sous les balles, sous les dangers, sous les secrets. Au fil de la plume poétique et lyrique de Catherine Andries, leur vie vibre, se cajole, s’émerveille, s’amplifie, se percute, se déchire.

 

Bouleversant, émouvant, ce roman m’a envoûtée. C’est le genre de balade que j’aime parcourir et dont je prend plaisir à faire durer. C’est avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme qui se rencontrent grâce au hasard et qui ensemble vont s’épanouir malgré le contexte.

 

Un de mes incontournables, dorénavant, je vous invite fortement à le découvrir !

 

« Je suis toute vide, mo chroi. Je voudrais que tu viennes à l’intérieur de moi, tout doucement … Je veux la vie. Laisser la mort derrière moi. Je comprends maintenant, tu sais … »
« Mairin, veux-tu être ma femme ? »
« Je veux. »

 

Les yeux dans les yeux.
L’un tout autour de l’autre dans les mains qui ruissellent.
Tout au fond de l’autre, l’un dans l’autre.
Tout entier l’un dans l’autre.

 

Le voile qui se déchire.
Le ressac des corps assortis.
Et des galaxies qui explosent dans un jet de lumière, les emportant tous deux bien au-delà d’eux-mêmes.
 
Une chronique de #Esméralda