BLANCHE, un récit de Catherine Blondeau.

RÉCIT

Éditions Mémoire d’Encrier


Blanche est l’histoire d’une femme qui découvre un jour qu’elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu’on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s’interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu’il va ? Elle arpente l’univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d’humanité.
Ma note : 3,5/5
Nouveauté 2021
248 pages
Disponible en numérique et broché

 

 


MON AVIS

Pour son deuxième livre, Catherine Blondeau a choisi un thème ardu. Un questionnement existentiel où le lecteur suit le cheminent émotionnel et intellectuel de Catherine Blondeau. « Que signifie être Blanche dans le monde tel qu’il va ? » Pour ma part je trouve la question très pertinente surtout quand on sait que la question raciale et culturelle est un sujet d’actualité. 

 

Catherine Blondeau voit la vie en bichromie : noire et blanche ; blanche et noire. Un étonnant ballet s’ouvre où l’auteure va en être la principale danseuse. Entre jazz, culture africaine, rencontre, rumba congolaise, lecture et voyages, elle étaye son argumentaire autant solide que rigide.

 

Blanche est un long monologue où je me suis sentie exclue. Le récit reste fermé et où malheureusement je n’ai pas su trouver ma place. Pourtant mon intérêt était acquis, malgré le style direct et un rythme intéressant, Blanche n’a pas su me convaincre entièrement.

 

Le thème est évidemment essentiel. L’auteure aborde la colonisation avec sérieux et curiosité. Son propre mal être s’intensifie au fil des années où elle porte et endosse une lourde responsabilité et héritage.

 

Doit-on se sentir coupable des actes de nos ancêtres ? Ne doit-on pas privilégier la mise en avant de la communauté noire au travers des arts, des mythes, contes, artistes, cinéma, littérature …. ?

 

Mon ressenti en fermant ce livre est mitigé. Je n’ai pas réussi à trouver ma place dans son schéma de pensée. La confrontation « noire/blanche » vire à l’obsession. Mais il y a une question qu’elle n’a pas soulevé : que signifie être blanc dans un pays de blanc ? Je ne sais pas si ma question est légitime (et c’est sans aucun doute un autre débat), mais j’aurais souhaité que l’auteur aborde le revers de la question initiale. Le « Blanc » a de nombreuses facettes culturelles, communautaires, religieuses qui sont malheureusement stigmatisées.

 

Je ressors de cette lecture néanmoins avec une nouvelle liste de lectures qui a éveillé ma curiosité et dont l’auteure cite : Aimé Césaire, Lieve Joris, Nuruddin Fara, Ken Bugul et Amadou Hampâté Bâ…

 

Une chronique de #Esméralda