NADIA MURAD : NON À L’ESCLAVAGE SEXUEL, un document de Maria Poblete.

DOCUMENT ADOLESCENT

ÉDITIONS ACTES SUD JUNIOR – Collection Ceux qui ont dit non


Nadia Murad a vu périr une partie de sa famille sous les coups de l’Etat islamique qui l’a réduite à la condition d’esclave sexuelle. Ayant réussi à s’évader, elle a commencer à lutter pour la libération de ses soeurs yézidies. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2018.
Ma note : 5/5 mention « à découvrir absolument »
96 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Je découvre pour la toute première fois la collection « ceux qui ont dit non » qui s’adresse à nos jeunes lecteurs dès 12 ans. Des documents très courts et donc condensés sur divers sujets tel que la colonisation, l’injustice, l’humiliation, la violence, la discrimination, l’oppression, le viol …. et tant d’autres.

 

Maria Poblete met en avant ici une personnalité publique, Nadia Murad, au travers de son parcours que vous connaissez peut-être. Nord de l’Irak, un petit village, Kocho, appartenant à la communauté des Yézidis, minorité persécutée. Enlevée à l’âge de 21 ans par l’État islamique, elle est vendue de nombreuses fois comme esclave sexuelle. N’ayant jamais renoncé à sa liberté, elle parvient à s’échapper et à rejoindre un camp de réfugiés où elle sera prise en charge et trouvera asile en Allemagne où elle entreprendra un long travail de reconstruction et faire valoir sa voix et la condition des femmes. Elle recevra le prix Nobel de la paix en 2018 pour son engagement.

 

J’ai vraiment été séduite par le format et la manière dont Maria Poblete aborde la vie de Nadia Murad. Elle se concentre sur les événements cruciaux qui ont jalonné sa vie. Elle les expose sans filtre terminant son récit par un passage du discours de remerciement lors de la remise du prix du Prix Nobel. La seconde partie est consacrée aux différentes façons de faire la guerre où les notions suivantes sont abordées : « le viol, arme de guerre », « les survivantes réclament justice », « du côté des instances internationales », « prostitution et proxénétisme en Europe ». La troisième partie reprend la chronologie de la vie de Nadia Murad.

 

Une lecture que je vous recommande vivement. Le format sera apprécié par les plus jeunes. Pour ma part, elle m’a permis de découvrir le combat de Nadia Murad et je n’ai pu m’empêcher de me procurer son témoignage « POUR QUE JE SOIS LA DERNIÈRE » que je fais lire très vite.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA

UNE FAMILLE ENFIN PAISIBLE. Sortir du cycle des conflits. Un document de Anne-Catherine Sabas.


Parfois, la famille devient le lieu d’une guerre quotidienne : échanges tendus avec un enfant, difficultés dans la fratrie, soucis de communication…
Anne-Catherine Sabas nous explique ce qui se cache derrière ces conflits répétitifs et nous donne de nombreux outils pour rétablir l’harmonie. Ce livre précieux ne donne pas de leçons et prend au sérieux les difficultés : il vous offrira des pistes de réflexion pleines de profondeur pour prendre de la distance et reconstruire ce qui semble brisé.
– Comprendre les rapports de force inconscient
– Découvrir le pouvoir extraordinaire de la parole
– Savoir sortir des rôles figés, source de malentendus
Anne-Catherine Sabas est psychanalyste, psychopraticienne et formatrice en communication et gestion de conflits. Elle a publié plus de vingt ouvrages dont Libérez-vous par le pardon et Aider vos enfants à trouver leur place.

 
C’est la toute première fois que je lis un livre de « développement personnel » et « psychologique ». Sans aucun doute le titre m’a de suite interpellée. Vraiment qui ne rêve pas d’une famille où les relations sont simples, sans malentendu, sans malaise. Pas si utopique que ça et Anne-Catherine Sabas nous propose tout au long de son livre, des choses simples et qui se veulent efficaces.
J’aurai pu vous écrire une chronique détaillée reprenant chaque partie, mais honnêtement je préfère aller à l’essentiel. Anne-Catherine Sabas développe ses arguments autour de l’individu lui-même au sein d’un groupe, de sa famille ici à l’occurrence. Elle propose de prendre conscience de son identité d’en établir ses atouts et ses faiblesses. D’être à l’écoute de l’autre tout en préservant son intégralité et sa moralité. Mettre les mots sur ses états d’âme et ses blessures au lieu de d’ignorer la blessure causée par l’autre. Apprendre à gérer sa colère et surtout à l’accepter pour mieux avancer avec l’autre. Faire des compromis justes et judicieux, savoir être à l’écoute, mettre en place des rituels quand la situation commence à déraper. Il évident que les disputes sont une sorte de soupape de décompression mais il est tout autant que gérer l’après dispute est davantage bénéfique.

 

L’auteure développe aussi les blessures de l’âme et celles héritées telles que de mauvaises malédiction. Il est important de faire la paix avec celles-ci, de les comprendre et de s’autoriser à les laisser filer, s’évanouir. Ce point-ci m’a interpellée et beaucoup intéressée. Je crois à ces choses là et au poids insinué au fil des générations.

 

Elle parle des enfants, petits et grands, et de leur place au sein de la famille. L’écoute de leurs maux est capitale tout comme mettre en place des règles. Nos enfants ne sont pas là pour être le réceptacle de nos envies grandioses. Ils ont leur propre identité, leurs propres désirs, leurs propres vocations. Ils sont des entités uniques motivées par leurs propres raisons et surtout sont dissociables de nous, les parents. J’ai été très attentive aux paroles de l’auteure et je me suis retrouvée dans ses mots. Je suis une maman qui prône pour la parole dans la bienséance et le respect, et qui à chaque problème propose des compromis ou des solutions.

 

Cette première expérience de lecture est une véritable réussite. J’ai été touchée par le dialogue de l’auteure qui propose des choses simples à mettre en place au sein de la famille pour accorder la parole à chacun et écouter. Chaque argumentaire est illustré par un exemple de mise en situation. Une plume très accessible qui ne part dans de long discours pompant. Une lecture très intéressante et prolifique !

 

Une chronique de #Esméralda

Il y a dans l’adulte un enfant, un enfant éternel toujours en état de devenir, jamais terminé, qui aurait besoin constamment de soins, d’attention et d’éducation.

Carl Gustav Jung

L’ÉVANGILE DES ANGUILLES, un premier roman de Patrik Svensson.


C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension.
Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore,  » la question de l’anguille  » demeure en grande partie irrésolue.

Patrik Svensson a passé son enfance à pêcher l’anguille, avec son père. La nuit, en silence, pendant des heures, ils attendaient de sentir vibrer le mystère au bout de leur ligne plongée dans les profondeurs des rivières et des lacs. Au point que cet animal, source de fascination autant que d’effroi, est devenu pour lui un totem – le symbole de tout ce qui demeure hors de notre portée, et à quoi pourtant nous accordons notre foi.

En mêlant la grande aventure scientifique, écologique, et le récit intime, L’Évangile des anguilles dévoile un pan de cet autre mystère, que chacun porte en soi : celui de nos propres origines et du sens même de la vie.

Voici une lecture qui aurait pu me plaire davantage. Patrik Svensson nous plonge dans la recherche de soi au travers des origines. Et pour cette quête, il va s’approprier d’une manière inattendue et surprenante la vie des anguilles. Poisson légendaire et mystérieux qui depuis la nuit des temps donne des sueurs froides à tout scientifique qui s’y pique. Un parallèle incongru mais qui doit avoir une certaine évidence que je n’ai malheureusement pas su voir ni comprendre.
L’anguille a une part très importante tout au long du récit intime que délivre Patrik Svensson. Elle devient ce symbole intergénérationnel, de souvenirs, de coutumes, d’un pays (la Suède). L’anguille devient l’emblème de la transformation, du mystère, de la fuite du temps, de la temporalité, de l’immortalité et de l’échec. Cet échec puissant qui se trouve dans la disparition définitive, la mort. Tout au long de son exposé argumenté et très bien documenté, Patrik Svensson interroge le lecteur sur l’idée de l’écologie, de la transformation de nos modes de vies et leurs conséquences inéluctables. Un discours alarmant qui tend à annoncer la fin de ce quelque chose qui fait peur.

 

La partie documentée est particulièrement fournie avec des références scientifiques de la Grèce Antique à nos jours. J’ai suivi tout ce parcours d’études qui prouve la ténacité des chercheurs mais qui en contrepartie dénonce leur impuissance face au grand monde. Riche en détails, le récit intime n’a pas la même profondeur. L’auteur ayant choisi de rester succinct dans son développement allant à quelque redondance.

 

Je suis arrivée à la conclusion que je suis passée littéralement à côté de ce roman. Je n’ai pas su me saisir de l’objectif de ce roman pour autant j’ai apprécié le côté documentaire. Un roman quelque peu rigide dans les différentes transitions et parfois redondant. Je ne connaissais point la grande odyssée de l’anguille me voilà maintenant imbattable à son sujet.

 

Un roman qui se laisse découvrir malgré tout !

 

Une chronique de #Esméralda

DU SEL DANS LES OREILLES – Journal de bord, un récit de Lia Capman.


Idylliques, les voiliers qui se dessinent à l’horizon comme autant de symboles de liberté? « Lever l’ancre » et « mettre les voiles », qui n’en a jamais rêvé? D’une plume malicieuse et piquante, trempée dans la Manche, la femme du capitaine malmène le journal de bord. En levant le voile sur les dessous de la plaisance, elle nous fait succomber à l’envoûtement des mers et des îles. Ce carnet de voyage d’un humour rafraîchissant a le vent en poupe et se lit d’un seul trait.

Les voiliers, c’est bien jolis mais de loin et tant qu’à faire depuis la terre ferme. Ma seule expérience s’est résumée à un sacré mal de mer pendant laquelle j’ai tant bien que mal dormi dans une espace cabine, pendant que maman faisait une crise d’angoisse et ma sœur et mon père cassaient la croûte. Je ne suis bien que sur le plancher des vaches !
Prendre la mer avec Lia Capmann et son capitaine relève d’une grande aventure. Bien arrimée à mon canapé (oufff !) j’ai apprécié de ne pas souffrir des mêmes maux que la femme du capitaine. Hissez haut matelot ! Et hauts les cœurs moussaillon ! Lia Capman nous délivre dans son journal de bord minutieusement tenu les déboires d’une aventure mais aussi les merveilleuses rencontres.

 

D’un humour bienveillant et parfois moqueur, la femme du capitaine égrène au fil des jours tous les petits détails qui ne vendent pas forcément du rêve. La liberté a un coût et elle se mérite. Traverser la Manche le long des côtes françaises est un périlleux voyage qui se gagne à force d’huile de coude, de peur et de sueur.

 

Pas de piraterie, quelques camaraderies mais le souvenir grandiose lorsque le point de chute apparaît salvateur et générateur de bonheur.

 

Filant au grès du vent favorable ou du moteur capricieux, l’horizon est un paradis. Les désagréments se désagrègent au fil des flots vaincus et des orages grogneurs.

 

Déconcertant, ce journal de bord offre du rêve dans une réalité parfois cauchemardesque. Balade oxygénante au grès des paysages merveilleux, bucoliques, romantiques, la femme et le capitaine vivent une expérience qui alimentera les soirées au coin du feu bien des années plus tard.

 

DU SEL DANS LES OREILLES est en quelque sorte un natur writing dédié à la mer. On s’y sent seul, en osmose avec les éléments, confiant, apeuré, paniqué, mais l’élan de liberté est bien là, au plus profond des tripes qui inlassablement fait battre le cœur.

 

Voyage exquis à découvrir !

 

Une chronique de #Esméralda

BILAN : Le Grand Prix des Lectrices ELLE 2020.

Je n’avais pas encore pris le temps de vous faire part de ce bilan au sujet de cette incroyable aventure. Alors que les lauréats sont connus depuis le 16 juin, cette aventure se finit sur un goût amer. Je me faisais une joie de pouvoir monter à la capitale, rencontrer l’équipe Elle qui nous a chapeautées pendant ces longs mois et bien évidemment les lectrices et les auteures primées.

 

Alors que le nouveau jury de lectrices est à pied d’œuvre pour la saison suivante, je reviens sur mon expérience.

 

Tout a débuté par un post sur un des réseaux sociaux et le pourquoi pas je vais tenter tout en ayant à l’esprit que ma candidature serait vaine. Je réponds aux questions en toute honnêteté, sans fioriture ou faux-semblant. Mes auteurs préférés français et étrangers, je ne déteste pas les essais, mais le genre m’est difficile car j’en lis très peu. Thriller et littérature, je pense assurer en toute modestie. Deux avis plus tard un sur titre de la littérature classique – MY ABOSLUTE DARLING de Gabriel Tallent (il faut savoir que moi et la littérature classique nous ne sont pas en bon terme – je remercie mes années lycée) et un autre sur mon coup de cœur 2019 – JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE d’Isabelle Desesquelles, voilà que ma boîte mail m’annonce la nouvelle.

 

Me voici embarquer dans ce marathon de huit mois au cours desquels j’ai lu 31 romans, à raison de 3 par mois pour les sélections des jurys autre que le mien et de 10 pour mon jury. Il faut savoir que le juré est divisé en 8 groupes (un pour chaque mois) réunissant 15 lectrices. Ces lectrices sont très hétéroclites de la lectrice de base et bloggeuse à celle qui évolue dans le monde littéraire. Elles m’ont beaucoup impressionnée et intimidée par leur savoir, leur culture, leur sens de la critique. Je me suis aperçue que j’avais encore un long chemin à parcourir pour atteindre leur niveau.

 

Les lectures défilent et s’enchaînent à une vitesse folle. Les commentaires et les annotations doivent être rendus entre 3 et 4 semaines ! C’est souvent tendu ! Entre les aléas de distribution de la poste, le temps à se dégager pour lire dans de bonnes dispositions est souvent restreint. Mais cela reste avant tout un plaisir. J’ai eu la chance de découvrir des romans et des documents que je n’aurais jamais pensé à ouvrir. De magnifiques découvertes et quelques déceptions, déconvenues. Mais, là, est toute la diversité de la littérature.

 

Je n’ai ni eu le courage ni l’audace de participer au final qu’avait mis en place l’équipe ELLE qui concernait de poser des questions aux lauréates et de faire une petite vidéo. Tout cela a été diffusé sur les réseaux sociaux de Elle. Je terminerai donc cette aventure sur une note d’inachevée. Je retenterai l’aventure, peut-être d’ici 3 ans, délai avant de proposer une nouvelle candidature.

 

Avant de terminer sur les 3 gagnantes, je dois vous annoncer les titres qui ont fait balancé mon cœur et que j’aurais aimé voir sur le podium.

 

Sans aucun doute c’est ET TOUJOURS LES FORETS de Sandrine Colette qui a fait explosé mon cœur dans la catégorie roman. Un roman coup de poing, explosif et apocalyptique !
Dans la catégorie document, deux titres sont à égalité. Le premier m’a bluffé par le ton enjoué de l’auteure HONORE ET MOI de Titiou Lecoq qui a eu l’audace de me réconcilier avec Honoré de Balzac. Le second est sans conteste un essai nécessaire qui dénonce l’emprise de la société patriarcale, LE CONSENTEMENT de Vanessa Springora. Un document bouleversant.
Dans la catégorie polar, j’ai beaucoup apprécié LA FILLE SANS PEAU de Mads Peder Nordbo. L’auteur danois, nous plonge au cœur du décor du Groenland dans une histoire entre passé et présent, une enquête haletante.

 

Mais nous étions 120 lectrices et le jury a délibéré les gagnantes sont :

Mes avis :

MON TERRITOIRE de Tess Sharpe (catégorie polar)

RIEN N’EST NOIR de Claire Berest (catégorie roman)

LE CONSENTEMENT de Vanessa Springora (catégorie document)

 
Retrouvez tous mes avis sur les livres sélectionnés : ici.
Je vous souhaite de vivre cette expérience et je vais suivre attentivement cette nouvelle saison !

LE COURAGE DES AUTRES de Hugo Boris.


Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu’il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode révèle une peur profonde, mélange d’impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l’autre en société ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de « se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes » pour l’exorciser.
Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. À travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou… la lecture de Dragon Magazine  !
Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.
Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

 
Remarquable par sa sensibilité, LE COURAGE DES AUTRES, dépeint ces mini scènes quotidiennes. Scènes de théâtre où la mise en scène est à la fois cruelle, chaleureuse ou inconcevable. 
Hugo Boris retrace avec beaucoup d’humilité sa conception propre du courage. Sa conception lâche ou utopique où la fuite, l’évitement, le semblant rythment son quotidien. Une manière sensible, humaine et héroïque de mettre des mots sur ces maux d’une société malsaine et en perdition d’un côté. Il explore les facettes du courage avec parcimonie et suffisance insufflant une belle leçon. La peur, la colère, l’affliction sont au rendez-vous et servent de trampoline pour se poser de nombreuses questions sur soi et sur le monde qui nous entoure.

 

J’ai beaucoup aimé la manière dont Hugo Boris s’approprie d’un sujet qui nous touche tous. Son expérience au travers de ces petites brèves accumulées pendant quinze années montrent ce long cheminement où réflexion et action se combinent pour un final que tout à chacun peut écrire. Ces fresques citadines ont peu à peu façonner l’homme et surtout son courage. Peut-être faut-il être témoin de ces scènes de courage des autres pour définir le sien et d’en réclamer ainsi sa paternité ou maternité. Les admirées et en garder le meilleur.

 

Je suis vraiment conquise par ce témoignage poignant et intéressant. Dans cette simplicité humaine j’y est retrouvée ce que je suis et ce que je ne serais certainement jamais.

 

J’ai menti, je ne l’ai pas prononcé. Je n’ai pas eu le cran de dire « moi aussi », je ne l’ai même pas murmuré. Pourquoi ? Pourquoi j’y vais pas ? Parce que je ne suis pas homosexuel. Voilà, c’est ça, quand ils sont venus chercher les homosexuels, je n’ai rien dit, je n’étais pas homosexuel.
 
Une chronique de #Esméralda

LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE – Acte VIII.

Bonjour tout le monde,

 

Aujourd’hui je vous présente la sélection d’avril que mes collègues jurés ont départagée. Une nouvelle sélection dense. Et surtout la dernière de cette incroyable aventure débutée au mois de septembre dernier. Je vous ferai, le mois prochain, un petit récapitulatif et notamment en précisant mon top 3 des livres dans chaque catégorie. Au vu de la crise sanitaire à laquelle nous sommes tous confrontés, nous n’avons par encore les informations concernant la remise des prix qui devrait se tenir courant juin.

 

Pour l’instant, je vous laisse découvrir et fureter selon vos envies et si vous cherchez davantage d’informations n’hésitez pas à cliquer que la couverture de votre choix.

 

Mes avis arrivent prochainement.

 

Belle découverte !

 

#Esméralda

Dans la catégorie ROMAN :

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :

Et les trois finalistes de cette sélection sont :

A bientôt pour le dénouement de cette merveilleuse aventure !

LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE – Acte VII.

Bonjour tout le monde,

 

Aujourd’hui je vous présente la sélection de mars que mes collègues jurés ont départagée. Une nouvelle sélection dense comme depuis le début de cette incroyable aventure.

 

Je vous laisse maintenant fureter selon vos envies et si vous cherchez davantage d’informations n’hésitez pas à cliquer que la couverture de votre choix.

 

Mes avis arrivent dès demain notamment avec le document qui fait beaucoup de bruit sur la blogosphère et cela ce comprend facilement.

 

Belle découverte !

 

#Esméralda

Dans la catégorie ROMAN :

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :

Et les trois finalistes de cette sélection sont :

A bientôt pour le dernier acte VIII.

LE GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE – Acte VI.

Bonjour tout le monde,

Aujourd’hui je vous fais un récapitulatif. Février était mon mois de jury. J’ai donc du lire trois romans, deux policiers et deux documents. Une sélection riche et variée et où les avis étaient très divergents. Pour ma part, j’ai fait de très belles découvertes. Chaque lecture a retenu mon attention mais il fallait choisir. Les trois livres sélectionnés par l’ensemble du jury ont tous eu ma préférence.
Je vous laisse maintenant fureter selon vos envies et si vous êtes intéressés par mon avis il vous suffit de cliquer sur la photo et hop vous êtes directement redirigés.

Belle découverte !

#Esméralda

Dans la catégorie ROMAN :

Dans la catégorie DOCUMENT :

Dans la catégorie POLICIER :

Et les trois finalistes de cette sélection sont :

A bientôt pour l’acte VII.

JOUIR. En quête de l’orgasme féminin de Sarah Barmak.


Libérée, la sexualité des femmes d’aujourd’hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d’entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d’un manque de désir ou de difficultés à atteindre l’orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu’elles n’ont rien d’anormal et que ce n’est pas à la pharmacie qu’il faut aller chercher la solution.
Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l’orgasme féminin. On y apprend ainsi qu’une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu’au festival Burning Man, où l’orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d’une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l’aide de massages sensuels.

 
Sujet hautement dérangeant mais terriblement essentiel. Oui Mesdames, jouir n’est pas aussi simple que cela. Une complexité que décomplexe Sarah Barmack.
Avoir ce document entre les mains est un grand moment de gêne. Le titre est sans équivoque. Ouvrir ce livre dans une salle d’attente ou dans les transports en commun est inenvisageable. Calfeutrée dans sa chambre sous la couette est le meilleur endroit sans subir des remarques loquaces et surtout déplacées.

 

Avoir ce document dans ses mains c’est un de mes plus grands moments de solitude. Autant perplexe que mal à l’aise, abordée cette lecture est un grand saut dans le vide.
1.2.3 Allez-vous sauter avec moi ?!

 

Premiers paragraphes et Sarah Barmak sait attiser la curiosité du lecteur ou plutôt de la lectrice. D’ailleurs est ce que ces messieurs seraient séduits par ce genre de lecture ? Sarah Barmak développe son argumentaire autour de cinq axes.
Le premier : l’aperçu généralisé du sexe dans notre société occidentale consommatrice effrénée de sexe. Tout au long de ce développement elle met en évidence la culture du silence sur le plaisir féminin. De nombreuses femmes ne jouissent pas pour de nombreuses raisons et tout aussi variées. Le plaisir n’est pas aussi synonyme de jouissance. La finalité prévaut largement sur la qualité. Quelles femmes n’ont jamais entendu la question fataliste « t’as joui combien de fois ». Quelles femmes ne se sont jamais senties blasées et de devoir répondre quelques chose qui ne reflète pas la vérité pour être tranquille. Dans cette première partie, l’auteure pointe du doigt cet effet de résultat primordial et nécessaire qui au bout du compte n’a rien de sexy.
Dans la seconde partie Sarah Barmak explore la genèse du plaisir féminin. Pour cela elle s’appuie sur des documents anciens qui présentent l’orgasme féminin comme étant un acte essentiel à tout équilibre. Une partie très intéressante qui fait ressortir au final la dégradation du féminin au fil des siècles. Elle s’attaque à l’anatomie de l’organe du plaisir féminin. Le clitoris est l’iceberg d’un système complexe qui à l’heure d’aujourd’hui n’est pas entièrement décodé. Expérience, conférence, le sujet passionne tout autant qu’il divise. Mais le fait est là, le plaisir féminin dépend d’une multitude d’éléments qui bout à bout déclenchent ce phénomène extraordinaire.
Dans la troisième partie, l’auteure tente de donner une définition exacte de l’orgasme féminin.
Dans la quatrième partie, l’auteure explore les différentes manières d’atteindre ce point d’orgue. Le tantrisme, la méditation orgasmique (One taste), les expériences individuelles ou à l’aide de coach sexuel. Tout un univers aussi fantastique que décalé auxquelles de nombreuses femmes y trouvent des réponses.
Une cinquième partie dédiée à l’importance que chacune d’entre nous accordons au plaisir féminin et à ce qu’il nous renvoie au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans l’ensemble cet essai  une bombe atomique. Le seul point négatif à mes yeux est qu’il est orienté uniquement sur notre société occidentale. Un essai complet qui survole tous les points attraits au sujet. Les développements et arguments sont sérieux et très pertinents. J’aime beaucoup le ton de Sarah Barmak qui tout en étant sérieux et simple se fait comprendre avec aisance. Nous sommes loin de l’essai universitaire et donc en cela très accessible à un lectorat large et varié. Sarah Barmak abat les barrières forgées par notre société patriarcale avec malice et convoitise. Elle désacralise le masculin et réinvente le plaisir féminin. Après tout, nous aussi nous avons droit à notre foutu orgasme.

 

Carnet de voyage aux confins de la jouissance – dans tous ses frémissements et toute sa flamboyance -, ce livre envisage la sexualité féminine moins science pure et dure que comme une forme d’artisanat. C’est une plongée dans l’étrange, dans le merveilleux, et dans le farfelu aussi, parfois.

 

Une chronique de #Esméralda.