L’ARCHE DE MÉSALLIANCE un roman de Marin de Viry.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Du Rocher


Marius, aristocrate aussi désenchanté que catholique, travaille pour un fleuron international du « développement durable ». Le PDG de l’entreprise, en bon cynique, le met en concurrence avec Priscilla, une Anglaise aussi ambitieuse que féministe. L’enjeu ? Le poste de directeur général. La guerre programmée aura-t-elle lieu ?
Avec la complicité de Sean, haut dirigeant lassé du capitalisme, Marius et Priscilla font un pacte et orchestrent une stratégie pour saboter les plans de leur direction. Dans cette lutte, il n’est pas impossible que l’amour soit l’ultime « chant » de l’odyssée de ces personnages en rupture.
Avec son goût des formules qui font mouche, Marin de Viry manie à la perfection l’art de la satire. Scrutant cette fourmilière qu’est le quartier d’affaires de La Défense, il épingle les travers d’un milieu professionnel et d’une époque. L’Arche de mésalliance se lit comme une incitation à fuguer et à préférer la vie de château aux servitudes (plus ou moins) volontaires.
 
Ma note : 3/5
Nouveauté 2021
216 pages
Disponible en numérique et broché

 

 


MON AVIS

L’ARCHE DE MÉSALLIANCE est un roman singulier mettant en scène, la crème de la crème. Direction Paris, le quartier de La Défense et sa fabuleuse Arche, symbole moderne du capitalisme. Marius et Priscilla, concurrents directs pour le poste convoité. La bave aux lèvres, tous les coups sont permis pour régner sur le monde que représente l’entreprise. Marius, un bonhomme bien endimanché, est un professionnel de la manipulation. Priscilla est la reine de l’audace et son charisme en envoûte plus d’un. Mais dans le monde de l’entreprise, la règle d’or est la méfiance. Sournoiserie, manipulation de grande envergure, l’horizon est un champ de batailles où la moindre faute d’inattention peut vous envoyer six pieds sous terre. Complot en tout genre, messe silencieuse, le règne s’aborde par les souterrains et souvent l’arroseur est arrosé.

 

Le monde du travail est à mes yeux une jungle inhospitalière notamment celle des ses grandes entreprises qui brassent des milliards et des milliards de devises. Ce monde inconnu m’est effrayant, ne comprenant ni les subtilités ni les codes et les aboutissants. Un monde vindicatif, fourbe et stressant. Marin de Viry a su donner à cet univers un aspect totalement inattendu. Un brin de mélancolie et de romantisme, un brin de folie et d’exubérance, un brin de douceur et de cachotteries. Un univers devenant une pièce de théâtre où les surprises assurent à la sévérité du sujet une certaine complaisance, une certaine amitié et le tout porté par des personnages loin du grotesque et du burlesque. Marin de Viry enfante un monde où le meilleur a su prendre l’avantage sur le pire. Un détonnant roman sur le monde de l’entrepreneuriat et du capitalisme où j’ai eu l’impression d’être un poisson rouge dans son bocal.

 

Une lecture en demie-teinte où j’ai moins apprécié la première partie et me suis éclatée dans la seconde. La mise en place est lourde où l’auteur décrit les petites aspérités caractérielles des ses protagonistes. Mais la suite est un véritable bonheur où le scénario est terriblement irrésistible. Mon ignorance sur cet univers n’a pas été en ma faveur mais je reste persuadée que les adeptes ne pourront que sourire face à ce roman insouciant et d’une belle créativité.

 

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE, un roman de Hélios Azoulay.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions du Rocher


« Si quelqu’un m’a vu ici, il racontera peut-être un homme en train de courir après une pauvre feuille de papier que le vent s’amuse à exiler. Je les ramasse toutes. Je les déchire minutieusement, et j’en garde un petit fragment. Un lambeau étroit comme une île, où je peux écrire quelques mots. Ce que je vois, ce que j’ai devant moi, ce que mes yeux attrapent, ce qu’il me reste entre les dents. Des petites phrases. J’écris debout.Il n’y a pas de détails, il n’y a que des preuves. J’en ai les poches pleines. »
Dans un roman à l’écriture fulgurante, Hélios Azoulay raconte le destin d’un musicien juif qui, dans l’impossibilité de composer, se réfugie dans l’écriture pour résister à l’horreur de la déportation. En mêlant la pudeur au burlesque, le délire au souvenir, l’effrayante réalité à une poésie qui refuse d’arrondir les angles, l’auteur tisse la vie d’un artiste trimballé par l’Histoire, mais qui ne renoncera jamais à rester un homme.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
140 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cette lecture est une expérience unique où le jugement n’a aucunement sa place, où seul, les mots et leurs pouvoirs vous transportent dans cette cruelle intimité.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman court, très court, où les émotions explosent au son des mots .

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman qui se lit à voix haute, qui se crie dans le silence des pages blanches et noires, qui cavale au rythme des phrases syncopées, qui se vit, qui se sent. Il dégage de ce roman une certaine architecture des mots et des émotions. Une étrange osmose qui trouve sa beauté dans la douleur, l’innommable, l’incongru et ces petits papiers, liens magiques, sensoriels.

 

JUSTE AVANT D’ÉTEINDRE est un roman d’une splendeur éblouissante. Hélios Azoulay aborde la déportation, les camps de concentration et extermination, et ces femmes, ces hommes, ces enfants, ces vieillards à l’espoir famélique, étrangement féerique. 

 

La structure unique et atypique du texte rend l’ensemble explosif parfois burlesque et surtout douloureux.

 

Sortir de cette lecture indemne est mission impossible. Les mots vous collent, impriment vos rétines et laissent cette trace tatouée dans votre cœur et vos tripes. A jamais.

 

Une puissance solaire et exceptionnelle !

 

Une chronique de #Esméralda

PLUS IMMORTELLE QUE MOI, un roman de Sophie Henrionnet.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Du Rocher


Comment Mathilde, la petite quarantaine ordinaire, s’est-elle retrouvée enfermée dans un « institut de repos » ?
À quel moment la vie de cette pharmacienne mariée et mère d’un adorable adolescent a-t-elle basculé ?
Sur les conseils de sa psychiatre, Mathilde tient un journal.
Peu à peu, la parole se libère. Elle livre ses états d’âme et souvenirs d’enfance la cruauté dont elle a fait preuve à l’encontre de son frère Charly , son quotidien chez les fous avec une infirmière détestable qu’elle a surnommée Moustache, mais aussi sa rencontre marquante avec une certaine Daphné… L’héroïne parviendra-t-elle à rassembler toutes les pièces de ce puzzle, chasser ses démons et affronter la vérité ?
Un roman mené tambour battant, tel un jeu de dupes addictif, au dénouement inattendu.
 
Ma note : 5/5 mention « captivant et incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
208 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

Ouvrir le roman de Sophie Henrionnet, c’est accepter de se laisser porter par l’inconnu. C’est ce sentiment étrange qui m’a oppressé dès le départ. Le fait de ne pas savoir où aller. Juste suivre, aveugle momentané, cette femme sans particularité à la vie banale. Pas après pas, la confiance s’installe, l’empathie également. Mathilde est une part de moi, de nous. Ses faiblesses, ses espoirs, ses qualités nous les partageons toutes et tous. La vie craque se recolle tant bien que mal et puis, un jour cette colle n’est plus aussi puissante. La vie se délite, craquelle sous la puissance destructrice de cette vague si innocente dès le départ devenue un monstre gourmand, avare de douleur.

 

Mathilde tente le tout pour le tout. Seule dans son mutisme feint, rien n’y paraît. La fissure finit par devenir béante et le large l’appelle. Une fuite, ni plus ni moins. Une fuite salvatrice. Respirer seule, refaire surface par ses propres moyens. Daphné apparaît dans l’imprévu. Rencontre rocambolesque, rencontre salvatrice, rencontre inopinée. Daphné est l’antithèse de Mathilde. Exubérante, pimpante, fougueuse, elle l’entraîne dans un road trip.

 

Le retour à la réalité est douloureux. Le désir de se faire hospitaliser, d’aller avec les fous, suivre ce conseil : écrire pour savoir, recoller le morceau, ouvrir les yeux. Mathilde se prête volontiers à cet exercice. Elle écrit avec envie, parfois avec sarcasme. Elle retrace son enfance, sa vie d’adulte, de maman, d’épouse, entrecoupé de moments du quotidien. Les patients, l’infirmière « peau de vache ».

 

Sophie Henrionnet nous propose un grand roman. Une histoire portée par une plume qui sait indéniablement nous faire ressentir une multitude d’émotions. C’est un roman à la réalité touchante et/ou l’attention a une place particulière. C’est un roman qui se vit, qui se crie. Un roman extrêmement dur qui nous pousse dans nos retranchements. Suivre aveuglément demande une confiance absolue et je l’ai donnée à Sophie Henrionnet sans peine. Un don précieux et rare que j’ai savouré à chaque instant.

 

Une lecture incontournable.

 

Une chronique de #Esméralda

UNE FAMILLE ENFIN PAISIBLE. Sortir du cycle des conflits. Un document de Anne-Catherine Sabas.


Parfois, la famille devient le lieu d’une guerre quotidienne : échanges tendus avec un enfant, difficultés dans la fratrie, soucis de communication…
Anne-Catherine Sabas nous explique ce qui se cache derrière ces conflits répétitifs et nous donne de nombreux outils pour rétablir l’harmonie. Ce livre précieux ne donne pas de leçons et prend au sérieux les difficultés : il vous offrira des pistes de réflexion pleines de profondeur pour prendre de la distance et reconstruire ce qui semble brisé.
– Comprendre les rapports de force inconscient
– Découvrir le pouvoir extraordinaire de la parole
– Savoir sortir des rôles figés, source de malentendus
Anne-Catherine Sabas est psychanalyste, psychopraticienne et formatrice en communication et gestion de conflits. Elle a publié plus de vingt ouvrages dont Libérez-vous par le pardon et Aider vos enfants à trouver leur place.

 
C’est la toute première fois que je lis un livre de « développement personnel » et « psychologique ». Sans aucun doute le titre m’a de suite interpellée. Vraiment qui ne rêve pas d’une famille où les relations sont simples, sans malentendu, sans malaise. Pas si utopique que ça et Anne-Catherine Sabas nous propose tout au long de son livre, des choses simples et qui se veulent efficaces.
J’aurai pu vous écrire une chronique détaillée reprenant chaque partie, mais honnêtement je préfère aller à l’essentiel. Anne-Catherine Sabas développe ses arguments autour de l’individu lui-même au sein d’un groupe, de sa famille ici à l’occurrence. Elle propose de prendre conscience de son identité d’en établir ses atouts et ses faiblesses. D’être à l’écoute de l’autre tout en préservant son intégralité et sa moralité. Mettre les mots sur ses états d’âme et ses blessures au lieu de d’ignorer la blessure causée par l’autre. Apprendre à gérer sa colère et surtout à l’accepter pour mieux avancer avec l’autre. Faire des compromis justes et judicieux, savoir être à l’écoute, mettre en place des rituels quand la situation commence à déraper. Il évident que les disputes sont une sorte de soupape de décompression mais il est tout autant que gérer l’après dispute est davantage bénéfique.

 

L’auteure développe aussi les blessures de l’âme et celles héritées telles que de mauvaises malédiction. Il est important de faire la paix avec celles-ci, de les comprendre et de s’autoriser à les laisser filer, s’évanouir. Ce point-ci m’a interpellée et beaucoup intéressée. Je crois à ces choses là et au poids insinué au fil des générations.

 

Elle parle des enfants, petits et grands, et de leur place au sein de la famille. L’écoute de leurs maux est capitale tout comme mettre en place des règles. Nos enfants ne sont pas là pour être le réceptacle de nos envies grandioses. Ils ont leur propre identité, leurs propres désirs, leurs propres vocations. Ils sont des entités uniques motivées par leurs propres raisons et surtout sont dissociables de nous, les parents. J’ai été très attentive aux paroles de l’auteure et je me suis retrouvée dans ses mots. Je suis une maman qui prône pour la parole dans la bienséance et le respect, et qui à chaque problème propose des compromis ou des solutions.

 

Cette première expérience de lecture est une véritable réussite. J’ai été touchée par le dialogue de l’auteure qui propose des choses simples à mettre en place au sein de la famille pour accorder la parole à chacun et écouter. Chaque argumentaire est illustré par un exemple de mise en situation. Une plume très accessible qui ne part dans de long discours pompant. Une lecture très intéressante et prolifique !

 

Une chronique de #Esméralda

Il y a dans l’adulte un enfant, un enfant éternel toujours en état de devenir, jamais terminé, qui aurait besoin constamment de soins, d’attention et d’éducation.

Carl Gustav Jung