L’hiver de Solveig de Reine Andrieu

Littérature française contemporaine – Roman sorti le 10 février 2021
Editions Préludes

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Préludes et Babelio pour l’envoi de ce roman grâce à une masse critique privilégiée.

Résumé : Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant  qui vit désormais sous leur toit.
Printemps  1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle  ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié  ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.


L’avis de #Lilie : Voilà un roman dont je n’avais pas du tout entendu parler avant sa parution mais que je vois partout sur les réseaux sociaux, ou dans les librairies, depuis sa sortie. Intriguée par le résumé, je me suis laissée tenter par ce livre ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale et l’après-guerre. C’est une époque qui m’intéresse beaucoup, malgré les horreurs qui s’y sont déroulées et encore une fois, ce livre met en lumière ce qu’il y a de meilleur, et de pire, chez l’être humain.

Nous faisons ici connaissance avec Noémie, son mari Armand, et ses enfants Valentin et Solveig. Vivant près de Bordeaux, leur maison est réquisitionnée dès septembre 1940 pour héberger un officier allemand, Günter Kohler. Après la guerre, nous découvrons une petite orpheline, Angèle, qui est recueilli par un gendarme, Justin, qui va tout faire pour découvrir d’où elle vient et ce qui lui est arrivé. Enfin, on suit Solveig à plusieurs périodes de sa vie, qui nous raconte ses souvenirs.

Noémie est une bonne mère de famille, qui s’occupe de ses enfants et qui a une vie maritale un peu routinière. Günter va réveiller chez elle une envie de frissons et de se frotter à l’interdit. Ce dernier, même s’il fait parti des occupants, ne se considère pas chez lui et ne se comporte pas comme un tyran avec la famille qui l’accueille. Au contraire, il fait preuve de bienveillance et d’attentions avec eux, même si cela ne plaît pas à Ernestine, la bonne, et Germain, le jardinier. Armand est un bon père de famille qui, très tôt, va adhérer aux idées du général de Gaulle et qui va tout faire pour servir au mieux les intérêts de son pays. Tous ces protagonistes vivent ensemble, se croisent, et vont prendre des décisions qui vont impacter la vie de tous les autres.
En 1946, on découvre Justin, un jeune gendarme qui prend sous son aile une petite orpheline amnésique. Pour elle, il va retourner des montagnes et déployer toute son énergie pour qu’elle retrouve la mémoire et, pourquoi pas, sa famille.

Ce roman choral met en lumière, au fil des chapitres, tous ces personnages à des moments différents. Ainsi, on alterne les points de vue et les époques, ce qui dynamise la lecture et maintient l’intérêt du lecteur. Ils sont tous touchants, attachants et tellement « humains ». En effet, ils ont tous leurs failles, leurs faiblesses et aucun n’est ni trop gentil ni trop méchant. J’ai fini par m’attacher à chacun d’entre eux et j’ai souffert, espéré ou souri avec eux. Même si le fond historique est « lourd », l’histoire se lit facilement et nous emporte dans un tourbillon émotionnel assez intense. Tout s’éclaire au fur et à mesure et on a bien du mal à s’arrêter une fois qu’on a commencé. C’est un joli coup de cœur pour cette histoire qui a su me happer et me toucher.

Pour conclure, « l’hiver de Solveig » est un roman que je recommande pour les amoureux de belles histoires ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale. Cette histoire à plusieurs voix avec une intrigue qui s’étale sur de nombreuses années est une belle découverte et je ne manquerai pas de suivre cette autrice donc la plume a su me charmer.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes

NOTRE PART DE CRUAUTE de Araminta Hall.

[ THRILLER PSYCHOLOGIQUE – Nouveauté 2019 ]
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Paul Benita
Éditions PRELUDES
439 pages
Lien Kindle

 

Le résumé :
Leur histoire d’amour est terminée.
Le jeu ne fait que commencer.
Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.
Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.
Peu importe qu’elle soit mariée à Angus.
Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer.
Le suspense psychologique pervers sur le désir, l’obsession, les histoires qu’on se raconte et celles qui nous font basculer.
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Il y a des romans parfois, où, et bien la sauce ne prends pas du tout, du tout !

NOTRE PART DE CRUAUTÉ a tout pour être un thriller psychologique de tonnerre. D’ailleurs certains lecteurs le clament. 

Dès le départ la psychologie de Mike Hayes est une évidence (enfin pour moi). Un homme engrené dans la machine infernale qu’est l’amour obsessionnel. L’amour malsain celui qui fait perdre la tête. L’amour toxique qui empêche l’épanouissement de deux êtres qui se portent un amour conditionnel. Cette évidence a finalement était le couperet qui signe la fin avant le début. Un thriller qui est à mon sens très platonique (dans mon ressenti) et qui ne simule en rien la finalité.

Ce thriller se lit comme un journal intime. La voix de Mike Hayes et ses mots répercutent ce cheminement fatal. Les diatribes sont épuisantes et inconfortables. Être immergée au milieu de ces pensées malsaines et incohérentes est une véritable torture. La violence prend peu à peu place jusqu’au point final. L’engrenage n’offre pas à proprement parler de développement et de rebondissements.

L’atmosphère est suffocante et inextricable. Un malaise persistant s’installe pour ne plus te laisser respirer.

J’ai été absolument prise au dépourvu par les propos tenus. Je suis restée de marbre face aux insinuations du personnage de Mike et ses déblatérations qui enlisent le fil conducteur du thriller. Le seul point positif, si je puis dire, est l’audace prise par l’autrice d’exploiter uniquement le point de vue de Mike. Un risque qui pour ma part n’est pas exploité de manière judicieuse.

Une lecture ratée et c’est bien dommage. Je n’ai pas réussi à prendre le bateau à temps. Une lecture très longue qui manque sérieusement de souffle. Je n’ai pas vu ce que Araminta Hall a voulu insuffler au travers de ses mots.

Une chronique de #Esméralda.

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… le site des éditions Préludes.

La ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Littérature anglaise – livre sorti en avril 2017

Editions Préludes

Service Presse

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »

 

Je remercie les éditions Préludes qui, via la plateforme NetGalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?
Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.

 

L’avis de #Lilie : Voilà un roman qui présente tout ce qu’il faut pour me faire passer un bon moment : un secret de famille, une partie de l’intrigue pendant la seconde guerre mondiale… ce roman s’annonçait très prometteur !

Nous faisons ici connaissance avec Lucy. Trompée par son mari, elle ne se sent plus à sa place à Londres. Elle décide donc de retourner dans les Cornouailles pour être auprès de sa grand-mère et de sa mère. Arrivée là-bas, elle va se rendre compte que cet endroit cache de nombreux secrets et que les apparences ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Lucy est une jeune femme combative qui, contrairement à ce que l’on peut craindre au départ, ne va pas se laisser abattre et mener les combats qui s’imposent. Elle a de nombreux points communs avec sa grand-mère Maggie, que l’on suit pendant son adolescence, dans les années 40. Indépendante, fière, croquant la vie à pleine dent, Maggie va vivre une adolescence passionnée et rythmée par ses coups de cœur et ses envies. Pourtant, à cette époque, la condition des jeunes femmes n’est pas celle de maintenant et Maggie, qui rêve de grandes choses, va l’apprendre à ses dépens…. Le troisième personnage important de cette histoire est Alice. Réfugiée dans la ferme de la famille de Maggie, Alice sort tout juste de l’enfance et voue une admiration pour cette ainée à qui tout semble réussir. Pourtant, entre les deux filles, rien ne sera simple et cette relation particulière va nous tenir en haleine.

Ce roman est une belle fresque familiale. Au fil des chapitres, nous faisons des vas-et-viens entre passé et présent, ce qui est très prenant et, en même temps, très frustrant. La plume de l’autrice est vive, très visuelle et elle m’a transportée au cœur des Cornouailles et de la campagne anglaise. Je me suis attachée à tous les protagonistes et je trouve que l’autrice fait une place de choix à ses héroïnes, en leur donnant du caractère et en les dépeignant comme des battantes, attachées à leurs valeurs et en même temps tellement modernes. Ce livre est aussi l’occasion de mettre en lumière les difficultés que connaissent les agriculteurs de nos jours et les efforts qu’ils sont obligés de fournir afin de se renouveler et de sauver leurs exploitations.

Pour conclure, je me suis régalée lors de la lecture de « la ferme du bout du monde ». Ce roman est une bouffée d’oxygène qui vous emportera sur les côtes anglaises et vous vous laisserez, sans nul doute, séduire par cette jolie famille qui cache, sous son apparent sourire, de nombreux secrets.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes
Retrouvez également ce roman sur le site des éditions « le livre de poche »

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Il est toujours minuit quelque part de Cédric Lalaury.

 

[THRILLER – Nouveauté 2017 ]

Éditions Préludes – Collection Préludes Noir.

Service presse

 

Je remercie les éditions Préludes pour ce tout premier service presse via Netgalley.

 


 

Résumé :

Bill Herrington est un homme heureux.
La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : R. P. Kirkpatrick.
Pas de quoi chambouler Bill.

À un détail près : il s’agit d’une histoire vraie.
Celle d’un crime dont il était persuadé que personne n’en avait jamais eu connaissance.
Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.

Cet ouvrage envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable ainsi que son équilibre psychologique vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce livre vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

 


 

Mon avis :

Voici un roman bien singulier. Une lecture que j’ai beaucoup apprécié.

William Herrington, dit Bill, est un personnage assez tonitruant. Professeur de littérature, il ne voue son grand amour qu’aux grands romans classiques de la grande époque, la littérature contemporaine ou dite populaire, il la désavoue littéralement. D’ailleurs Bill tient un discours abscons et malvenu. Personnage dédaigneux et horripilant, il se retrouve mêlé à une histoire surgie du passé, de son passé. Ce dernier se trouve retranscris dans un roman déposé dans son casier. Tous les éléments présents sont d’une justesse redoutable et témoignent d’une scène qu’il a oublié. Cet auteur est inconnu du très grand public, et c’est ainsi que Bill par à la conquête de son identité afin de préserver son secret. Il va être aider par une nouvelle étudiante, Alan, qui après avoir lu le roman, sans connaître la véritable teneur, va porter sur un piédestal ce nouvel auteur, R.P. Kirkpatrick. Bill va totalement paniquer et échafauder tout un scénario pour trouver le traitre. Malgré lui, il va devenir un de ces personnages de romans populaires auxquels il porte un aversion sans nom. Pour ma part c’est ici que ce roman est singulier. La manière dont l’auteur va jouer sur les paradoxes entre ces personnages distingués des romans classiques et ceux des romans modernes. Il survole les frontières pour créer ainsi un personnages mixant les deux codes. Je ne vais pas vous cacher que Bill est une personne imbue de lui même, égoïste, sans scrupule et parfois sans cœur. Il arrive facilement à mettre de côté sa famille et à rompre avec celle ci, pour arriver au but ultime : se protéger. Alan à le merveilleux rôle d’unifier les deux univers : passé/présent et roman populaire/ roman classique. Alan est ce personnage clé qui ne faut absolument pas sous estimer.

Du coup tous les éléments du passé surgissent pour mettre une sacré pagaille dans la vie bien rangée de Bill. J’ai découvert petit à petit tous les tenants et je me suis prise au jeu de savoir ce qui allait peut être en découler et surtout, mettre un nom sur ce mystérieux corbeau. Il va s’en dire que ce parcours tonitruant que doit affronter Bill, est semé d’embuches et de questions toutes aussi importantes les unes des autres. Bill va suivre un chemin de croix assez éprouvant où toute sa vision de la vie en générale va être remise en question. J’ai pu voir l’évolution de ce personnage qui de détestable va petit à petit devenir un peu plus sympathique. Je me suis même surprise à le trouver attachant.

La rencontre avec Kirkpatrick est assez épique. Scène toute en désolation, sous une pluie battante, comme si ce déluge laver et pardonner les actes à venir. Une relation amicale va débuter. Je dois dire que la présence d’un certain humour noir va enjoliver cette relation inappropriée, sachant que l’un soupçonne l’autre. Non dits, quiproquo et situations embarrassantes vont rythmer ce rapprochement.

J’ai beaucoup apprécié la part symbolique accordé tout au long de l’histoire donnant un aspect mystique à la trame.

Cédric Lalaury est un écrivain à la plume franche et honnête. Sans fioriture, il est arrivé à me plonger dans son univers atypique voguant sur des influences mixtes et généreuses. Il ne m’a privé d’émotions au contraire. Il m’a invité à participer à la résolution de cette énigme tout en me plongeant dans une atmosphére sombre et lourde. J’ai passé un excellent moment de lecture et le final m’a laissé pantois. Je n’aurai pu imaginer une telle fin et bien évidemment je n’ai absolument pas pu mettre le doigt sur les réponses.

 

« Il est toujours minuit quelque part » est manifestement une très belle découverte ! Un thriller psychologique haletant où je suis allée de surprise en surprise pour mon plus grand bonheur !

 

 

Tu m’avais dit qu’après minuit c’en serait fini,
Que nos âmes tourmentées trouveraient le repos,
Mais tu te trompais, car rien ne s’achève à minuit, et ce moment
Sur le point d’arriver ne se produit jamais
Parce qu’il est toujours minuit quelque part
dans le monde pour les criminels de notre espèce,
Et que c’est là le point indépassable de notre horizon.

William Shakespeare,  Macbeth, IV 4*

 

 

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Vers le site des éditions Préludes, pour tout savoir !!

Vers le site officiel de Cédric Lalaury !

 

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