Vivre ensemble d’Emilie Frèche

vivre ensemble

Littérature contemporaine française – Livre sorti le 22 aout 2018

Editions Stock

Service presse

Ma note : 3/5

 

Je remercie les éditions Stock qui, via la plateforme NetGalley, m’ont confié ce roman en service presse.

Résumé : « La première fois qu’ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n’a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peut-être était-ce juste un rire, et, pris d’une rage folle, il s’est mis à hurler qu’il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo jamais son frère, puis il a attrapé un couteau de boucher aimanté à la crédence derrière lui et, le brandissant à leur visage, il a menacé de les tuer – cela faisait une heure à peine qu’il les connaissait. »

Tout le monde ne parle que du vivre-ensemble mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble, c’est se disputer un territoire.

 

Mon avis : J’avoue m’être lancée dans ce roman suite à la polémique lancée par Séverine Servat de Rugy, ex-compagne de Jérôme Guedj, qui est l’actuel compagnon d’Emilie Frêche. En effet, Mme Servat de Rugy a ouvertement critiqué ce roman trouvant qu’il s’inspirait un peu trop de leur vie réelle… Ce coup de projecteur a finalement permis de faire connaitre ce livre et a attisé les curiosités…

« Vivre ensemble », c’est un terme que l’on rencontre de plus en plus pour parler de la vie en société, c’est le dogme qui est assez régulièrement ressorti lorsque des tensions surgissent entre des communautés. Ici, ce titre a été choisi pour parler de famille recomposée et de la difficulté de recréer un foyer avec des enfants qui vivent une semaine sur deux sous notre toit ou lorsque les anciens conjoints n’y mettent pas forcément de la bonne volonté.

Nous faisons ici connaissance avec Déborah, séparée de son ex-mari Driss, avec qui elle a eu un garçon Léo. Elle fréquente Pierre, ils passent de bons moments puis arrive le 13 novembre, les attentats de Paris et cette impression que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Elle prend alors la décision de chercher un appartement pour qu’ils s’installent enfin ensemble, avec leurs enfants respectifs. En effet, Pierre aussi a un enfant d’une précédente relation, un jeune Salomon qui s’avère être un enfant difficile à cerner et qui surtout n’accepte pas l’arrivée de Déborah et Léo dans sa vie. De plus, les relations avec la mère de Salomon sont compliquées, elle est imprévisible, intrusive et semble prendre du plaisir à pourrir la vie de son ex-compagnon. La vie de famille va alors de plus en plus ressembler à une partie de jeu de stratégie, où chacun doit avancer ses pions sans froisser les autres tout en essayant de se préserver.

Déborah est une femme amoureuse mais perdue. La relation avec son beau-fils est très compliquée et lui pèse énormément. Elle cherche des solutions mais ne se sent pas toujours écoutée par Pierre. Ce dernier, avocat de profession, est en plus engagé pour aider les réfugiés dans la jungle de Calais. Il est donc absent un jour par semaine quotidiennement, ce qui oblige sa compagne à rester seule avec Salomon. Ce dernier n’hésite pas à mener la vie dure à sa belle-mère quand son père n’est pas là mais on ressent chez lui à la fois de la souffrance mais aussi de l’incompréhension. Quand à Léo, il va pendant longtemps tenter d’arrondir les angles, pour essayer de souder sa famille mais ses silences vont finir par lui peser.

Le point de départ du roman est très intéressant. En effet, de nos jours, il y a de plus en plus de familles recomposées et réussir à faire cohabiter et coexister des enfants ne venant pas des mêmes parents ne doit pas être une chose aisée. Le début du livre parle de ces difficultés, des compromis, des recherches de solution. Mais au bout d’un moment, j’ai trouvé que l’auteure se perdait un peu en route. Une longue partie du roman est consacrée à la vie dans la jungle de Calais. Certes, cela rejoint le thème du « vivre ensemble » mais cela n’amène rien à l’histoire de Déborah et Pierre.  Du coup, j’ai trouvé que passé la première moitié, l’histoire devenait poussive et beaucoup moins prenante qu’au départ. De plus, le mal-être des enfants est peu « exploité », c’est à dire qu’on le ressent lors de la lecture mais au final, aucune solution n’est réellement apportée par les parents et la fin m’a laissée sans voix….. En effet, l’histoire se termine brusquement, sur une porte ouverte qui laisse libre cours à l’interprétation et j’avoue avoir ressenti une pointe de malaise en refermant le livre. Concernant le style de l’auteure, il est agréable, facile à lire, mais j’ai par contre eu du mal avec l’absence de réels chapitres, ce qui aurait pu dynamiser un peu la lecture.

Pour conclure, j’ai apprécié cette lecture mais sans plus. Le thème de la famille recomposée est très intéressant mais sous-exploité pour moi. C’est un roman qui se lit facilement mais qui s’essouffle dans la seconde moitié. Amateurs de littérature générale, ce roman pourrait vous faire passer un bon moment.

 

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