FENÊTRE SUR TERRE, un recueil de poésie de Franck Bouysse.

RECUEIL DE POÈMES ET DE DE RÉCITS

Éditions Phébus


Le texte le plus intime et personnel de Franck Bouysse. Un récit fait de textes en prose alternant avec des poèmes en vers et des photos de l’artiste qui racontent son arrière-pays d’écriture : sa Corrèze quotidienne depuis son enfance. Une portait du territoire d’inspiration qui a façonné son imaginaire et ses romans. On y retrouve toute l’authenticité et l’ambiance claire obscure de sa littérature, ainsi que ses personnages, et ses décors naturels. De l’émotion à l’état pur.
 
Ma note : 5/5 mention « gros coup de cœur et incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
136 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Le dernier livre de Franck Bouysse, me semble t-il, est passé à la trappe dans la sphère littéraire. Certes il change de registre, mais est-ce une raison de s’en détourner. Vous avez peut-être connu Franck Bouysse avec « Buveurs de Vent » ou alors le très acclamé « Né d’aucune femme » ?

 

Pour ma part c’est une première rencontre, une de celle mémorable, marquante au fer rouge dans les tréfonds de mon âme.

 

Franck Bouysse touche par sa simplicité. Ses mots aux doux échos de saveurs d’un autre temps où le temps avait une dimension agréable, une sonorité charmante et un touché appréciable. Le temps que l’on oublie, le temps effréné dans cette quête sans limite de la vie. Franck Bouysse narre avec douceur de la vie, de la nature, de l’homme, de l’enfant, de la femme, des rêves, du vent, du ciel, de l’héritage, du désir. Un ensemble d’une finesse exemplaire, d’une douceur chatoyante, d’un plaisir inéluctable.

 

Je ne suis pas une grande adepte de la poésie, mais j’aime prendre le temps, de temps à autre, de savourer un recueil. Alors quand la magie opère, il n’y a rien de plus merveilleux que de se laisser porter par cette douce mélopée. Outre ces passages d’écriture, il est agréable de regarder ces photographies, en noir et blanc, illustrant parfois, souvent, les mots.

 

Poignant, bouleversant, FENÊTRE SUR TERRE est sans contexte un livre remarquable.

 

Ça

Ça commence par des ombres

Ça porte

Ça guide

Ça enfle

Ça gronde

Ça se tait

Ça fait naître les personnages d’une famille éphémère

Ça ne prévient pas

Ça s’invite

Ça s’impose

Ça veut se raconter, jusque dans les silences

Ça glace autant que Ça réchauffe, C’est impitoyable

Ça aime

Ça hait

Ça séduit

Ça repousse

Ça bouscule

Ça ravage

Ça déniche le réel

Ça vient de l’intérieur

Ça ne demande qu’à sortir

Ça cherche la vérité

Ça fait chair

Ça veut tempêtes et bonaces

Ça veut soulever le monde

Ça veut prendre l’espace

Ça veut plus

Ça veut tout

Ça veut croire à tout prix

Ça veut nouer le corps avec l’esprit

Ça veut unir

Ça veut posséder

Ça veut finir sans achever

Ça veut l’éternité

 

 

 

 

L’OURS un roman de Andrew Krivak.

NATUR WRITING

Éditions Globe

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

#PicaboRiverBookClub


Ils ne sont que deux survivants humains, un père et sa petite fille, dans une maison au bord d’un lac. Leurs voisins ? Des arbres centenaires, des plantes millénaires, des oiseaux dont les appels trouent les cieux, des traces d’ours sur les troncs et une montagne qui n’a pas changé depuis qu’Emerson et Thoreau y puisaient leur force et leur sagesse.
 
Au fur et à mesure que la fille grandit, son père lui apprend tout ce qu’il peut, pour la préparer à une vie en harmonie avec une nature majestueuse et tutélaire.
Et quand la fille se retrouvera seule, c’est l’ours du titre qui lui servira de guide ultime pour s’orienter à travers un environnement aussi rude que prodigue, dans une communion élégiaque.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Il existe ces romans où les mots semblent désuets. L’ours en fait indéniablement partie

 

Mes mots ne pourront jamais vous faire ressentir l’immensité. La nature omniprésente. Le ciel, la terre, les arbres et les fleurs, les animaux, leurs silences, leurs cris, leurs vies, leurs présences, source d’abondance et de pérennité. Une bouffée d’air pur, saisissante et pétrifiante. La solitude, la peur de la mort, mais la vie restant, brillante par tous ses défauts, sombre pendant ces moments où la terre s’endort.

 

Un paysage époustouflant. Des détails précis et ces mots qui valdinguent, bouleversent et pétrissent le cœur avec une nonchalance naturelle invitant au repos et surtout à tendre l’oreille. Alors vous entendrez ce père initiant sa petite fille à la terrible loi de la survie, ses conseils, ses souvenirs, ses légendes, ses histoires, ses mots marqués sur un papier d’un autre temps seul rescapé de l’apocalypse (?). Alors vous verrez l’amour qui transpire dans chaque mot, chaque geste, chaque silence. Celui-ci apporte bien plus.

 

C’est ainsi que naissent les légendes celles véhiculées par les airs, celles qui se murmurent au bruissement des feuilles, celles que rapportent les oiseaux du quatre coin du monde. Une légende naît de la douleur, de la perte et du deuil. Une légende en parfaite communion avec la nature, la véritable nature, celle qui s’élève, celle qui a conscience d’un grand tout.

 

Andrew Krivak signe un roman d’une beauté insaisissable, merveilleuse et d’une justesse rare. Dès le départ j’ai été captivée par la prose et le style de l’auteur. Une plume lyrique qui nous invite à un voyage extraordinaire. Au-delà d’être une claque, ce roman puisse sa force dans la nature mais aussi aux côtés d’une jeune héroïne qui a reçu un héritage bien lourd pour ses frêles épaules. Une héroïne en harmonie totale avec son environnement dont elle aura pris soin de regarder et d’écouter.

 

J’ai été saisie par la puissance émanant de ce roman. Une expérience unique et bouleversante.

 

Êtes-vous prêt.e.s à rencontrer l’ours ? Je ne pense pas.

 

AVANT ELLE, un roman de Johanna Krawczyk.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Héloïse d’Ormesson

#68premièresfois


Carmen est enseignante, spécialiste de l’Amérique latine. Une évidence pour cette fille de réfugiés argentins confrontée au silence de son père, mort en emportant avec lui le fragile équilibre qu’elle s’était construit. Et la laissant seule avec ses fantômes. 
Un matin, Carmen est contactée par une entreprise de garde-meubles.
Elle apprend que son père y louait un box. Sur place, un bureau et une petite clé. Intriguée, elle se met à fouiller et découvre des photographies, des lettres, des coupures de presse. Et sept carnets, des journaux intimes. 

Faut-il préférer la vérité à l’amour quand elle risque de tout faire voler en éclats ? Que faire de la violence en héritage ? Avec une plume incisive, Johanna Krawczyk livre un premier roman foudroyant qui explore les mécanismes du mensonge et les traumatismes de la chair.

 

Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 et coup de cœur »
Nouveauté 2021
160 pages
Disponible en numérique et broché (bientôt en poche)

 


MON AVIS

Violence.
Secret.
Deuil.
Déchirement.
AVANT ELLE.
Ultime acte d’amour ? Ultime confession ? Paroles ultimes, paroles salvatrices ? Doux héritage ?

 

Johanna Krawczyk crie la douleur, la scission, l’origine. Son héroïne, Carmen, est devenue malgré elle, le réceptacle de vieux démons. Atteinte de troubles de la personnalité, Carmen vit au compte goutte, au milieu de ses angoisses, de ses peurs, de ses aberrations, de ses absences, de ses oublis, de ses impulsivités. Son père est décédé sans préavis et depuis c’est le grand bordel ou le feu de la Saint Jean. Orpheline, Carmen boit pour oublier, pour penser, se noie.

 

Et puis cet appel fatidique. Un garde meuble à débarrasser. Un vieux bureau, une cachette, des photos et des carnets pour une vie, toute la vie de son père.

 

Découverte effroyable, imprévisible, violente. Page par page, son monde s’effondre, se croupit dans l’obscurité de ces mots flamboyants destructeurs. L’horreur sans nom, l’effroyable perversité d’un engrenage morbide, l’air vicié et putride. Le noir, le blanc, le rouge, trichrome infernal.

 

Logorrhée salvatrice, logorrhée meurtrière, logorrhée silencieuse. Après elle tout devient limpide. Cadeau empoissonné ? Cadeau bienveillant ?

 

Johanna Krawczyk explore le continent de l’héritage ayant pour fond la dictature en Argentine. Une verbe exigeante, une verbe qui manipule la cruauté avec une certaine retenue mais qui n’oublie aucun détail. Une plume captivante et cela dès le départ. Une plume légère, sèche, énergique. Une plume qui suinte, qui s’épanche, qui illumine. Un sujet douloureux, éprouvant et moi je sors de cette lecture aveugle, abasourdie. Conquise ?

 

Oui, conquise et bien au-delà.

 

Une chronique de #Esméralda

TISSER, un récit de Raharimanana.

RÉCIT

Éditions Mémoire d’Encrier


Tisser, c’est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d’autres pour une existence plus vaste. Tisser les mémoires. Tisser les vies. Tisser l’utopie.
Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l’Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l’humanité.
Ma note : 5/5
92 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

 


MON AVIS

J’ai succombé à ce récit dès la première phrase. J’ai su que j’allais éprouver une sorte de fascination qui resterait ancrée en moi pour toujours (je l’espère vivement).

 

TISSER vous happe dans sa toile en un tour de main. Magie, obsession hypnotisante, Raharimanana, grand orateur, oracle de son temps, narre avec une telle évidence, spontanéité et fascination de ce temps qui fût, qui est et qui sera.

 

Entre contes, mythes et réalité, il nous confesse le grand mal du monde. L’absence d’écoute des peuples quelques qu’ils soient et surtout ceux de l’Afrique. Il expose une vision panoramique de ces vies détruites par le colonialisme et la perte d’identités riches, culturelles et communautaires.

 

Au travers du prisme d’un enfant mort né, le flux va et vient entre aperçu du temps présent, légende, hypothèse, futur.

 

Raharimanana parle de la vie et de la mort, lien ténu et indivisible, il tisse ses vies au travers de ce filtre étonnant reliant une vision merveilleuse et horrifique.

 

TISSER c’est hurler et pleurer la vie. C’est donner un sens à l’héritage, à la mémoire, à la nature, à la femme, à l’amour.

 

Mémoire universelle du berceau de la vie.

 

TISSER chante une chanson mélancolique, douce, tendre où l’amour s’accorde avec la tristesse et la mort.

 

TISSER se chante, se crie, se chuchote. Poème reflétant une immensité où le plus infime est d’une beauté rare.

 

TISSER est sans contexte un voyage inédit. Un voyage au bout du monde où la liberté est chère et la vie un fruit défendu.

 

Plus j’observe les jours, plus je constate qu’aujourd’hui s’est détaché d’hier, comme si plus rien ne relie au passé. Les pays se sont disloqués dans un grand silence où la mémoire s’est effondrée.

 

Une chronique de #Esméralda

PLUS IMMORTELLE QUE MOI, un roman de Sophie Henrionnet.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Du Rocher


Comment Mathilde, la petite quarantaine ordinaire, s’est-elle retrouvée enfermée dans un « institut de repos » ?
À quel moment la vie de cette pharmacienne mariée et mère d’un adorable adolescent a-t-elle basculé ?
Sur les conseils de sa psychiatre, Mathilde tient un journal.
Peu à peu, la parole se libère. Elle livre ses états d’âme et souvenirs d’enfance la cruauté dont elle a fait preuve à l’encontre de son frère Charly , son quotidien chez les fous avec une infirmière détestable qu’elle a surnommée Moustache, mais aussi sa rencontre marquante avec une certaine Daphné… L’héroïne parviendra-t-elle à rassembler toutes les pièces de ce puzzle, chasser ses démons et affronter la vérité ?
Un roman mené tambour battant, tel un jeu de dupes addictif, au dénouement inattendu.
 
Ma note : 5/5 mention « captivant et incontournable 2021 »
Nouveauté 2021
208 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

Ouvrir le roman de Sophie Henrionnet, c’est accepter de se laisser porter par l’inconnu. C’est ce sentiment étrange qui m’a oppressé dès le départ. Le fait de ne pas savoir où aller. Juste suivre, aveugle momentané, cette femme sans particularité à la vie banale. Pas après pas, la confiance s’installe, l’empathie également. Mathilde est une part de moi, de nous. Ses faiblesses, ses espoirs, ses qualités nous les partageons toutes et tous. La vie craque se recolle tant bien que mal et puis, un jour cette colle n’est plus aussi puissante. La vie se délite, craquelle sous la puissance destructrice de cette vague si innocente dès le départ devenue un monstre gourmand, avare de douleur.

 

Mathilde tente le tout pour le tout. Seule dans son mutisme feint, rien n’y paraît. La fissure finit par devenir béante et le large l’appelle. Une fuite, ni plus ni moins. Une fuite salvatrice. Respirer seule, refaire surface par ses propres moyens. Daphné apparaît dans l’imprévu. Rencontre rocambolesque, rencontre salvatrice, rencontre inopinée. Daphné est l’antithèse de Mathilde. Exubérante, pimpante, fougueuse, elle l’entraîne dans un road trip.

 

Le retour à la réalité est douloureux. Le désir de se faire hospitaliser, d’aller avec les fous, suivre ce conseil : écrire pour savoir, recoller le morceau, ouvrir les yeux. Mathilde se prête volontiers à cet exercice. Elle écrit avec envie, parfois avec sarcasme. Elle retrace son enfance, sa vie d’adulte, de maman, d’épouse, entrecoupé de moments du quotidien. Les patients, l’infirmière « peau de vache ».

 

Sophie Henrionnet nous propose un grand roman. Une histoire portée par une plume qui sait indéniablement nous faire ressentir une multitude d’émotions. C’est un roman à la réalité touchante et/ou l’attention a une place particulière. C’est un roman qui se vit, qui se crie. Un roman extrêmement dur qui nous pousse dans nos retranchements. Suivre aveuglément demande une confiance absolue et je l’ai donnée à Sophie Henrionnet sans peine. Un don précieux et rare que j’ai savouré à chaque instant.

 

Une lecture incontournable.

 

Une chronique de #Esméralda

JOURS DE SABLE, un roman graphique de Aimée de Jongh.

ROMAN GRAPHIQUE

ÉDITIONS DARGAUD


Washington, 1937. John Clark, journaliste photoreporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, l’organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et les tempêtes de sable plongent les habitants dans la misère.
En Oklahoma, John tente de se faire accepter par la population. Au cours de son séjour, qui prend la forme d’un voyage initiatique, il devient ami avec une jeune femme, Betty. Grâce à elle, il prend conscience du drame humain provoqué par la crise économique. Mais il remet en question son rôle social et son travail de photographe…
Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur et incontournable 2021 »
288 pages
Disponible en broché et en numérique
Nouveauté 2021


MON AVIS

Comme la plupart du temps j’ai choisi cette lecture pour sa couverture et non pas pour son résumé. J’aime être surprise au cours de mes lectures et quand elle se terminent par un immense coup de cœur, c’est le Graal ultime.

 

Les États-Unis subissent de plein fouet la grande dépression. Un contexte économique tendu où les plus pauvres, les ouvriers, les agriculteurs, les petites mains peinent à survivre.

 

John est photographe non pas par choix mais par conviction qu’au moins une fois dans sa vie son père, également photographe de renom, puisse être fier de son fils. Pourtant John a le talent, la patience, et l’œil. Une certaine beauté résulte de ses clichés. Dernièrement, il vient d’être employé par la FSA. Son but : rendre état de la population résidant au cœur du Dust Bowl, ancienne région agricole riche et prospère qui subit depuis quelques années une sécheresse sans pareille occasionnant régulièrement des terribles tempêtes de sables.

 

Cet objectif lui semble noble. Une aide précieuse pour ces habitants. Mais ces premiers pas dans ce village à semi abandonné est un choc. Le sable omniprésent, des habitants inquiets et inquiétés, la méfiance, la peur, la désillusion. Ces habitants vivent ici depuis des générations. L’élevage et l’agriculture y sont tel un eldorado qui vireront bientôt au cauchemar, à l’enfer. Les enfants vaquent à leur occupation, il n’y a plus école depuis de nombreux mois. Les hommes tentent tant bien que mal à faire vivre leurs familles, les femmes sont démunies.

 

Ses premières approches sont maladroites. Il essuie de nombreux refus. Navré de ce porte à faux, il se remet en question est tente à nouveau une nouvelle approche. Les portes s’ouvrent timidement, leurs histoires fleurissent, leurs maux s’épanchent. Quitter leurs terres est l’unique solution pour ainsi préserver les enfants qui s’essoufflent, les vies qui s’étiolent.

 

Les photos s’agglutinent. Des clichés vibrants, parfois mis en scène (rarement), des familles décharnées.

 

Puis il rencontre la jolie Betty, veuve et enceinte. Elle lui montre la beauté cachée derrière la solitude des sables mouvants. Elle lui apprend l’entraide. Elle lui prouve que la famille est sacrée au delà des souffrances. Elle lui prouve que la vie se doit d’être vécue pour soi.

 

Ce roman graphique est de cette beauté parfaite qui met en exergue la douloureuse réalité. La fiction est mise en œuvre pour décrire une réalité historique prégnante et difficile. Les illustrations sont bouleversantes. Le sable s’infiltre partout, s’invite dans les moindres interstices, mordant la poindre parcelle de vie. Le personnage de John est touchant. Touchant dans sa solitude, son dévouement, son désœuvrement, son empathie, son histoire. Un personnage sombre qui va se révéler au côté de l’éblouissante Betty débordante de gentillesse et d’amour.

 

JOURS DE SABLE est émouvant. Ce foisonnement de vies fauchées par la triste réalité, produit de la main de l’homme. Je suis sortie de cette lecture subjuguée. Un roman graphique foudroyant et terriblement humain !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

QU’IMPORTE LE NAVIRE, un roman de Sharon Bala.

LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

ÉDITIONS MÉMOIRE D’ENCRIER

Traduit par Véronique Lessard et Marc Charron


Mahindan et son fils de six ans, Sellian, débarquent sur l’île de Vancouver, fuyant la guerre au Sri Lanka avec quelque cinq cents réfugiés, portés par le rêve d’une vie nouvelle. Le bruit court que parmi les boat-people se trouvent des terroristes. Emprisonnés, les réfugiés voient leur passé resurgir et la chance d’obtenir le droit d’asile se dissiper. Inspiré de faits vécus, Qu’importe le navire est un roman d’une force inouïe où chaque décision est question de vie ou de mort.
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 »
436 pages
Nouveauté 2021
Disponible en broché

MON AVIS

QU’IMPORTE LE NAVIRE est un roman bouleversant. Entre fiction et non-fiction, il vous embarque dans ce boat people où l’avenir ancré à ces passés multiples et douloureux crache l’inacceptable, l’horreur et l’inhumain. Ce navire qui vomit l’impensable et pourtant regorge de cet espoir salutaire, d’une vie paisible loin des bombes et des massacres. Ce navire est le témoin silencieux et passible de ces hommes, des ces femmes, de ces enfants marqués par la guerre civile. Il apporte le nauséabond et la peur sur cette terre ni accueillante ni chaleureuse. L’île de Vancouver apparaissait comme la terre promise pourtant à leur arrivée qui n’avait rien de surprenante, les autorités prennent ces vies et les parquent. Le terrorisme devient l’apanage d’une sécurité intransigeante qui en oublie l’humanité. Ces bombes sur pieds deviennent les effigies de cette nouvelle mode où l’explosion devient le porte parole de ces voix belliqueuses.

 

Mahindan a tout perdu, sa femme, son garage, sa famille, ses amies, sa culture, son pays. Il ne lui reste que Sellian, son unique fils, sa vie, son espoir, cette chaîne qui le retient inlassablement sur cette terre d’épouvante. Tamouls, ils ont fui leur pays, leur terre natale en proie aux feux et à la folie des hommes perdus  dans cette guerre impitoyable de territoire, de religion, de culture. Ils sont tous tamouls sur ce fichu bateau, certains de grès et de force ont participé à cette guerre mais, chut, c’est un secret ! Les âmes peinent et leurs fardeaux les accablent depuis trop longtemps. Mahindan s’écroule lorsqu’on emporte son fils  loin de lui avec les femmes et les enfants. Ses papiers en main, pourtant il va devoir prouver sa bonne foie. Aidé par un avocat dont c’est sa spécialisation et accompagné par une stagiaire tamoule, Priya, Mahindan va franchir les obstacles judiciaires à leurs côtés. Séquestré, enfermé dans cette légalité taciturne et inviolable, Mahindan va apprendre l’anglais, découvrir ce monde chéri de dehors au travers des émissions télévisées, et le contempler par le biais de ce bus, seul lien tangible d’une réalité abstraite et déshonorante.

 

Qui sommes nous pour juger ces hommes ces femmes, ces enfants ? Nous sommes tous des enfants d’immigrés.

 

Et c’est en cela que Sharon Bala interroge son lecteur par le biais des personnages de Priya et de Grace. Priya est née au Canada mais ses parents sont d’origine tamoule. Origine souvent tue, le passé n’est que le passé et vivre à ses côtés est considéré comme malsain. Priya découvre ainsi tout un pan de ces vies qui auraient pu être la sienne, celles de ses parents, de sa famille. Un héritage lourd auprès duquel elle va s’épanouir et considéré sa vie sous un autre angle. Grace est d’origine japonaise et a comme grand rôle d’accorder ou non l’asile à celles et ceux qui viennent d’accoster. Elle a oublié ses origines et refusent catégoriquement d’en parler.

 

QU’IMPORTE LE NAVIRE a cette obligation de vous émouvoir, de vous exposer les faits, de vous questionner et de vous faire ouvrir les yeux. Depuis de nombreuses années, ces bateaux miséreux sillonnent les mers à leurs risques et périls. Dans notre confort moderne, il est plus facile d’oublier la pauvreté visible qu’à la télé. Nous vivons dans ce monde éphémère où cela ne doit pas nous atteindre. Que faisons nous assis sur notre canapé, derrière notre ordinateur ou notre téléphone, rien, seule une poignée d’associations, de bénévoles osent tendre leurs mains. Est ce suffisant ?

 

D’une beauté étrange et même surréaliste Sharon Bala nous livre ici un roman d’une force singulière qui vous broie les tripes. Un roman d’une puissance inqualifiable où la différence devient ce moteur de haine et d’injustice.

 

A découvrir de toute urgence !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

Roman français contemporain – Livre sorti en poche en 2019
Editions le Livre de Poche

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Résumé : Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?
Après le succès des Oubliés du dimanche, un nouvel hymne au merveilleux des choses simples.


L’avis de #Lilie : Si je dois être tout à fait honnête, pendant longtemps, je me suis demandée pourquoi tout le monde vantait les mérites de ce roman. La quatrième de couverture ne me tentait pas plus que ça et j’ai toujours tendance à me méfier des livres qu’on veut « à tout prix nous faire lire ». A l’occasion d’un swap, j’ai reçu ce livre avec ce petit mot de ma binôme : « je suis sûre que tu vas aimer, lance-toi! ». Il n’aura pas dormi longtemps dans ma PAL car le Booklanta m’aura donné l’occasion de le sortir et quelle claque ! Je ne m’attendais à rien et j’ai été totalement conquise !

Nous faisons ici connaissance avec Violette Toussaint, une femme qui n’a pas été épargnée par la vie. Gardienne de cimetière après avoir été garde-barrière, elle vit seule, entourée de ses chats et de ses amis, aux portes de son cimetière. Un jour, un homme vient frapper à sa porte afin de répondre aux dernières volontés de sa mère. Pourquoi veut-elle reposer ici alors qu’elle vivait à Marseille ? Qu’est-ce qui a amené Violette à devenir gardienne de cimetière? Pourquoi est-elle seule ? Notre vie est-elle toute tracée ou le hasard nous joue-t-il, par moment, des tours ?

Violette est une femme profondément humaine. Oreille attentive, avec le cœur sur la main, elle a appris, au fil du temps, à se protéger sans pour autant se fermer aux autres. Depuis le départ de son mari, elle vit seule mais elle a sa routine, ses habitudes, qui lui permettent de tenir bon. Les drames, elle en a connu et plus d’une fois, elle s’est sentie abandonnée ou méprisée. Désormais, elle essaie de vivre sa vie pour elle, comme elle l’entend. C’est un personnage très humain qui m’a beaucoup touché. Autour d’elle, il y a Philippe Toussaint, son mari absent, très difficile à cerner. Il y a aussi Julien, qui entre dans sa vie grâce aux hasards de la vie, la mère de ce dernier, Irène, qui n’a pas eu une vie toute tracée, et il y a Gabriel, ce mystérieux Gabriel auprès de qui Irène veut reposer pour l’éternité.

C’est un roman qui parle de personnes, de leurs vies, de leurs choix et des conséquences qu’ils peuvent avoir sur notre destin. A chaque chapitre, on suit un personnage à un moment de sa vie. Même si cela peut paraître perturbant au départ, on prend vite le pli et ce qui nous semble anecdotique au départ prend tout son sens quelques pages plus loin. Je vais peut être y aller fort mais ce livre est magique à plus d’un titre. Tout d’abord, quand on le commence, on a bien du mal à le poser. Ensuite, la manière dont les destins s’entremêlent et dont chaque pièce du puzzle prend progressivement sa place est superbement fait. Enfin, c’est une histoire qui reste en tête pendant un moment. Honnêtement, je comprend maintenant tout l’engouement qui peut exister. Malgré les 664 pages, on ne s’ennuie pas une seconde et on va de surprises en surprises. Emotionnellement, préparez-vous à rire, à verser quelques larmes, à avoir le ventre qui se tord avant de ressentir ces petits papillons qui font tant de bien. En bref, une belle histoire magistralement menée jusqu’à la dernière ligne.

Pour conclure, « Changer l’eau des fleurs » est une magnifique découverte et un roman qui a déjà su séduire une grande partie de ses lecteurs. Amoureux de belles histoires où on parle de la vie, de coups du sort et de  » vraies » personnes, laissez-vous tenter, si ce n’est pas déjà fait, par la plume de Valérie Perrin. Pour ma part, c’est un gros coup de cœur et je découvrirai avec joie les autres écrits de l’autrice.

Retrouvez ce roman sur le site du livre de poche

DES SOURIS ET DES HOMMES, un roman de John Steinbeck.

LITTÉRATURE CLASSIQUE NORD-AMÉRICAINE

ÉDITIONS FOLIO


«Les deux hommes levèrent les yeux car le rectangle de soleil de la porte s’était masqué. Debout, une jeune femme regardait dans la chambre. Elle avait de grosses lèvres enduites de rouge, et des yeux très écartés fortement maquillés. Ses ongles étaient rouges. Ses cheveux pendaient en grappes bouclées, comme des petites saucisses. Elle portait une robe de maison en coton, et des mules rouges, ornées de petits bouquets de plumes d’autruche rouges.»
 
Ma note 5/5 mention « incontournable »
176 pages
Disponible en poche occasion


L’AVIS DE #LILIE

Voilà un classique de la littérature Nord-Américaine qui traînait depuis longtemps dans ma bibliothèque. Quand j’étais au lycée, on avait regardé le film en cours d’anglais et je me rappelle avoir été attendrie par l’histoire. C’est donc avec joie, à l’occasion d’une lecture commune avec Esméralda, que j’ai sorti ce roman de ma PAL.

Nous faisons ici connaissance avec Lennie et George, deux voyageurs qui passent de ranch en ranch pour proposer leurs services. Leur but ? Économiser suffisamment pour avoir leur ranch à eux mais il leur est bien difficile de conserver un travail. En effet, Lennie est un homme grand par sa taille mais petit dans son esprit. Inconscient de sa force, un peu limité intellectuellement, ses actes ne sont pas en adéquation avec ce qu’il pense ou aimerait faire. Leur arrivée dans un nouveau ranch est un espoir d’un nouveau départ mais arriveront-ils à réaliser leur rêve ?

George est un travailleur acharné, volontaire, qui prend soin de Lennie depuis plusieurs années. Il se comporte comme un grand frère avec lui, voulant l’aider à ne pas faire de vagues. Malheureusement, son compère se laisse parfois déborder par ses émotions et il a bien du mal à moduler sa force. Dans quelle mesure George pourra-t-il continuer à supporter cette vie sur les routes ?

Comme dans le film, j’ai été touchée par la relation entre Lennie et Georges. Entre amitié et fraternité, George tente de jouer l’ange gardien pour son compère mais en un instant, tout peut basculer. Lennie est attachant par sa fragilité émotionnelle, sa faculté à s’attendrir de tout mais son gabarit et sa force le rendent aussi imprévisible.

Ce court roman peut se lire d’une traite tant la plume de l’auteur est fluide et visuelle. Il y a, au final, peu d’action mais la lecture est rythmée par les rencontres et les évènements qui surviennent au ranch. L’intensité monte crescendo jusqu’à un final à couper le souffle. On espère, on tremble, on a le ventre qui se serre tant on craint pour Lennie et on espère qu’il arrivera à avoir son petit chien et ses lapins en compagnie de Georges. La vie va-t-elle lui faire ce cadeau ? C’est à vous de le découvrir !

L’AVIS DE #ESMÉRALDA

Lire du Steinbeck c’est ouvrir la fenêtre sur un monde sensible et rustre. DES SOURIS ET DES HOMMES est une histoire d’une banalité affligeante. Oui mais de celle qui vous pousse dans les retranchements sans que vous vous en aperceviez. C’est l’histoire intemporelle d’une amitié sans limite. Une de celles pour laquelle vous serriez prêt à tout, même à balancer vos rêves aux oubliettes et poursuivre un de ceux que vous confectionneriez ensemble.

 

Conte moderne où se côtoient la force de la vie et l’âme d’un enfant emprisonné dans le corps d’un homme hors norme. Lennie est un mastodonte, une force de la nature, dont il n’en mesure pas les conséquences éventuelles. Lennie est un fin observateur et un doux rêveur. Il sait qu’il est un poids pour Georges et lui est reconnaissant de prendre soin de lui. Mais Lennie a des impulsions qu’il n’arrive pas à maîtriser. Ses émotions le fracassent et le poussent souvent à commettre l’irréparable. Un lourd fardeau pour ce binôme qui se plaît à vagabonder sur les routes, de ranch en ranch. A chaque fois, un nouveau départ, un nouvel espoir de mettre assez d’argent de côté dont le but précieux est d’acheter leur propre ranch où lapins et chien feraient le bonheur de Lennie.

 

Steinbeck nous livre au cours de ce court roman le portrait intimiste de ces personnages mythiques de l’ouest où la nature a une place primordiale mais où les hommes se complaisent dans cet état de rigueur absolu. Les simples moments de bonheur se résument à la sortie en ville, à ce jeu devant le dortoir, à la cigarette, à la boisson. La parole est rude, les rêves un doux euphémisme. L’homme jaloux, le vieux grabataire, le noir exclu, le blanc et son flingue, l’intelligent, la femme désillusionnée. Les mots sont superflus alors que les actions et les gestes sont valeurs d’or. La tristesse est un état nauséabond et les souvenirs un passé lointain. Pourtant l’arrivée de Lennie et de Georges va bouleverser ce quotidien monotone. Et les mots vont fleurir et s’épancher et pourquoi pas panser ces vielles blessures.

 

La plume de Steinbeck a ce quelque chose d’extraordinaire qui vous capture en un rien de temps. Sans filtre, sans enjolivement, il narre la réalité, crue et dure. Le monde alors de ces travailleurs prend forme sous vos yeux et vous devenez cette petite souris spectatrice malgré elle de ce monde introverti et captif de mœurs. 

 

Puissant et sensible, DES SOURIS ET DES HOMMES a cette particularité de vous surprendre par cette simplicité si proche de la réalité. De nombreuses subtilités sont glissées ici et là et c’est un roman que je relirais plus tard afin d’en mesurer toute sa splendeur. Je découvre Steinbeck pour la première fois et c’est une merveilleuse rencontre que je vais poursuivre.

 

 

– Qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir qui leur fait mal, ces deux-là, t’as idée, toi ?

DEVENIR QUELQU’UN, un roman de Willy Vlautin.

LITTÉRATURE NORD-AMÉRICAINE

ÉDITIONS ALBIN MICHEL

COLLECTION TERRES D’AMÉRIQUE


A vingt et un ans, Horace Hopper ne connaît du monde et de la vie que le ranch du Nevada où il travaille pour les Reese, un couple âgé devenu une famille de substitution pour lui. Abandonné très tôt par ses parents, il se sent écartelé entre ses origines indiennes et blanches.
Secrètement passionné de boxe, Horace se rêve en champion, sous le nom d’Hector Hidalgo, puisque tout le monde le prend pour un Mexicain… Du jour au lendemain, il largue les amarres et prend la direction du sud, vers sa terre promise. Saura-t-il faire face à la solitude du ring et au cynisme de ceux qu’il croisera en chemin ? Peut-on à ce point croire en sa bonne étoile, au risque de tout perdre ?
À travers le portrait bouleversant d’un jeune idéaliste décidé, envers et contre tous, à trouver sa place dans le vaste monde, Willy Vlautin signe un roman pudique qui touche le lecteur en plein coeur.
Ma note : 4,5/5 mention « incontournable 2021 »
304 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Fournier

MON AVIS

Une nouvelle découverte sous le signe du charme, j’enchaîne mes lectures et en ce moment c’est du pur bonheur !

 

Willy Vlautin n’a pas son pareil pour vous surprendre au cœur de ces intimités modestes débordantes d’amour, d’émancipation, d’espoir poussées par une volonté de fer dans le but de toucher du doigt le rêve absolu.

 

Horace Hopper est ni un indien ni un blanc. Un homme sans identité perclus de sentiments noirs et destructeurs. Horace vit depuis quelques années aux abords du ranch des Reese, éleveur de moutons, dans ce camping-car, son chez soi. Des posters de célèbres boxeurs tapissent les parois tristes, témoins de cette envie vorace de devenir ce quelqu’un d’important de majestueux, s’élevant dans ces sphères célèbres à la force de ses poings et de ses pieds. Horace a senti l’appel de la vie et décide de partir, de la cueillir, loin du ranch, des chevaux, sa passion, et des Reese qu’il considère comme ses parents.
La ville, le bruit, le monde et ses règles. Accueilli par sa tante qui lui loue la cabane au fond du jardin, il trouve rapidement du travail chez un monteur de pneu et un entraîneur peu scrupuleux. Les premiers matchs tombent et les premières défaites avec. Mais son optimiste le porte au-delà. La solitude de la ville le pèse, elle le rendrait peureux lui qui a connu la vaste étendue des plaines et des montagnes. Les semaines défilent et insidieusement le chaos s’installe. Lui, parti à la quête de l’homme qu’il deviendrait, se trouve face à l’immensité béante de la désolation et de la désillusion.

 

Eldon Reese est ce vieillard au cœur tendre qui a pris sous son aile le jeune Horace. Son départ pour la ville est un brise cœur. Avec patience, il lui a prodigué tous les bons conseils. Il sera toujours là pour lui quoiqu’il fasse, quoiqu’il lui arrive, leur ranch sera toujours son chez lui. Eldon suit de loin l’évolution de son petit protégé. Il ne veut que son bonheur.

 

Les personnages sont d’une extrême beauté. Une de celle qui vous éblouit par cette simplicité humaine, fidèle à ses valeurs. La plume de Willy Vlautin a ce quelque chose indéfinissable qui vous capture dès le départ. Une sensibilité à fleur de peau mais une force tirée de la Terre. Une quête initiatique à l’allure d’un western moderne, DEVENIR QUELQU’UN est époustouflant ! Le rêve américain à portée de mains, Horace est pris en étau entre cette réalité morbide et ce rêve de grandeur.

 

Un immense coup de cœur pour cette merveilleuse découverte. J’ai été sensible aux personnages, à l’histoire et à ce final qui m’a retournée littéralement les tripes. Une explosion honnête de portraits authentiques, de vies arrachées au lance-pierre, poussés sur ce chemin sinueux et alambiqué. Un uppercut qui coupe le souffle !

 

A découvrir absolument !

J’ai souvent voulu rentrer au ranch, mais malgré tous mes efforts je n’y suis jamais arrivé.

UNE CHRONIQUE DE #ESMERALDA