L’AGONIE DES GRANDES PLAINES, un roman de Robert F. Jones


Wisconsin 1873. À la mort de ses parents victimes de la grande crise financière, Jenny Doussmann part dans les Grandes Plaines rejoindre son frère, Otto, vétéran de la guerre de Sécession devenu chasseur de bisons. Ceux-ci commencent à se faire rares, sans compter les rivalités entre chasseurs et la plupart des tribus indiennes entrées en guerre. Le premier hiver de ces deux émigrants allemands, seuls dans l’immensité, tourne au cauchemar.
Ils seront sauvés par une vieille connaissance, Two Shields, un Cheyenne du Sud qui s’engage à veiller sur eux. Devenus membres de sa tribu, Jenny et Otto devront combattre à la fois d’autres chasseurs et des tribus ennemies des Cheyennes. Dans ce roman sauvage et lyrique, les Grandes Plaines sont le réceptacle d’un monde à l’agonie et font corps avec l’Indien et le bison décimés. Ce tableau de l’Ouest américain, avec ses descriptions crépusculaires, mais réalistes, n’épargne personne, animaux et humains : Indiens comme Blancs.

Début de la Grande Dépression, 1873, en pleine conquête de l’Ouest, Robert F. Jones nous plonge dans un roman à la fois douloureux et lumineux.

 

Jenny, 16 ans, vient de vois mourir ses parents. Son père pendu dans la grange et sa mère qui vient de s’empoissonner. Terrible conséquence de cette crise que traverse l’Amérique, décimant de nombreux hommes vaillants et par répercussion les familles.
Son père, issu de la communauté allemande, à traverser l’Atlantique pour un avenir meilleur où la liberté d’expression ne serait pas entravée. Jenny se retrouve seule à organiser les obsèques de ses parents dans l’attente que son grand frère Otto revienne de l’ouest. Jenny a une forte personnalité et des qualités rares. Sa persévérance, son obstination, ses qualités de chasseuse, sa patience et son hardiesse lui valent l’admiration de son grand frère, aventurier dans l’âme, qui après avoir réglé les affaires de son père l’embarque pour le grand Ouest.

Nature hostile, animaux sauvages, aucun confort, juste des bisons à perte de vue et cette odeur détestable des carcasses pourrissantes et des peaux. Entre désolation et émerveillement, Jenny est ébahie par ce nouveau monde qui s’offre à elle. Nullement désappointée, elle prend rapidement en charge les affaires du camp composé donc de son frère Otto, du Two Shields, d’un ancien soldat et d’un vieux roublard pas très net. Et puis plus tard, elle apprend à tuer les bisons et recueillir sa viande. Alors qu’Otto part livrer les peaux, le voyage dérape. Le chargement est attaqué et Otto est considéré comme mort. Jenny décide aussitôt de partir à sa recherche, ne croyant nullement à cette information. Démarre ainsi un long voyage vers l’improbable.

J’ai pris beaucoup de temps pour lire ce roman notamment la première partie qui s’étale sur les descriptions des différents personnages et de la nature environnante. L’auteur prend le temps de bien ancrer son histoire que cela soit dans le contexte historique, politique et géographique. La nature a une place prépondérante et dont il convient de ne pas légitimer. Peu à peu il nous porte vers cette question cruciale : la décimation des bisons mèneront-ils vers la perte des autochtones ? La seconde partie est tournée vers l’appropriation de l’identité communautaire. Jenny et Otto sont recueillis par le clan des Cheyennes et vont découvrir leurs us et coutumes, leurs croyances. Peu à peu se dépeint un tableau sociétal hypnotisant. Leurs rapports avec la nature sont subjuguant. Il est agréable de se laisser porter par la plume et le scénario de Robert F. Jones. Un roman à mi-chemin entre le natur-writing et le western décrivant avec minutie et prestige une époque où la cruauté prévaut sur la préservation, où la conquête représente tout ce qu’il y a de plus ignobles. Un roman porté par des personnages charismatiques et un univers impitoyable.

J’ai beaucoup apprécié ce roman. Le démarrage a été difficile et puis vient ce moment crucial où tout coule de source. Un final tonitruant qui m’a laissée un peu sur ma faim mais qui conclut à merveille un roman pittoresque et fabuleux !

A découvrir.

Une chronique de #Esméralda

Chaman de Maxence Fermine.

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[LITTERATURE FRANCAISE – Nouveauté 2017]

Editions Michel Lafon

Service presse

 

 

 

 

Je remercie les éditions Michel Lafon pour leur confiance et le service presse via Netgalley.

 


 

Résumé :

 » Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel.  »
Charpentier sur les immenses tours d’acier de Duluth, dans le nord des États-Unis, Richard Adam n’a jamais oublié le sang indien qui coule dans ses veines. Mais le retour sur sa terre natale pour enterrer sa mère va le plonger dans un monde dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence.

 


 

Mon avis :

Ce genre de résumé a tout pour m’attirée et cette couverture a juste ce qu’il faut pour attiser la curiosité. A première vue d’excellent ingrédients qui promettent une lecture forte intéressante !

Je découvre pour la première fois cet auteur. Maxence Fermine est connu pour son roman « Neige » (1999) et sa talentueuse plume.

Richard Adam est le fruit d’une rencontre « interraciale ». Sa mère, indienne et son père, un blanc qui s’enfuit à la première occasion. Richard Adam apprend la dureté de la vie très jeune : sa mère est son seul point de repère dans une famille où ils sont rejetés pour avoir aimer l’interdit, l’oppresseur. Suite au décès de sa mère, Richard Adam ne se voit pas bafouer les dernières volontés de cette dernière. Même si l’hésitation est très présente, il prend le chemin de la réserve qui a banni sa mère.

Dans sa vieille voiture, il s’en va à la rencontre d’une communauté revêche et possédée par les vices de la modernité. Il retrouve une de ses tantes qui vit avec une flopée de gamins. Dépendante d’un commerce équitable mais pas loyal, elle survit au sein de cette réserve qui maudit tout ce qui se rapporte de loin ou de près à la société envahisseuse ! Richard Adam va découvrir les travers, les espoirs, la rage et la dévotion pour un art de vivre qui disparaît. Tout au long de ce périple, il se découvre une véritable identité et une place précise dans l’univers en mouvement.

Ce roman est surprenant par sa dimension spirituelle et par ces personnages qui ont une aura de prestance. Ils ont cette présence naturelle qui vous captive instantanément. Ce livre relate de faits marquants de l’histoire des Amériques (Bufallo Bill…). Maxence Fermine nous les fait vivre au travers des songes de Richard Adam ou par des citations introduisant chaque chapitre. Ce roman fourmille d’informations sur cette communauté qui allie la vie à la nature ! Ce roman porte le devoir de mémoire par le biais d’une aventure exceptionnelle, une initiation qui aboutiront à la révélation.

Je frôle le coup de cœur pour la simple et bonne raison que j’ai eu du mal à me contenter du si peu de nombres de pages. J’aurai aimé que ce livre ne s’arrête pas, beaucoup de plus de développements et d’approfondissements. J’ai bien compris que ce n’est pas l’objectif de l’auteur et c’est avec un énorme pincement au cœur que j’ai fini ce roman.

« Chaman » est sensationnel par son univers et ce qu’il représente : entre déchirure et devoir. La plume de Maxence Fermine dans sa simplicité poétique, arrive a nous transmettre tout un tas d’émotions et de valeurs !

 

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Pour tout savoir sur Maxence Fermine !

Vers le site des éditions Michel Lafon !