DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

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DARLING #AUTOMNE, un roman jeunesse de Charlotte Elrih et de Julien Dufresne-Lamy.


TOME 1/4
Le jour de la rentrée, après les cours, May reçoit un mystérieux message d’un compte Insta privé : « Tu étais si jolie aujourd’hui… ». Signé Y. Ce message est le premier d’une longue série. May est d’abord inquiète, méfiante, elle pense à toutes ces histoires d’emprise virtuelle – Y serait un pédophile ? un recruteur de Daesh ? un garçon torturé ? Mais puisque Y lui écrit tous les jours, sur un mode doux et romantique, May se sent de plus en plus rassurée.
Y est adorable et il semble la connaître de près. En parallèle, Néo, son frère jumeau que tout oppose et expert des nouvelles technologies, traque l’inconnu en espionnant les communications de tous les suspects possibles du bahut. Il pense que s’il découvre l’identité d’Y, sa sœur, qui le snobe, s’intéressera de nouveau à lui. Pendant des semaines, May vit intensément cette histoire si belle et si différente et avec ses copines, elle tente de démasquer le mystérieux prétendant : quel garçon du bahut ou de leur bande pourrait bien se cacher derrière Y ? Sans parvenir à connaître le nom de son admirateur, May tombe éperdument amoureuse d’Y. Elle le supplie de se révéler. Le jour enfin de leur rendez-vous, alors qu’Y attend déjà sur la place, May s’approche, nerveuse mais confiante. Elle croit en leur amour. Mais la jeune fille est à deux doigts de totalement déchanter.

May et Néo sont jumeaux. Ensemble, ils partageaient beaucoup de chose, avant que le collège et le lycée s’immiscent entre eux. May a été élue la fille la plus populaire du lycée, jolie revanche sur son passé, tandis que Néo, asocial, s’immerge davantage dans le monde des jeux vidéos et de la technologie.
Deux entités qui évoluent dans deux mondes fermés où règnent leurs propres règles. May joue la jeune femme fatale tandis que Néo tente de survivre dans ce monde de requin. Et puis, un jour elle reçoit un message anonyme. Un simple message dont elle ne prête pas gare. Et puis d’autres suivent, tous les jours, un message. L’inquiétude l’envahit peu à peu, imaginant tout un tas de scenarii. L’insistance de ce fameux Y se transforme en confiance et débute une correspondance (des temps modernes) où les cœurs se dévoilent et les mots prennent sens. La rumeur se répand au sein du lycée invitant tous et toutes en tergiversations diverses. May émet tout un tas d’hypothèses au point d’établir des listes. Jusqu’à ce jour fatidique où Y se dévoile et la surprise à l’effet d’une bombe. May sombre dans un mutisme, un désarroi profond. Elle ne mange plus s’enfonçant dans un état inquiétant. Son frère ne peut s’empêcher de la prendre sous aile. Ce rapprochement est une bouffée d’air frais pour May qui reprend ses esprits et tentent de voir plus clair dans ses sentiments, ouvrant ainsi une timide porte à ceux de Y.

 

Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy, un duo de choc, proposent un roman jeunesse aussi terrifiant que terrifiant. Je n’ai que 35 ans, mais je suis effarée de voir le gouffre qui me sépare de cette génération. La fiction rattrape la réalité créant une atmosphère à la fois légère et oppressante. J’ai pu constater que les adolescent.e.s se construisent autour des réseaux sociaux et sont sensibles à ce paraître. Cette correspondance initiée d’une manière sauvage et sournoise, au contraire opère comme un retour au source où les échanges ne se concentrent plus sur l’hyper-réalité mais au contraire sur les sentiments, sur la vie, sur les doutes.; une certaine ouverture d’esprit. Le poids des réseaux sociaux est un nouveau vecteur d’information où filtres et bon sens n’existent pas. Tout le monde peut se permettre de vociférer des menaces à peine cachées sans se soucier de l’impact psychologique qui pourrait être déclenché. Les réseaux sociaux se montrent être le vecteur du harcèlement. Mais il peut être également un véhicule de bienveillance selon la communauté qui est sollicitée. Erlih et Dufresne-Lamy abordent des thèmes actuels et délicats, intenses et douloureux. Ce monde me semble à des lumières de ce que j’ai pu connaître. Nos jeunes lecteurs ne pourront que facilement s’identifier aux personnages, comprendre leurs craintes, leurs espoirs, leurs illusions et désillusions. Le langage est approprié me déroutant souvent. Je n’ai pas eu l’audace de chercher la définition des mots ou expressions.

 

Ce premier tome de la sage Darling a de quoi chambouler le lecteur. Toutes ces émotions contradictoires rendent le roman intense. Prenant, captivant et édifiant, Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy dénotent pour le meilleur !

 

Une chronique de #Esméralda

LES ÉTONNANTES AVENTURES DU MERVEILLEUX MINUSCULE BENJAMIN BERLIN de Julien Dufresne-Lamy.

 

[ LITTÉRATURE JEUNESSE – FANTASTIQUE – Nouveauté 2019 ]
Dès 9 ans
ACTES SUD Junior – Collection Roman Ado
272 pages
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle
 

Le résumé :
Benjamin Berlin a un don : il est télépathe. Un vrai pouvoir de sorcier mais parfois lourd à porter. Le déménagement de sa famille au Japon le plonge soudain dans un monde indéchiffrable. C’est pourtant là qu’il va apprendre à maîtriser et à développer son don. Dans son nouveau collège à Tokyo, il découvre qu’il n’est pas le seul à faire usage de la magie. Coïncidence ? Rien n’est moins sûr… De grandes aventures l’attendent.
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Benjamin Berlin a un secret. Il est télépathe. Mais chut, personne ne le sait. Son super pouvoir méga cool se déclenche lorsqu’il touche quelqu’un, et là, comme par magie il sait tout. C’est super sympa pour faire rager sa grande sœur qu’il adore autant qu’il la déteste. Benjamin Berlin est un super garçon qui à l’âge de sept ans et à 4h04 précise, voit sa vie basculer. C’est à ne rien y comprendre. Mais peu importe, il s’en accommode même si parfois son secret est lourd à porter et qu’il n’a personne à se confier. Benjamin Berlin continue à grandir dans la joie et dans la bonne humeur auprès de sa famille aimante. Sa famille est nomade. Son père diplomate l’embarque au grès de ses missions : Espagne, Canada et maintenant le Japon. Le Japon a hâte de s’y retrouver ! Il est loin de soupçonner alors que sa vie « presque » banale va prendre un tournant …. magique ! Je Japon et ses règles, le Japon et sa culture, un univers que Benjamin va découvrir yeux grands ouverts et croquer à plein dents. Benjamin ne rêve qu’une chose se plonger dans cette masse grouillante, se fondre dans ce monde. L’apprentissage du japonais, l’immersion dans une classe et voilà que son monde s’ouvre et découvre mille et une facettes. Les mois défilent et les amitiés se tissent, mais Benjamin se sent épier. Il pense rêver quand cet homme à faire peur, l’accoste et lui révèle tout !

 

Je découvre Julien Dufresne-Lamy dans le registre fantastique. Une exploration sensationnelle auprès d’un personnage qui a su me conquérir. Benjamin est ce petit frère que j’aurais aimé avoir, agaçant, incroyable, fougueux, inventif, créatif et fabuleux. J’ai vite été entraînée dans cette folle aventure qui telle une quête initiatique va permettre à Benjamin de grandir, de s’accepter et à apprendre à écouter le monde. Il rencontre quelques épreuves qui font lui faire beaucoup douter. L’amitié et la famille sont au centre de ce roman jeunesse entraîné par une plume qui a su à nouveau me séduire. Même si cette lecture s’adresse essentiellement à un lectorat beaucoup plus jeune que mes 34 balais, c’est agréable de pouvoir s’y plonger et de se rendre compte que quelque soit les épreuves, la solution se trouve en nous. C’est un beau message. Outre cet aspect, Julien Dufresne-Lamy m’a fait découvrir le Japon. Au travers de nombreuses descriptions et utilisations d’expressions japonaises, cette immersion est un pur régal. Très imagé, il est facile de se représenter l’environnement.

 

C’est une lecture à découvrir avec votre enfant (ado ou pas). Mon fils de neuf ans n’est pas encore à l’aise avec les longueurs, le livre attendra donc sagement dans la bibliothèque. C’est une belle balade au grès de ces étonnantes aventures d’un minuscule héros qui vous touchera en plein cœur.

 

Croyez-vous en la magie ? Moi, oui, dommage que je ne suis pas une sorcière, on aurait fait les quatre cent coups avec Benjamin Berlin 😉

 

#Esméralda

Je remercie Julien Dufresne-Lamy et les éditions Actes Sud Junior.

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… le site des éditions Actes Sud Junior.

… mes avis sur d’autres romans de l’auteur.

BOOM de Julien Dufresne-Lamy.

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[LITTÉRATURE JEUNESSE – Nouveauté 2018]
Éditions ACTES SUD Junior – Collection d’Une seule voix.
Lecture personnelle

 

Format numérique (110 pages) : 7.49€
Broché : 9.80€
Ma note : 5/5 mentions « à découvrir » et « coup de cœur »

 

 

 

Le résumé :
« Si vite, tu es devenu mon meilleur ami. Mon meilleur pote, à la vie à la mort. Indécent de dire ça. Pendant trois ans, tu m’apprends mille trucs. T’es Robinson, MacGyver, Dora l’exploratrice combinés. Tu me montres comment rafistoler un grille-pain, allumer un feu, faire des noeuds marins. Tu m’apprends même à conduire. Trois ans de confidences, de joie, de gueule de bois. Trois ans de gueule de joie, c’est ça. » Timothée était le gentil, le bien éduqué. Etienne le fêtard, l’incorrigible. Une amitié fusionnelle, jusqu’à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu’à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster. Depuis, Etienne cherche les mots. Ceux du vide, de l’absence. Etienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire.

 


 

Mon avis :

 

Certes je ne fais pas parti du public visé par le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, mais peu importe je voulais absolument l’avoir. Même mon fils, de presque 9 ans, a voulu le lire, mais je ne l’ai pas autorisé à le prendre. Dans quelques années je lui donnerai et on parlera de ce roman génial.
Ce n’est pas à proprement parlé d’un roman épistolaire, mais je l’ai perçu comme tel. Une lettre ouverte, un témoignage éprouvant, un mea culpa déchirant. Etienne décrit cette amitié forte et immuable. Celle qui s’est bâtie pendant trois années. Trois années de fou rire, de délires, de soirées, de questions. Ils sont devenus de jeunes adultes, ensemble. Des projets communs, de l’ambition. Etienne est désinhibé alors que Timothée a la tête sur les épaules. L’un réfréne l’autre. L’autre le pousse. Deux identités complémentaires mais aux antipodes.
Ce laïus fait suite au décès de Timothée « fauché par un fou de Dieu ». Etienne se remémore et nous narre cette amitié insensée. Les remords, la peine, la douleur entrecoupés par l’euphorie et la douce folie de l’adolescence, tiennent une place primordiale.
Loin du monde d’être frustrée par la longueur de ce magnifique roman, j’ai vécu cette lecture comme un voyage bouleversant et intense. La plume de Dufresne-Lamy est efficace, poignante et chargée en émotions. Dufresne-Lamy narre un des fléau actuel avec beaucoup humilité. En mettant en scène ces deux adolescents pleins de vie, il touche irrémédiablement le lecteur qui soit ado, jeune adulte, adulte, parents et grands-parents.

 

Une sensibilité à toute épreuve qui te prend littéralement aux tripes.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Dans l’appartement, tu me laisses entrer le premier alors que tu portes les sacs de course. Tu me reparles de tes analyses spectrales-je-sais-pas-quoi et de ton exposé barbant sur les ondes. J’avance jusqu’au couloir. Tu es derrière moi. Tu pousses une gueulante par ce que ta mère a fermé les volets en partant ce matin. On est dans le noir complet. J’appuie sur l’interrupteur du salon et tout le lycée est là devant moi, à hurler SURPRISE;
J’ai l’air idiot.
Ils sont tous là, même les figurants à qui on ne dit pas un mot. Face aux troupes, je ris nerveusement. Je bafouille des mercis grotesques et tu m’agrippes chaleureusement par la nuque en me criant, Joyeux anniversaire, bichon. Dans mon dos, tu as tout préparé. Le buffet. Les banderoles suspendues aux tringles. L’éclairage, le set de latines et la petite famille de bouteilles pour trinquer. Tu n’es pas allé en cours cet après-midi. Tu m’as menti et tu t’en excuses parce que tu n’as jamais mentir. Tu n’as pas suivi les trois heures de TP physique-chimie dont tu me rebattais les oreilles. Tu as préparé la soirée dans le plus grand secret et on l’a fêté comme il se doit, cet anniversaire, tous les deux, jusqu’au bout du jour, avec la voix éraillée et la chemise blanche trempée de sueur. Mon dernier anniversaire avec toi.

 

 

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Vers le site de ACTES SUD Junior, pour tout savoir !

Pour tout savoir sur l’actualité de Julien Dufresnes Lamy !

Retrouve mon avis sur un autre roman de Julien Dufresne-Lamy :  » Deux cigarettes dans le noir ».

 

 

 

 

 

Deux cigarettes dans le noir de Julien Dufresne Lamy.

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[ LITTÉRATURE FRANÇAISE – NOUVEAUTÉ 2017]

ÉDITIONS BELFOND

LECTURES PERSONNELLE – MASSE CRITIQUE DE BABELIO.

 

 

Je remercie les éditions Belfond et Babelio pour m’avoir permise de découvrir un auteur de talent.

 

Résumé :

Clémentine travaille dans une usine de parfum. Elle attend un enfant.
Au volant de sa voiture en direction de la maternité, elle percute quelqu’un sans pouvoir s’arrêter.
De retour à la maison seule avec son bébé, elle apprend la mort à Paris, deux jours plus tôt, de la chorégraphe Pina Bausch. Clémentine se souvient : une silhouette maigre, de longs cheveux gris – c’est Pina qu’elle a fauchée.
Elle a tué un génie en mettant au monde son enfant.
La maternité, la danse, la vie, la mort se côtoient dans le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, qui trouble et bouscule par son intelligence et son originalité.

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Mon avis :

« Deux cigarettes dans le noir » commence à se lire dès sa prise en main. Une première de couverture délicieuse où trône cette photo de Pina Bausch qui dans sa posture nous invite à tourner la page et nous demande pardon par la même occasion, pour ce nous ressentirons tout au long de ces pages.

Julien Dufresne Lamy a cette plume sensationnelle, unique et extraordinaire qui nous plonge dans les méandres de l’âme humaine. Nous faisons la connaissance de Clémentine, jeune femme qui va donner naissance à ce petit Barnabé qui malgré lui, va être un élément important dans le déroulement de l’histoire. Nous nous projetons aux côtés de ce personnage complétement anéanti par la douleur, la solitude et le désarroi qu’offre la maternité. Elle se raccroche à cette femme exceptionnelle, Pina Bausch dont le décès à été annoncé à la sortie de la maternité de Clémentine. Dans sa dépression, Clémentine s’approprie cette danseuse. Elle devient son ancrage, sa référence, mais également le symbole d’un deuil lourd a porté.

Chaque mots, chaque paragraphes deviennent accablant. Nous nous sentons sombrer dans ce profond abysse où toutes les sensations sont décuplées. Ce récit savamment orchestré vogue entre flash back, présent et espoir.

L’auteur dépeint aussi la société ouvrière et le ressenti face à l’abandon et à l’isolation. c’est vraiment un crève-cœur.

Nous y découvrons aux fil des pages, la vie de Pina Bausch. Celle qu’elle était, celle qu’elle est et celle qu’elle restera. Une biographie, sans l’être, qui m’a faite découvrir une femme artiste et d’exception. Bien évidemment j’ai joué ma curieuse et suis allée fureter sur internet et j’ai pu ainsi visualiser une partie de ces ballets : un vrai délice.

Une lecture à toute épreuve qui m’a fascinée du début à la fin.

Un ballet de mots et de chapitres, à l’image d’une musique, donnent le rythme à vous couper le souffle et dont le final offert est juste exceptionnel. Une fin sans être une, nous laissant concepteur, pour le meilleur et le pire du personnage.

Un ballet entre la vie et la mort.

Un ballet entre nous même.

Un ballet époustouflant.

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Pour tout savois sur Julien Dufresne lamy et les éditions Belfond : c’est par ici !