LA SECOUSSE SURGELEE DU MERLAN FRIT, un roman de Damien Derève.


Paule, jeune trentenaire dynamique, est conseillère chez Pôle emploi. À la suite d’une péritonite, elle doit constamment porter une poche sur son ventre. Cet handicap l’empêche de vivre pleinement sa vie : en amitié comme en amour, c’est le calme plat. Alors, Paule s’efforce d’aider les femmes qu’elle rencontre dans le cadre de sa profession.
C’est avec son imagination débordante qu’elle va conseiller Pauline et Perrine. La première est harcelée par son chef de cuisine, la seconde en pleine reconversion professionnelle. Et si cette solidarité féminine permettait enfin à Paule de trouver sa voie ? La Secousse surgelée du merlan frit, est un roman résolument bienveillant et plein d’humour !

Quelle étrange découverte, ce roman ! Un brin d’humour bienveillant et une histoire à décrocher les zygomatiques, Damien Derève a réussi à me faire lire son roman jusqu’au point final.
Ouvrir un roman où l’humour est omniprésent est une chose rare. Le second degré et tutti quanti j’ai du mal à y adhérer, non pas que je n’aime pas rire, j’y suis davantage sensible lors d’un show. C’est donc avec appréhension que j’ai débuté cette lecture.

 

Paule voue sa vie à son métier qui vraiment n’a rien de glorieux. Son chat et son chien sont son unique compagnie qui lui soutire un certain apaisement après des journées ubuesques. Pas d’amoureux, pas d’amies, juste une vieille voisine acariâtre et malveillante et un docteur à qui elle confie tous ses tourments et ses déboires, un Dieu à disposition.

 

Paule prend son métier très à cœur. Une manière particulière de concevoir la recherche d’un emploi. Alors quand les personnes reviennent un peu trop souvent à l’agence, elle n’hésite pas à appliquer la manière forte. Elle a un don extraordinaire pour insuffler à ses chères clientes de l’énergie et de la motivation. On pourrait penser que l’exagération va les mener droit à la catastrophe, mais coup de théâtre, oser apporte des résultats.

 

Paule et sa vie c’est tout un roman, non pas à l’eau de rose, mais comme un mauvais thriller qui se finirait mal, enfin tout cela dépend du point de vue. Un cambrioleur qu’elle apporte à l’hôpital, ses animaux de compagnie qui ont senti le mal envahir son corps, et son médecin qui se fait la belle avec sa sœur et pour finir un enterrement spectaculaire.

 

Un roman étrangement plaisant auquel finalement on s’immerge avec facilité. Une plume qui donne dans l’humour tout en pointant du doigt les aberrations d’une société qui perd la boule. Un joli aparté qui donne le sourire !

 

Une chronique de #Esméralda