NOUS SOMMES TOUT UN MONDE, une dystopie de Justine Augier.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Actes Sud Junior


Dans NOTRE BELLE ZONE, tout est propre, ordonné et contrôlé. Un véritable havre de paix protégé du chaos extérieur, des pandémies et de mégafeux, par un haut mur d’enceinte, où chaque citoyen aspire à donner le meilleur de lui-même pour le bien-être de tous. Cloîtrée avec sa mère dans un petit appartement, Cléo semble accepter sa vie parfaitement réglée entre les sessions d’instruction sur le réseau Mondo et les rares sorties autorisées …
sous la surveillance étroite des drones. Pourtant, le doute s’installe en elle, l’image de la cité parfaite se fissure. Pur trouver les réponses à ses question, il lui faudra franchir le mur, prendre des risques, elle le sait.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cléo a grandi dans une cité enclavée. La majeure partie de son temps, elle l’a passée dans un appartement exigu au côté de sa maman. Son espace de vie se résume à sa chambre où dès 2 ans elle a été scolarisée via un réseau interconnecté, le Mondo. Sa vie jusqu’à présent est consacrée à l’apprentissage formaté par les hautes sphères de la cité. Son seul loisir, le potager sur le toit de son immeuble et sa sortie hebdomadaire (préétablie par les hautes instances). Les drones veillent, toutes les communications sont contrôlées, également ce qu’elles mangent. Son seul ami, Ilya, son voisin orphelin à peine plus âgé qu’elle. Cléo est satisfaite de cette vie et jusqu’à présent elle n’a jamais rien remis en cause, au contraire elle veut paraître parfaite, le modèle par excellence de la jeunesse de la Belle Zone. Cette dernière a été créée par deux frères richissimes avides de pouvoir tout en apparaissant protecteur envers un peuple livré à lui même et fragile. Créée suite à une pandémie, elle a pour but initial de protéger toute la population. Mais la réalité cache une vérité toute autre et elle est effrayante.

 

Ce roman ado a un thème qui nous évoque à tous notre quotidien depuis de nombreux mois, hélas. Justine Augier nous offre une perspective alarmante d’un monde en déroute, d’abus de pouvoir et où les libertés individuelles ne sont plus qu’un doux rêve. Issu d’un monde réduit à l’impassibilité, le façonnage des esprits est devenu le seul « libre arbitre ». Le contrôle des moindres faits et gestes est omniprésent jusqu’à vous dire quel chemin vous devez prendre pour faire votre balade hebdomadaire. Une héroïne toute mimi et toute gentille mais qui a du plomb dans la cervelle. Fine observatrice, elle va se poser quelques questions qui vont la pousser à découvrir par elle même, de quoi il en est en dehors de ces murailles protectrices de la cité. Un roman qui fait écho à nos peurs, à nos questionnements et à notre recherche de liberté. Un roman rythmé qui pose intelligemment les bonnes questions et qui ouvre le débat sur la définition de liberté individuelle lorsque une menace pèse sur l’ensemble de la population. Il est question également de frontière à ne pas dépasser et comment les définir équitablement, humainement respectueuse et non liberticide. Un ensemble qui ouvre au débat. Le scénario est irrésistible. De nombreux rebondissements jalonnent les chapitres nous portant vers un final assez cocasse où l’autrice nous laisse, finalement, devenir l’initiateur d’un nouveau monde (et peut-être façonné à notre propre image).

 

Un roman essentiel dans notre monde d’aujourd’hui notamment pour les plus jeunes où leur esprit critique est en construction. Il permet de lancer un débat en parallèle et d’ouvrir une argumentation. Vivant au travers des réseaux sociaux qui finalement leur offrent un peu de tout et du grand n’importe quoi, il est évident que NOUS SOMME TOUT UN MONDE est une pépite à mettre dans les mains des jeunes lecteurs et lectrices. J’ai eu quelques craintes au départ notamment au thème qui nous touche de trop près, mais peu à peu j’ai été séduite par l’engouement de l’héroïne et l’espoir qu’elle éprouvait face au déni de la population éviscérée de toutes ses libertés.

 

Une très belle découverte et un joli coup de cœur pour ce roman ado qui vaut le détour !

 

Nous rêvions juste de liberté d’Henri Lœvenbruck

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Littérature française – livre paru le 29 mars 2017

Editions « J’ai lu »

Lecture personnelle

Ma note : 4,5/5 mention « coup de cœur »

 

Résumé : « Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road movie fraternel et exalté.

 

Mon avis : Voilà un petit moment que j’entendais parler d’Henri Lœvenbruck. Comme j’avais envie de changements d’univers livresque, je me suis décidée à emprunter ce roman, dont le quatrième de couverture m’intriguait beaucoup. Autant vous le dire tout de suite, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai pu ressentir au cours de cette lecture !!

Nous suivons dans ce roman la vie d’Hugo, surnommé Bohem. De ses années lycées à ses années de motards, Bohem va vivre des aventures inattendues avec ses amis, des expériences inouïes, parfois violentes mais toujours dans un même but : être libre !

Hugo est un élève turbulent vivant à Providence. Arrivé dans un lycée privé, il fait connaissance de Freddy et ses amis, Alex, dit la Fouine, et Oscar, surnommé le Chinois. Ensemble, ils vont déconner et ils vont devenir motards. Mais un jour, Bohem décide de prendre la route ; Freddy ne le suit pas, les autres oui. A partir de là, un incroyable road-trip va commencer pour eux.

Comment ne pas trop en dire tellement ce voyage est incroyable !! Au cours de ce dernier, les jeunes hommes vont repousser leurs limites et ils vont tous chercher des réponses à leurs questions. Ils vont aussi se rendre compte que l’amitié ne se mesure pas de la même manière pour tous et qu’aucun acte n’est jamais innocent. Ainsi, à leurs côtés, on tremble, on rit, on est parfois écœurés mais surtout, on rêve un peu de cette vie sur les routes.

Dans ce roman, Henri Lœvenbruck nous raconte ce voyage avec une justesse incroyable et j’avais vraiment l’impression d’être aux côtés des Spitfires. J’ai beaucoup appris sur le monde des Bikers, qui est un univers sombre et très codifié. J’ai aimé la loyauté qui pouvait se dégager de cet état d’esprit mais j’ai aussi constaté que même dans ce milieu, il y a des menaces qui font tout voler en éclat. Certains ont pu trouver cette histoire lente, personnellement, j’ai beaucoup apprécié le rythme, au côté de Bohem et de sa bande, leurs quêtes, leurs espoirs et leurs désillusions. La fin m’a scotchée, je ne m’attendais pas à la claque ressentie en lisant les dernières lignes. Alors oui, je le dis, ce roman est un incontournable pour tous les amoureux de liberté mais aussi de belles histoires de vie.

Pour conclure, « Nous rêvions juste de liberté » est un roman sombre mais surtout un roman initiatique qui raconte la quête de Bohem et ses amis. Laissez-vous emporter par cette histoire unique, venez plonger dans l’univers des Bikers et constatez par vous-même à quel point la liberté, parfois, elle coûte cher !

 

liens utiles

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