VERTIGES, un roman de Fredric Gary Comeau.


Ils sont huit. Huit personnages engagés dans un chassé-croisé qui aura pour théâtre Moncton, Montréal, New York ou Santa Fe. Parmi eux, Hope Fontaine, jeune femme sans attaches qui porte paresseusement sa quête : sa mère, férue d’astrologie, l’a en effet convaincue de partir à la recherche d’un poète acadien dont elle a trouvé le recueil dans le désert du Nouveau-Mexique. « C’est l’homme de ta vie », croit-elle. Un attentat dans une gare parisienne, un vieil homme qui retrouve le guerrier en lui, des artistes qui effacent et refont le monde, et puis l’amour, sous des formes parfois étonnantes… Il y a tout ça dans Vertiges, un roman dont le dénouement ne laissera personne indemne.

Un grand merci à Babelio et à leur masse critique privilégiée qui m’a permis de découvrir une toute nouvelle maison d’éditions et l’un des deux premiers romans édités par leur soins.

 

Si je devais résumer VERTIGES en un seul mot, j’utiliserai flamboyant. Un roman qui a su me séduire par un style atypique, une plume acérée, mélancolique, violente, intrusive, intimiste et musicale.
Huit personnes, huit artistes dans l’âme, poètes, peintres, rêveur, génie incompris, tous dans le mouvement perpétuel de trouver leurs propres chemins, leurs destinées, leurs voies, leurs vengeances. Huit personnes attirées par la beauté multiple des couleurs, des corps aimants, des mots, des rythmes effrénés, des vents changeants. Huit personnes sur le chemin cabossé de leurs chois, de leurs envies et de leurs espérances. Huit personnes poussées par la décadence du vertige celui qui aspire dans les méandres de l’âme, celui qui élève vers le renouveau, l’espérance. Amour, douleur, émancipation jalonnent les vallons, les falaises abruptes de ces vies parachutées dans une immensité hypnotique de la quête.

 

Paru en 2013 au Canada, VERTIGES débarque en France. Fredric Gary Comeau, avant tout musicien, propose ici un premier roman où la musique a toute son importance. Un style unique empreint d’un rythme tour à tour suave et infernal. Des chapitres très cours où l’intention est brute de décoffrage sans artifice, simulacre. Chapitres après chapitres, fenêtres entrouvertes sur un des huit personnages, l’histoire se construit, s’empile page après page vers un dénouement que je qualifierai d’inattendu et de pittoresque. VERTIGES m’a donné le vertige de l’immensité et de la petitesse du monde qui se croise et se décroise au rythme des avancées, de ces pas qui avancent ou reculent, tapent furieusement, battent le pavé, le tempo langoureusement. Vitesse accrue de ces vies baladeuses et baladées par les inepties d’une vie foldingue.

 

A découvrir absolument sans avoir peur de dépasser vos limites !

 

Une chronique de #Esméralda

MAIRIN D’IRLANDE de Catherine Andries.


La montagne était devenue son seul « chez elle ». Un puits sacré entouré de vieux murs, sa seule maison.Un jour, Maírín y découvre un intrus : un jeune homme gravement blessé. La voici directement confrontée à la guerre d’indépendance de l’Irlande. Va-t-elle pouvoir s’affranchir, elle aussi?

Mairin d’Irlande est sans contexte un de ces romans qui vous transperce le cœur. Une histoire intemporelle. Une histoire d’amour qui défie les éléments. Une histoire qui puisse sa force dans la mélodie des mots qui avant de s’envoler frappent, fondent, émerveillent pour disparaître dans un ensemble symphonique douloureux et tendre.

 

Mairin est l’aînée d’une famille nombreuse. Dévouée, elle fait ses tâches et élèvent ses frères et sœurs auprès d’une mère détruite et d’un père dépassé et anéanti. A la mort de sa mère, elle est priée de partir du foyer. Elle trouve une place chez les bonnes sœurs où elle effectue toutes tâches. Le dimanche elle s’évade dans les montagnes arides du Connemara où la tourbe et les moutons sont les seuls témoins de ses escapades. Elle respire. Elle vit. Elle rêve. Et puis un jour, il est là, blessé, Aydan, le rebelle des mots. Elle fuit avec lui, vers un ailleurs, un ailleurs où la guerre sème le chaos, l’horreur.

 

Leur histoire s’écrit au rythme de leurs pas, de leurs rencontres et de leurs mésaventures au cœur de paysages pittoresques, arides, grandioses. Portés par le même élan, ils s’aiment sur les routes, il s’aiment sous les étoiles, il s’aiment au son des vagues. Il s’aiment sous les balles, sous les dangers, sous les secrets. Au fil de la plume poétique et lyrique de Catherine Andries, leur vie vibre, se cajole, s’émerveille, s’amplifie, se percute, se déchire.

 

Bouleversant, émouvant, ce roman m’a envoûtée. C’est le genre de balade que j’aime parcourir et dont je prend plaisir à faire durer. C’est avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme qui se rencontrent grâce au hasard et qui ensemble vont s’épanouir malgré le contexte.

 

Un de mes incontournables, dorénavant, je vous invite fortement à le découvrir !

 

« Je suis toute vide, mo chroi. Je voudrais que tu viennes à l’intérieur de moi, tout doucement … Je veux la vie. Laisser la mort derrière moi. Je comprends maintenant, tu sais … »
« Mairin, veux-tu être ma femme ? »
« Je veux. »

 

Les yeux dans les yeux.
L’un tout autour de l’autre dans les mains qui ruissellent.
Tout au fond de l’autre, l’un dans l’autre.
Tout entier l’un dans l’autre.

 

Le voile qui se déchire.
Le ressac des corps assortis.
Et des galaxies qui explosent dans un jet de lumière, les emportant tous deux bien au-delà d’eux-mêmes.
 
Une chronique de #Esméralda