LE TALENT D’ACHILLE, un roman ado de Pascal Ruter.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions DIDIER Jeunesse

Dès 12 ans


Achille, comme tous les garçons de sa classe, joue au foot, mais son équipe est systématiquement perdante. Il a le moral dans les chaussettes. Ce n’est pas comme ça qu’il va séduire Suzanne, la fille dont il est fou amoureux. Quand il se rend compte qu’elle aime la poésie, il décide de s’y mettre lui aussi.
Sa nouvelle passion est contagieuse et lui donne un regain d’énergie. Il lui vient des idées, toutes plus farfelues les unes que les autres ; porter une cravate pendant les matchs, cambrioler la maison de Victor Hugo, convaincre un vieux voisin grincheux de venir entraîner son équipe… Un vieux monsieur qui cache bien des secrets sous son allure impeccable.

Ma note 5/5 mention « coup de coeur »
Nouveauté 2021
288 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

Aujourd’hui je viens vous parler d’un nouveau coup de cœur inattendu !

 

Achille n’est pas parti du bon pied dans la vie. Un père qui se fait la malle du jour au lendemain, a de quoi te plomber le moral pour des années et des années. Achille c’est l’ado un peu branleur sur les bords. Le collège s’est uniquement par ce qu’il est obligé et c’est surtout pour voir sa jolie libellule, Suzanne. Elle est devenue son rêve le plus cher, un peu obsessionnel. Il faut dire qu’Achille manque de courage. Il a beau imaginé tout un tas de scénario, face à elle c’est la loose totale. Les joues qui rougissent, les mots qui s’enfuient avec les rêves. Mais il a percé à jour un de ses secrets, la poésie. N’ayant rien à perdre, il va tenter l’impossible et ouvrir un des recueils de poésie de Verlaine. Et sans y attendre, c’est la claque, le coup de cœur qui surgit du plus profond des entrailles. La poésie prend vie dans ses mains. Il se passionne, dévore sans pitié, écrit, imagine à son tour le poème. C’est grandiose, féerique, magnifique. Achille devient cet ado passionnant. Il fait des émules. Il faut dire que toute son équipe de foot s’y met aussi. Un fléau atypique où Rimbaud, Verlaine, Eluard et tant d’autres vont captiver.

 

Ce roman n’est pas que centré sur la poésie (quoique …), mais il aborde aussi la thématique de l’amitié intergénérationnelle, la solitude, l’abandon et les prémices de l’amour.

 

Pascal Ruter est un merveilleux orateur. Il narre cette histoire d’ado avec un tel enthousiasme que je n’ai pu qu’adhérer. Achille est un jeune homme introverti, blessé par la fuite de ce père dont il l’imaginera de mille et une façons. Tout au long de son histoire, on le voit prendre confiance en lui et s’envoler. J’adore sa manière de parler. Il joue sans cesse sur les mots tout en maîtrisant ou non. Des situations cocasses, tendres, émouvantes et éprouvantes fleurissent ici et là.

 

C’est un roman rythmé, pétillant et entraînant dont j’ai pris plaisir à lire. Pascal Ruter parle de la vie, de l’amour et de ses aléas avec prestance et élégance contrastant avec nos jeunes héros. Les secrets deviennent une certaine réalité, vérité qui se mérite.

 

Un excellent moment de lecture dont je garderai un agréable souvenir. Je dois reconnaître qu’il m’a, peut être, réconciliée, avec la poésie que j’ai détestée pendant longtemps. Je vais suivre l’exemple d’Achille et me laisser porter par la poésie même si je ne comprends pas, l’essentiel est ce que mon cœur ressentira et dira.

 

LE TALENT D’ACHILLE est sans contexte un roman à ouvrir et à dévorer, jeunes et moins jeunes !

 

Une chronique de #Esméralda

LE CLAN DES CABOSSÉS, tome 1 : Petite peste, un roman enfant de Jo Witek.

ROMAN ENFANT

Éditions ACTES SUD JUNIOR

Illustration : Walter Glassof

Lecture dès 9 ans


Écartez-vous, Jessie et sa bande débarquent !
Avec son franc-parler et son culot pas possible, Jessie fait trembler le petit monde de Valras-Plage et mène à la baguette le Clan des Cabossés. Des gamins hors des clous comme elle, avec qui personne ne veut traîner : Manuel qui bégaie, Arthur qui est un peu moche, Alice trop belle et trop timide. Mais derrière cette petite peste, n’y aurait-il pas un cœur tendre ?
“Faire des bêtises, rigoler ou sauver le monde”, c’est la devise d’un clan pas comme les autres. On a tous en nous quelque chose de cabossé !
Ma note : 4,5/5
128 pages
Disponible en numérique et broché
Nouveauté 2021

MON AVIS

Ah les vacances, quand on est môme c’est juste merveilleux, parfois barbant le temps de se faire des copains et des copines, mais après c’est le paradis. J’y trouve mes plus beaux souvenirs de gamine : des sardines qui s’échappent par le siphon, des parties de pêches et de pétanques, les auto-tamponneuses, les booms , les garçons … et la casquette de ma mamie, éternel symbole de surveillance.

 

Jessie, Alice, Manuel et Arthur sont tous des cabossés. Jessie est une terreur qui aime régner sur la petit ville de Valras-Plage, Alice est très timide, Manuel bégaie et Arthur n’est pas très beau.

 

C’est à l’initiative de Jessie que le clan des cabossés voit le jour et pour lequel elle recrute ses acolytes. Sillonnant le bord de plage et les rues de Valras à bord de la Jessie’s rosalie, la bande prend leur revanche sur ce monde qui ne tolère pas la différence. Mais Jessie va un peu trop loin et les trois ami.e.s ne sont pas certains du bon sens de ces actions. Entre eux, ils doivent se serrer les coudes et l’amitié prévaut sur la normalité.

 

Voici un roman pour les jeunes lecteurs ( et les plus vieux aussi) débordant de malice et de pertinence. Il ouvre la discussion sur la différence, l’inclusion, l’amitié et ce qui est bien et mal. Quatre personnalités atypiques qui se sentent inlassablement rejetées. Entre eux, la franchise est de prime et ne blesse aucunement. Accepter sa différence est parfois difficile et le clan est un sacré baume pour ces enfants. Outre la bande on y ressent toute l’atmosphère liée à l’ambiance de la plage et des vacances. C’est un grand bol d’air iodé et je vous assure que cela fait un bien fou. En tant qu’adulte, je me suis remémorée tous ces vacances d’enfance. Quelle nostalgie !

 

Ce premier tome est idéal à mettre dans votre valise de vacances. Lecture que vous pouvez partager avec votre enfant ou neveu et nièce. Les chapitres courts et les illustrations sont appréciables et permettent d’enchaîner sur la compréhension du texte ce qui me semble nécessaire et juste.

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA


RANEE, TARA, SONIA, CHANTAL, ANNA, un roman de Mitali Perkins.

LITTÉRATURE JEUNESSE

ÉDITIONS BAYARD

#Babelio


Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent.
Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure.
Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée.
Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse.
Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines.
Ma note : 4/5 mention « à découvrir »
352 pages
Disponible en numérique et broché
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pascale Jusforgues
Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.
Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…

MON AVIS

Les histoires de famille ont cette complexité toute relative associée au silence et aux non-dits. La famille Das a longtemps voyagé avant de s’établir définitivement aux États-Unis. Au Ghana et puis à Londres, l’Inde est un lointain souvenir. Pourtant, les coutumes suivent la famille et sont même essentielles à cet équilibre précaire de l’exil, un ancrage vital.

 

Ranee a été mariée de force. Un de ces mariages arrangé qui fait la fierté des familles, une de ces coutumes ancestrales qui se doit d’être respectée. Ranee est une femme de caractère qui sait ce qu’elle souhaite. Une famille heureuse, un homme qui rapporte assez d’argents à la maison pour pouvoir offrir à leurs filles une éducation sans faille.

 

Tara est l’aînée. Son rôle au sein de la famille, elle ne sait pas très bien le définir. Entre les exigences des uns et des autres, ses désirs sont mis sur la touche. Elle adore le cinéma et n’hésite pas à devenir ses personnages féminins préférés dans la vie de tous les jours. L’accent, la manière de s’habiller, la gestuelle, elle copie et devient ses héroïnes. Est-ce-que New-York sera la terre propice à la réalisation de son plus grand rêve ?

 

Sonia est la tête pensante de la famille. Surdouée, elle adore la lecture et l’écriture. À New-York, elle découvre le féminisme et considère ce combat essentiel pour la société. Tête brulée et n’ayant pas sa langue dans sa poche, elle n’hésite pas à remettre en question les comportements des uns et des autres. Et lorsqu’elle rencontre l’irrésistible Lou, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

Chantal, fille de Sonia, métisse, est fière de sa double origine. Mais ses grands-mères veulent à tout prix, que l’une ou l’autre prédomine dans son éducation. Chantal ne l’entend pas de cette oreille et assure qu’il y a de la place pour les deux. Tiraillée par le comportement souvent indigeste de ses mamies qu’elle adore, elle tente de trouver un terrain d’entente pour que leurs relations deviennent saines.

 

Anna, fille de Tara, a grandi au cœur de Bombay dans une institution religieuse. Les coutumes sont essentielles à sa vie et rejoindre New-York, le lycée et une nouvelle société a tout pour la faire sortir de ses gonds. Pas après pas, elle va découvrir cette vie loin des sentiers battus et s’accommoder. Elle mettra à profit son talent pour la mode et la couture.

 

Cinq femmes, trois générations aux attentes divergentes. La place et la quête de l’identité ont une place primordiale au cœur de ce roman haut en couleurs. Chaque personnage est minutieusement détaillé et l’on conçoit facilement leurs désirs. Toutes les cinq vont porter leur pierre à l’édifice qui est cette famille hors norme. Leurs blessures personnelles vont peu à peu s’étouffer pour offrir un quotidien apaisé. Mitali Perkins parle avec beaucoup d’émotions de ces femmes qui portent à bout de bras leurs rêves, leurs rêves américains, terres de tous les possibles. La matriarche porte le lourd souvenir de sa terre natale et de cet héritage douloureux. Il n’est pas question ici de la perte d’identité mais de concilier avec harmonie le moderne et l’ancien. Un roman lumineux que j’ai pris plaisir à découvrir. J’ai été admirative de ce parcours atypique et hors norme que tout exilé se voit confronter.

 

Une joli hymne à la liberté et aux traditions.

 

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

T’AS VRILLÉ, un roman ado de Joanne Richoux.


C’est l’histoire d’une première fois, celle de Danaël, dix-sept ans, englué dans l’ennui et sa cambrousse, avec Florine, gothique, i nsaisissable, fugace. L’histoire d’une désillusion, un premier amour à sens unique, un «crush» obsédant qui vire à la possession, à la violence. L’écriture vive et incisive de Joanne Richoux dissèque cette frontière parfois mince entre l’amour, la folie, la haine, l’exacerbation des sentiments à l’adolescence.

Il n’y a pas à dire mais cette collection des éditions Actes Sud Junior recèle de nombreuses pépites et le petit dernier de Joanne Richoux qui a rejoint leur rang est juste une bombe.

 

L’adolescence juste cette période cruciale où l’on construit son identité. Vivre en pleine campagne n’a rien de glorieux. Juste un skatepark, un cimetière et des silos abandonnés. La misère qui s’étale et envahit tout, les âmes, les corps, les maisons.

 

Danaël suit sa vie comme elle se présente.
Une vie banale. Un jour de colle, il ose s’installer à ses côtés. La gothique lui passe un écouteur et la musique du groupe Nirvana bouleverse le jeune homme. Un crush auquel il va s’accrocher vivement. Pour elle s’est juste de l’amitié, la solitude se barrant ainsi de temps à autre. Avec elle, il va découvrir les premières fois. Le premier cadeau, le premier baiser, le premier moment de confidence, le premier pas vers l’âge adulte. Protecteur et attentionné, Danaël s’enfonce dans le monde de la possessivité. Un monde qui trouve normal, un monde où ses gestes sont légitimes et où sa violence n’est que la résultante de ses sentiments explosifs.

 

Joanne Richoux signe un nouvelle bouleversante. En un claquement de doigt, on devient Danaël. On comprend ses attentions, ses attentes, ses rêves, ses désirs mais très vite on remarque qu’il a dépassé cette frontière ténue entre l’amour et la possession malsaine. Une plume sensible mais qui ne manque pas de nous faire rebondir. L’obsession de cet ado décortiquée à coup de bonbons. C’est dingue, c’est fou, et on a juste envie de hurler « stop ». Une nouvelle que j’ai juste adoré pour son histoire, son contexte et cette énergie déployée qui accapare et accable. Bref, Joanne Richoux adore désosser nos ados dans leurs travers. Ou sont-ils juste le reflet de notre société qui part en vrille ?

 

A découvrir sans tarder !

 

Une chronique de #Esméralda

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… Le site des éditions Actes Sud Junior

… Mon avis sur un précédent roman de Joanne Richoux

L’ANTIDOTE MORTEL, tome 1, un roman fantasy de Cassandre Lambert.


Trois adolescents, trois destins liés par leur désir de rébellion et de vengeance.
Whisper, princesse surprotégée par le Roi, n’a jamais franchi les portes du Palais. Personne ne doit connaître son existence depuis qu’un mystérieux mal s’est emparé de la Reine. Lorsque son père la condamne à un mariage forcé, la jeune fille s’enfuit et cache sa véritable identité.
De l’autre côté du royaume, Eden, fougueuse jeune femme au caractère bien trempé, est chassée d’un orphelinat. Son seul désir : venger la mort de son père, un brillant inventeur tué par le Roi. Quand elle rencontre Whisper, elle saisit l’opportunité de s’introduire au Palais par son aide.
Jadis, paysan, se voit remettre par sa tante un précieux antidote, le seul capable de sauver la Reine. Sur sa route vers le Palais, il croise celle d’Eden et de Whisper…
Trois personnages, et trois destins aussi liés qu’opposés.
Au bout de leur route périlleuse, il faudra que justice soit rendue.

Je vous avoue que j’ai de suite flashé sur la couverture et bien évident je me suis lancée dans la lecture de ce roman fantasy sans lire la quatrième de couverture. Souvent, je fonce comme cela, à l’instinct et la plupart du temps cela réussit à me surprendre.
Cassandra Lambert a le talent, évident et indéniable, que j’adore trouvé auprès des auteurs de l’imaginaire. Une bonne dose de folie, de courage, un brin d’impatience et surtout une plume qui sait vous envoûter et vous faire rêver.
Whisper, je n’ai pas cherché à comprendre l’origine de se prénom, mais à l’ouïe, il a une tonalité fantomatique. Il faut se dire, que la jeune fille qui fêtera bientôt ses dix huit ans a vécu cachée toute son existence derrière les fortifications imposantes du palais. Un murmure au cœur des couloirs du palais, une plainte remplie d’espoir dans les rues du pays, un mythe, une légende. Cachée depuis l’apparition de la maladie incurable de sa maman, Whisper est élevée par une servante au cœur d’or qui avec sa poigne évidente a su lui transmettre tout son amour. La curiosité grandit au fil des années. Quelques bals masqués, quelques repas grandioses où les convives, triés sur le volet, se doivent de se taire sous peine de subir le courroux du roi. Whisper est une âme pure, quelque peu rebelle qui voit la bonté partout. Elle ne connaît rien de la vie ce qui la rend niaise mais tellement adorable. Alors quand son père décide sans son consentement de l’unir à un pré ado aux manières déplacées et grotesques, c’est la goutte d’eau qui fait débordé le vase. Poussée par sa servante, elle décide de fuir, loin de ce palais toxique. C’est ainsi qu’elle débarque dans la vie, tel un boulet qui loin de détruire tout sur son passage, va se trouver dans des situations périlleuses. Apprenant avec ses propres yeux et faisant ses propres expériences, elle découvre un monde aussi déglingué que merveilleux. Un périple aux allures de quête initiatique qui m’a juste ravie. Une héroïne aux antipodes des codes littéraires. Timorée dans un premier temps, elle s’affirme au fil des chapitres pour nous surprendre.

 

Eden est la fille d’un éminent et reconnu ingénieur. Appelé à la cours royal, ce dernier est au service du roi depuis quelques mois. Alors quand la rumeur arrive jusqu’à sa maison concernant l’exécution de son père par le roi, la famille s’écroule. Une maman qui se donne la mort et une jeune fille qui se doit de survivre avec l’ultime objectif venger la mort de ses parents. Recueillie par hasard par la directrice d’un orphelinat, elle y passera quelques mois. Mais cet endroit n’est pas fait pour elle. Aucune copine, que des remontrances. L’enfer ! Sa dernière erreur et l’expulsion est annoncée. Un nouveau départ pour son plan mûri. La famille royale est en danger !

 

Jadis effraye. Sa tâche de naissance est le symbole du mal, du diable. Pourtant, Jadis est un homme au cœur pur et possède un don incroyable, celui de pouvoir parler aux animaux. Recueilli par son oncle et sa tante, il s’épanouit au sein de cette famille chaleureuse. Il travaille les champs avec vigueur. Sa simplicité est attachante et son épanouissement éblouissant. Alors qu’il est annoncé dans tout le royaume que la Reine se meurt et que quiconque amènera l’antidote qui la sauvera, deviendra riche, la vie de Jadis bascule. Pressé par sa tante que vient de lui remettre une boîte mystérieuse contenant d’autant plus le fameux antidote, il doit se rendre impérativement au palais.

 

Trois destins, trois vies entremêlées, trois chemins indissociables confrontés à la douleur. Unis par une amitié hors norme et quelque peu hasardeuse, ils devront affronter des situations rocambolesques, s’affranchir de leur peur et vaincre l’infamie.

 

Cassandre Lambert signe un roman fantasy d’une beauté sans égale. Des paysages à couper le souffle, des rebondissements haletants et un enjeu de taille. Des destins tout aussi différents, déconcertants que rafraîchissants. Un page turner au cours duquel il vous sera impossible de lâcher prise. De l’énergie à foison, un scénario surprenant, des personnages charismatiques, une quête extraordinaire et ce n’est que le début. Confrontés à la beauté et à la méchanceté, nos apprentis héros vivent une aventure haletante. Vous l’aurez compris, j’ai adoré. Un petit moment de flottement au départ, le temps que tout se mette en place, et hop ! une fois les présentations faites, place à une histoire de dingue. J’adore être enthousiaste à ce point !

 

Une chronique de #Esméralda

DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

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#TOUSDEBOUT, un roman ado de Agnès Marot et de Cindy Van Wilder.


D’un côté, il y a Anton, un jeune homme banal en apparence. Pourtant, le soir, il se cache derrière le pseudo de Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Tumblr (et balancer les pires ragots du bahut). De l’autre,il y a Méloée, une jeune fille passionnée et pleine d’énergie, qui craque sur Rahim, le petit nouveau au lycée.
Sous ses airs de garçon sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les atten- tions. Surtout lorsqu’Anton découvre qu’il est sans- papiers… une révélation de choix pour Gossip Boy ! Plus croustillant encore, ce dernier tromperait la pétillante Méloée avec Mathis….
Bientôt, les événements prennent une tournure qui les dépasse. Rahim sur le point d’être expulsé, les élèves doivent mettre leurs différends de côté pour faire cause commune. Avec Méloée en tête de cor- tège, le lycée devient un territoire de lutte. Barricadés derrière les grilles, tous lèvent le poing pour défendre Rahim. Dans cette cohabitation forcée, les langues se délient, les secrets éclatent au grand jour. Pourtant, pour la première fois, chacun doit affirmer haut et fort ses valeurs. Jusqu’où seront-ils prêts à aller pour défendre leurs idéaux ?

Je n’avais pas prévu aujourd’hui de vous livrer mon avis sur ce roman qui fait polémique sur la blogosphère. Des outrés et des conquis se battent la part du steak. J’aime me laisser du temps entre la fin de ma lecture et le moment où j’écris mon avis, mais j’ai eu beau réfléchir, voici une lecture qui m’a complètement laissée coite, voire perdue, voire indécise. Je n’ai pas détesté. Je n’ai pas adoré. Pas assez de développement et trop d’éléments non essentiels développés. J’avais complètement craqué pour la couverture audacieuse et surtout dans l’air du temps, mais l’histoire est loin de m’avoir conquise.
Ceci n’est pas l’histoire de Rahim, immigré Iranien, installé en France depuis deux ans avec son papa. En Iran il a abandonné sa mère et ses sœurs et surtout ses rêves. Une fuite précipitée au lendemain d’un événement qui est considéré comme impur sur ses terres et condamné à mort. Il est devenu le silence, se fondant au plus près des mœurs de sa terre d’accueil. Se cacher, il sait le faire.

 

Mais ceci n’est pas l’histoire de Rahim. C’est celui de ce jeune homme un peu timide et introverti qui est pris au piège entre révélation et action. Un étau qui se referme davantage quand ses amis décident de bloquer le lycée en son nom, en sa liberté, en ce qu’il est. Rahim devient le symbole d’une communauté et de tous ces immigrés en attente de régularisation. Loin du discours politique il s’infiltre tout de même entre les lignes et c’est une prise de position agaçante que je n’aime pas retrouver dans mes lectures. Même si ils ne sont pas nommés, il est facile de reconnaître les mouvements de l’extrême droite ou les Black bloc où homophobie, racisme sont les vecteurs de leur haine. Est ce que les auteures ont voulu dénoncer cela ? Si c’est le cas, leur mise en avant est totalement incongrue et fragile.

 

Dans ce roman il y a beaucoup de choses et de personnages auxquels il est difficile d’éprouver de l’empathie. Anton est ce jeune homme mal à l’aise dans sa peau et qui en veut à tout le monde. Un père roumain un peu trop soupe au lait qui aime s’occuper du foyer, une mère peu visible, une sœur qui adule sans restriction une tante à la tête d’une association qui aide les immigrés. Une tante qui aime le paraître et se mettre au devant des faits. Il lui manque un zeste d’humilité pour pouvoir l’aduler. Pourtant si Anton la déteste, il prend le même chemin. Dénonciateur, « GossipBoy » lui sert de vitrine malsaine sur la vie au sein du lycée. Ces posts Tumblr (je ne sais même pas ce que sait !) sont d’une violence malveillante où les humiliations défilent. Est ce un moyen efficace de parler des problèmes de notre société ? Le dialogue est loin d’être installé, car si les fans adorent ces clashs, l’effet de groupe est dévastateur. Où est le respect d’autrui ? Méloée est quant à elle, la jolie fille qui ne fait pas de vague, amoureuse de Rahim. Alors qu’elle n’ose pas émettre ses opinions, il aura suffit d’un post de GossipBoy et d’une vidéo dénonçant la situation de Rahim pour qu’elle se transforme en « déesse vengeresse et justicière ». Méloée a le charisme pour porter à bout de bras tout un groupe et à l’allier à une cause commune. Alors oui elle est superbe, la caricature parfaite d’une jeune femme qui se révèle féministe assumant avec parcimonie ses actions et ses conséquences. Serait-elle le symbole du féminisme dans toute sa splendeur ?

 

Je regrette beaucoup de scènes dans ce roman. Celle du dépucelage de Méloé dans les toilettes crades du lycée, non merci, sans façon. Une violence inouïe de la part de ces jeunes, c’est aberrant ! L’alcool qui coule à flot, euh c’est alarmant ! Rahim comme objet, non !

 

Si le fond de l’histoire est intéressant, tout le contexte l’est beaucoup moins. J’ai eu l’impression de me trouver au cœur d’une parodie de mauvais goût de quelque chose qui est sérieux et actuel. Ce lycée a l’allure d’un lycée catholique engoncé dans quatre murs ridicules et étriqués. Il n’y a aucune mixité, seul Rahim apparaît comme l’étranger au milieu de tous ses blancs.

 

Alors oui l’histoire aurait pu être sensationnel mais tout le contexte la rabaisse à un récit de mauvais goût où l’immigration est mis au cœur d’une histoire tirée par les cheveux et où la violence est bien trop présente. Je me pose cette question cruciale : #TousDebout est-il le reflet de notre jeunesse partagée entre idéaux héréditaires et malfaisants et conviction malmenée ?

 

A vous, de vous en faire une idée !

 

Une chronique de #Esméralda

MAUVAIS SANG, un roman ado de Catherine Dabadie.


Giacomo a dix ans quand il découvre, après une descente de la police chez lui en pleine nuit, une vérité difficile à avaler : son père n’est pas qu’un simple carrossier à la sortie de la ville, il exerce des activités autrement plus lucratives et beaucoup plus illégales aussi. Il a juré fidélité à une autre « famille » : la mafia.
Son père en prison, le garçon grandit dans une culture machiste et, à l’adolescence, son oncle Riccardo l’initie aux opération de racket chez les commerçants, le pizzo. Jusqu’au jour où l’une d’elles finit mal. L’adolescent est arrêté et un juge décide d’une mesure d’éloignement dans le nord de l’Italie. Le petit caïd se retrouve du jour au lendemain coincé dans un vaste domaine viticole… dirigé par des femmes. Sous sa nouvelle identité, Giacomo devenu Otto se cherche, entre conflit de loyauté avec son clan, velléités d’émancipation et idylle secrète avec la belle Livia.

Giacomo découvre que son père fait parti de la mafia. Une de ses têtes dirigeante qui baigne dans toutes sortes de complots et d’affaires criminelles. Alors que ce père est à la fois un héros, effrayant et mystérieux, Giacomo, à peine adolescent, fait la connaissance de ce milieu. Un héritier qui se doit d’être formé, éduqué selon les lois du clan. Rackets, agressions, son quotidien devient une suite de violence, de soumission, à laquelle il n’adhère pas tant que ça.
Sa vie se délite. Sa mère sombre. Son avenir est tout tracé. Son adolescence ne lui appartient plus. Un impayé et un tabassage à mort plus tard, Giacomo est reconnu coupable. N’étant pas encore mineur, un juge consciencieux de l’univers dans lequel évolue Giacomo, lui offre une chance de se reconstruire ailleurs sous une nouvelle identité, loin de sa mère, loin des siens, loin du clan.

 

Déstabilisé par ce ce nouveau cadre, ces femmes investies et son nouveau collège, Otto a du mal à s’adapter. Une inaction qui le rend mal à l’aise. La suspicion, le mal être, il est difficile pour lui de se défaire des liens du sang, du clan. Comme si tout cela n’était qu’une illusion et que cette beauté allait devenir son point faible. Et puis il rencontre la belle Livia. Rayonnante, atypique, amoureuse de la nature et des mots qui s’envolent vers les nuages. Sa douceur, sa gentillesse, son aura le séduisent en un claquement de doigt. Peut-être qu’il a droit lui aussi à sa part d’amour et de bonheur ? Si le clan ne lui met pas la main dessus.

Cette fille me souriait comme si on s’était déjà connus et qu’elle était contente de me retrouver. Tout son être irradiait et je l’ai laissée m’inonder de sa lumière. Je me suis demandé si c’était ça, un instant de grâce.

Catherine Dabadie signe un roman ado bouleversant. Elle aborde le thème des liens familiaux avec perte et fracas Le courage et la force contribuent au détachement de liens consolidés de générations en générations. L’amour, renfort improbable dans ce monde de brutes, adoucit ce monde de violences et lois d’un autre siècle. Héros moderne catapulté dans un monde dérivant où son libre arbitre est confronté aux règles séculaires. Une plume acérée aux mots justes et à l’intonation parfaite résonnent avec clarté. Douloureux et passionnant, MAUVAIS SANG, captive.

 

Une chronique de #Esméralda

J’AI 14 ANS ET CE N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE, un roman ado de Jo Witek.

Je décide de crier ! De ne plus m’arrêter de crier. C’est la seule façon de les faire réagir. De briser leur monstrueuse loi du silence.


En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi.
Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

Voici une lecture toute aussi touchante que bouleversante.
L’histoire se déroule quelque part dans le monde. Pour ma part elle m’a transportée en Afrique Sub-saharienne. Mais elle aurait pu très bien avoir eu lieu en Asie ou ailleurs.
Efi est une jeune fille de 14 ans. Elle vit en ville chez sa tante et est scolarisée au collège. Elle adore aller à l’école et apprendre. La littérature la passionne et l’ingénierie est vers quoi elle se destine. Elle souhaite apporter dans les villages éloignés le confort moderne. L’accès à l’eau, à l’électricité et à tout ce qui fait défaut, permettrait aux jeunes filles de suivre une éducation à l’école et défaire les schémas archaïques qui régissent les communautés. 
Efi, perchée sur la moto de son oncle, en direction de son village pour les vacances a des idées et des rêves plein la tête. Retrouvée sa grande famille, ses meilleures amies et même son grand frère distant et jaloux est un grand moment de fête pour elle. Elle revient avec des bonnes notes et les appréciations de ses professeurs sont éloquentes. Dans son sac, des livres prêtés par son professeur de français qu’elle dévorera tard la nuit, à la l’aide de la lumière frontale, un cadeau. Efi est sur son nuage, loin de toutes les obligations du village et de sa famille.

 

Son arrivée est timide. Les cris et les grands gestes, les embrassades, les rires, les larmes ne sont pas au rendez-vous. Heureuse d’arriver à bon port, Efi prend rapidement ses marques. Ces petits frères et sœurs ont bien grandi et elle apprend qu’un nouveau bébé ne tardera pas à arriver. L’atmosphère apaisante de la nature, des grands arbres, de l’eau et de la maison la revigore. Alors qu’elle se promène, elle est ramenée manu militari chez elle. Elle est nubile à présent, elle n’a plus le droit de se promener seule et de s’habiller comme une fillette. Désarçonnée par ce mot, elle ne voit guère arriver le présage du mariage. Lorsque la réalité la frappe, son monde s’écroule d’un seul coup. Elle n’aurait jamais cru qu’à 14 ans, elle allait se marier.

 

Jo Witek signe une nouvelle un roman ado poignant. Le mariage forcé est un thème qui interpelle. Il n’a pas de frontière et ne se cantonne pas à des aprioris. Il est choquant et immoral. Efi apprend à ses dépens que sa vie ne lui appartient pas. Que ses envies, ses libertés, ses rêves ne sont qu’une triste illusion. De nubile, elle devient une femme objet prête à satisfaire les demandes de son mari. D’étapes en étapes, Jo Witek insuffle à son roman un caractère tragique. Elle dépeint avec honnêteté les émotions qui traversent le personnage. Les questions, les doutes et la peur fuient de son corps qui ne lui appartient plus. Mais à contrario, elle instille cette légère note de liberté, de lumière. C’est un roman captivant et douloureux. Prenant par sa forme et ses maux, cette histoire est subjuguante et surtout intergénérationnelle.

 

Un roman à découvrir de toute urgence !

 

Une chronique de #Esméralda

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LES ENFANTS D’ASTRA, tome 2 : Fiancés, un roman de science-fiction de Isaure de Villers.


Deux ans déjà que les enfants d’Astra patientent. Ils s’organisent, se concertent et leur plan se concrétise. Rodolphe, de plus en plus déchiré entre l’amour qu’il porte à Aileen et celui de se patrie, se retrouve dans une situation compliquée dont toutes les issues s’avèrent fatales. Sur Egrabe, Edward découvre le poids du pouvoir et subit les conséquences, tandis que Liam, son jumeau, soumet Mars à son joug et à sa dévorante soif de puissance. Les pions se mettent en place, mais chacun de leur choix, de leur silence, de leur secret, risque de les mener à leur perte.

Les enfants d’Astra continuent dans l’ombre de mettre en place leur plan 439. Pas à pas, les éléments se précisent et les pions se placent au sein de l’AMErica.
Rodolphe est partagé entre l’amour qu’il porte pour la jolie Aileen, majesté de l’AMErica, et ce fichu plan. Lui portant un amour sincère, Rodolphe espère de tout cœur qu’il n’aura pas à prendre des décisions trop rapidement. Rodolphe et Aileen se voient régulièrement, au palais, cachés. Aileen lui demande des conseils sur de nombreux sujets et s’épanche sur ses états d’âmes.
Il devient de plus en plus difficile à Aileen de se séparer de son ami. Les sentiments s’intensifient influençant la décision cruciale qu’elle doit prendre pour l’avoir à ses côtés. Il devient le garde du corps de sa belle et peut ainsi passer son temps avec elle. Une merveilleuse parenthèse qui va rapidement se déliter au vue des derniers rebondissements.

 

Edward a enfin déchu le gouverneur d’Egrabe. Mais ses premiers pas au sein de la gouvernance sont éprouvants. La colère et le chagrin le consument quand ce dernier voit l’amour de sa vie périr. Quelques derniers dissidents mettent la pagaille le forçant à quitter la capitale pour mettre fin au complot. Edward se découvre l’âme d’un dirigeant même si cela le met mal à l’aise. Il doit encore faire ses preuves mais il est fort possible qu’il décide de rester ici, surtout au vue des derniers événements survenus sur AMErica.

 

Liam, avec l’aide de mercenaires, a pu conquérir Mars. Une démonstration de force qui a fait ses preuves. Liam a la grandeur des folies et l’âme d’un dictateur. Il adore zigouiller quand les autres ne suivent pas ses idées et ses ordres. Sa jolie femme ne le calme point, il faut dire qu’elle est de la même trempe. Il n’aime pas les bons sentiments ou les démonstrations d’affection. Sa cruauté commence à faire des vagues. Une rébellion se préparerait-elle ?

 

Pendant ce temps sur AMErica, la princesse Sibylle est dans une très très mauvaise posture et le secret qu’elle partage avec son frère Rodolphe pourrait mettre à mal leur position au sein des enfants d’Astra.

 

Cyndie, princesse de Sagan, adoptée par l’ancien roi de l’AMerica, prend une lourde décision qui pourrait lui valoir de nombreux soucis d’ici quelques années.

 

Seront-ils prêts à surmonter les conséquences de leurs actes ?

 

Ce deuxième tome est considérablement tourné vers l’action qui se déroule deux ans après les premiers événements narrés tout au long du premier tome. Chaque chapitre est consacré à un personnage. Passer d’un point de vue à l’autre de m’a pas particulièrement dérangé. J’ai adoré retrouver les différentes ambiances propres à chaque planète, riches en détails. Les personnages ont quelque peu évolué et doivent faire face maintenant à leurs différentes responsabilités. Isaure de Villers a décidé de mettre en évidence leurs failles et leurs indécisions. C’est un roman riche en rebondissement et il est encore difficile d’appréhender la suite des nombreux événements qui le parcourent. Tout comme le premier tome, celui-ci pose quelques bases qui serviront par la suite.

 

Un tome résolument riche en rebondissements au cœur des différents univers. De la pure science-fiction qui plaira vraisemblablement aux fans du genre. Si ce n’est pas le cas, je peux toutefois vous conseiller cette saga qui je suis sûre vous convaincra sans aucun problème.

 

Une chronique de #Esméralda

 

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