L’hiver de Solveig de Reine Andrieu

Littérature française contemporaine – Roman sorti le 10 février 2021
Editions Préludes

Ma note : 5/5 mentions « coup de cœur » et « incontournable 2021 »


Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Préludes et Babelio pour l’envoi de ce roman grâce à une masse critique privilégiée.

Résumé : Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant  qui vit désormais sous leur toit.
Printemps  1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle  ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié  ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.


L’avis de #Lilie : Voilà un roman dont je n’avais pas du tout entendu parler avant sa parution mais que je vois partout sur les réseaux sociaux, ou dans les librairies, depuis sa sortie. Intriguée par le résumé, je me suis laissée tenter par ce livre ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale et l’après-guerre. C’est une époque qui m’intéresse beaucoup, malgré les horreurs qui s’y sont déroulées et encore une fois, ce livre met en lumière ce qu’il y a de meilleur, et de pire, chez l’être humain.

Nous faisons ici connaissance avec Noémie, son mari Armand, et ses enfants Valentin et Solveig. Vivant près de Bordeaux, leur maison est réquisitionnée dès septembre 1940 pour héberger un officier allemand, Günter Kohler. Après la guerre, nous découvrons une petite orpheline, Angèle, qui est recueilli par un gendarme, Justin, qui va tout faire pour découvrir d’où elle vient et ce qui lui est arrivé. Enfin, on suit Solveig à plusieurs périodes de sa vie, qui nous raconte ses souvenirs.

Noémie est une bonne mère de famille, qui s’occupe de ses enfants et qui a une vie maritale un peu routinière. Günter va réveiller chez elle une envie de frissons et de se frotter à l’interdit. Ce dernier, même s’il fait parti des occupants, ne se considère pas chez lui et ne se comporte pas comme un tyran avec la famille qui l’accueille. Au contraire, il fait preuve de bienveillance et d’attentions avec eux, même si cela ne plaît pas à Ernestine, la bonne, et Germain, le jardinier. Armand est un bon père de famille qui, très tôt, va adhérer aux idées du général de Gaulle et qui va tout faire pour servir au mieux les intérêts de son pays. Tous ces protagonistes vivent ensemble, se croisent, et vont prendre des décisions qui vont impacter la vie de tous les autres.
En 1946, on découvre Justin, un jeune gendarme qui prend sous son aile une petite orpheline amnésique. Pour elle, il va retourner des montagnes et déployer toute son énergie pour qu’elle retrouve la mémoire et, pourquoi pas, sa famille.

Ce roman choral met en lumière, au fil des chapitres, tous ces personnages à des moments différents. Ainsi, on alterne les points de vue et les époques, ce qui dynamise la lecture et maintient l’intérêt du lecteur. Ils sont tous touchants, attachants et tellement « humains ». En effet, ils ont tous leurs failles, leurs faiblesses et aucun n’est ni trop gentil ni trop méchant. J’ai fini par m’attacher à chacun d’entre eux et j’ai souffert, espéré ou souri avec eux. Même si le fond historique est « lourd », l’histoire se lit facilement et nous emporte dans un tourbillon émotionnel assez intense. Tout s’éclaire au fur et à mesure et on a bien du mal à s’arrêter une fois qu’on a commencé. C’est un joli coup de cœur pour cette histoire qui a su me happer et me toucher.

Pour conclure, « l’hiver de Solveig » est un roman que je recommande pour les amoureux de belles histoires ayant pour toile de fond la seconde guerre mondiale. Cette histoire à plusieurs voix avec une intrigue qui s’étale sur de nombreuses années est une belle découverte et je ne manquerai pas de suivre cette autrice donc la plume a su me charmer.

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Préludes

Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery

Classique nord-américain – Paru le 8 octobre 2020
Editions Monsieur Toussaint Louverture
Masse critique privilégiée

Ma note : 5/5 mentions « coup de coeur » et « incontournable 2020 »

 

Avant de commencer, je tiens à remercier très chaleureusement les éditions Monsieur Toussaint Louverture et Babelio qui m’ont permis de découvrir ce roman grâce à une masse critique privilégiée.

Résumé : Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute intemporelle. Difficile de résister à ce petit bout d’humanité de onze ans parfaitement imparfait, héroïne d’une série de romans qui a su conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, Anne de Green Gables, écrit par Lucy Maud Montgomery, et dont le premier tome parut en 1908. Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de « grands mots », Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme. Féministe involontaire, romantique impénitente, elle est impulsive, dramatique, maligne, drôle, et telle une authentique naïve, elle va bousculer le calme et la monotonie de la vie à Green Gables, en semant partout joies et rêveries, en dénichant la beauté dans les moindres recoins, en ne s’exprimant qu’en points d’exclamation, même dans « les affres du désespoir ». Parce que l’existence d’Anne a aussi une face sombre, hantée par la mort de ses parents et les abandons, qui lui donne son énergie folle, parfois hallucinée, et qui rend son idéalisme et son indignation si poignants et si convaincants. Si le regard d’Anne transcende le monde sur lequel il se pose, Anne de Green Gables, c’est la transformation magique, presque mystique, que seul l’amour peut opérer sur les hommes et les femmes. C’est l’histoire d’une petite fille qui parvient à se faire aimer de tous (Josie Pye exceptée), et de nous les premiers.


L’avis de #Lilie : Quelle joie de découvrir enfin les aventures d' »Anne de Green Gables » !! J’ai découvert l’existence de ce classique de la littérature jeunesse en début d’année, lorsque j’ai eu la chance de lire le dernier roman de Sarah Mc Koy, qui a imaginé un préquel à cette saga. Séduite par cet univers et par les protagonistes, je suis ravie de cette réédition par Monsieur Toussaint Louverture, d’autant plus que l’objet livre est magnifique : couverture rigide, avec de jolies couleurs brillantes, une police d’écriture agréable à lire et de belles pages à tourner. Si le contenant est très beau, le contenu est excellent et m’a totalement conquise.

Nous faisons ici connaissance avec Marilla et Matthew, un frère et une sœur vivant dans une ferme d’Avonlea, sur l’île du Prince-Edouard au Canada. Ils décident d’adopter un jeune garçon pour les aider à la ferme. Mais suite à une incompréhension, c’est une petite fille, Anne, qui arrive. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Anne n’est pas une jeune fille ordinaire ! Rapidement, elle trouve sa place à Avonlea et remplit de vie et d’amour le quotidien de Matthew et Marilla.

Anne n’a peut-être qu’une dizaine d’années mais elle a déjà vécu de nombreuses vies. Ballotté de famille en famille avant de finalement être placée en orphelinat, elle est heureuse de trouver enfin une famille à elle. Enthousiaste, dotée d’une imagination débordante, elle n’est pas une jeune fille conventionnelle. Souvent emportée par son émotions et par son esprit vif, elle va donner du fil à retordre à Marilla mais aussi insuffler une vague de renouveau sur la ferme. C’est un personnage qui m’a énormément touchée car elle a une belle âme d’enfant et même si parfois, elle tombe dans les excès, elle est extrêmement attachante et déborde d’amour à revendre. Concernant Marilla, c’est une vieille fille, qui a toujours vécu avec son frère. Elle mène la maison de main de maître et a bien du mal avec les fantaisies. On la sent évoluer tout au long de l’histoire et elle est, elle aussi, très touchante. Enfin, il y a Matthew, le frère discret, qui a bien du mal à communiquer et à exprimer ce qu’il ressent. Pourtant, il va tout de suite s’attacher à Anne, comme s’il était écrit qu’elle devait faire partie de sa famille. J’ai aimé sa gaucherie, sa discrétion et son attachement à ses proches. Beaucoup de personnages gravitent autour d’eux, que ce soit Diane, la meilleure amie d’Anne, Madame Lynde ou Madame Allan, qui vont compter dans l’éducation et l’épanouissement de l’héroïne.

Comme je l’ai sous-entendu en introduction, ce roman est un gros coup de cœur. Tout d’abord, c’est une histoire qui se lit très facilement. Les chapitres sont relativement courts et s’enchaînent sans même que l’on s’en rende compte. La vivacité d’Anne est en même temps revigorante et désespérante mais on s’attache vite à elle tant elle respire la joie de vivre. Parfois excessive, elle sait manier les mots de façon à séduire ses interlocuteurs et on oublie vite ses étourderies, qui font finalement parties de son charme. Son évolution est intéressante et son impact sur la ferme et sur la communauté est indéniable.

Pour conclure, quelle joie pour moi d’avoir pu découvrir « Anne de Green Gables«  dans une si jolie édition. Cette histoire transpire de bonne humeur et nous transmet une énergie positive qui fait du bien. J’ai hâte de découvrir les prochains tomes pour continuer à suivre Anne! Un roman à ne pas laisser passer et à mettre entre toutes les mains car c’est vraiment un livre qui fait du bien !

Retrouvez ce roman sur le site des éditions Monsieur Toussaint Louverture

A MÊME LA PEAU de Lisa Gardner.


[ POLICIER – A paraître le 2 janvier 2019]
Éditions ALBIN MICHEL
Traduction : Cécile Deniard
Titre original : Fear nothing, 2014.
512 pages
Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Lien Kindle

Le résumé :


Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.
L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.
Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?
Une plongée stupéfiante au coeur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

Mon avis :


Je découvre pour la toute première fois la plume extraordinaire de Lisa Gardner. Effectivement, si ce nom  me revenais souvent aux oreilles, je n’ai jamais ouvert un de ses romans. Maintenant que le problème est résolu et bien cette rencontre a été formidable, éprouvante et majestueuse.


Je ne sais pas si son meilleur roman, en tous cas il m’a donné envie de découvrir ses précédentes parutions en les rajoutant dans ma wish-list.


D.D. Warren est ce genre de personnage que j’adore. Déterminée, têtue, courageuse, teigneuse, survoltée, passionnante, intelligente et super flic, D.D. est un sacré bout de femme qui ne se laisse pas déstabiliser et qui fonce droit dans les problèmes. Un personnage aux traits de caractères forts et impressionnants. On est loin de ces personnages fades qui se laissent porter par les flots. Non, D.D. fonce, réfléchit, suppose et questionne. Dit comme cela, on dirait une super héroïne, oui mais D.D. est aussi une femme avec ces faiblesses et ses fragilités, une maman inquiète et protectrice et une épouse qui ne faut pas chatouiller.


J’ai adoré suivre ses péripéties, surtout que l’auteur ne l’épargne rarement et joue avec ces nerfs. Cette nouvelle enquête sur « le tueur de la rose », n’a rien d’évident, surtout quand le passé, une psychiatre insensible à la douleur (Adeline) et une prisonnière (Shana) s’en mêlent. Le point commun : Harry Day, papa de Shana et Adeline et accessoirement tueur en série qui séquestrait des femmes et découpait leur peau. Quand deux meurtres rappellent ceux d’il y a quarante ans, c’est la panique à bord.


Lisa Gardner a le talent incroyable de narrer une histoire totalement sensationnelle avec des personnages qui à travers leurs qualités et leurs nombreux défauts arrivent à subjuguer. Elle parfait un tableau aussi horrifiant que réel, incluant le poids incommensurable d’un héritage sanguinaire. Un thriller mené avec brio et ingéniosité où Lisa Gardner ne cède absolument pas à la facilité. Une intrigue où règne un suspense qui tient en haleine jusqu’aux dernières pages. Les personnages attirent l’attention. J’ai lu ce thriller d’une traite. L’auteur m’a immergée dans son monde avec une certaine facilité. La trame dénote par son intensité et les implications. Les doutes assaillent souvent les personnages et outre le fait de découvrir qui est ce tueur à la rose, D.D., Adeline et Shana devront faire face à ce qu’elles ont de plus personnel : leur identité.


Quel thriller éprouvant ! Dans la lignée de Karine Giebel, Lisa Gardner a le talent et l’audace de faire vivre une lecture « tourbillonesque » !


#ESMERALDA


Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio pour la découverte de ce super roman.


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Vers le site des éditions Albin Michel pour tout savoir.

Vers Wikipédia pour découvrir l’univers de Lisa Gardner.

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE de Isabelle Desesquelles.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018]
Rentrée littéraire septembre 2018 – Sortie le 16 Aout
Éditions Belfond – Collection Pointillés
Format numérique (200 pages) : 12.99€
Broché : 18.00€
Ma note : 5/5 mention « pépite »

 

 


 

Le résumé :

 

 » Tout l’art de conjuguer l’amour et l’absence. Poignant.  » MARCUS MALTE
 » Leur mensonge préféré aux parents, ils viennent le soir vous dire au revoir, on est à moitié endormis et eux vous murmurent « Je serai toujours là, mon délice, mon ange de la joie douce, merveille de l’amour enchanté’, ils caressent votre front, que ça rentre bien dans votre tête. Ce doit être pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai, où la main d’un père ou d’une mère ne se posera plus sur le front d’un enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Et si cela arrive vraiment trop tôt, on est fauché net. On peut mourir et vivre longtemps. « 
Loin du bruit du monde, Clémence grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n’a pas la voix d’une petite fille et ses mots sont ceux d’un mystère cruel. Que s’est-il passé pour que l’innocence se borde ainsi de noir ?
Plongée vertigineuse et poétique dans l’univers de l’enfance,
Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, ce roman explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches.
Et la redoutable force du souvenir.

 


 

Mon avis :

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Elle me serre comme si j’allais m’envoler mais je n’ai pas d’ailes. Pourtant je voudrais bien aller faire un tour au bout du ciel, et je reviendrais, pleine de merveilleux, je pourrais rester une enfant autant que maman. En attendant, je regarde le noir, les yeux à hauteur des siens, et c’est vrai qu’elle a l’air d’être tout l’univers avec ses hanches mouvantes, son bassin frémissant, ses jambes infatigables qui n’abandonnent rien, elle tend son front à l’obscurité, tant d’ombre nous avale. Je voudrais que la nuit me prenne moi aussi. Et je m’endors dans ses bras qui m’enserrent où je vais grandir jusqu’au matin. Tous les matins de ma vie.

 

 

La vie. La mort. La vie dans la mort. La mort dans la vie. Une ritournelle silencieuse et unie. Une harmonie sinistre et émerveillée par la beauté de l’être. Celui qui reste. Celui qui part. Un nom. Un âge. Des rires. Des pleurs. Des exclamations de joie. Des cris euphoriques. Des si et des peut être. Des questions. Des étoiles. Des étoiles pleins les yeux pour un infini indéfinissable. Qui je serai ? Qui suis je ? Qui j’étais. Une multitude de tout et de tout de rien. Un soupir. Un souvenir éternel se mouvant dans l’inextricable. Un souvenir aussi douloureux que savoureux. Un souvenir malléable et tellement beau, pur et simple. Un souvenir aussi tranchant qu’un poignard aiguisé à la pierre.

 

Clémence est tout ça.

 

L’innocence d’une fillette volée qui résiste au temps dans le creux des bras accueillants de ses parents. Elle est cette touche de liberté infantile habillée par l’insouciance. Elle respire, mange et dort du bonheur du simple. Elle est ce souffle du vent qui peu à peu s’épuise. Elle est la pluie douce qui surprend. Elle est le feu de la cheminée qui réchauffe. Elle voyage dans les rêves. Vie une multitudes de vies. Elle est l’amoureuse. Elle est grande finalement Clémence.

 

Clémence détient tous les secrets et tous les mensonges. Elle est le témoin du beau, de l’amour inconditionnel de ses parents. Elle foule de ces petits petons, les marches de l’éternel souvenir. La musique, la lecture, les poèmes, l’air mouillé des fougères, sont une mélodie à laquelle elle est reliée indéfiniment. Tel ce 8, grand et fort de ces 8 ans, symbole de l’infini émouvant.

 

JE VOUDRAIS QUE LA NUIT ME PRENNE est percutant, douloureux, infiniment touchant. Poétique insatiable d’un souvenir où la vie était belle. Un combat titanesque pour défaire les souvenirs envahissants et meurtrissants afin de laisser libre la mort. Jeux pernicieux du passé, du présent et du futur.

 

Impossible de décrire les émotions vives qui m’ont traversée. Une claque magistrale qui m’a mise à terre dès les premiers chapitres. Une blessure silencieuse et fatale cicatrisant par l’espoir et les souvenirs.

 

C’est juste époustouflant me laissant sans voix, sans mots.

 

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Rien ne nous séparera. Juste avant leur premier baiser il y a eu ce serment muet entre Alexandre et Rosalie Sauvage, ils se le répétaient à voix haute que je l’entende moi aussi, d’où je venais, où on allait, où on irait. Et quand je n’ai plus été là ils se sont accrochés à ce rien de leur serment, qui vaut tant. Il nous a sauvés je crois. Son infaillibilité. Ne pas en faire un mensonge à mesure que l’on vieillit, si loin de soi, de celle ou celui que l’on aurait voulu être ; que l’on a cru.

 

 


 

 

Je remercie Babelio qui lors de sa masse critique m’a permis de découvrir cet étonnant ouvrage.

 

 

 

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SI ON DANSAIT … de Rachel Joyce.

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[LITTÉRATURE CONTEMPORAINE – Nouveauté 2018 ]
XO Éditions
Traduction : Rémi Bonnard
Masse Critique Privilégiée Babelio

 

Format numérique (374 pages) : 12.99€
Broché : 19.90€
Ma note : ♥♥♥♥♥ mention « à découvrir »

 

 

Je remercie Babelio et les éditions XO pour leur confiance.

 


 

 

Le résume :

 

À Londres, au bout d’une impasse délabrée, Frank n’est pas un disquaire comme les autres. Chez ce marchand de vinyles, une belle équipe de joyeux marginaux se serre les coudes, tous un peu abîmés par la vie.
Surtout, Frank a un don. Il lui suffit d’un regard pour savoir quelle musique apaisera les tourments de son client. Quitte à préconiser du Aretha Franklin à un obsessionnel de Chopin…
C’est ainsi que Frank fait la rencontre de Lisa, une mystérieuse femme au manteau vert. Après s’être évanouie devant sa boutique, elle le supplie de l’aider à comprendre la musique. Lors de leurs rendez-vous, Frank replonge dans sa propre enfance, revoyant sa mère, l’excentrique Peg, lui passer des vinyles sur sa vieille platine.
Lui qui ne croit plus en l’amour depuis longtemps sent son cœur vibrer à nouveau. Et puis, un jour, Frank découvre le secret de Lisa. Le monde s’écroule, il disparaît.
C’est sans compter, pourtant, sur l’extraordinaire solidarité qui règne sur Unity Street. Car après le chaos, il n’est jamais trop tard pour faire renaître l’espoir et réapprendre à danser…

 


 

Mon avis :

 

-La musique, c’est une histoire de silence, lui dit-elle dans la maison blanche près de la mer. […]
-La musique sort du silence et elle y retourne toujours. C’est un voyage. Tu comprends ?

 

 

« Si on dansait … » est le quatrième roman de l’anglaise Rachel Joyce. Je découvre son univers dans ce roman tout aussi agréable qu’une balade musicale.

 

« Si on dansait… » a ce quelque chose d’extraordinaire, envoutant et harmonieux. Ce voyage auprès de cet homme, Franck élevé par une femme atypique et créatrice au doux son des vinyles d’où émanent ces silences et ces notes, est merveilleux. Comprendre les gens, les écouter, les voir tout simplement et savoir quelle chanson les guérira de leurs maux passagers ou ancrés. Franck aux premiers abords semble être un homme sauvage mais si tu t’en approches et tu oses lui poser la bonne question alors tu découvres un homme doux, attentionné, pédagogue, tout simplement humain. Le vinyle entre ses mains est un trésor authentique. Heureux celui qui en prend soin et qui sait tendre l’oreille pour écouter. Heureux celui qui se laisse envouter par la mélodie. Le vinyle n’a pas de frontière, l’âme et le corps unis pour une découverte sensorielle, sensitive et délicieuse. The Pistols, Aretha Franklin, Bob Marley, Alléluia, Bach, Beethoven, Vivaldi…

 

« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck, sa vie, son enfance, sa crainte, ses amours interdits. Tu te rends compte que sa vie est une mélodie atypique, lente et rapide, transie et passionnée, des anicroches, des silences. Une musique à l’image de l’enfant qu’il a été et de l’homme qui l’est devenu. C’est passionnel, touchant, chaotique, déchirant, transcendant. Franck est un farouche défenseur à la protection et à la survie du vinyle.
« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck dans son magasin situé dans cette rue multi ethnique. Une rue, Unity Street, mouvementée et où la vie résonne de maintes manières. Il y a Maud, la tatoueuse acariâtre et jalouse. Le Père Anthony vendeur de bibelots religieux mais qui n’est plus curé. Kit, l’employé, l’éternel maladroit et gaffeur, qui veut devenir un quelqu’un. Les jumeaux, gérants des pompes funèbres. Le boulanger polonais. La vieille Madame Roussos et son petit chien. Le bar et ses habitués. La solidarité les lie tous pour le meilleur et le pire.
« Si on dansait… » raconte l’histoire de Franck et de cette femme au manteau vert, à l’écharpe, portant toujours des gants et arborant une coiffure coiffée-décoiffée. Elle c’est Lisa Brauchmann, ressortissante allemande, venue tenter sa chance à Londres. Une femme mystérieuses aux doigts d’or. Une femme merveilleuse, attachante, douce. Une femme qui fait battre le cœur de pierre de Franck. Petit à petit leur attachement mutuel se renforce. La musique les enveloppe dans cette bulle silencieuse. D’eux deux émane quelque chose de puissant et d’immuable. C’est véritable. Mais les secrets et les non dits font mettre à mal Franck.

 

Ce roman est une très très belle découverte. Il va trotter longtemps dans un coin de ma mémoire. La plume de Rachel Joyce est sublime et déconcertante. Elle narre avec beaucoup d’honnêteté ses personnages et leurs vies. Et puis j’adore cette touche d’humour à l’anglaise qui s’imbrique dans le scénario. C’est drôle, c’est touchant ! La musique virevolte de pages en pages. C’est juste fantastique ! Il y a également ce côté combatif pour le vinyle certes mais aussi pour ce quartier désœuvré et puis pour l’amour. Le caractère social est très présent. Une touche romantique vient fleurir les scènes intimistes. Cette histoire recèle en elle des petits bijoux.

 

C’est juste une magnifique et belle histoire !

 

∞∞ EXTRAIT ∞∞

 

Il lui raconta donc l’histoire de Beethoven et de son élève, Julia, tout comme Peg l’avait fait avant lui.
-Quand j’écoute le Clair de lune, je le vois assis près d’elle au piano. Il lui joue une lettre d’amour et il attend qu’elle lui montre qu’elle a compris. La musique démarre lentement, doucement. Il a l’âge d’être son père, il vit toujours des amours impossibles, mais cette femme est si belle et hors de sa portée. La musique monte en puissance puis redescend, mais elle ne fuit jamais, elle attends. Les notes les plus aiguës vont plus haut, toujours plus haut, pendant que les graves répètent le même motif, en disant : « oui, oui… » On dirait deux voix qui se demandent l’une à l’autre si elles ressentent la même chose, sans utiliser de mots. Mais, soudain, Beethoven renverse les rôles. Les notes aiguës mènent la danse, comme s’il était devenu Julia et que Julia ait pris sa place. Ce qu’il fait est tellement intime qu’on croirait qu’il est en train de faire l’amours avec sa belle élève.
-Faire l’amour ? dit-elle en changeant d’expression. Beethoven ?
-Ou, en tout cas, des préliminaires assez poussés.
Faire l’amour ? Des préliminaires ? Qu’il ait pu prononcer ces mots le glaça. Il prit sa tasse de thé et en but une deuxième gorgée, glacée elle aussi.

 

 

 

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Rachel Joyce vit en Angleterre, dans une ferme du Gloucestershire, avec sa famille. Elle a été pendant plus de vingt ans scénariste pour la radio, le théâtre et la télévision, et comédienne de théâtre, récompensée par de nombreux prix.

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi… est son premier roman.

 

 

 

 

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B.O.A. Tome 1 : Loterie funeste de Magali Laurent.

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[DYSTOPIE / JEUNESSE – Nouveauté 2018]
Éditions De Mortagne (Canada)
Service presse – Masse Critique Babelio Privilégiée
Format numérique (460 pages) : 16€17
Broché : 15€00
Ma note : 5/5 mention « à dévorer »
Je remercie les éditions de Mortagne et Babelio pour m’avoir permis de découvrir ce fantastique roman !

Le résumé :
Une loterie inhumaine. Six immortels à gagner. Dans un monde post-apocalyptique, l’humanité a été réduite à quelques milliers d’individus. Les humains sains sont réduits à l’état de bétail-ouvrier dans des camps de travail ou à celui de citoyen de seconde zone vivant dans la misère à Liberté, une terre promise aujourd’hui totalement dénaturée, dirigée par les B.O.A*. Dans ce monde, quand les citoyens achètent des billets pour la loterie annuelle, ce n’est pas pour gagner de l’argent. Les BOA espèrent remporter des Sacs à sang. Des esclaves. Des êtres humains auxquels ils pourront s’abreuver pour subsister. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais, cette année, la loterie est différente : six adolescents sont en jeu, rendus immortels par un processus révolutionnaire. Destinés à offrir leur sang à leurs futurs propriétaires, ils sont condamnés à souffrir éternellement, car même la mort ne pourra les délivrer. S’ils résistent, ils seront transformés en créatures terrifiantes. En Charognards. Des bêtes voraces. S’ils obéissent, ils seront perdus pour toujours. *B.O.A : nommés ainsi en référence aux groupes sanguins, ces êtres, qui n’ont plus qu’une infime part d’humanité, doivent s’abreuver de sang humain pour survivre.

Mon avis :
Allez, je vous annonce de but en blanc, ce roman est juste remarquable. Je lis très peu de dystopie car presque chaque fois, je tombe sur des romans qui ne me convenaient pas forcément et surtout où j’avais du mal avec l’univers proposé. Mais là je suis absolument conquise par ce que nous propose Magali Laurent !
Monde apocalyptique !
Un monde dévasté par un virus, faisant muté les êtres humains en Charognard. Etre dénué de toute humanité, à l’instinct primitif et cannibale. Pour faire face à cette épidémie, un vaccin a été crée, mais mis à la disposition des plus fortunés. Seulement le procédé laisse à désirer et les transforme en BOA, humain à la peau très blanche, yeux bleus et qui ne peut survivre qu’en buvant le sang d’humain non contaminé. Certains humains ont survécu à ce fléau et se sont réunis sur une île portant le nom de Liberté. La guerre entre les clans a fait de nombreuses victimes mais un consensus entre les BOA et les humains a été trouvé. Mais ça, c’était il y a de très nombreuses années.
Qu’en est il aujourd’hui ?
Les BOA ont pris le pouvoir sur les humains. Les soumettant à leur férocité. Les humains n’ont la seule considération que de garde manger. Leur sang est vital. Les bébés sont vendus au Cellier Inc.. Véritable usine humaine, où chacun a des taches définies, où leur sang est prélevé, leur temps chronométré. Une véritable prison où aucune liberté n’est accordée, les contacts surveillés. On les surnomme les Sacs à sang. Ils ne connaissent rien du monde extérieur, n’ont aucune identité à part ce code barre et un prénom. Ils ne savent pas d’où ils viennent. Malgré les histoires et les rumeurs qui circulent la vérité n’est jamais de mise. Oxana, Alex, son frère jumeau, Denys, Sam et Kim sont des Sacs à sang. On les reconnaît grâce à ce diadème perçant leur boite crânienne, portant le virus qui les transformera en Charognard s’ils tentent de s’enfuir. Une expérience menée par les BOA les ont rendu immortels et de ce fait deviennent une denrée rare mise à prix lors de la loterie annuelle organisée par les riches BOA. Leur présumé liberté va les mener droit vers dans un monde inconnu, manipulateur, sournois, horrible et où les sentiments n’ont plus aucune place. Chance ou malédiction, les cinq Sacs à sang devront montrer que leur force réside dans les liens tissés entre eux. Ils vont découvrir un monde où la liberté ne signifie rien. Se joint à eux, Cléo, également immortelle par le même procédé. Elle est un produit de La Sang et Prestige Inc.. Elevée en autarcie totale depuis c’est 5 ans, elle est vouée à être vendu aux riches BOA, pour la subtilité de son sang. Elle est choisie pour être gagné à la loterie. Malgré tous les préceptes acquis pendant sa « détention », elle découvre un monde néfaste. Les six réunis vont former les trois lots à gagner. Ensemble ils devront affronter bien de nombreuses épreuves.
Mais dans l’ombre se cache un groupuscule qui tente de rétablir un certain ordre. Formés par des humains, se trouve parmi eux un jeune BOA, Kael, qui répudie le système actuel.
Magali Laurent a mis la barre très haute.
De par son univers extrêmement riche, l’auteure nous offre ici, un pur moment de lecture ! Son histoire est parsemée de moments très intenses. Les petits détails et les descriptions vont de son récit étonnamment complet. Je ne me suis ennuyée à aucun moment. Redoutant les événements à venir et me montrant soucieuse quant à l’avenir de ces six adolescents. Je les ai suivi tout au long de cette macabre marche les menant à leur funeste avenir. De nombreux rebondissements m’ont laissé espérée comme d’autres m’ont anéantie. Les personnages sont subtils, hargneux, téméraires et courageux. Chacun avec leur personnalité font devoir faire face à leur destin.
Les fans de dystopie vont beaucoup, beaucoup, beaucoup apprécier ce page-turner incontournable ! J’attends le tome 2 avec beaucoup d’impatience !

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Mon avis sur le tome 2 : « Couples maudits »

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LES BLESSURES DU SILENCE de Natacha Calestrémé.

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[ POLICIER – Nouveauté 2018 ]
Une nouvelle aventure de Yoann Clivel
Editions Albin Michel
En partenariat avec Babelio

 

Format numérique (352 pages) : 13€99
Broché : 19€90
Ma note: 5/5 mention « coup de cœur »

 

 

 

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel de m’avoir permis de découvrir ce roman lors d’une Masse Critique Privilégiée.

 


 

Le résume :

 

Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide. Ses parents affirment qu elle a été tuée. Ses collègues pensent qu’elle s est enfuie avec un amant. Une succession de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Qui croire ? Qui manipule qui ? Connaît-on vraiment la personne qui vit à ses côtés ?

 


 

Mon avis :

 

Je découvre pour la toute première l’univers de Calestrémé et une des aventures de Yoann Clivel, policier et personnage principal d’une saga. Composé de one shot, ces aventures se comptent à l’heure actuelle à trois histoires : « Le testament des abeilles » (2011), « Le voile des apparences » (2015) et « Les racines du sang » (2016), parus aux éditions Albin Michel. Même si il est possible de les lire indépendamment, maintenant que je sais à quoi m’attendre, je vais m’empresser de lire ces trois romans. Pour cerner davantage ce personnage, approfondir l’univers de Calestrémé (dans ce genre de saga, j’aime bien voir si l’auteur innove dans son scénario ou alors reste sur le même plan fonctionnel).

 

« Les blessures du silence » m’a plongée dans l’enfer quotidien d’une femme méprisée, violentée psychologiquement, détruite, consommée par des années de mariage. Sa seule ancre dans cette vie morose ce sont ses deux jeune filles. Amandine est une de ces femmes qui parmi tant d’autres sont asphyxiées par un mari manipulateur et narcissique. Les mots comme arme destructrice. Les mots qui cisaillent les âmes et les anéantissent au grès des années. Pourtant le bonheur était bien présent, elle a vécu six mois d’amour intense et fabuleux et puis un jour, sournoisement, tout bascule dans ce néant, ce silence morbide. Elle a bien espoir, qu’un jour ils pourraient être de nouveau heureux, ensemble. Elle bataille pour y remédier, quitte à lui trouver toute sorte d’excuses qui ne tiennent pas la route. Amandine est cette femme que vous croisez dans la rue, dans les couloirs de vos boulots, dans les magasins ou peut être est-ce vous ! La détresse de ces femmes ne se voit pas, mais si vous preniez le temps d’écouter, vous y découvrirez cette souffrance silencieuse.

 

Yoann Clivel est inspecteur de police de la Police Judiciaire de Paris. Il est le meilleur de la brigade. Un instinct et un flair hors pair. Il résout bon nombre d’enquêtes. Yoann est un homme bien sympathique, jamais taciturne, une répartie bien sentie. Il est rare qu’il soit toujours dans les clous, mais l’essentiel, pour lui est de résoudre les enquêtes. Amoureux éconduit, sa vie sentimentale est un peu laborieuse, mais cette nouvelle enquête va lui remettre du plomb dans la cervelle et mettre sa fierté de côté pour reconquérir, Alisha, celle qu’il n’oublie plus. La disparition d’Amandine va lui donner du fil à retordre. Il découvre que les apparences sont parfois illusoires et que la violence conjugale n’est pas toujours associée aux coups et blessures. Arrivera t-il à temps pour la sauver dans ce monde l’aveuglement et la non reconnaissance priment ?

 

Ce polar aura eu le mérite de me retourner les boyaux. Amandine a su me toucher. Désespérée, triturée par son avenir, accablée, moralement effondrée, désemparée. Le lecteur suit étape par étape les moments clés d’Amadine. L’apitoiement, la désapprobation, le renoncement, la prise de conscience, l’espoir, la reconstruction et puis le jour où tout bascule dans l’horreur. Et en alternance, on suit l’enquête de Yoann Clivel. La trame de ce roman est très éprouvante : la violence conjugale est loin d’être un sujet banal. Qu’elle soit silencieuse ou visible, elle est reste néanmoins tabou. Prise de conscience ou révélation, ce roman tend à libérer la parole, à réconforter et à aider. Des conseils sont égrenés au fil des pages. Des méthodes ou descriptions complètent le tableau. La technicité appuie l’argumentaire. Je trouve que c’est par ailleurs nécessaire d’éluder les points cruciaux dus au contexte.

 

Les traits psychologiques des personnages sont sublimés par la plume talentueuse de Calestréme. Précise, torturée, sincère sont les mots qui la qualifierait  à sa juste valeur. Tous les personnages ont une place importantes dans le déroulement du scénario. Chaque pierres posées finissent par former un tout sensationnel.

 

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Emue, chamboulée par la réalité. Prise au piège dans ce cercle vicieux. J’ai soutenu Amandine, j’ai essayé de la bousculé, je lui ai crié de prendre garde, je l’ai accompagné dans ses abysses. Je l’ai pleuré, je l’ai regardé s’effondrée sans rien pouvoir faire. Je lui ai souri et dit que tout aller s’arranger. Je lui ai tendu la main. Elle se relèvera j’en suis persuadée.

 

Quelle belle découverte, je suis plus que conquise !!

 

 

 

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