LES NOCTURNES, tome 3 : L’illumination, un roman jeunesse et fantastique de Anthony Lucchini.


 
Le temps des rêves est révolu.
Vive celui des cauchemars !
Alors que Rémus arrive au bout de son plan pour prendre la place qui lui revient de droit, Rémi et ses amis ne sont plus ceux qu’ils étaient.
Désormais, un monde les sépare et c’est seuls qu’ils doivent faire face à leur pire démon : eux-mêmes.
Dans cet affrontement final entre l’Ombre et la Lumière, qui verra son rêve se réaliser ? Et qui verra sa vie lui échapper ?
Une chose est certaine, personne n’en ressortira indemne.

Voilà, voilà, une nouvelle saga qui se termine ! Toujours ce pincement au cœur, dire au-revoir à cet univers formidable et à tous ces personnages qui sont devenus au fil des tomes attachants est bien triste.
Le final du tome m’avait totalement scotchée, j’étais donc très curieuse de voir au cela allait me porter !
Je retrouve donc Rémi, Vanessa, Erwan et Eva pour de nouvelles aventures qui frôlent l’hystérie.
Finies les aventures oniriques à la découverte de mondes tout aussi merveilleux qu’étranges. Les choses sérieuses ont pris le pas, et nos héros devront faire preuve de courage et de force pour affronter leurs pires cauchemars. Les égos prennent possession de LaBas délivrant au cœur des songes de nos protagonistes de biens sombres cauchemars. Entre manipulations et complots, les heures à venir s’avèrent difficiles. La noirceur s’empare de la moindre parcelle de vie, les horreurs s’infiltrent, les monstres s’imposent, les coups foisonnent. La mort rôde car si un Ego vient à mourir il en sera de même pour l’autre Alter.

 

Rémi prend conscience de ses nouveaux pouvoirs, ils enflent en lui et se mêlent à sa colère grandissante. Rémus, son égo, ne le lâche pas une seule seconde et tous les coups bas sont permis. La pitié n’existe pas, le plus fort régnera sur le monde.

 

Qui seront les grands vainqueurs ? Les Dieux, Rémi, Rémus, les Ego ?

 

Anthony Lucchini explore tout au long de sa surprenante trilogie le monde des rêves. Son univers est vraiment extraordinaire et son histoire davantage bluffante. Il arrive à concilier d’une manière inattendue ces deux mondes. L’un fantastique peuplé d’un monde imaginaire riche et varié où de nombreuses aventures s’y profilent. L’autre réel qui au fil des pages va avoir son propre ascendant sur ce dernier et vice versa. Des enjeux d’une nouvelle envergure apparaissent dès la fin du tome 2 et se dévoilent tout au long de ce tome ci. Les personnages sont attachants et j’ai su apprécier leurs propres personnalités. Vanessa est celle qui a la tête sur les épaules, intelligente, elle apporte une vision différente sur les problèmes rencontrés. Rémi est ce jeune homme timide qui n’a pas véritablement confiance en lui. Cette histoire relève de sa quête identitaire, un chemin ardu. Eva est un peu la folle du groupe, sa spontanéité est rafraichissante. Et elle adore les chats ! Erwan est le joyeux trublion de la bande. Un peu naïf, il ne se prend jamais au sérieux. Sa bêtise devient très vite légendaire. Une bande très hétéroclite qui fonctionne à merveille. J’ai beaucoup apprécié les différents univers proposés par Anthony Lucchini et surtout j’ai été surprise par l’histoire elle-même qui ne laisse rien appréhender. Une trilogie que je recommande à toutes celles et ceux qui adorent l’imaginaire. Vous allez adorer rêver !

 

Une chronique de #Esméralda

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La seconde moitié de mon cœur de Bertrand Jullien-Nogarède

Littérature jeunesse – Roman sorti le 22 janvier 2020
Editions Flammarion
Lecture personnelle

Ma note : 4/5

 

Résumé : « Tom était l’homme de ma vie. J’étais peut-être trop jeune pour en être tout à fait certaine, mais l’amour est un pari, quel que soit l’âge que l’on a. Tom était mon pari et je savais que j’étais prête à assumer toutes les conséquences de notre relation. »
Une poignante histoire d’amour entre Londres et Paris.


L’avis de #Lilie : Emballée et frustrée suite à la lecture de « la première fois que j’ai été deux« , il me tardait de découvrir la suite des aventures de Karen et Tom. On retrouve ici nos deux protagonistes qui ont évolué mais qui restent toujours aussi passionnés.

Karen vient de terminer sa première année de prépa. Pour les grandes vacances, elle décide de partir avec son amie Julia pour aider dans un camps humanitaire en Afrique. Là-bas, elle va grandir, mûrir et choisir de donner, encore une fois, une nouvelle direction à sa vie. Tom, qu’elle n’a pas vu depuis près de nombreux mois, est toujours bien présent dans son esprit et son cœur. Ces deux-là sont-ils voués à se retrouver ? Leur amour survivra-t-il à leur séparation ? Pourront-ils tenir leur promesse ? La vie sera-t-elle enfin un fleuve tranquille ?

Karen a grandi depuis le premier tome mais on retrouve tout ce qui la caractérise : sa volonté de bien faire, son engagement dans tout ce qu’elle entreprend et son grand cœur. Néanmoins, les épreuves qu’elle a, ou qu’elle va traverser, vont aussi l’aider à se forger un caractère et à se prendre un peu plus en main. Par moment, elle m’a un peu agacée car elle intellectualise tout et se pose beaucoup (trop) de questions. Pourtant, c’est un personnage qui reste très attachant et que j’ai aimé voir évoluer au fil des pages. Tom est beaucoup moins présent dans ce tome même s’il apparaît régulièrement. Devenu star du rock, il reste attaché à Karen et ne semble pas prêt à laisser totalement s’en aller. On découvre ici Julia, une jeune femme engagée, battante, qui n’a pas l’habitude de se laisser dicter sa conduite par qui que ce soit. J’ai été un peu déçue qu’on ne la voit pas plus car c’est un personnage intéressant et que j’aurais aimé voir plus longtemps auprès de notre héroïne.

Ce tome 2 est une jolie réussite. Tout comme dans le tome 1, les émotions sont au rendez-vous et l’auteur prend le parti, une nouvelle fois, de nous parler de nombreux thèmes : la vie dans les camps de réfugiés, les questionnements sur l’orientation à donner à sa vie, la difficulté de prendre des décisions, l’amour à distance… Ce roman jeunesse aborde des thématiques qui sont importantes pour les jeunes adultes car elles reflètent, pour la plupart, des questionnements auxquels ils vont être confrontés. Visuellement, on est en totale immersion, que ce soit au niveau des décor ou de l’ambiance musicale qui est très présente. La narration est toujours à la première personne et on suit Karen dans son quotidien et les changements qu’il va connaître. La fin est une nouvelle fois très frustrante et nous laisse sur un évènement qui nous interroge sur la suite de ses aventures.

Pour conclure, « la seconde moitié de mon cœur » est une suite dans la lignée du premier tome. L’univers de la musique est omniprésent et on ressent, au fil des pages, tout l’amour que Karen porte toujours pour Tom. Même si la vie ne va certainement pas leur faciliter la tâche, espérons qu’ils auront droit à leur happy-end très bientôt !

Retrouvez ici mon avis sur le tome précédent, « la première fois que j’ai été deux »
Retrouvez ce roman sur le site des éditions Flammarion Jeunesse

 

LES BILLES MALADROITES, un roman jeunesse de Eva de Kerlan.


Et si la maladresse n’était plus un défaut ?
Lorsque son grand frère lui offre ses magnifiques billes, Léo est ravi et émerveillé. Les billes sont si belles, si brillantes, et en plus elles lui parlent ! Il est certain de remporter le jeu de billes dans la cour de récréation. Hélas, ses billes refusent de se heurter aux autres ou de se salir.
Bientôt, il ne lui en reste plus qu’une seule pour tenter de regagner toutes celles qu’il a perdues. Une seule petite bille, que ses semblables surnomment Malhabile en raison de sa maladresse constante. Aidé de cette bille différente, Léo parviendra-t-il à remporter la prochaine partie ?
5-10 ans
illustrations par Acides Animés

Léo est un gentil petit garçon qui adore joué avec son grand frère et ses amis. Le jour où son grand frère lui donne ses billes, Léo est heureux. Cette petite attention le ravi et aussitôt il découvre les billes qui feront son bonheur. Elles brillent de toutes les couleurs, des petites, des grosses, elle sont merveilleuses. Les étoiles remplissent les yeux du petit garçon alors que ce dernier est subjugué. Comme tout garçon qui se doit, il pense rapidement aux parties qu’il fera avec ses copains dans la cours de l’école et à toutes les billes qu’il va gagner.
Perdu dans ses pensés les plus foldingues, il entend alors une petite voix. Intrigué et ébahi, il en cherche l’origine et qu’elle n’est pas sa surprise lorsqu’il découvre que ses nouvelles billes parlent.

 

La récréation est enfin arrivée, n’y pouvant plus, il convie ses camarades de classe à jouer aux billes. Sur de lui et très optimiste, Léo joue avec entrain. Voilà que les billes n’en font qu’à leur tête et décident d’esquiver les autres billes, alors que le but du jeu est de toucher les billes des adversaires pour les récupérer. Désabusé et désappointé, Léo, le soir arrivé, demande des comptes à ses billes. Les jolies billes ne veulent pas se salir ni s’abîmer. Alors que le lendemain, il décide de récupérer ses billes tout en jouant et en ayant motiver et coacher les mauvaises joueuses, Léo doit faire face à la catastrophe, il ne lui reste plus qu’une bille, Malhabile comme l’appelle les autres. La lançant sans grand espoir, la voici qui tape les autres billes !

 

Eva de Kerlan signe un roman jeunesse tout aussi touchant qu’émouvant porté par sa jolie plume. La maladresse est souvent la source de moqueries. Elle embarrasse et intimide. Signe, malgré elle, de stupidité. Eva de Kerlan empoigne la maladresse et la rend forte, courageuse et indispensable. De ce fait elle valorise ce trait loin de tout dénigrement. Lecture idéale pour les petits lecteurs qui peuvent être confronter à cela et qui pourrait leur permettre de prendre confiance en eux. Une jolie petite histoire valorisée par les jolies illustrations de Acides Aminés. Une lecture que je vous conseille pour les petits lecteurs seuls dès 7 ans, en fonction de la maturité de leur apprentissage de la lecture, et/ou accompagnés avec un plus grand, c’est chouette aussi !

 

Une lecture de #Esméralda.

LE SECRET DE LÉONARD, un roman jeunesse de Mireille Calmel.


Une haletante course-poursuite dans les souterrains du château d’Amboise… Au château d’Amboise, le temps s’est arrêté : Léonard de Vinci vient de mourir. Mais pour Flore, Raphaël, Louis et Pierre, il n’y a plus une minute à perdre : ils doivent retrouver le dessin de L’aile volante, l’une des plus grandes inventions du maître. Qui l’a dérobé et pourquoi ? Le compte à rebours est lancé, car le roi François Ier ne doit pas s’apercevoir de sa disparition… LES THÈMES : Aventure – Amitié – Roman historique
Illustrations : Romain Mennetrier
Lecture à partir de 8 ans.

Au sein du château d’Amboise de François Ier rien ne va plus. La mort de Léonard de Vinci est un choc rude pour le roi et ses sujets. Grand ami du roi, Léonard brillait par son esprit vif, ses peintures et ses inventions. Un grand Homme dont son souvenir perdura. Dans les couloirs secrets du château d’Amboise quatre enfants courent. Flore, la fille de la cuisinière, Les jumeaux Raphaël et Pierre, le premier aussi débrouillard que le second est timoré, fils du charpentier et Louis, un ventre sur patte, fils du forgeron.
Tous quatre ont une mission d’une grande importance. Retrouver le carnet de Léonard dans lequel il a décrit sa dernière invention : des ailes volantes. Le temps est désormais compté, malgré la tempête qui se déchaîne, il n’est pas question d’abandonner le dernier souhait de leur maître. S’armant de leur volonté et de leur courage, leur enquête les mènent vers un homme mystérieux et dangereux. Seront-ils faire face à tous les dangers ? Réussiront ils à ramener le carnet de Léonard au roi ?

 

Je suis une grande fan de Mireille Calmel et il était comme une évidence de lire ce roman jeunesse. Mon âme d’enfant a été conquise par cette histoire qui se veut tout à tour instructive et palpitante. Mireille Calmel immerge rapidement le lecteur (jeune ou pas) au cœur d’une enquête captivante. Facile à lire pour les plus jeunes, un vrai délice pour les plus grands, l’histoire se révèle quelque peu complexe. Mireille Calmel adapte son style aux plus jeunes en utilisant quelque fois des termes d’époque qui sont bien évidemment expliquer en bas de page. Les personnages sont hétéroclites et totalement mignon. Flore, débrouillarde n’hésite à affronter les dangers pour sauver ses camarades. Raphaël fonce dans le tas. Pierre se révèle téméraire malgré sa peur. Et Louis n’en manque pas une pour se goinfrer. Quatre enfants qui nous font vivre une aventure délirante.Les illustrations de Romain Mennetrier sont justes exquises. J’adore son coup de pinceau qui me rappelle mes livres d’enfance. Elles mettent en évidence quelques scènes de l’histoire tout au long du roman. Un pur délice !

 

Une chouette lecture à partager avec nos enfants et à mettre dans leurs mains, c’est tellement mieux qu’une tablette !

 

Petits et grands vous allez adorer !

 

Une chronique de #Esméralda

DARLING #AUTOMNE, un roman jeunesse de Charlotte Elrih et de Julien Dufresne-Lamy.


TOME 1/4
Le jour de la rentrée, après les cours, May reçoit un mystérieux message d’un compte Insta privé : « Tu étais si jolie aujourd’hui… ». Signé Y. Ce message est le premier d’une longue série. May est d’abord inquiète, méfiante, elle pense à toutes ces histoires d’emprise virtuelle – Y serait un pédophile ? un recruteur de Daesh ? un garçon torturé ? Mais puisque Y lui écrit tous les jours, sur un mode doux et romantique, May se sent de plus en plus rassurée.
Y est adorable et il semble la connaître de près. En parallèle, Néo, son frère jumeau que tout oppose et expert des nouvelles technologies, traque l’inconnu en espionnant les communications de tous les suspects possibles du bahut. Il pense que s’il découvre l’identité d’Y, sa sœur, qui le snobe, s’intéressera de nouveau à lui. Pendant des semaines, May vit intensément cette histoire si belle et si différente et avec ses copines, elle tente de démasquer le mystérieux prétendant : quel garçon du bahut ou de leur bande pourrait bien se cacher derrière Y ? Sans parvenir à connaître le nom de son admirateur, May tombe éperdument amoureuse d’Y. Elle le supplie de se révéler. Le jour enfin de leur rendez-vous, alors qu’Y attend déjà sur la place, May s’approche, nerveuse mais confiante. Elle croit en leur amour. Mais la jeune fille est à deux doigts de totalement déchanter.

May et Néo sont jumeaux. Ensemble, ils partageaient beaucoup de chose, avant que le collège et le lycée s’immiscent entre eux. May a été élue la fille la plus populaire du lycée, jolie revanche sur son passé, tandis que Néo, asocial, s’immerge davantage dans le monde des jeux vidéos et de la technologie.
Deux entités qui évoluent dans deux mondes fermés où règnent leurs propres règles. May joue la jeune femme fatale tandis que Néo tente de survivre dans ce monde de requin. Et puis, un jour elle reçoit un message anonyme. Un simple message dont elle ne prête pas gare. Et puis d’autres suivent, tous les jours, un message. L’inquiétude l’envahit peu à peu, imaginant tout un tas de scenarii. L’insistance de ce fameux Y se transforme en confiance et débute une correspondance (des temps modernes) où les cœurs se dévoilent et les mots prennent sens. La rumeur se répand au sein du lycée invitant tous et toutes en tergiversations diverses. May émet tout un tas d’hypothèses au point d’établir des listes. Jusqu’à ce jour fatidique où Y se dévoile et la surprise à l’effet d’une bombe. May sombre dans un mutisme, un désarroi profond. Elle ne mange plus s’enfonçant dans un état inquiétant. Son frère ne peut s’empêcher de la prendre sous aile. Ce rapprochement est une bouffée d’air frais pour May qui reprend ses esprits et tentent de voir plus clair dans ses sentiments, ouvrant ainsi une timide porte à ceux de Y.

 

Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy, un duo de choc, proposent un roman jeunesse aussi terrifiant que terrifiant. Je n’ai que 35 ans, mais je suis effarée de voir le gouffre qui me sépare de cette génération. La fiction rattrape la réalité créant une atmosphère à la fois légère et oppressante. J’ai pu constater que les adolescent.e.s se construisent autour des réseaux sociaux et sont sensibles à ce paraître. Cette correspondance initiée d’une manière sauvage et sournoise, au contraire opère comme un retour au source où les échanges ne se concentrent plus sur l’hyper-réalité mais au contraire sur les sentiments, sur la vie, sur les doutes.; une certaine ouverture d’esprit. Le poids des réseaux sociaux est un nouveau vecteur d’information où filtres et bon sens n’existent pas. Tout le monde peut se permettre de vociférer des menaces à peine cachées sans se soucier de l’impact psychologique qui pourrait être déclenché. Les réseaux sociaux se montrent être le vecteur du harcèlement. Mais il peut être également un véhicule de bienveillance selon la communauté qui est sollicitée. Erlih et Dufresne-Lamy abordent des thèmes actuels et délicats, intenses et douloureux. Ce monde me semble à des lumières de ce que j’ai pu connaître. Nos jeunes lecteurs ne pourront que facilement s’identifier aux personnages, comprendre leurs craintes, leurs espoirs, leurs illusions et désillusions. Le langage est approprié me déroutant souvent. Je n’ai pas eu l’audace de chercher la définition des mots ou expressions.

 

Ce premier tome de la sage Darling a de quoi chambouler le lecteur. Toutes ces émotions contradictoires rendent le roman intense. Prenant, captivant et édifiant, Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy dénotent pour le meilleur !

 

Une chronique de #Esméralda

IL EST ENCORE TEMPS ! de Jean-Philippe Blondel.


Pourquoi rester assise à étudier dans une classe alors que dehors le monde court à sa perte ? À quoi bon parler d’écologie et de développement durable si l’on ne fait rien ? Cette prise de conscience du péril climatique plonge Lou dans une grande anxiété, un désespoir qui lui ôte le goût de vivre.
Heureusement un déclic va se produire : la lycéenne découvre l’activisme de la militante suédoise Greta Thunberg. On peut agir ! Avec deux camarades, Lou se lance un défi : alerter les esprits autour d’elle, mobiliser les jeunes comme les plus vieux, et organiser dans sa ville une grande manifestation pour le climat. Un récit engagé, mordant, rempli d’optimisme et de foi dans la jeunesse. Le portrait touchant d’une pasionaria du quotidien.

Un roman, sans aucun doute dans l’ère du temps. Révélateur de la conscience collective face à un enjeu majeur. La préservation de la planète, de la vie dans toute sa diversité, Jean-Philippe Blondel pose cartes sur table à vous de vous en saisir pleinement. Loin du discours moralisateur, J-P Blondel au travers de son héroïne déclare avec ardeur l’urgence.
Lou est une lycéenne lambda. Loin d’être populaire et looseuse, elle vivote tant bien que mal parmi la foule de jeunes adultes. Son mal a débuté lors de sa dernière année au collège. Là, foudroyant, paralysant, angoissant.  La fenêtre ouverte sur une réalité omnisciente et pressante, l’avenir. Malaise catatonique d’un mal-être puissant et destructeur. Un parcours du combattant pour se raccrocher à une évidence feinte et illusoire. Que deviendra notre génération ? Les mots bloqués, les mots-épées qui épinglent un avenir apocalyptique. Pourtant Lou ne s’avoue pas vaincue, cherche, se questionne, s’intéresse. C’est lors d’une rencontre hasardeuse que l’éclaircie s’opère. Une vidéo de Greta Thunberg, jeune femme activiste, fondatrice d’un mouvement auquel la jeunesse s’accroche. Une révélation pour Lou, un apaisement, elle n’est pas seule. Point de départ d’une aventure hasardeuse et pourfendeuse de nouvelles amitiés. Un projet à la hauteur de son espérance de voir enfin le peuple scandé la triste réalité et de réunir.

 

Le nouveau roman de Jean-Philippe Blondel est sans contexte une bombe ! J’invite tout le monde à le découvrir et à se questionner sur nous, sur nos gestes au quotidien, sur l’avenir des générations suivantes. Au travers de son héroïne attachante, cette quête de la vérité, la découverte de soi au travers du prisme indéformable de la société, il pointe du doigt les aberrations d’une société qui va droit au casse-pipe. Cette jeunesse envieuse d’un monde meilleur se détache des valeurs transmissent par les générations de parents issus de l’ère consommatrice de l’après-guerre. Sans être alarmiste mais avec une honnêteté piquante, IL EST ENCORE TEMPS ! est un roman sensationnel à mettre dans toutes les mains.

 

-Je mate une vidéo sur la gamine, là.
La phrase reste en suspens quelques secondes entre nous et pendant ce court laps de temps, j’imagine le pire – une vidéo d’une gamine victime de harcèlement, d’une gamine battue par ses parents, d’une gamine ridiculisée par ses vieux qui lui font croire qu’ils vont lui offrir un cadeau alors que non, d’une gamine qui se défenestre, d’une gamine atteinte d’une maladie incurable qui nous fixe avec ses grands yeux creux et murmure : « Pourquoi ? » YouTube et les réseaux sociaux nus ont habitués à tout ça. Devant les images, nous nous effarons, nous crions, nous pleurnichons, nous sourions, nous lançons de grands éclats de rire, bref, nous réagissons, mais superficiellement, parce que deux minutes après, nous passons à autre chose. Notre existence est de venue un grand zapping de milliers d’instants que nous dirigeons vers la corbeille de la mémoire en un clic de souris.

 

Une chronique de #Esméralda

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… Mon avis sur un autre roman de Jean-Philippe Blondel (clique sur la photo pour le découvrir).