DEMIE-VIE, tome 1 : Rupture, une dystopie de Magali Laurent.

ROMAN D’ANTICIPATION

Éditions de Mortagne

Tome 1/4


La vie à temps partiel. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Tel est le prix à payer pour survivre dans la Nouvelle Cité mondiale. Tout juste âgée de seize ans, Ysia doit quitter ses parents et devenir une Citoyenne à part entière. Beaucoup de changements rendent sa nouvelle réalité difficile : sa superviseuse est une femme froide et intransigeante, l’un de ses collègues l’épie pour une raison qu’elle ignore, et l’état de santé de son amie Kat se dégrade à vue d’œil, tout comme celui des autres habitants de son quartier.

Et si tout cela était lié ? Que manigance le pouvoir en place ? Et qui est Driss, cette personne vivant à contretemps d’Ysia et partageant sa chambre ? Le Jardin où habite la jeune fille est une mécanique qui a fait ses preuves, mais quand l’intelligence artificielle au service des Citoyens se met à dérailler, c’est tout le système qui bascule. La rupture est proche. Le monde tel que le connaît Ysia touche peut-être à sa fin.

 

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
360 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Je suis très heureuse de retrouvée l’auteure canadienne, Magali Laurent, pour cette nouvelle saga qui je crois se déroulera sur quatre tomes.

Imaginez notre monde dans une bulle, coupé depuis des siècles de l’extérieur. La survie des Citoyens et Citoyennes dépendent de leur vie, celle qu’ils vivent  à mi-temps. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Ainsi va la vie dans la Nouvelle Cité mondiale. Dès 16 ans, les enfants deviennent des adultes séparés alors de leurs parents. Une vie de labeur les attend. Les filles ont le métier de leur mère et les garçons de leur père. Il n’y a pas de choix possible. Leur vie est rythmée, surveillée, dirigée par le Perfecto. Inatteignable, mystérieux, le Perfecto est une entité à part entière qui permet de faire vivre la cité dans des conditions optimales.

Ysia a enfin 16 ans et une nouvelle vie l’attend loin de ses parents qu’elle chérit. Un long trajet l’attend et à son arrivée, elle est accueillie par une barre d’immeubles, ses nouveaux quartiers. Elle rencontre Kat sur le quai de la gare. Une belle amitié naît mais le travail et des points de vue divergents vont les éloigner et notamment concernant l’utilisation du Clairécran, le futur de nos smartphones. Tout le monde est captivé par les émissions diffusées et autres programmes. Ysia n’est pas du tout attirée par cet écran qui a son sens coupe tout le monde de la réalité. Elle préfère dessiner ou lire. Ysia est une jeune plein de bon sens, très maladroite, altruiste, gentille, prévenante et surtout inquiète de voir son entourage sombré dans un inquiétant marasme. Le dessin permet d’oublier un temps toutes ses questions incessantes et ses soucis. Sa cheffe ne la porte pas dans son cœur et son second semble la surveiller. Sans compter sur cette étrange correspondance avec la personne qui vit ici, dans sa chambre, quand elle dort.

Un mois vient de passer, un nouveau mois dans le noir mais quand ce dernier se clôt rien ne va plus dans la cité. Il est temps pour elle de découvrir l’étrange vérité et de courir vite, très vite.

Ce premier tome de cette saga plante un décor totalement surréaliste. Un monde qui vit à deux vitesses et gouverné par ce qui ressemble à de l’intelligence artificielle. Un monde sinistre et lugubre où le quotidien est martelé par des slogans inquisiteurs. Dans la cité fleurissent ici et là des îlots de bonheur : le quartier des familles, une forêt, une serre. Rien n’est accueillant ni chaleureux. Magali Laurent nous plonge dans un futur anxiogène. Ysia est une belle lumière dans ce futur dérangeant. Elle va être confrontée à de surprenant événements et faire la connaissance de personnes qui la suivront sans hésiter.

Ce premier tome pose les bases d’une histoire très originale. L’atmosphère est suffocante et nous porte vers une fin inattendue. Magali Laurent aborde le thème de la famille, de l’amitié, de l’emprise des écrans, de l’écologie et du libre arbitre. Les personnages ne sont pas extravagants et restent humblement simples. Un roman qui se lit très rapidement tant j’ai été prise par le scénario. Le départ est un peu lent à se mettre en place mais sur la fin le rythme change radicalement. L’univers de la dystopie est totalement maîtrisé.

Un roman totalement dans l’ère du temps.

Une chronique de #Esméralda