SEULE LA HAINE, un thriller de David Ruiz Martin.

THRILLER

Éditions Taurnada

Collection Le Tourbillon des mots


Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet. Sous la menace d’une arme, Larry n’a pas d’autre choix que de laisser l’adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois. Mais très vite, c’est l’escalade de l’horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l’abject et de l’inhumanité. Tandis que les détails scabreux se succèdent, une seule idée l’obsède : celle de s’en sortir, à tout prix… Un thriller psychologique qui va vous retourner la tête !!!
Ma note : 5/5 mention « incontournable 2021 et coup de cœur »
252 pages
Disponible en poche et en numérique
Nouveauté 2021

MON AVIS

Okay, cher lectrices, chers lecteurs, voici un huit clos totalement bluffant et hypnotisant. Laisser tomber tout ce que vous connaissez et laisser vous séduire par le suisse David Ruiz Martin !

 

Est-ce-qu’à 15 ans il est possible de saisir la profondeur du mal, de le manipuler aisément et de faire vivre un enfer sans pareil à un psychanalyste ? Elliot a 15 ans, certainement surdoué, et il a perdu il y a quelques mois son grand frère. Un grand choc, un bouleversement inattendu car rien n’a laissé paraître son malaise, son envie d’en finir avec la vie.

 

Elliot gamberge. Il veut à tout prix savoir les raisons qui ont poussé son frère à cet ultime geste. Il n’a laissé ni mots ni indices. Elliot va pousser le vice loin, très loin. Prendre en otage le psychanalyste de son frère, Larry Barney, dans le but précis d’en savoir davantage et surtout planter une belle graine de remords et autres dans l’esprit du psy.

 

Un flingue, des photos, des mots, beaucoup de mots qui touchent leur cible, laissent derrière eux cette trace indélébile de la douce folie. Un venin puissant, mélancolique, dramatique. Jouer avec les valeurs morales, tendre cette toile d’araignée jusqu’à ce moment fatal où la détente du pistolet claque !

 

Elliot est une âme désespérée et il voit en Larry son bourreau, celui qui a détruit sa vie.

 

David Ruiz Martin signe un thriller psychologique d’une beauté morbide. Celle qui vous fait frissonner, celle qui vous scotche, celle qui vous sidère et subjugue. Une plume un tantinet machiavélique (et c’est un doux euphémisme) qui vous embarque dans un huis clos terrifiant. Un huis clos qui m’a surpris dans la manière de sa construction. Si vous pensez pièce close, alors certes le roman débute ainsi mais il se termine tout autre. L’auteur met en exergue tout l’aspect psychologique. Tendancieux, féroce, faible, puissant, manipulé, sournois, vil, machiavélique … tout autant d’aspect qui rend le scénario d’une qualité irréprochable.  Une histoire de dingue porté par un personnage diabolique.

 

Un thriller détonnant qui m’a capturé dès les premières pages pour ne plus me lâcher ! Un thriller qui va vous foutre les chocottes !

 

A découvrir sans tarder !

 

UNE CHRONIQUE DE #ESMÉRALDA

A PAS DE LOUP, un thriller psychologique de Isabelle Villain.


Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein cœur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons.
Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique.
Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

Rosalie et Philippe ont décidé de quitter leur vie citadine et exigeante pour un hameau caché au creux des montagnes au bout d’un chemin difficilement accessible. Ces quelques maisons, ce système de vie, une nouvelle manière de vivre en adéquation avec le temps et leurs nouvelles valeurs. Loin de l’excitation de la ville, loin de la pollution, loin des tracas, retour aux choses simples et naturelles. Vivre au rythme de la nature des saisons en autosuffisance. Le bonheur afin accessible et cela n’a pas de prix.
Martin grandit avec vigueur. Un enfant joyeux et malicieux, espiègle. Il fréquente avec les autres enfants du hameau l’école du village voisin. Philippe quant à lui travaille quotidiennement à la ville voisine ramenant ainsi un revenu fixe à la communauté. Rosalie s’épanouit dans les différentes tâches qui lui incombent. Cuisine, jardinage, marché, elle suit même une formation sur les plantes et leurs vertus médicinales.  Elle prend part de plus en plus aux décisions qui régissent le hameau et le jour où le patriarche décède c’est elle qui reprend les rênes. Premier grain de sable et les suivants ne tarderont pas à venir ternir un tableau idyllique.

 

Un meurtre de sang froid : l’homme tabassé à mort prônait le dialogue au lieu des actions violentes. Le loup est un sujet délicat.

 

Une jeune femme échappe de justesse à la mort après avoir été violentée chez elle.

 

Une disparition inquiétante.

 

Une nouvelle mort qui aurait pu être évitée.

 

Une séquestration.

 

Une chapelle témoin de l’impensable.

 

A pas de loup, la machine est prête à s’emballer dans ce silence quasi religieux précédent la fin de tout.

 

Isabelle Villain signe un nouveau thriller irrésistible et exquis. Avec nonchalance et malice, elle nous balade tout au long de son histoire. Elle met un accent particulier sur les descriptions des lieux, des différents personnages qui cohabitent au sein du hameau, des rencontres, des enfants … J’ai ce véritable sentiment d’apaisement, que tout allait se passer au mieux dans ce village et que le bonheur était vraiment là et le souci c’est que je n’ai pas vu arriver le danger. Il était là, attendant son heure pour jaillir tel le monstre qu’il est devenu insidieusement. L’aspect psychologique est très présent mais on en tient la teneur qu’à la fin du livre. Je ne suis vraiment pas habituée à ce calme avant la tempête. Nous sommes loin des thriller où les rebondissements sont nombreux. Isabelle Villain a pris le parti de nous faire languir pour mieux nous surprendre au final. Il m’a manqué ce punch que j’aime dans les thrillers. Finalement le format assez court du thriller sert à la perfection le scénario. J’aurai eu davantage de mal avec un bouquin qui fait 500 pages. Isabelle Villain captive tout de même rapidement le lecteur. Il évident que l’on veut toujours en savoir davantage et on attend avec impatience ce moment crucial où tout bascule.

 

Un excellent thriller porté par une plume qui ne peut pas laisser insensible et qui sert à la perfection un scénario totalement dingue !

 

Une chronique de #Esméralda

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L’HOMME DE LA SITUATION, une bande dessinée de Lou Lubie.


Manu, 36 ans, instituteur investi et apprécié, a toujours assumé avec détermination son rôle d’homme fort et protecteur. C’est pourquoi, lorsque ce schéma est remis en question par sa compagne qui le quitte, puis par son employeur qui lui préfère une femme au nom de la parité, il commence à perdre pied. Mais comment exprimer sa détresse quand on a appris à ne jamais se plaindre ?
Frustré, Manu se raccroche à une fratrie de sept enfants déscolarisés, pour laquelle il va jouer le rôle de père tutélaire. Alors qu’il tente de les aider à surmonter leurs handicaps physiques, mentaux ou sociaux, il se laisse peu à peu happer par cette famille particulière. Ainsi s’amorce une longue descente au cœur de ses pires angoisses…
Une société qui évolue pour devenir de plus en plus inclusive, où les rôles traditionnels dévolus à chaque genre sont battus en brèche, quelle est la nouvelle place des hommes ?
Un thriller psychologique qui se referme comme un piège autour de son héros… et de son lecteur !

Au cœur de notre société patriarcale, l’homme a une place de choix qui lui laisse prétendre à avoir ce qu’il souhaite, à diriger et à croire que tout lui est dû. Manu a toujours été cet homme, sûr de lui. Un enseignant exceptionnel et apprécié par ses collègues et sa hiérarchie. Alors qu’un poste est à pourvoir au sein de l’établissement où il enseigne, il croit avec conviction et force qu’il lui sera attribué sans détour. Lorsque la décision lui est rendue, c’est le coup en trop qu’il le blesse. Désabusé et en colère, son monde s’écroule sans préavis et dans une violence inouïe.
Mis au repos forcé, il ne parvient plus à comprendre ce monde et sa compagne qui ne souhaite plus le voir. Les heures s’écoulent tel un sablier sans fin où les doutes, les questions se bousculent. Une attente qui le met à mal à l’aise et où les réponses tardent. Par une journée morose, il fait la connaissance d’une famille singulière qui occupe un vieil hôtel. Par devoir, il devient le percepteur de cette famille désœuvrée. Déscolarisés les enfants reprennent ainsi goût à l’apprentissage. Renouant ainsi avec sa profession et sa vocation, le goût de vivre semble renaître. Mais les angoisses sont toujours là, voraces, accaparantes. Sera-t-il prêt à les accepter pour enfin vivre ?

 

Lou Lubie signe une bande dessinée vraiment incroyable. J’étais loin de m’imaginer les thèmes qu’elle aborde avec cette force aussi inespérée et que foudroyante. Une prise de conscience et le portrait de cet homme qui finalement doit faire face à ses états d’âmes. Tel un thriller et grâce à une atmosphère angoissante, le héros doit gérer une situation complexe. Un scénario implacable et des illustrations précises qui ne manquent pas de détails notamment dans l’expression des visages. Une très belle découverte qui traite un sujet d’actualité et qui pour une fois met au cœur de l’action un homme qui s’effondre.

 

A découvrir !

Source Dupuis.com

L’OMBRE DE L’ASSASSIN, un thriller de Rachel Caine.


Tome 2/3
Gwen était parvenue à sauver ses enfants des griffes de son ex- mari, le tueur en série Melvin Royal. Mais celui-ci vient de s’évader de prison. Et elle prend peur. Alors que seule une poignée de personnes connaissent son nouveau numéro de portable, elle reçoit ce texto glaçant :  » Vous n’êtes plus en sécurité nulle part  » ! Fuir ou se terrer de nouveau ne servirait à rien.
L’heure a sonné d’inverser les rôles… De proie, Gwen veut devenir prédateur. Et, avec l’aide du frère de l’une des victimes de Melvin, éliminer ce dernier. Mais à mesure que leur traque avance, le doute envahit ceux qui croient en Gwen. Est-elle aussi étrangère aux crimes de son mari qu’elle le prétend ? Pour preuve cette photo compromettante qui circule sur les réseaux sociaux…
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sébastien Danchin.

Alors que le premier tome posait les bases de l’histoire et où l’action faisait palpiter les dernières pages, ce second tome met de suite le lecteur dans l’ambiance. Pas une seconde de relâchement, de répit. Une course contre la montre où la vie des enfants de Gwen passe en priorité.
Gwen, ses enfants et son ami, Sam, ont fui quelques jours la ville témoin de la dernière folie de son ex-mari. La fuite était inévitable précédant ce moment flottant où les questions fleurissent autant que l’angoisse augmente. Gwen s’est totalement défaite de son ancienne vie, mais son ex-mari n’a en a pas fini avec eux. Les harcèlements dont Gwen et ses enfants subissaient, étaient du fait de Melvin Royal membre d’un groupe malveillant. Gwen, maman ours, en a marre de fuir. Seule solution aller au devant des ennuis et prendre le mal à sa source. Laissant ses enfants à des amis de confiance, elle part avec son compagnon d’infortune battre le fer tant qu’il est encore chaud. Une enquête complexe à résoudre, mais l’impossible n’est pas un mot qu’elle connaît. Poussée par une force venue  d’outre tombe et son instinct de survie, elle ose tout et les résultats sont probant. Une vielle connaissance de son compagnon va les aider mais de loin. Son poste au sein de l’administration ne lui permet pas de faire de faux pas. De découvertes en découvertes, le couple se met davantage en danger. Et les derniers événements divulgués sur les réseaux sociaux mettent en doute toute cette histoire au sujet de la supposée complicité de Gwen. Lasse, Gwen n’a pas dit ses derniers mots et tant qu’un souffle de vie fera battre son cœur, elle n’arrêtera jamais de le traquer jusqu’en enfer si il le faut !

 

Rachel Caine signe un second tome explosif. De nombreux rebondissements mais également les personnages à tour de rôle sont mis en exergue. J’en ai appris davantage sur l’état émotionnel des enfants qui se dévoilent largement. L’action ne laisse aucun temps mort à nos héros qui sortent largement de leurs plantes bandes. Ce thriller trouve sa force dans les péripéties et ces personnages non conformistes. L’appropriation de l’image est aussi au cœur de l’histoire. Effectivement, Rachel Caine prouve avec tact l’emprise néfaste que les réseaux sociaux et autres supports visuels peuvent avoir sur une population friande de scandales et au delà de ça, sur une fange de cette population adoratrice de choses non recommandables. Si le Dark Web est une zone de non droit, la réalité est bien autre aussi détestable, dévastatrice, horrible. Et Gwen va le découvrir à ses dépends.

 

Une plume incisive, franche et tonitruante pour un thriller psychologique qui fait froid dans le dos. Leurs aventures ne sont pas encore terminées et je m’attend au pire !

 

A découvrir absolument !

 

Je me mets en route, dans le sens de la circulation. Le bas-côté est étroit, je risque ma vie à chaque pas, mais la route longe un à-pic dont seuls s’échappent les faîtes des arbres. J’ai mal partout. Je ne suis plus en sécurité nulle part, le bien et la douceur se sont effacés à jamais. Quand bien même je tomberais, je n’aurais rien. Quand bien même Melvin me découperait en morceaux, je ne saignerais pas. Je ne suis pas là. Je ne suis plus là.

 

Une chronique de #Esméralda

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LA PEINE DU BOURREAU, un thriller de Estelle Tharreau.


McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451.
Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale.
Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls.
Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions.
Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy.
Quatre heures pour jouer le sort d’un homme.
Un thriller psychologique aussi troublant que fascinant : une immersion sans concession dans le couloir de la mort et ses procédures d’exécution.

Estelle Tharreau signe un nouveau thriller terriblement bluffant. Un huis clos immersif qui vous secouera viscéralement. Bienvenue dans le couloir de la mort, il ne vous reste plus que quatre heures pour tenter l’impossible et espérer que la justice illogique prenne un sens raisonnable.
Couloir de la mort, austère, inhospitalier, il se tient devant cette cellule de l’autre côté qui lui garantit la liberté. Face au gouverneur Thompson, le détenu et le gardien, mutiques, effacés, ils tentent de trouver une raison logique à sa présence. Le gouverneur interroge et les souvenirs du gardien surgissent. Mémoire vivante de l’abominable et de l’injustice, le débat n’est pas vain , n’est pas stérile. La vie d’un homme tient entre ses mots. Il dépeint la violence,, l’humilité, la psychose, la réalité qui hantent ses murs, ses grilles. Mots après mots, les prisonniers prennent vie. Certains effrayent d’autres méritent notre compassion. Au cœur d’un état, le Texas, ségrégationniste et où la peine de mort est encore en vigueur, la justice condamne beaucoup, beaucoup trop, à tort, les gens de couleurs.

 

Le couloir de la mort connaît ses peines, ses doutes, ses craintes et ses petits moment de joie. Porte-parole délétère, garant de la vérité, le gardien est l’âme en peine d’une vie qui sombre sans cesse.

 

Quatre heures de délivrance. Quatre heures d’immersion dans les abysses carcérales où l’homme n’est rien d’autre qu’un matricule. Huis clos surprenant où les images en noir et blanc défilent cadencées par le son macabre de la trotteuse. Quatre heures pour une ultime respiration.

 

Estelle Tharreau revient en force avec un thriller psychologique totalement brillant. Outre le contexte historique lié au monde carcéral et à sa relative évolution, Estelle Tharreau surprend par l’intensité psychologique des personnages. Un gouverneur assis sur deux chaises qui doit prendre une solution radicale. Un gardien bavard. Un condamné qui se souvient de sa vie. La plume incisive m’a plongée au cœur d’une atmosphère anxiogène. Un scénario implacable et impitoyable qui n’a de cesse de vous pousser aux abords du gouffre. Un thriller immersif duquel il est difficile de s’en détacher. J’adore, j’adore …. et la fin j’adore davantage. Une lecture coup de cœur, sans hésitation !

 

Une chronique de #Esméralda

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VALLONS OBSCURS, un thriller de Isabelle Luminet et de Catherine Sackur.


Ils sont trois. Trois que menacent des forces occultes. Ils ne se connaissent pas. Noémie, jeune femme fragile venue à Nice pour vivre au soleil, est harcelée par un inconnu qui visite son appartement en son absence. Lescar, policier raté mais qui n’a pas perdu tous ses réflexes de flic, se mêle de ce qui ne le regarde pas et fait l’objet d’une enquête administrative.
Ginette, vieille dame indigne, est enfermée dans une maison de retraite où se multiplient les morts suspectes. Leurs voix se succèdent avec les mêmes questions obsédantes : comment lutter contre un ennemi invisible ? Comment trouver de l’aide quand on est seul ?
Ils sont trois à parcourir les sentiers obscurs. Quand leurs chemins se croiseront, ils uniront leurs forces pour faire exploser la terrible vérité.

Voici une troisième belle surprise pour ce prix des étoiles Librinova. Un thriller étonnant par sa qualité et surtout un scénario accaparant. Un roman choral qui vous porte au cœur d’une enquête séduisante.
Noémie, jeune pharmacienne originaire de Grenoble, délaisse la grisaille et le froid pour s’installer à Nice. Jeune femme introvertie, son quotidien se partage entre la pharmacie, le sport et un jeune homme qu’elle a rencontré. Noémie n’est pas une femme extravagante, au contraire elle a très vite peur au moindre pépin. Et il y a un de taille qui se présente à elle. D’abord des pas dans son appartement, puis une odeur, et des petites bricoles qui bougent. L’affolement la submerge et l’inquiétude la saisit. Une première plainte au commissariat n’aboutit à rien, lui laissant un goût amer. Ne souhaitant pas rester les bras ballants, elle prend quelques initiatives : des gâteaux, des petits mots, des livres. En retour, étonnamment la personne mystérieuse lui laisse des fleurs et d’autres petites attentions. Ainsi débute une drôle de relation dans laquelle Noémie aime se complaindre. Une idylle un peu saugrenue qui a le mérite d’effacer ses craintes et paradoxalement de s’épanouir. Puis un jour, silence radio. La personne mystérieuse a disparu, ni une ni deux, Noémie se précipite au commissariat pour signaler la disparition. Mais une nouvelle fois, elle n’est pas prise au sérieux.

 

Lescar, alias l’escargot, flic mis au placard après des années sur le terrain se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Ne pouvant laisser cette affaire aux oubliettes, il se charge en dehors de son temps de travail de mener l’enquête. Les vieux réflexes surgissent et ses découvertes le portent sur terrain glissant. Lescar n’est pas un homme foudroyant. Il est connu pour sa nonchalance et son pacifisme. Son entêtement le portera sur la piste d’une sale affaire, afin si ses supérieurs le laissent tranquille et que le psychologue le comprenne.

 

Ginette vient de perdre son mari qui était pourtant en bonne santé malgré son satané caractère qu’elle supporte depuis de nombreuses années. Ginette n’est pas folle loin de là, son plan, se faire passer pour une désaxée dans le but de mener à bien son enquête. Ginette est une chouette dame. Tout au long de ses pérégrinations, elle se souvient de sa jeunesse et sa joie de vivre. Ginette assume sa méchanceté, elle l’a toujours été. Elle a de la ressource, et très vite elle va découvrir la vérité au péril de sa vie.

 

Trois vies, trois destins, mêlés malgré eux à une affaire qui dépasse tout entendement. Le duo Luminet et Sackur est un vrai délice. Un thriller totalement envoûtant d’abord par sa forme et ensuite par son scénario. Le lien entre les rebondissements ne se fait pas de suite mais s’imbrique au fil des pages et aux éléments dévoilés par les trois narrateurs. Un scénario parfaitement maîtrisé du début à la fin. Les personnages sont atypiques et totalement attachants de la mamie exubérante en passant par la jeune femme timorée pour finir avec l’homme passif. Un joli trio qui font la paire. Les auteures explorent avec tact les âmes blessées mais aussi le côté obscur de l’homme avec l’avarice, l’égoïsme et la manipulation. Un thriller parfaitement abouti que j’ai lu avec envie.

 

Une chronique de #Esméralda

 


L’HOMME EST UN ANIMAL MALADE, un thriller de Clément Beaumond.


Assassiner un être humain sera ma résurrection. Il mourra pour que je puisse renaître. Le monde qui m’entoure ne me stimule plus. Ma vie est monotone, sans envie. Je suis vide de sentiment. Je n’arrive plus à ressentir le moindre plaisir, pas même les pulsions les plus charnelles.
Je suis en quête de ce qui pourrait me redonner le contrôle de mon corps, de mon esprit. Après toutes mes vaines tentatives, il en resterait bien une que je n’ai pas encore essayée, la plus immorale, la plus interdite : le meurtre. Posséder l’essence d’un être humain, lui enlever son âme, avoir entre mes mains le pouvoir de vie et de mort. Serais-je stimulé par mon acte d’homicide ? Mais comment s’y prendre pour assassiner quelqu’un ? Comment cacher le cadavre ? Comment ne pas se faire attraper ? C’est une recherche de la jouissance à travers le morbide. Je suis un ancien étudiant en criminologie qui a tout abandonné.
Pas à pas, je décompose mon entreprise, mon dessein. Je vous emmène dans mon voyage vers la mort.

Lu dans le cadre des Prix des étoiles Librinova, ce thriller semble ne plus être dans la course car entre temps il a été édité par une maison d’éditions. Je vais tout de même vous en parler.
Son malaise grandissant, le narrateur par à la recherche d’un remède qu’il lui permettra de savourer sa vie, son bonheur. Se renfermant peu à peu dans ses démons, il tente quelques expériences qui ne lui procurent aucun grand frisson. Ne plus ressentir le plaisir de la jouissance, les gestes charnels, le langoureux ballet des corps, devient pesant. Grand observateur, il décortique les faits et gestes des personnes qui l’entourent, que cela soit au travail ou à l’extérieur. Et puis un soir c’est la révélation, la grande, l’éblouissante. Donner la mort, le ressuscite. Revenant de la mort à la lumière, ainsi il bascule du côté obscur. Mais avant de commettre l’irréparable, il s’impose une préparation où rien ne doit lui échapper afin d’éviter la case prison.

 

Ce thriller se lit comme un journal intime. Ses pensées, ses doutes, ses questions, son mal être deviennent obsessionnels. Son parcours devient le purgatoire de ses pulsions. Mais très vite le retour de la médaille se fait sentir. L’atmosphère s’appesantit au fil des pages, s’obscurcit au fur et à mesure que l’acte ultime devient une réalité. J’ai trouvé ce thriller très intéressant. Notamment dans le déroulement du scénario qui tient parfaitement la route. Quelques redondances sont à déplorer et il m’a manqué une certaine fluidité dans l’enchaînement des pensées et des rebondissements. Un thriller qui se lit facilement dont malheureusement je n’ai pas accroché comme je l’aurais souhaité. Clément Beaumond a de la suite dans ses idées. Peut-être que la nouvelle version a été travaillé par la maison d’éditions mettant davantage en valeur ce thriller qui a tout pour plaire. Un thriller qui plonge le lecteur dans les abysses de l’âme humaine mettant en avant le côté animal de l’homme. Le côté réflexion du narrateur est à la fois choquant et surprenant.

 

A se laisser tenter sans aucun doute.

 

Une chronique de #Esméralda.

URBEX SED LEX de Christian Guillerme.


Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté.
Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné…
Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.
JAMAIS !

Un dernier coup avant une éventuelle retraite, tels sont les pensées de Fabrice, Carine, Chloé et Théo. Passionnés d’urbex, discipline qui consiste à explorer les bâtiments abandonnés et souvent délabrés, ce passe-temps demeure dangereux. Tels des pros, ils préparent avec rigueur chaque expédition.
Contacter par mail, on leur propose un défi bien alléchant contre de l’argent. Si Fabrice est contre dans un premier temps, il se laisse convaincre par ses amis. Un lieu inédit où mille rumeurs circulent sur les forums. Rien d’alarmant pour ces experts mais l’appréhension quête rapidement le groupe. Plan préparé, sac à dos sur le dos, les voici armés pour cette exploration. Le sanatorium se dresse majestueux devant eux dans une nuit noire où recèle de nombreux dangers. Arriveront-ils à les surmonter ?

 

Fabrice est la tête pensante, Carine la fan de cinéma et toiturophile, tout comme sa copine Chloé, et Théo est le bout entrain de la bande. Quatre caractères différents qui aiment se chahuter et offrent une ambiance bon enfant tout en étant portés par leur passion commune.

 

Christian Guillerme m’a plongée dans un monde méconnu pour ma part. L’urbex est une discipline qui demande beaucoup de rigueur et de concentration. Ce n’est pas une balade commune. Elle demande beaucoup de préparation.

 

Christian Guillerme offre un thriller totalement prenant. L’atmosphère s’alourdit au fil des pages. Très vite les couloirs deviennent un champ de mines prêt à anéantir quelconque vie. Pris au piège dans un jeu infernal, la fuite devient leur ultime but. La peur s’accroit, les larmes coulent, les cris fusent, le sanatorium devient le théâtre de la folie humaine celle où les plus bas instincts sont façonnés par la sauvagerie et la brutalité. Course poursuite meurtrière, elle n’a rien de salvatrice et de libératrice. Course haletante, chaque pas est une réussite vaine. Le désespoir ruisselle. La peur soulève le cœur et les tripes. Respirer, marcher, courir deviennent une notion embuée par l’instinct de survie. Porté par une plume 100% efficace, ce thriller emporte le lecteur dans l’horreur la plus pure. Rythme endiablé, scénario machiavélique, chaque ligne nous pousse davantage vers l’innommable. « La dure loi de l’urbex »  est fascinant pour tous ces nombreux points.

 

Faites attention aux ombres !

 

Une chronique de #Esméralda

WILD DANDY BOY de Daph K. Travis.


Cavannah Rainbow, célèbre top model semblant tout droit issu de la Factory d’Andy Warhol, est victime d’un accident de la route qui le plonge dans un profond coma. À son réveil, son existence vole en éclats, entre les cauchemars récurrents où il se voit tuer et une traque sans pitié menée par son jumeau envieux de son succès.
Tandis que les cadavres s’amoncellent autour de Cavannah, il fait la rencontre de Sharlette, une sans-abri d’à peine dix-sept ans, dont la sensualité le mènera malgré lui au crime le plus sordide…
Au coeur de cet univers de pop stars, de glam-rock et de champagne coulant à flots, où se situe la frontière entre rêve et réalité ?

Ce thriller psychologique est décapant par son style atypique. C’est une histoire à vous hérisser le plus petit poil que vous auriez.
Daph K Travis est sans contexte un auteur hors du commun à la plume irréaliste et envoûtante qui m’ait été permis de lire.
Accrochez bien votre ceinture !

 

AC/DC et autres groupes mythiques de rock, musique en fond sonore, le rythme est donné. Rock attitude pour une star hors du commun. Mannequin, icône, sa différence est son atout. Une vie de paillette où champagne, drogue et femmes circulent sans restriction. Une vie emplie de solitude, aussi. Une vie en noir et blanc, négatif de souvenirs, de mystères, d’illusions.

 

L’histoire de Canvanah intrigue, passionne. Réalité ou irréalité, mince frontière qui aime se jouer des convenances. Actions, rêves ou réalités, un shifumi enivrant et rocambolesque. La subjectivité est la maîtresse incontestée de ce thriller original. Forme atypique d’un roman qui vous prend les tripes. Mille scénarios et aucun plausible. Mille manières de nous semer dans ce décor figé dans lequel évolue cet homme peu ordinaire. Folie ou conscience, démesure ou triste réalité, vérité ou mensonge, ne pas perdre pied est un véritable parcours du combattant.

 

Daph K. Travis signe un thriller détonnant et étonnant par sa forme. Si la subjectivité est loin d’être mon dada, ce thriller n’est régi par aucunes des règles établies, et rien que pour cela il mérite toute votre attention.

 

Une chronique de #Esméralda

L’OMBRE DE LA MENACE de Rachel Caine.


L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial. Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie. Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…
Traduit dans seize pays, n°1 sur la liste des meilleures ventes de USA Today, ce thriller a été finaliste du Goodreads Choice Award et de l’International Thriller Writers Award.
Traduit de l’américain part Sebastian Danchin.

Gina avait la vie qu’elle eut rêvé : deux enfants, un mari attentionné, une belle maison dont elle s’occupait tous les jours. Ni travail, ni stress, une vie idyllique. Gina était le genre de femme à se contenter de ce qu’elle avait et surtout à ne pas faire trop de vague. La famille américaine dans toute sa splendeur.
Mais quand le verni bien appliqué se désagrégea d’un seul coup, la vie idyllique s’évapora.
Un après midi normal vire au cauchemar en un claquement de doigt. Une voiture vient de percuter le garage, antre du mari, et dévoile un corps de femme pendu.

 

Les portes de l’enfer s’ouvrent engloutissant tout. Débute ainsi un combat acharné que devra mener à bout de bras la pauvre Gina dont on l’accuse de tous les maux. Sa vie détruite, ses enfants traumatisés, la fuite devient la seule évidence suite à son acquittement. La foule se déchaîne, leurs mots sont des couteaux acérés, la préservation et la survie devient son unique préoccupation. Survivaliste malgré elle, elle déborde d’imagination pour les préserver de cette malveillance : changement d’identité, multiple déménagement, suivi de courrier, alarme, interdiction d’aller sur les réseaux sociaux. Obnubilée par tous ces aspects pour leur bien, elle est tout le temps sur le qui-vive.

 

Leur dernière fuite les a portés aux abords de ce lac paisible, une petite ville perdue où elle commence à prendre ses aises. Ses enfants malgré leur parcours chaotique s’y sentent bien. Gina fait quelques rencontres mais sa prudence est toujours de mise. Ce nouveau départ semblait durer mais le corps d’une femme retrouvée dans le lac remet tout en cause. La police s’en mêle, les soupçons fleurissent et le passé la rattrape. 

 

Une course effrénée commence pour découvrir la vérité et cette dernière se révélera cruelle.

 

Je découvre pour la première fois cette auteure américaine et ce fut un réel plaisir. La plume de Rachel Caine est rythmée et les rebondissements s’enchaînent rapidement. Un thriller psychologique qui prend le temps de s’installer avant de s’emballer. Une lecture haletante, prenante et folle. Le cyber harcèlement est au cœur de cette histoire dramatique qui bafoue les libertés individuelles. Un acharnement glauque qui prend à la gorge et qui s’intensifie au fil des pages. Rachel Caine sait faire durer le suspense jusqu’au point final où, frustrée, j’espère qu’il y aurait une suite à se dénouement particulier. Un thriller psychologique intense comme je les aime sans aucun temps mort. A découvrir.

 

La lettre pote la marque d’El Dorado, la prison où Mel attend son exécution. Il se trouve depuis longtemps dans le couloir de la mort, les avocats m’ont expliqué qu’il en avait pour dix ans au moins avant d’avoir épuisé tous ses recours. Le Kansas n’a pas exécuté un seul condamné depuis deux bonnes décennies, alors qui sait quand la sentence sera appliquée ? En attendant, il passe ses journées assis et il réfléchit. Essentiellement à moi.
Et il m’écrit. Comme il obéit à un rituel que j’ai fini par décoder, je suis incapable de toucher cette lettre pour le moment.
Je reste hypnotisée par l’enveloppe un bon moment, et sursaute lorsque s’ouvre la porte d’entrée et que l’alarme émet un bip. J’entends les doigts de Lanny voler sur le clavier.
Je n’esquisse pas un geste, comme si l’enveloppe était capable de me mordre si je la lâchais des yeux.
 
Une chronique de #Esméralda