DARIUS GORE, un roman ado de Charles Mazarguil.

FANTASTIQUE

Éditions Slalom


Bienvenue en Enfer !
Darius Gore est un ado de 195 ans qui vit à Pandémonium, la capitale de l’Enfer. Héritier d’une grande famille de démons, il ne se sent pourtant pas à sa place… Il n’apprécie pas les combats à mort entre deux cours, ne s’amuse plus aux matchs de headball, rase les murs dans la rue pour éviter toute confrontation.
Alors qu’il essaie de se faire oublier, il assiste au coup d’État de Croatoan, le Grand Prêtre de la Faucheuse. Témoin gênant, Darius va devoir fuir s’il tient à ses trois cœurs. Mais où se cacher quand les neuf cercles de l’Enfer obéissent à la plus puissante des créatures démoniaques ? Une seule solution s’offre au jeune fugitif : la Terre !

 

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2022
247 pages
Disponible au format broché

 

 


MON AVIS

Il était une fois un démon prénommé Darius. Du haut de ces quelques 195 années, Darius est en pleine crise existentielle. Un coup de foudre pour la belle Lilith qui n’a d’yeux que pour un autre. Un père accro à l’alcool de fées noyant son chagrin chaque jour que Dieu fait. Bref sa vie ressemble au chaos et les lieux ne confèrent pas à une certaine harmonie démoniaque. Et puis un jour, au mauvais endroit au mauvais et sa vie bascule. Témoin de la prise de pouvoir du cruel Croatoan, sa présence dérange largement le nouveau dieu des enfers. Fuite précipitée, emprisonné, refuite, un détour par la maison familiale et une porte dérobée plus tard, le voici arrivé sur Terre où par un heureux hasard les morts vivants mettent une pagaille sans nom.

 

Darius Gore est un roman totalement génial. Un anti-héros qui ne trouve pas sa place, ami avec un zombie-génie, ses repères ne sont que quelques rêves fugaces et un miroir bien étrange. Lui, le si tranquille démon, se retrouve au milieu d’une aventure qu’il ne voulait pas. Pas après pas, il se découvre courageux et intrépide. Une nouvelle facette qui lui sied à merveille. Grace à ses nouveaux amis terriens qui n’ont pas froid aux yeux, un cousin vaillant et fonceur, un zombie ridiculement irrésistible, un ange pas si angélique, une Mort magnanime, une prophétie annonçant l’Armageddon (c’est pour maintenant), un méchant cruellement méchant, des sorcières très sorcières, Darius Gore va remuer les Enfers.

 

J’ai complétement craqué pour cette lecture ! Et puis cette couverture, elle en jette ! Et l’histoire dépote ! Qui n’a pas lu des histoires de ce genre ?! Charles Mazarguil modèle à sa manière déjantée, humoristique, un thème qui était quelque peu vieillot. Il met le feu en Enfer et c’est curieusement irrésistible et captivant. L’Armageddon revisité avec une pincée d’imagination, d’inventivité et le tout porté par une plume addictive.

 

En bref :
  • un anti-héros qui se cherche et qui se trouve
  • des rebondissements à la pelle
  • des personnages secondaires totalement hilarants et irrésistibles
  • un thème re-sculpté et totalement rock’n roll
  • une histoire entraînante
  • un monde haut en couleur

 

Pour un final juste poignant et frustrant.  Je voudrais tellement une suite !

 

Viens faire un tour en Enfer, tu vas juste de poiler et vivre une lecture sensationnelle. T’as compris je recommande chaudement !

 

ALMA, Tome 1 : Le vent se lève, un roman de Timothée de Fombelle.

ROMAN D’AVENTURE

Éditions Gallimard Jeunesse

Tome 1/3


Il est à la recherche d’un immense trésor. Dans le tourbillon de l’Atlantique, entre l’Afrique, l’Europe et les Caraïbes, leurs quêtes et leurs destins les mènent irrésistiblement l’un vers l’autre.
Le premier volet éblouissant d’une trilogie d’aventure sur l’esclavage et le combat de l’abolition. Illustrations de François Place.

 

Ma note : 4/5
2020
400 pages
Disponible au format numérique, broché et audio.

 

 


MON AVIS

Depuis le temps que je rêvais de lire ce roman, il m’aura fallu attendre mes dernières vacances pour enfin l’ouvrir. Un roman ado et d’aventure que vous avez pu lire ou voir apparaître sur vos réseaux sociaux.

 

Un roman épique qui se déroule en pleine traite négrière (ce fameux triangle d’or que l’auteur retranscrit avec détails). La France est au cœur de ce mélodrame qui marque encore de nos jours. Je retrouve cette Afrique sauvage où les guerres entre les différents clans remplissent les navires en échange de richesses venues de l’Europe.

 

Alma est née dans cette vallée enclavée, inconnue de tous. Elle est une Oko, comme sa mère. Une communauté stigmatisée à cause de leurs pouvoirs. Une différence qui effraye et la seule manière de vivre et de rester caché. Alma est au cœur de la nature et des animaux. Alors que son petit frère fuit la vallée sur son cheval blanc, Alma n’hésite pas une seconde à partir à sa recherche. Ainsi débute une épopée incroyable, parfois violente. Une épopée qui signe la fin d’une vie connue et qui devient le symbole de la liberté. De nombreux rebondissements jalonnent son périple où sa vie sera mise en danger jusqu’à ce navire où rien ne sera comme avant.

 

Un roman que j’ai grandement apprécié, notamment par son côté historique bien mené et accessible pour les plus jeunes lecteurs. Il y a très peu de roman sur la traite négrière. On parle souvent de colonialisme ou d’esclavage, mais très peu de cet aspect historique qui pourtant à été la base du monde que connaissons actuellement. Alma et le jeune mousse, Joseph Mars, sont le pivot d’une histoire qui sans relâche nous porte au cœur de l’action. Un roman donc à deux voix qui nous permet d’apprécier à sa juste valeur le « coté  acheteur et marchandise ». L’auteur n’a pas peur de choquer et de faire la lumière sur cette période cruelle. Un plume captivante qui nous plonge dans une aventure haletante. Une sacrée découverte qui se finit, bien évidemment, sur un cliffhanger de malade.

 

Un roman très intéressant sur le plan de la reconstruction historique porté par des personnages charismatiques dont on accompagne les déboires avec appréhension. Un premier tome réussi et qui promet par la suite.

 

LES ENFANTS D’ASTRA, Tome 3 : Sagan, un roman ado de Isaure de Villers.

Science-fiction

Tome 3/5?

Éditions Beta Publisher


Chacun cherche toujours à retrouver ses origines. Alors que les Eriquiens tentent de s’unir pour sauver leur empire, Rodolphe et Sibylle préparent, plus que jamais, le retour de leur peuple à Astra. Un voyage pour lequel ils sont prêts à faire tous les sacrifices.
Mais ce pourrait bien être la princesse oubliée, Cyndie, déterminée à retrouver, elle aussi, la terre de ses ancêtres qui tienne leur sort à tous entre ses mains. Entre sa famille et Sagan, il n’y a qu’un pas : la trahison.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
304 pages
Disponible au format numérique et broché

 


MON AVIS

Une nouvelle plongée dans l’univers déchiré d’Isaure de Villers. Une plongée tourmentée où le suspens est à son apogée.

 

Le plan 439 des enfants d’Astra est toujours d’actualité malgré les nombreuses péripéties qu’ils ont dû surmonter. Leur empereur Rodolphe est tenaillé entre ses aspirations personnelles et son rôle de dirigeant. Son cœur en lambeau à dû dire au-revoir à ce semblant de paix et de bonheur pour poursuivre le but ultime de toute une nation. Épaulé par Sybille, sa sœur, leur prochaine action pourrait tout changé et afin accéder à leur but ultime.

 

Éléonore est plus que perdu entre ses sentiments, son fils et son rôle de dirigeante. Malgré les années écoulées, pour elle, rien n’a changé dans son cœur et elle devra subir les conséquences de ses choix.

 

Sur Mars rien ne va plus, Liam, le tyran, voit peu à peu son entourage fuir sa fureur. Comment arrivera t-il à régner sans engendrer la terreur ?

 

Sur Egrabe, Edward, a enfin réussi à instaurer la paix.

 

Cyndie tente le tout pour le tout enfin de rentrer sur Sagan. Malgré ses mauvaises décisions, elle est si prêt de rentrer chez elle.

 

Une nouvelle fois Isaure de Villers nous plonge dans une épopée captivante. Les chapitres s’enchaînent, les personnages à tour de rôle apparaissent ainsi se construit l’histoire. Un rythme effréné soutenu par des chapitres courts où les rebondissements ne laissent aucun temps mort. Une nouveau tome sous le signe de l’action où l’intrigue s’étoffe. J’ai eu très peur que ce tome soit le dernier. Cela aurait pu être le cas, mais à mon grand soulagement, la maison d’éditions m’a affirmé le contraire. J’ai vraiment été captivée par les personnages qui sans cesse évoluent et doivent être confrontés à leurs choix. Un page turner haletant nous portant vers ce final inattendu. Il m’a coupé la chique et j’ai hurlé intérieurement. Il faut du cran pour oser imaginer une fin telle qu’elle. Je ne veux pas vous en raconter trop mais cette saga est juste une tuerie. Depuis le second tome, le scénario s’accélère et nous offre un moment de lecture inoubliable.

 

Placé sous le signe de la manipulation et des secrets, ce troisième tome est une sacrée bombe.

 

LA CARTE DES CONFINS, un roman de fantasy de Marie Reppelin.

FANTASY

Éditions PKJ

Tome 1

Et si le plus terrible des pirates était une femme ?
Callie, une voleuse hors pair, est parvenue à s’emparer d’un compas marin enchanté. L’instrument permettrait de trouver la mystérieuse Carte des Confins, un monde au-delà du nôtre dont personne n’est jamais revenu.

Explorer les Confins, c’est la certitude d’entrer dans la légende et le désir le plus cher de Blake Jackson, jeune capitaine de L’Avalon, le bateau pirate le plus redouté des mers. Prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, Blake va convaincre Callie de l’aider dans sa quête.
Devenus compagnons de route, le pirate et la voleuse s’apprivoisent et se dévoilent peu à peu. Mais le lourd secret que cache Callie pourrait bien ruiner leur seul espoir de mettre la main sur la fameuse Carte… et bouleverser à jamais leur existence.

 

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
456 pages
Disponible au format numérique et broché

 

 


MON AVIS

Marie Reppelin, alias @muffinsandbooks, nous offre une premier roman audacieux, sensationnel et terriblement addictif.

 

Callie est une jeune femme dont le courage n’a aucune limite. Fuyant un passé bien trop présent, elle est devenue une rumeur qui court aussi vite que le vent. Elle s’est spécialisée dans les menus larcins et reventes d’objet en tout genre. D’ailleurs son dernier rendez-vous a tourné à la catastrophe. La vente de ce fichu compas lui rapportera assez pour se mettre à l’abri, mais il faut croire que ce cher capitaine Blake a l’audace de modifier ses plans.

 

Si lui est assez cruel de la dénoncer aux autorités, elle a le mérité de survivre en toute circonstance. Bref, leur rencontre est assez foudroyante et marquante. Après moult heurts, le navire du Capitaine devient rapidement un refuge pour la belle Callie. Être une fille au milieu de pirates est assez incongru, mais elle a plein de ressources. Le respect s’installe rapidement et la camaraderie vient réchauffer son cœur. Blake et Callie, s’est une histoire tourmentée et très compliquée. Mais la magie de l’océan opère. En tout cas ce qui compte le plus au monde est cette fameuse carte des confins synonyme de liberté et de renommée. Sauf qu’il y a quelques couacs et choix qui s’invitent sur leur chemin et rien n’est plus difficile que de les affronter.

 

Alors je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce roman est un page turner phénoménal. Un aventure avec un grand A, aux airs de « pirates des Caraïbes ». Dés les premières pages nous rentrons dans le vif du sujet et les rebondissements s’enchaînent agréablement. Aucun temps mort pour des personnages à vif et au cœur tendre. Un roman fantasy porté par un vent libérateur et une héroïne au caractère trempé. Un premier roman dans son ensemble maîtrisé et qui nous promet un moment de lecture palpitant. Les personnages ne sont pas reste et j’ai pu apprécié tour à tour leurs qualités et leurs défauts. L’atmosphère fait également parti du charme du livre. Un peu de magie, des combats de cape et d’épée et un grand bol d’air et d’embruns ; et hop le tour est joué ! Un roman qui se lit en apnée et qui m’a été impossible de lâcher. Le final est carrément explosif et frustrant, en tout cas à la hauteur de cette aventure. Une pirate femme ça sonne comme un air de féminisme ! J’approuve haut et fort cette lecture ! L’avez-vous lu ?

 

THE BLACK KIDS, un roman ado de Christina Hammonds Reed.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Rosalind Elland-Goldsmith

Un roman engagé et universel.
1992, Los Angeles s’embrase. Des policiers viennent d’être acquittés alors qu’ils ont passé à tabac Rodney King, un homme noir. Ashley, 17 ans, se pensait jusqu’ici hors d’atteinte. Fille d’une famille aisée, fréquentant un lycée huppé, elle ne s’est jamais sentie victime d’injustices ou de discriminations raciale… Ou peut-être que si ?

Une histoire d’amour naissante, des secrets dévoilés et une atmosphère de fin du monde lui ouvrent les yeux : elle, qui a toujours oscillé entre communauté noire et blanche, réalise qu’elle peut trouver sa place, sans avoir à choisir un camp.

Ma note : 4/5
Nouveauté 2021
416 pages
Disponible en numérique et broché


MON AVIS

THE BLACK KIDS est une agréable surprise. Sans aucune raison, je pensais que le roman mettrait en exergue les émeutes de 1992 à Los Angeles. Mais ce n’est absolument pas le cas. Elles servent de décor et, surtout, elles sont le déclencheur de la quête identitaire de Ashley.

Ashey a toujours vécu dans le confort des quartiers huppés de Los Angeles. Son père et sa mère ont tous les deux réussi leurs parcours professionnels assurant ainsi à leurs deux filles une vie confortable loin des ghettos. Lycéenne studieuse, engagée auprès d’associations, Ashley n’a jamais vécu par rapport à sa couleur de peau jusqu’à présent. Elle n’a jamais perçu les signes pouvant évoquer le racisme ou la discrimination. Pourtant ils sont là, au détour de remarques et de gestes inappropriés de la part de ses copines « blanches ».

Il aura fallu le départ de sa grande sœur et les émeutes pour qu’elle se pose la question au sujet de la couleur de sa peau. Les quartiers sordides, les fins de mois rudes, le chômage, la discrimination, les regards sont un territoire inconnu. Être issue de la communauté noire est un concept abstrait pour elle. Elle ne renie pas son origine mais elle ignore les conséquences souvent épouvantables qu’elles engendrent sur des millions de vie.

Ashley observe, se questionne et surtout tente de mettre ses mots sur ses réflexions et ses analyses. La question raciale est au cœur de son débat intérieur. La découverte de ce monde l’effraye autant qui l’attire. Elle hésite beaucoup, ignore les signes mais sa réflexion l’emmène vers un juste milieu conciliant l’acceptation de la différence et la tolérance.

Un roman sensible qui m’a plongé dans les méandres de la question raciale. Un roman puissant délivrant un message de tolérance. Un roman sur la transition vers l’âge adulte. Un roman crucialement essentiel porté par une plume efficace et qui ne tremble guère devant le sujet. Elle évoque les émotions de son personnage avec conviction et force faisant passer ses messages avec douceur et amour.

Elle parle d’une génération entre-deux qui soit tend à renier son origine culturelle et communautaire, soir se bat pour leurs droits et leurs libertés pour une égalité sans discrimination.

Ashley n’est pas une héroïne commune mais une simple adolescente prise dans les feux des révélations.

Un roman que je vous recommande chaudement qui se termine sur un dossier documentaire bienvenu.

NOUS SOMMES TOUT UN MONDE, une dystopie de Justine Augier.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Actes Sud Junior


Dans NOTRE BELLE ZONE, tout est propre, ordonné et contrôlé. Un véritable havre de paix protégé du chaos extérieur, des pandémies et de mégafeux, par un haut mur d’enceinte, où chaque citoyen aspire à donner le meilleur de lui-même pour le bien-être de tous. Cloîtrée avec sa mère dans un petit appartement, Cléo semble accepter sa vie parfaitement réglée entre les sessions d’instruction sur le réseau Mondo et les rares sorties autorisées …
sous la surveillance étroite des drones. Pourtant, le doute s’installe en elle, l’image de la cité parfaite se fissure. Pur trouver les réponses à ses question, il lui faudra franchir le mur, prendre des risques, elle le sait.

 

Ma note : 5/5
Nouveauté 2021
272 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Cléo a grandi dans une cité enclavée. La majeure partie de son temps, elle l’a passée dans un appartement exigu au côté de sa maman. Son espace de vie se résume à sa chambre où dès 2 ans elle a été scolarisée via un réseau interconnecté, le Mondo. Sa vie jusqu’à présent est consacrée à l’apprentissage formaté par les hautes sphères de la cité. Son seul loisir, le potager sur le toit de son immeuble et sa sortie hebdomadaire (préétablie par les hautes instances). Les drones veillent, toutes les communications sont contrôlées, également ce qu’elles mangent. Son seul ami, Ilya, son voisin orphelin à peine plus âgé qu’elle. Cléo est satisfaite de cette vie et jusqu’à présent elle n’a jamais rien remis en cause, au contraire elle veut paraître parfaite, le modèle par excellence de la jeunesse de la Belle Zone. Cette dernière a été créée par deux frères richissimes avides de pouvoir tout en apparaissant protecteur envers un peuple livré à lui même et fragile. Créée suite à une pandémie, elle a pour but initial de protéger toute la population. Mais la réalité cache une vérité toute autre et elle est effrayante.

 

Ce roman ado a un thème qui nous évoque à tous notre quotidien depuis de nombreux mois, hélas. Justine Augier nous offre une perspective alarmante d’un monde en déroute, d’abus de pouvoir et où les libertés individuelles ne sont plus qu’un doux rêve. Issu d’un monde réduit à l’impassibilité, le façonnage des esprits est devenu le seul « libre arbitre ». Le contrôle des moindres faits et gestes est omniprésent jusqu’à vous dire quel chemin vous devez prendre pour faire votre balade hebdomadaire. Une héroïne toute mimi et toute gentille mais qui a du plomb dans la cervelle. Fine observatrice, elle va se poser quelques questions qui vont la pousser à découvrir par elle même, de quoi il en est en dehors de ces murailles protectrices de la cité. Un roman qui fait écho à nos peurs, à nos questionnements et à notre recherche de liberté. Un roman rythmé qui pose intelligemment les bonnes questions et qui ouvre le débat sur la définition de liberté individuelle lorsque une menace pèse sur l’ensemble de la population. Il est question également de frontière à ne pas dépasser et comment les définir équitablement, humainement respectueuse et non liberticide. Un ensemble qui ouvre au débat. Le scénario est irrésistible. De nombreux rebondissements jalonnent les chapitres nous portant vers un final assez cocasse où l’autrice nous laisse, finalement, devenir l’initiateur d’un nouveau monde (et peut-être façonné à notre propre image).

 

Un roman essentiel dans notre monde d’aujourd’hui notamment pour les plus jeunes où leur esprit critique est en construction. Il permet de lancer un débat en parallèle et d’ouvrir une argumentation. Vivant au travers des réseaux sociaux qui finalement leur offrent un peu de tout et du grand n’importe quoi, il est évident que NOUS SOMME TOUT UN MONDE est une pépite à mettre dans les mains des jeunes lecteurs et lectrices. J’ai eu quelques craintes au départ notamment au thème qui nous touche de trop près, mais peu à peu j’ai été séduite par l’engouement de l’héroïne et l’espoir qu’elle éprouvait face au déni de la population éviscérée de toutes ses libertés.

 

Une très belle découverte et un joli coup de cœur pour ce roman ado qui vaut le détour !

 

LIFE & TIMES, un roman ado de Candy Harper.

LITTÉRATURE JEUNESSE FANTASTIQUE

Éditions Slalom

Traduit de l’anglais par Diane Gagneret


Un voyage temporel, deux jeunes filles au caractère bien trempé et beaucoup d’humour !
Bradlee et Eugenie sont deux adolescentes que tout oppose : la première est une citadine ultraconnectée qui broie du noir depuis que ses parents l’ont déracinée de Londres et envoyée dans un
poussiéreux pensionnat de campagne ; la seconde rêve d’indépendance tandis que son père cherche pour elle un mari digne de son rang. Elles vivent au même endroit mais deux siècles les séparent.
Toutes deux font le souhait de changer de vie… et sont mystérieusement envoyées chacune dans l’époque de l’autre. Lady Eugenie dans la nôtre, Bradlee dans celle de Jane Austen !
Un réjouissant voyage dans le temps qui souligne avec humour notre hyperconnexion et révèle différentes formes d’émancipation féminine.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

LIFE & TIMES est un sacré roman axé sur le fantastique. Même si le scénario n’est pas original (le transfert de corps), il faut retenir ce qui en découle.

 

Bradlee est une jeune fille de la ville qui ne manque de rien. Après le divorce de ses parents, elle est envoyée dans un pensionnant. La vie de Bradlee se résume à ses réseaux sociaux. Une vie étriquée qui ne mène à rien. Cette jeune fille est certes en colère contre ses parents qui ont décidé en quelque sorte de l’abandonner. Son smartphone est une vitrine qu’elle aime embellir et sur laquelle elle passe quasi son temps libre. Nous connaissons tous (en temps qu’adulte) les dérives psychologiques et physiques que peuvent engendrer l’irréalité.

 

Eugenie vit deux siècles plus tôt au même endroit mais à une période différente, la régence. Fille de Duc, elle se doit de devenir une épouse parfaite au bras d’un époux qui lui sera certainement imposé. Eugenie a bénéficié d’une éducation de son rang. Une jeune femme attentive mais qui a des idées bien arrêtées pour son époque. Elle désire plus que tout faire un mariage d’amour, du sport et monter à cheval.

 

Deux filles conditionnées par deux époques différentes interchangent mystérieusement leurs places respectives.

 

Je vous passe les bouleversements que ce tour de passe-passe occasionne.

 

Cindy Harper va mettre en exergue grâce à ces rôles interposés les faiblesses d’une époque et la richesse de l’autre. Notamment concernant le statut des femmes qui à notre époque malgré tout n’a rien avoir avec celui de deux siècles plus tôt. Cindy Harper va ainsi tout au long de son histoire mettre en évidence les aspects bénéfiques du temps mais aussi les dérives de la technologie, notamment par le biais des réseaux sociaux qui coupent toute communication avec sa famille proche (par exemple ici). Une plume rythmée par le changement des points des vues et des rebondissements qui ont lieu d’un côté puis de l’autre. L’autrice mène avec perfection la réflexion de ces jeunes filles qui vont peu à peu mesurer la chance qu’elles ont : soit de réparer leurs fautes soit de faire changer les mentalités. Une histoire vraiment passionnante que j’ai lu d’une traite. Des thèmes engagés, nécessaires et cruciaux mis en évidence d’une manière originale. Une lecture qui pourrait intéressée les jeunes lecteurs.

 

 

FILLES UNIQUES, un roman ado de Anne Loyer.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom


Une Chine en plein renouveau, des traditions qui résistent et une adolescente bien décidée à prendre son destin en main !
Comme beaucoup de Chinoises de sa génération, Xinxin est fille unique et tous les espoirs de ses parents reposent sur ses épaules. Sa vie est une course à l’excellence jusqu’au jour où elle apprend que sa meilleure amie va être grande sœur.
Cette annonce ouvre en elle un incompréhensible gouffre d’émotions. Lorsque Xinxin aborde le sujet avec sa famille, elle se heurte à un mur de silence et de gêne. Se pourrait-il que ses proches lui cachent quelque chose ? Elle choisit de se battre pour lever le voile sur ces non-dits et comprendre enfin ce manque qui la hante.

 

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Direction la Chine, sa complexité et son peuple fourmillant. Rappelez-vous, il fut une époque où l’enfant unique était imposé, de 1975 à 2015, depuis 2021 trois enfants par famille sont tolérés. Vaste empire qui contrôle beaucoup de choses pour ne pas toute les nommer. Xinxin a grandit dans cet esprit là, et ce sont sur ses frêles épaules que toute la famille se repose. La réussite scolaire est les prémices d’une vie riche loin des labeurs des usines. Malgré sa volonté sans faille, Xinxin a du mal à suivre les cours et surtout depuis que sa meilleure amie est folle de rage de devenir grande sœur, elle a du mal à contenir sa colère. Elle aussi souhaite devenir une grande sœur et lorsqu’elle soulève la question à table, les réactions de ses parents et grand-parents sont bien loin de ce qu’elle imaginait.

 

Suivant son instinct et grâce à une aide providentielle, elle va partir à la conquête de cette vérité cachée. A vélo, elle sillonnera sa ville dans le seul but de découvrir la raison de son mal être.

 

FILLES UNIQUES aborde le thème crucial de l’enfant unique en Chine, de ses dérives et des conséquences dramatiques infligées à une population essentiellement pauvre et contrôlée. Ce roman ado est un petit soulèvement à lui seul. Il expose des situations inédites et totalement incompréhensible de notre point de vue occidental. Les us et coutumes sont mis en avant. Le plus dérangeant est sans aucun doute cette République « big brother » et qui plus est, est un des puissance mondiale. J’ai été bouleversée par cette histoire qui ne laisse rien paraître portée par une jeune héroïne déstabilisée et poussée par cette colère sourde et contenue depuis de nombreuses années. Anne Loyer s’évertue à un timide parallèle entre l’occident et l’Asie mais l’essentiel se trouve ailleurs. Anne Loyer décrit une jeunesse désabusée par des rêves portés dans un autre temps. Elle instille à son héroïne ce courage débordant à aller vers l’avant tout en considérant le passé telle une marche depuis laquelle elle pourra sauter, aller de l’avant. Un roman essentiel et inoubliable. Un roman avec une thématique tout aussi importante qui pointe du doigt les dérives liberticides.

 

Une quête exigeante et bouleversante vers une vérité éblouissante.

 

Un roman à offrir sans aucun doute à nos jeunes lectrices et lecteurs.

 

L’ANTIDOTE MORTEL, tome 1, un roman fantasy de Cassandre Lambert.


Trois adolescents, trois destins liés par leur désir de rébellion et de vengeance.
Whisper, princesse surprotégée par le Roi, n’a jamais franchi les portes du Palais. Personne ne doit connaître son existence depuis qu’un mystérieux mal s’est emparé de la Reine. Lorsque son père la condamne à un mariage forcé, la jeune fille s’enfuit et cache sa véritable identité.
De l’autre côté du royaume, Eden, fougueuse jeune femme au caractère bien trempé, est chassée d’un orphelinat. Son seul désir : venger la mort de son père, un brillant inventeur tué par le Roi. Quand elle rencontre Whisper, elle saisit l’opportunité de s’introduire au Palais par son aide.
Jadis, paysan, se voit remettre par sa tante un précieux antidote, le seul capable de sauver la Reine. Sur sa route vers le Palais, il croise celle d’Eden et de Whisper…
Trois personnages, et trois destins aussi liés qu’opposés.
Au bout de leur route périlleuse, il faudra que justice soit rendue.

Je vous avoue que j’ai de suite flashé sur la couverture et bien évident je me suis lancée dans la lecture de ce roman fantasy sans lire la quatrième de couverture. Souvent, je fonce comme cela, à l’instinct et la plupart du temps cela réussit à me surprendre.
Cassandra Lambert a le talent, évident et indéniable, que j’adore trouvé auprès des auteurs de l’imaginaire. Une bonne dose de folie, de courage, un brin d’impatience et surtout une plume qui sait vous envoûter et vous faire rêver.
Whisper, je n’ai pas cherché à comprendre l’origine de se prénom, mais à l’ouïe, il a une tonalité fantomatique. Il faut se dire, que la jeune fille qui fêtera bientôt ses dix huit ans a vécu cachée toute son existence derrière les fortifications imposantes du palais. Un murmure au cœur des couloirs du palais, une plainte remplie d’espoir dans les rues du pays, un mythe, une légende. Cachée depuis l’apparition de la maladie incurable de sa maman, Whisper est élevée par une servante au cœur d’or qui avec sa poigne évidente a su lui transmettre tout son amour. La curiosité grandit au fil des années. Quelques bals masqués, quelques repas grandioses où les convives, triés sur le volet, se doivent de se taire sous peine de subir le courroux du roi. Whisper est une âme pure, quelque peu rebelle qui voit la bonté partout. Elle ne connaît rien de la vie ce qui la rend niaise mais tellement adorable. Alors quand son père décide sans son consentement de l’unir à un pré ado aux manières déplacées et grotesques, c’est la goutte d’eau qui fait débordé le vase. Poussée par sa servante, elle décide de fuir, loin de ce palais toxique. C’est ainsi qu’elle débarque dans la vie, tel un boulet qui loin de détruire tout sur son passage, va se trouver dans des situations périlleuses. Apprenant avec ses propres yeux et faisant ses propres expériences, elle découvre un monde aussi déglingué que merveilleux. Un périple aux allures de quête initiatique qui m’a juste ravie. Une héroïne aux antipodes des codes littéraires. Timorée dans un premier temps, elle s’affirme au fil des chapitres pour nous surprendre.

 

Eden est la fille d’un éminent et reconnu ingénieur. Appelé à la cours royal, ce dernier est au service du roi depuis quelques mois. Alors quand la rumeur arrive jusqu’à sa maison concernant l’exécution de son père par le roi, la famille s’écroule. Une maman qui se donne la mort et une jeune fille qui se doit de survivre avec l’ultime objectif venger la mort de ses parents. Recueillie par hasard par la directrice d’un orphelinat, elle y passera quelques mois. Mais cet endroit n’est pas fait pour elle. Aucune copine, que des remontrances. L’enfer ! Sa dernière erreur et l’expulsion est annoncée. Un nouveau départ pour son plan mûri. La famille royale est en danger !

 

Jadis effraye. Sa tâche de naissance est le symbole du mal, du diable. Pourtant, Jadis est un homme au cœur pur et possède un don incroyable, celui de pouvoir parler aux animaux. Recueilli par son oncle et sa tante, il s’épanouit au sein de cette famille chaleureuse. Il travaille les champs avec vigueur. Sa simplicité est attachante et son épanouissement éblouissant. Alors qu’il est annoncé dans tout le royaume que la Reine se meurt et que quiconque amènera l’antidote qui la sauvera, deviendra riche, la vie de Jadis bascule. Pressé par sa tante que vient de lui remettre une boîte mystérieuse contenant d’autant plus le fameux antidote, il doit se rendre impérativement au palais.

 

Trois destins, trois vies entremêlées, trois chemins indissociables confrontés à la douleur. Unis par une amitié hors norme et quelque peu hasardeuse, ils devront affronter des situations rocambolesques, s’affranchir de leur peur et vaincre l’infamie.

 

Cassandre Lambert signe un roman fantasy d’une beauté sans égale. Des paysages à couper le souffle, des rebondissements haletants et un enjeu de taille. Des destins tout aussi différents, déconcertants que rafraîchissants. Un page turner au cours duquel il vous sera impossible de lâcher prise. De l’énergie à foison, un scénario surprenant, des personnages charismatiques, une quête extraordinaire et ce n’est que le début. Confrontés à la beauté et à la méchanceté, nos apprentis héros vivent une aventure haletante. Vous l’aurez compris, j’ai adoré. Un petit moment de flottement au départ, le temps que tout se mette en place, et hop ! une fois les présentations faites, place à une histoire de dingue. J’adore être enthousiaste à ce point !

 

Une chronique de #Esméralda

DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

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… le site des éditions ACTES SUD JUNIOR

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