LIFE & TIMES, un roman ado de Candy Harper.

LITTÉRATURE JEUNESSE FANTASTIQUE

Éditions Slalom

Traduit de l’anglais par Diane Gagneret


Un voyage temporel, deux jeunes filles au caractère bien trempé et beaucoup d’humour !
Bradlee et Eugenie sont deux adolescentes que tout oppose : la première est une citadine ultraconnectée qui broie du noir depuis que ses parents l’ont déracinée de Londres et envoyée dans un
poussiéreux pensionnat de campagne ; la seconde rêve d’indépendance tandis que son père cherche pour elle un mari digne de son rang. Elles vivent au même endroit mais deux siècles les séparent.
Toutes deux font le souhait de changer de vie… et sont mystérieusement envoyées chacune dans l’époque de l’autre. Lady Eugenie dans la nôtre, Bradlee dans celle de Jane Austen !
Un réjouissant voyage dans le temps qui souligne avec humour notre hyperconnexion et révèle différentes formes d’émancipation féminine.

 

Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en broché et numérique

 


MON AVIS

LIFE & TIMES est un sacré roman axé sur le fantastique. Même si le scénario n’est pas original (le transfert de corps), il faut retenir ce qui en découle.

 

Bradlee est une jeune fille de la ville qui ne manque de rien. Après le divorce de ses parents, elle est envoyée dans un pensionnant. La vie de Bradlee se résume à ses réseaux sociaux. Une vie étriquée qui ne mène à rien. Cette jeune fille est certes en colère contre ses parents qui ont décidé en quelque sorte de l’abandonner. Son smartphone est une vitrine qu’elle aime embellir et sur laquelle elle passe quasi son temps libre. Nous connaissons tous (en temps qu’adulte) les dérives psychologiques et physiques que peuvent engendrer l’irréalité.

 

Eugenie vit deux siècles plus tôt au même endroit mais à une période différente, la régence. Fille de Duc, elle se doit de devenir une épouse parfaite au bras d’un époux qui lui sera certainement imposé. Eugenie a bénéficié d’une éducation de son rang. Une jeune femme attentive mais qui a des idées bien arrêtées pour son époque. Elle désire plus que tout faire un mariage d’amour, du sport et monter à cheval.

 

Deux filles conditionnées par deux époques différentes interchangent mystérieusement leurs places respectives.

 

Je vous passe les bouleversements que ce tour de passe-passe occasionne.

 

Cindy Harper va mettre en exergue grâce à ces rôles interposés les faiblesses d’une époque et la richesse de l’autre. Notamment concernant le statut des femmes qui à notre époque malgré tout n’a rien avoir avec celui de deux siècles plus tôt. Cindy Harper va ainsi tout au long de son histoire mettre en évidence les aspects bénéfiques du temps mais aussi les dérives de la technologie, notamment par le biais des réseaux sociaux qui coupent toute communication avec sa famille proche (par exemple ici). Une plume rythmée par le changement des points des vues et des rebondissements qui ont lieu d’un côté puis de l’autre. L’autrice mène avec perfection la réflexion de ces jeunes filles qui vont peu à peu mesurer la chance qu’elles ont : soit de réparer leurs fautes soit de faire changer les mentalités. Une histoire vraiment passionnante que j’ai lu d’une traite. Des thèmes engagés, nécessaires et cruciaux mis en évidence d’une manière originale. Une lecture qui pourrait intéressée les jeunes lecteurs.

 

 

FILLES UNIQUES, un roman ado de Anne Loyer.

LITTÉRATURE JEUNESSE

Éditions Slalom


Une Chine en plein renouveau, des traditions qui résistent et une adolescente bien décidée à prendre son destin en main !
Comme beaucoup de Chinoises de sa génération, Xinxin est fille unique et tous les espoirs de ses parents reposent sur ses épaules. Sa vie est une course à l’excellence jusqu’au jour où elle apprend que sa meilleure amie va être grande sœur.
Cette annonce ouvre en elle un incompréhensible gouffre d’émotions. Lorsque Xinxin aborde le sujet avec sa famille, elle se heurte à un mur de silence et de gêne. Se pourrait-il que ses proches lui cachent quelque chose ? Elle choisit de se battre pour lever le voile sur ces non-dits et comprendre enfin ce manque qui la hante.

 

Ma note : 4,5/5 mention « à découvrir »
Nouveauté 2021
240 pages
Disponible en numérique et broché

 


MON AVIS

Direction la Chine, sa complexité et son peuple fourmillant. Rappelez-vous, il fut une époque où l’enfant unique était imposé, de 1975 à 2015, depuis 2021 trois enfants par famille sont tolérés. Vaste empire qui contrôle beaucoup de choses pour ne pas toute les nommer. Xinxin a grandit dans cet esprit là, et ce sont sur ses frêles épaules que toute la famille se repose. La réussite scolaire est les prémices d’une vie riche loin des labeurs des usines. Malgré sa volonté sans faille, Xinxin a du mal à suivre les cours et surtout depuis que sa meilleure amie est folle de rage de devenir grande sœur, elle a du mal à contenir sa colère. Elle aussi souhaite devenir une grande sœur et lorsqu’elle soulève la question à table, les réactions de ses parents et grand-parents sont bien loin de ce qu’elle imaginait.

 

Suivant son instinct et grâce à une aide providentielle, elle va partir à la conquête de cette vérité cachée. A vélo, elle sillonnera sa ville dans le seul but de découvrir la raison de son mal être.

 

FILLES UNIQUES aborde le thème crucial de l’enfant unique en Chine, de ses dérives et des conséquences dramatiques infligées à une population essentiellement pauvre et contrôlée. Ce roman ado est un petit soulèvement à lui seul. Il expose des situations inédites et totalement incompréhensible de notre point de vue occidental. Les us et coutumes sont mis en avant. Le plus dérangeant est sans aucun doute cette République « big brother » et qui plus est, est un des puissance mondiale. J’ai été bouleversée par cette histoire qui ne laisse rien paraître portée par une jeune héroïne déstabilisée et poussée par cette colère sourde et contenue depuis de nombreuses années. Anne Loyer s’évertue à un timide parallèle entre l’occident et l’Asie mais l’essentiel se trouve ailleurs. Anne Loyer décrit une jeunesse désabusée par des rêves portés dans un autre temps. Elle instille à son héroïne ce courage débordant à aller vers l’avant tout en considérant le passé telle une marche depuis laquelle elle pourra sauter, aller de l’avant. Un roman essentiel et inoubliable. Un roman avec une thématique tout aussi importante qui pointe du doigt les dérives liberticides.

 

Une quête exigeante et bouleversante vers une vérité éblouissante.

 

Un roman à offrir sans aucun doute à nos jeunes lectrices et lecteurs.

 

L’ANTIDOTE MORTEL, tome 1, un roman fantasy de Cassandre Lambert.


Trois adolescents, trois destins liés par leur désir de rébellion et de vengeance.
Whisper, princesse surprotégée par le Roi, n’a jamais franchi les portes du Palais. Personne ne doit connaître son existence depuis qu’un mystérieux mal s’est emparé de la Reine. Lorsque son père la condamne à un mariage forcé, la jeune fille s’enfuit et cache sa véritable identité.
De l’autre côté du royaume, Eden, fougueuse jeune femme au caractère bien trempé, est chassée d’un orphelinat. Son seul désir : venger la mort de son père, un brillant inventeur tué par le Roi. Quand elle rencontre Whisper, elle saisit l’opportunité de s’introduire au Palais par son aide.
Jadis, paysan, se voit remettre par sa tante un précieux antidote, le seul capable de sauver la Reine. Sur sa route vers le Palais, il croise celle d’Eden et de Whisper…
Trois personnages, et trois destins aussi liés qu’opposés.
Au bout de leur route périlleuse, il faudra que justice soit rendue.

Je vous avoue que j’ai de suite flashé sur la couverture et bien évident je me suis lancée dans la lecture de ce roman fantasy sans lire la quatrième de couverture. Souvent, je fonce comme cela, à l’instinct et la plupart du temps cela réussit à me surprendre.
Cassandra Lambert a le talent, évident et indéniable, que j’adore trouvé auprès des auteurs de l’imaginaire. Une bonne dose de folie, de courage, un brin d’impatience et surtout une plume qui sait vous envoûter et vous faire rêver.
Whisper, je n’ai pas cherché à comprendre l’origine de se prénom, mais à l’ouïe, il a une tonalité fantomatique. Il faut se dire, que la jeune fille qui fêtera bientôt ses dix huit ans a vécu cachée toute son existence derrière les fortifications imposantes du palais. Un murmure au cœur des couloirs du palais, une plainte remplie d’espoir dans les rues du pays, un mythe, une légende. Cachée depuis l’apparition de la maladie incurable de sa maman, Whisper est élevée par une servante au cœur d’or qui avec sa poigne évidente a su lui transmettre tout son amour. La curiosité grandit au fil des années. Quelques bals masqués, quelques repas grandioses où les convives, triés sur le volet, se doivent de se taire sous peine de subir le courroux du roi. Whisper est une âme pure, quelque peu rebelle qui voit la bonté partout. Elle ne connaît rien de la vie ce qui la rend niaise mais tellement adorable. Alors quand son père décide sans son consentement de l’unir à un pré ado aux manières déplacées et grotesques, c’est la goutte d’eau qui fait débordé le vase. Poussée par sa servante, elle décide de fuir, loin de ce palais toxique. C’est ainsi qu’elle débarque dans la vie, tel un boulet qui loin de détruire tout sur son passage, va se trouver dans des situations périlleuses. Apprenant avec ses propres yeux et faisant ses propres expériences, elle découvre un monde aussi déglingué que merveilleux. Un périple aux allures de quête initiatique qui m’a juste ravie. Une héroïne aux antipodes des codes littéraires. Timorée dans un premier temps, elle s’affirme au fil des chapitres pour nous surprendre.

 

Eden est la fille d’un éminent et reconnu ingénieur. Appelé à la cours royal, ce dernier est au service du roi depuis quelques mois. Alors quand la rumeur arrive jusqu’à sa maison concernant l’exécution de son père par le roi, la famille s’écroule. Une maman qui se donne la mort et une jeune fille qui se doit de survivre avec l’ultime objectif venger la mort de ses parents. Recueillie par hasard par la directrice d’un orphelinat, elle y passera quelques mois. Mais cet endroit n’est pas fait pour elle. Aucune copine, que des remontrances. L’enfer ! Sa dernière erreur et l’expulsion est annoncée. Un nouveau départ pour son plan mûri. La famille royale est en danger !

 

Jadis effraye. Sa tâche de naissance est le symbole du mal, du diable. Pourtant, Jadis est un homme au cœur pur et possède un don incroyable, celui de pouvoir parler aux animaux. Recueilli par son oncle et sa tante, il s’épanouit au sein de cette famille chaleureuse. Il travaille les champs avec vigueur. Sa simplicité est attachante et son épanouissement éblouissant. Alors qu’il est annoncé dans tout le royaume que la Reine se meurt et que quiconque amènera l’antidote qui la sauvera, deviendra riche, la vie de Jadis bascule. Pressé par sa tante que vient de lui remettre une boîte mystérieuse contenant d’autant plus le fameux antidote, il doit se rendre impérativement au palais.

 

Trois destins, trois vies entremêlées, trois chemins indissociables confrontés à la douleur. Unis par une amitié hors norme et quelque peu hasardeuse, ils devront affronter des situations rocambolesques, s’affranchir de leur peur et vaincre l’infamie.

 

Cassandre Lambert signe un roman fantasy d’une beauté sans égale. Des paysages à couper le souffle, des rebondissements haletants et un enjeu de taille. Des destins tout aussi différents, déconcertants que rafraîchissants. Un page turner au cours duquel il vous sera impossible de lâcher prise. De l’énergie à foison, un scénario surprenant, des personnages charismatiques, une quête extraordinaire et ce n’est que le début. Confrontés à la beauté et à la méchanceté, nos apprentis héros vivent une aventure haletante. Vous l’aurez compris, j’ai adoré. Un petit moment de flottement au départ, le temps que tout se mette en place, et hop ! une fois les présentations faites, place à une histoire de dingue. J’adore être enthousiaste à ce point !

 

Une chronique de #Esméralda

DARLING #HIVER, un roman ado de Charlotte Erlih et de Julien Dufresne-Lamy.


Et si, du jour au lendemain, vous deveniez une star sur YouTube ! Que feriez-vous ? Que fera Pierre ? Ce deuxième tome de la série Darling explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Pierre est un ado lambda. Pas populaire. Plutôt le contraire à cause de sa tâche de naissance qui depuis toujours l’embarrasse. Pierre est un pote assez cool. Avec Solal, ils se connaissent depuis une éternité. Meilleur ami pour la vie et la mort, c’est ensembles qu’ils affrontent la réalité. L’amitié est au cœur de leur relation même si cette dernière est parfois ambiguë. Depuis sa séparation avec Agathe, son amoureuse de quelques jours, Pierre trouve du réconfort sur les réseaux sociaux et notamment sur YouTube. C’est affolant, le nombre d’ados qui se livrent que cela soit sur leur mal être ou sur des stupidités. Un lieu irréel qui est tout aussi fascinant, qu’addictif et attrayant.
Pierre devient un accro. Et puis l’idée fait son chemin et se concrétise. Il crée avec Solal sa propre chaîne YouTube @LaTache. Un véritable bide au départ mais l’échec ne lui fait pas peur. C’est lorsque il se confie sur l’état de santé de Solal victime d’un accident de la route, qu’il touche un nombre impressionnant de personnes. Ainsi commence son aventure au cœur d’une machine qui use, avale et crache sans impunité toute personne qui ne se conformerait pas aux exigences, aux desiderata et aux gains de cette société consommatrice et capitaliste. Pierre est sur un nuage, au départ. Le succès inespéré chamboule son quotidien qui désormais se partage entre les cours et la production de ses vidéos. Il intègre même une agence qui gère son image et ses partenariats de placement de produits. Mais il en vient vite à regretter car ce n’est plus lui. Les nombres de « like » et de commentaires deviennent une obsession malsaine. Comme par enchantement Agathe lui tombe à nouveau dans les bras et devient la petite copine exemplaire, prête à lui plaire pour tout et rien.

 

Les apparences sont au cœur de ce roman puissant et révélateur. Et souvent elles cachent une cruelle vérité. J’ai adoré le personnage de Pierre. J’ai été touché par son histoire, celle qui vit dans les coulisses de sa vie en dehors des caméras qui n’envoient qu’une image stylisée et parfaitement imparfaite d’un jeune homme qui souffre dans le silence. Pierre est pris dans cet engrenage destructeur et il devient ce héros impérieux, à mes yeux, car il comprend l’essentiel, la trahison que cela lui a portée. L’apparence prévaut-elle sur la sincérité ?

 

Solal et Agathe sont les victimes collatérales et révèlent malheureusement leurs parts sombres. Peut-on leur en vouloir d’avoir surréagit ? Oui et non ! Si j’ai compris l’origine de cette douleur sournoise je n’ai pas adhéré à la manière dont la vengeance est mise en œuvre ? Est-ce-que les auteurs voulaient montrer la surréaction induite par les influences irréelles, dans le style syndrome E ? Si c’est le cas alors cela fonctionne à merveille.

 

Ce quatre mains a écrit un scénario qui m’a totalement conquise. Davantage que le premier tome, #Hiver met en évidence la froideur des relations quand elles sont initiés dans un intérêt égoïste. La glace qui se répand tel un venin mortel, décimant sans relâche, l’estime de soi, la confiance à autrui et le sentiment de vulnérabilité. Car l’histoire n’est pas juste une histoire d’écran interposé où déballages et publicités intempestives pullulent. Non l’histoire de Pierre est tout autre. Aussi humiliante que bouleversante. Aussi tragique que déchirante. Remplie d’espoir douloureux de rompre ce silence funèbre.

 

Une lecture frissonnante et qui ne s’adresse pas uniquement à nos chers ados. Une lecture magnifiquement douloureuse pointant non seulement du doigt les dérives induites par les réseaux sociaux mais également les conséquences graves de ce paraître.

 

Une lecture à dévorer petit et grand. Immense coup de cœur pour moi !

 

Une chronique de #Esméralda

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LES DERNIERS DES BRANLEURS, un roman ado de Vincent Mondiot.


Gaspard, Minh Tuan et Chloé sont les trois losers du lycée. Le trio inséparable sèche les cours, passe son temps à glander entre fumettes, gueules de bois et infinies discussions sans queue ni tête sur la sexualité des schtroumpfs. Pour les trois élèves de terminale, le bac est un horizon lointain et sans intérêt.
Mais le jour où leur prof principale, à bout de patience et d’arguments, les traite de « branleurs », les voilà estomaqués. Une pointe d’orgueil les pousse finalement à vouloir décrocher ce diplôme. Ce qui n’est pas gagné. C’est là qu’intervient Tina, jeune migrante surdouée récemment arrivée dans leur lycée. Se met alors en place un stratagème de triche probablement bien trop compliqué pour les trois ratés autoproclamés… Avec un esprit punk et BD, des airs à la Riad Sattouf, l’héritage de Salinger, un roman drôle et provoquant, bourré de références à la culture populaire.

Vincent Mondiot aborde cette dernière année de lycée avec un œil acéré, un humour dramatique et une ouverture d’esprit totalement irréprochable. Se mettre dans la peau de ce trio est un exploit en lui-même. Gaspard perdu dans une déprime qui a peut-être bon dos, est celui qui est le plus déconnecté du monde. Dans les nuages, désabusé, stone la plupart du temps, Gaspard ne vit que pour le porno, les mangas (un peu porno), les jeux vidéos. Un baba cool dans toute sa splendeur.
Minh Tuan est le fils de. Son père travaille pour une ambassade et il est tout désigné pour suivre les pas de son paternel. Minh Tuan est loin de s’en réjouir, il rêve d’une vie où aventures et amour seraient eu rendez-vous. Minh Tuan est celui qui en a le plus dans la tête mais qui en a rien à foutre. Il adore les mangas et les jeux vidéos. Le jeune homme est enfant unique et se trouve souvent seul. Des parents absents et qui ne s’en préoccupent pas !

 

Chloé aime dépasser les limites. Boire, raconter des bobards sont son passe-temps favori. Mais elle est plus préoccupée pour son avenir. Être adulte l’effraie. Le monde, le climat, l’avenir sont tous aussi obscurs que son esprit. Alors étudier à quoi cela servirait ?

 

Ce trio totalement badass m’a fait passé un moment de lecture inoubliable. L’auteur m’a immergée dans leur monde totalement inouï où sarcasme, humour et réflexions philosophique se côtoient. Une intensité naïve mais tellement pure que s’en est déstabilisant. Un humour qui frôle le ridicule mais qui reflète de manière subtile et ubuesque le monde flou dans lequel ils évoluent. Bien évidemment j’ai eu envie de leur botter le cul (c’est la maman que je suis qui parle) mais en fin de compte je trouve qu’il s’en sort plutôt pas mal sans trop d’égratignures et ils trouvent leurs voies dans leur foutu bordel. Et c’est là que j’en suis ravie. Le lycée n’est pas une finalité fatale et les derniers des branleurs en sont les témoins-victimes consentis. C’est un roman tout aussi percutant que hallucinant. Vincent Mondiot explore ces territoires inconnues qu’est l’adolescent et le pré-adulte. Les confins des esprits sont décortiqués, étudiés. Les réponses arrivent souvent d’une manière désordonnée et inadéquate mais elles fouettent les âmes de ces jeunes. Le désœuvrement est contrebalancé par ces idées tordues et alambiquées qui font sourire. Il y a ce quelque chose de Rock’n’roll, d’étourdissant et d’euphorisant qui empreint ce roman ado. Et la cerise sur le gâteau : ce narrateur omniscient qui éclaire notre compréhension sur des personnages furtifs ou alors ces situations incongrues, dans la marge. Et c’est un pur délice et totalement atypique et pour cela je dis un grand OUI ! Au vu des portraits et des traits de caractère de chaque personnage, il vous est offert de vous identifier à qui vous le souhaiter. Personnellement, j’adore ce trio improbable tout simplement car ils ne rentrent dans aucune des cases dictées par la société et c’est un beau pieds-de-nez. J’ai tout de même ma préférence pour Tina, jeune immigrée d’origine africaine, qui toute seule affronte la France et ces codes. Surdouée, pragmatique et adorable, Tina a la tête sur ses épaules. Elle pourrait faire de grandes études mais la réalité elle a su l’aborder avec réalisme et se tourne rapidement vers un métier manuel. Tina est la douceur incarnée et un esprit ouvert et la cœur sur la main, bravant les interdits pour ses branleurs adorés.

 

Un grand bravo pour ce roman ado d’un réalisme touchant où l’onirisme n’a pas sa place tout autant que la cruauté d’une vie irréalisable. Incisif, Vincent Mondiot aborde avec tact ce entre-deux temps où la réalité peut choquer. Rassurant Vincent Mondiot donne cette chance souvent manquante à ce peuple méprisé d’une génération de branleurs.

 

Les branleurs ne sont pas ici considérés comme une sous couche de la population étudiante. Au contraire le branleur est souvent imaginatif et créatif, à vos risques et périls !

 

Un roman ado à offrir et à découvrir !

 

Le monde ne se terminera jamais. Tant que Chloé aura ses amis, les gens qu’elle aime, le monde ne se terminera jamais. C’est à ça que ça se résumé, finalement, non ? Les gens qui nous ont touchés, ceux qu’on a touchés. C’est ça, le monde. Est-ce qu’ils se souviendront de nous ? Est-ce qu’on se souviendra d’eux ? Qui a eu un impact sur qui ? Qui a été qui ? Ouais. Genre, toute cette merde. C’est ça, le monde.

 

Une chronique de #Esméralda.

LOVE MEMORIES, tome 2 – Une romance de Angel Arekin.


Billie et Swan vivent à présent leur histoire d’amour, apprenant à se connaître et à se découvrir au fil des jours.
Malheureusement, c’est le moment que choisit le père de Billie pour revenir dans sa vie. Troublée, elle décide de ne pas en parler à Swan afin d’éviter de réveiller ses démons, mais c’est sans compter l’obstination de ce dernier qui sent bien que quelque chose lui échappe.
Contrairement à ce qu’ils s’imaginent, le danger ne viendra peut-être pas de là…
Entre l’arrivée de Sullivan, les intrigues de Ben et leur petit secret qui grossit au gré de leur amour, Billie et Swan ont bien du souci à se faire. La force de leurs sentiments sera-t-elle suffisante ?
Voici la suite de leur histoire d’amour.

Comme à chacun de ses livre, Angel Arekin adore nous faire vivre ses histoires avec une intensité sans pareil. Billie et Swan vivent enfin le grand Amour. Celui avec un grand A, celui qui transit les cœurs, celui qui s’épanouit à la force des sentiments, celui qui transfigure. Un amour malgré tout qui reste secret sauf pour l’un de leur camarade. Une situation malsaine qui pourrait faire éclater leur bulle de bonheur.

Billie est toujours fidèle à elle-même. Solaire, attachante, exubérante, elle est cette jeune fille qui illumine les ténèbres. Swan continue tant bien que mal à se dépatouiller avec les siennes. Il se crée de nouveaux souvenirs merveilleux auprès de son amoureuse qui peu à peu estompent les plus noirs. Swan devient un tantinet plus sociable et délaisse de temps à autre son portable pour communiquer. Sa relation avec Ben lui permet de se livrer sur ses tourments. Ben reste un jeune homme taciturne et mélancolique et on en comprend rapidement les raisons. La confiance de Swan envers son ami est sincère mais qu’en est-il de l’autre côté ?

 

De son côté Billie voit son père Sullivan surgir dans sa vie. Si elle garde le silence à son sujet, elle se pose de nombreuses questions à son apparition. Le délaissant dans un premier temps, sa rencontre devient inévitable et est source de réponses à ses questions.

 

Billie et Swan devant l’évidence de leur amour vivent une relation passionnelle et dingue. Mais les ennuis apparaissent laissant un gout de cendre dans leurs bouches. Et si leur amour était vain ? Comment y survivront-ils ?

 

Angel Arekin est la reine de la romance complexe. Elle y explore la complexité des sentiments, leurs forces, leurs pouvoirs, leurs magies et leurs ambiguïtés avec une aisance qu’elle maîtrise à la perfection. Son histoire est à la fois magnifique et douloureuse, envoûtante et terrifiante, addictive et merveilleuse. Les personnages forment un duo improbable. Le Yin et le Yang s’accordant au sein d’une osmose parfaite. L’histoire prend une tournure inattendue comme c’est si bien le faire Angel Arekin. Les secrets se révèlent peu à peu les portant sur un chemin ardu vers la maturité. Une romance qui en met plein les yeux et que vous allez adorer.

 

Une chronique de #Esmérala

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DARLING #AUTOMNE, un roman jeunesse de Charlotte Elrih et de Julien Dufresne-Lamy.


TOME 1/4
Le jour de la rentrée, après les cours, May reçoit un mystérieux message d’un compte Insta privé : « Tu étais si jolie aujourd’hui… ». Signé Y. Ce message est le premier d’une longue série. May est d’abord inquiète, méfiante, elle pense à toutes ces histoires d’emprise virtuelle – Y serait un pédophile ? un recruteur de Daesh ? un garçon torturé ? Mais puisque Y lui écrit tous les jours, sur un mode doux et romantique, May se sent de plus en plus rassurée.
Y est adorable et il semble la connaître de près. En parallèle, Néo, son frère jumeau que tout oppose et expert des nouvelles technologies, traque l’inconnu en espionnant les communications de tous les suspects possibles du bahut. Il pense que s’il découvre l’identité d’Y, sa sœur, qui le snobe, s’intéressera de nouveau à lui. Pendant des semaines, May vit intensément cette histoire si belle et si différente et avec ses copines, elle tente de démasquer le mystérieux prétendant : quel garçon du bahut ou de leur bande pourrait bien se cacher derrière Y ? Sans parvenir à connaître le nom de son admirateur, May tombe éperdument amoureuse d’Y. Elle le supplie de se révéler. Le jour enfin de leur rendez-vous, alors qu’Y attend déjà sur la place, May s’approche, nerveuse mais confiante. Elle croit en leur amour. Mais la jeune fille est à deux doigts de totalement déchanter.

May et Néo sont jumeaux. Ensemble, ils partageaient beaucoup de chose, avant que le collège et le lycée s’immiscent entre eux. May a été élue la fille la plus populaire du lycée, jolie revanche sur son passé, tandis que Néo, asocial, s’immerge davantage dans le monde des jeux vidéos et de la technologie.
Deux entités qui évoluent dans deux mondes fermés où règnent leurs propres règles. May joue la jeune femme fatale tandis que Néo tente de survivre dans ce monde de requin. Et puis, un jour elle reçoit un message anonyme. Un simple message dont elle ne prête pas gare. Et puis d’autres suivent, tous les jours, un message. L’inquiétude l’envahit peu à peu, imaginant tout un tas de scenarii. L’insistance de ce fameux Y se transforme en confiance et débute une correspondance (des temps modernes) où les cœurs se dévoilent et les mots prennent sens. La rumeur se répand au sein du lycée invitant tous et toutes en tergiversations diverses. May émet tout un tas d’hypothèses au point d’établir des listes. Jusqu’à ce jour fatidique où Y se dévoile et la surprise à l’effet d’une bombe. May sombre dans un mutisme, un désarroi profond. Elle ne mange plus s’enfonçant dans un état inquiétant. Son frère ne peut s’empêcher de la prendre sous aile. Ce rapprochement est une bouffée d’air frais pour May qui reprend ses esprits et tentent de voir plus clair dans ses sentiments, ouvrant ainsi une timide porte à ceux de Y.

 

Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy, un duo de choc, proposent un roman jeunesse aussi terrifiant que terrifiant. Je n’ai que 35 ans, mais je suis effarée de voir le gouffre qui me sépare de cette génération. La fiction rattrape la réalité créant une atmosphère à la fois légère et oppressante. J’ai pu constater que les adolescent.e.s se construisent autour des réseaux sociaux et sont sensibles à ce paraître. Cette correspondance initiée d’une manière sauvage et sournoise, au contraire opère comme un retour au source où les échanges ne se concentrent plus sur l’hyper-réalité mais au contraire sur les sentiments, sur la vie, sur les doutes.; une certaine ouverture d’esprit. Le poids des réseaux sociaux est un nouveau vecteur d’information où filtres et bon sens n’existent pas. Tout le monde peut se permettre de vociférer des menaces à peine cachées sans se soucier de l’impact psychologique qui pourrait être déclenché. Les réseaux sociaux se montrent être le vecteur du harcèlement. Mais il peut être également un véhicule de bienveillance selon la communauté qui est sollicitée. Erlih et Dufresne-Lamy abordent des thèmes actuels et délicats, intenses et douloureux. Ce monde me semble à des lumières de ce que j’ai pu connaître. Nos jeunes lecteurs ne pourront que facilement s’identifier aux personnages, comprendre leurs craintes, leurs espoirs, leurs illusions et désillusions. Le langage est approprié me déroutant souvent. Je n’ai pas eu l’audace de chercher la définition des mots ou expressions.

 

Ce premier tome de la sage Darling a de quoi chambouler le lecteur. Toutes ces émotions contradictoires rendent le roman intense. Prenant, captivant et édifiant, Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy dénotent pour le meilleur !

 

Une chronique de #Esméralda

L.O.L.A., un roman jeunesse de Claire Garralon.


COLLECTION D’une Seule Voix
Quand Lola est entrée dans la classe, ce fut comme un éblouissement pour Charlie. Puis il y eut cette façon de se présenter, en épelant les quatre lettres de son prénom – L.O.L.A. -, comme une mélodie. D’inconnue, Lola devient pour Charlie une amie, puis une meilleure amie.
Quelque chose chez elle d’indéfinissable l’attire irrésistiblement. Du trouble, du désir sans doute. Les filles plaisent à Charlie mais certains garçons aussi, c’est confus. Mais on tombe amoureux d’une personne, pas d’un sexe. Pourquoi faudrait-il se définir selon une orientation sexuelle ? Pourquoi se conformer à une étiquette – hétéro, homo… ? Plutôt simplement mettre des mots sur ses pensées pour que ça existe vraiment. Un texte lumineux sur l’éveil du sentiment amoureux, l’affirmation de soi et de ses désirs.

Charlie a une passion démesurée pour les voitures anciennes et Lola. Lola, belle, intelligente, désirable, douce. Son cœur bat frénétiquement, son ventre se crispe, ses yeux s’émerveillent, Charlie se perd dans ce tourbillon de sentiments. L’amour est une étrange émotion qui se doit d’être dompter mais qui ne se contrôle pas. Tout un paradoxe dont il n’empêchera pas Charlie d’aller au bout de ses rêves.
La collection D’une Seule Voix des éditions Actes Sud Junior aux thématiques actuelles reflète aux travers de textes forts les doutes et les questions des adolescents et adolescentes. Des textes courts qui suffisent à interroger le jeune lecteur et qui invitent en discuter avec son entourage proche, ses ami.e.s.

 

Claire Garralon explore ici le sentiment amoureux, celui qui surgit, inattendu et foudroyant. Une plume intense et un choix délibéré de ne pas sexué le narrateur jusqu’à la révélation, le lever du rideau. J’ai trouvé cela très intéressant, notamment dans l’identification du narrateur, Charlie. Avant de s’attacher à ce personnage, les questions traversent les esprits : je suis comme lui/elle ? Est ce que je ressens la même chose que lui/elle ? C’est un véritable travail d’identification qui au final s’accorde avec soi. Au-delà de ceci, c’est une magnifique histoire, bouleversante qui s’épanche sur la découverte des sentiments. Il est bon de suivre son cœur et non les diktats d’une société aveugle et moralisatrice.

 

Demain je passe mon permis. Deux jours après j’emmène Lola au bord de l’eau, en voiture. Je l’aurai c’est sûr. Rien que pour ça, je l’aurai, pour emmener Lola au bord de l’eau.
Nous deux, main dans la mains  à marcher dans le sable, main dans la main sur l’arrête de la dune face à l’océan. Un fil qui court le long de la côte, un trait tiré entre la terre et l’eau et nous dessus.dessus. Lola et Charlie face à l’immensité du monde, indissociables.

 

Une chronique de #Esméralda

TES YEUX NOIRS de Fleur Hana.


Sa main dans la mienne, je peux tout surmonter…

Je ne regarde jamais mes potes trop longtemps.

Surtout pas mon meilleur ami.

Alors quand il me serre contre lui et flirte avec mes interdits, l’Univers se met sur pause.
On rationalise de quelle façon quand tout est sens dessus dessous ? On se raccroche à quoi pour ne pas perdre pied ? Couler. Plonger dans une fiction si réelle que pendant un moment, on oublie que c’est impossible.
Toute ma vie, je me suis convaincu que je n’y avais pas droit. Quel est le mode d’emploi pour accepter que ton existence est sur le point de basculer ?

C’est l’anniversaire de Lou, et ce jour ne déroge pas au rituel instauré depuis quelques années, Flo l’organise chez lui. Une soirée sympa entre potes, rien de mieux pour faire la fête. Des confettis, une glace et une bougie et un cadeau. Simple et tout aussi efficace. Mais Flo n’avait pas prévu le déferlement qui s’ensuit.
Les souvenirs de leur première rencontre et tant d’autres qui ont suivi, certains plus marquants surgissent. Flo et Lou, c’est un tout. Une amitié forte et indestructible. Pourtant Flo l’aime d’un amour qui n’a rien de fraternel ni d’amical. Cette soirée devient surréaliste quand la situation dérape. Lou déclare ses sentiments inattendus. Flo doute, est perturbé par cette révélation. Mais la tentation est bien plus pressante que le poids de la conscience. Que cette nuit soit le début de la passion et que cette réalité perdure car tous les rêves ne se concrétisent pas.

 

Fleur Hana signe une nouvelle romance MM qui une fois de plus est sensationnelle. Elle explore les sentiments naissants, les doutes, les questions, les révélations, la peur, la passion et l’amour avec émotion. Les deux adolescents se trouvent sur le chemin de la découverte des sens et du désir. Attachants dans leur fragilité et leur manière d’accepter leur attirance mutuelle, les deux personnages sont enivrants. Une nouvelle fois, Fleur Hana m’a envoutée et scotchée toujours avec ce final tonitruant. Le format nouvelle ne m’a pas du tout déstabilisée (pour une fois je ne râle pas). L’essentiel est condensé et ne manque pas de faire vivre une multitude d’émotions. Addictif, certainement, renversant, encore plus, bluffant, sur, TES YEUX NOIRS est un diamant brut à découvrir.

 

Une chronique de #Esméralda

IL EST ENCORE TEMPS ! de Jean-Philippe Blondel.


Pourquoi rester assise à étudier dans une classe alors que dehors le monde court à sa perte ? À quoi bon parler d’écologie et de développement durable si l’on ne fait rien ? Cette prise de conscience du péril climatique plonge Lou dans une grande anxiété, un désespoir qui lui ôte le goût de vivre.
Heureusement un déclic va se produire : la lycéenne découvre l’activisme de la militante suédoise Greta Thunberg. On peut agir ! Avec deux camarades, Lou se lance un défi : alerter les esprits autour d’elle, mobiliser les jeunes comme les plus vieux, et organiser dans sa ville une grande manifestation pour le climat. Un récit engagé, mordant, rempli d’optimisme et de foi dans la jeunesse. Le portrait touchant d’une pasionaria du quotidien.

Un roman, sans aucun doute dans l’ère du temps. Révélateur de la conscience collective face à un enjeu majeur. La préservation de la planète, de la vie dans toute sa diversité, Jean-Philippe Blondel pose cartes sur table à vous de vous en saisir pleinement. Loin du discours moralisateur, J-P Blondel au travers de son héroïne déclare avec ardeur l’urgence.
Lou est une lycéenne lambda. Loin d’être populaire et looseuse, elle vivote tant bien que mal parmi la foule de jeunes adultes. Son mal a débuté lors de sa dernière année au collège. Là, foudroyant, paralysant, angoissant.  La fenêtre ouverte sur une réalité omnisciente et pressante, l’avenir. Malaise catatonique d’un mal-être puissant et destructeur. Un parcours du combattant pour se raccrocher à une évidence feinte et illusoire. Que deviendra notre génération ? Les mots bloqués, les mots-épées qui épinglent un avenir apocalyptique. Pourtant Lou ne s’avoue pas vaincue, cherche, se questionne, s’intéresse. C’est lors d’une rencontre hasardeuse que l’éclaircie s’opère. Une vidéo de Greta Thunberg, jeune femme activiste, fondatrice d’un mouvement auquel la jeunesse s’accroche. Une révélation pour Lou, un apaisement, elle n’est pas seule. Point de départ d’une aventure hasardeuse et pourfendeuse de nouvelles amitiés. Un projet à la hauteur de son espérance de voir enfin le peuple scandé la triste réalité et de réunir.

 

Le nouveau roman de Jean-Philippe Blondel est sans contexte une bombe ! J’invite tout le monde à le découvrir et à se questionner sur nous, sur nos gestes au quotidien, sur l’avenir des générations suivantes. Au travers de son héroïne attachante, cette quête de la vérité, la découverte de soi au travers du prisme indéformable de la société, il pointe du doigt les aberrations d’une société qui va droit au casse-pipe. Cette jeunesse envieuse d’un monde meilleur se détache des valeurs transmissent par les générations de parents issus de l’ère consommatrice de l’après-guerre. Sans être alarmiste mais avec une honnêteté piquante, IL EST ENCORE TEMPS ! est un roman sensationnel à mettre dans toutes les mains.

 

-Je mate une vidéo sur la gamine, là.
La phrase reste en suspens quelques secondes entre nous et pendant ce court laps de temps, j’imagine le pire – une vidéo d’une gamine victime de harcèlement, d’une gamine battue par ses parents, d’une gamine ridiculisée par ses vieux qui lui font croire qu’ils vont lui offrir un cadeau alors que non, d’une gamine qui se défenestre, d’une gamine atteinte d’une maladie incurable qui nous fixe avec ses grands yeux creux et murmure : « Pourquoi ? » YouTube et les réseaux sociaux nus ont habitués à tout ça. Devant les images, nous nous effarons, nous crions, nous pleurnichons, nous sourions, nous lançons de grands éclats de rire, bref, nous réagissons, mais superficiellement, parce que deux minutes après, nous passons à autre chose. Notre existence est de venue un grand zapping de milliers d’instants que nous dirigeons vers la corbeille de la mémoire en un clic de souris.

 

Une chronique de #Esméralda

… Lien Kindle.

… le site des éditions Actes Sud Junior.

… Mon avis sur un autre roman de Jean-Philippe Blondel (clique sur la photo pour le découvrir).